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Monde Variant Omicron : pointée du doigt et fuie par les Européens, l’Afrique du Sud s’estime «punie»

01:40  28 novembre  2021
01:40  28 novembre  2021 Source:   abonnement.leparisien.fr

Covid-19 : plusieurs cas du variant Omicron détectés en Europe

  Covid-19 : plusieurs cas du variant Omicron détectés en Europe Alors que les vols en provenance et à destination de l'Afrique australe ont été suspendus, déjà plusieurs cas de ce nouveau variant ont été détectés en Europe. Deux cas identifiés en Grande-Bretagne après un premier en Belgique, un cas suspecté en Allemagne, une soixantaine de passagers sous surveillance à leur arrivée à Amsterdam en provenance d'Afrique du Sud : l'inquiétude croissait samedi 27 novembre en Europe envers le nouveau variant Omicron du coronavirus, et le monde continuait sa mise à l'isolement de l'Afrique australe. "Deux cas de Covid-19 comprenant des mutations compatibles avec B.1.1.

L ' Afrique du Sud est de plus en plus isolée du monde. La découverte du variant Omicron par les scientifiques sud -africains suscite un vent de panique à l'étranger où les pays ferment leurs frontières… Avec notre correspondant à Johannesburg, Romain Chanson. À l'aéroport international O.R Tambo de Johannesburg, une petite croix rouge et cette inscription : annulé. Lynette cherche désespérément un vol sur le tableau des départs pour l'Australie, après des vacances en famille en Afrique du Sud : « Je suis venue pour voir mes parents, je ne les avais pas vus depuis trois ans.

À LIRE AUSSIL’ Afrique du Sud détecte un nouveau variant du coronavirus. L’occasion de dénoncer l’apartheid vaccinal. Les scientifiques ont également déclaré que l’accent devrait être mis sur la vaccination d’un plus grand nombre de personnes notamment dans les pays émergents. Miriam Saage-Maass, du Centre européen pour les droits constitutionnels et les droits humains, a expliqué à l’AFP avoir aidé un citoyen ougandais n’ayant pas accès au vaccin à porter plainte en Allemagne, reconnaissant que la plainte vise surtout à faire pression sur l’Allemagne pour qu’elle modifie sa

Les passagers se pressaient, ce samedi, à quitter l'Afrique du Sud et l'aéroport de Johannesburg. AFP/Phill Magakoe © VALERY HACHE Les passagers se pressaient, ce samedi, à quitter l'Afrique du Sud et l'aéroport de Johannesburg. AFP/Phill Magakoe Le regard embué, entre frustration et soulagement, Valérie Leduc quitte le guichet de l’aéroport de Johannesburg un sésame en poche : enfin, une place sur un vol retour vers la Belgique, via Addis Abeba, dans trois jours. « On avait l’impression d’être des criminels », raconte la jeune femme. En vacances en Afrique du Sud, cette Belge de 30 ans a dû trouver une solution, son vol initial qui devait passer par la Suisse ayant été annulée après la fermeture des frontières quelques heures après la découverte d’un nouveau variant du Covid-19, baptisé « Omicron » et classé comme « préoccupant » par l’OMS. Ce samedi après-midi, comme a pu le constater l’AFP, de nombreux Européens ont fait la queue pour s’enregistrer sur un vol de l’après-midi pour Addis Abeba – capitale d’Éthiopie. La raison est simple : les frontières fermées, ils passent par d’autres pays pour rejoindre l’Europe… « On a d’abord tenté de modifier notre billet existant mais ce n’était pas du tout possible », raconte Laura Herde, étudiante berlinoise qui s’apprêtait à partir randonner entre amis quand elle a appris la fermeture des frontières les unes après les autres. « Nous avons du racheter des billets. Sur le premier vol possible », dit la jeune femme de 25 ans. L’affluence était tellement forte ce samedi à l’aéroport de Johannesburg que le centre de tests Covid – il faut la plupart du temps un test négatif pour prendre l’avion – s’est retrouvé saturé, sans encre ni d’accès Internet. « Ils ne peuvent ni imprimer nos résultats, ni nous les envoyer par mail », note Robert Giebel, 36 ans, exaspéré. « Il nous faut maintenant un test PCR de moins de 24 heures », alors qu’une simple preuve de vaccination suffisait il y a quelques jours. Soulagement aux arrivées De l’autre côté du globe, d’autres passagers marquent leur soulagement. C’est le cas à Amsterdam par exemple. « Nous étions tendus » avant l’embarquement, témoigne Rita Kizito, le visage recouvert d’un masque noir. « Nos proches nous envoyaient plein de messages : Vous ne pouvez pas aller en France, au Royaume-Uni… », raconte-t-elle. « Ce qui nous a vraiment fait peur, c’est quand nous avons vu les passagers du vol Air France être renvoyés chez eux ». Cette professeure ougandaise revenue de deux semaines à Johannesburg s’étonne : « Nous n’avons même pas été testés » à Amsterdam, dit-elle. C’est pourtant dans ce même aéroport, la veille vendredi, que l’arrivée de deux avions de KLM, partis du Cap et de Johannesburg, s’était faite dans le chaos. Les passagers des deux vols avaient été placés en isolement dans deux espaces distincts pendant 12 heures, le temps d’être testés. Il en est ressorti ce samedi que parmi les 592 passagers de ces vols, 61 ont été testés positifs au Covid-19. Les autorités sanitaires néerlandaises estiment, sans avoir de preuve encore, que le variant Omicron a « probablement » occasionné la contamination au Covid-19 de plusieurs de ces passagers. L’Afrique du Sud déplore la situation Pour l’Afrique du Sud, la situation est difficile à vivre. Alors que le variant Omicron est détecté un peu partout dans le monde – plusieurs cas ont été confirmés en Belgique, en Angleterre, en Italie, en Allemagne, etc. –, l’Afrique du Sud fait face à des fermetures de frontières. Ces interdictions de voyager reviennent « à punir l’Afrique du Sud pour son séquençage génomique avancé et sa capacité à détecter plus rapidement de nouveaux variants », a déploré le gouvernement. « De nouveaux variants ont été détectés dans d’autres pays. Chacun de ces cas n’a aucun lien récent avec l’Afrique australe. Il convient de noter que la réaction à l’égard de ces pays est radicalement différente de celle des cas en Afrique australe », regrette-t-il aussi. Pretoria redoute l’impact de ces fermetures sur « les familles, le secteur du voyage et du tourisme, les entreprises ». Mais aussi qu’elles dissuadent d’autres pays de signaler la découverte de prochains variants de peur de se retrouver sanctionnés. « On est parfois puni pour avoir été transparent et fait les choses rapidement », a regretté la star de la virologie sud-africaine Tulio de Oliveira dont l’équipe a détecté le variant. Les interdictions de voyager n’ont « scientifiquement pas beaucoup de sens », a-t-il ajouté, rappelant que Washington l’avait imposé à la Chine au début de la pandémie, avant de se retrouver avec le nombre le plus élevé d’infections.

EN DIRECT - Covid-19 : «13 cas suspects» de variant omicron en France, selon Attal .
Cinquième vague, troisième dose, bilan épidémique, nouveaux traitements, mutation du virus… Retrouvez les dernières informations sur la crise sanitaire liée à la pandémie de Covid-19.- Contre la cinquième vague et le variant omicron, plusieurs voix s’élèvent pour ouvrir le débat sur la vaccination obligatoire En France, François Bayrou, président du Modem et proche de Macron, et Jean-François Delfraissy, président du conseil scientifique, mettent la question sur la table. Idem à l’échelle européenne avec la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen.

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