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Monde LEAD 1-Les négociations sur le nucléaire iranien reprennent dans la méfiance

02:40  30 novembre  2021
02:40  30 novembre  2021 Source:   fr.reuters.com

Nucléaire iranien : Les pourparlers reprennent à Vienne, sans grand espoir d'avancée

  Nucléaire iranien : Les pourparlers reprennent à Vienne, sans grand espoir d'avancée Nucléaire iranien : Les pourparlers reprennent à Vienne, sans grand espoir d'avancéepar John Irish, Francois Murphy et Parisa Hafezi

IRAN-NUCLEAIRE/ (LEAD 1, PHOTO, TV):LEAD 1-Les négociations sur le nucléaire iranien reprennent dans la méfiance

(Ajoute entretien Raïssi-Macron)

par Francois Murphy et Parisa Hafezi

VIENNE, 29 novembre (Reuters) - Les délégations de l'Union européenne, de l'Iran et de la Russie ont semblé optimistes lundi à l'issue des premiers pourparlers en cinq mois entre l'Iran et les puissances européennes pour tenter de sauver le pacte conclu en 2015, malgré la ligne de fermeté choisie par Téhéran.

Les diplomates soulignent que le temps presse pour ressusciter le Plan d'action global commun (PAGC, ou JCPoA en anglais), négocié de haute lutte par les cinq membres permanents du Conseil de sécurité des Nations unies, l'Union européenne et l'Allemagne, puis torpillé en 2018 par le retrait des Etats-Unis.

Nucléaire iranien: l'heure de la reprise des négociations a sonné

  Nucléaire iranien: l'heure de la reprise des négociations a sonné Rencontre sous haute tension ce lundi 29 novembre en Autriche. Avec la reprise des négociations entre l'Iran et les grandes puissances à Vienne, siège de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), l'objectif est d'essayer de ressusciter l'accord de 2015, qui a par la suite largement déraillé sous l'impulsion des États-Unis. Les États-Unis de Trump avaient quitté l'accord si difficilement trouvé à Vienne sous Obama, et rétabli des sanctions, qui étouffent l'économie iranienne. Puis l'Iran avait progressivement relancé des activités au-delà des limites. Il faut tout recommencer.

Les délégués de l'Union européenne, de l'Iran et de la Russie se sont montrés optimistes après cette première réunion, qui s'est tenue sans les Etats-Unis, avec qui l’Iran refuse de négocier directement.

"Je suis extrêmement satisfait de ce que j'ai vu aujourd'hui", a déclaré le coordinateur de l'Union européenne Enrique Mora, à l'issue de la réunion. Il s'agit du septième cycle de négociations visant à relancer un accord en vertu duquel l'Iran a limité son programme d'enrichissement d'uranium en échange d'un allègement des sanctions économiques imposées par les Etats-Unis, l'UE et l'Onu.

Enrique Mora a déclaré aux journalistes que la nouvelle délégation iranienne avait maintenu sa demande de levée de toutes les sanctions. Mais il a également laissé entendre que Téhéran n'avait pas rejeté en bloc les résultats des six cycles de négociations précédents, qui se sont déroulés entre avril et juin.

Nucléaire iranien: reprise des négociations sous haute tension

  Nucléaire iranien: reprise des négociations sous haute tension Après cinq mois de pause, les négociateurs sur le nucléaire iranien se retrouvent lundi à Vienne mais l'atmosphère est tendue et les analystes peu optimistes sur les chances de ressusciter rapidement l'accord international de 2015, en plein délitement.Ils s'étaient quittés en juin sur une note positive, se disant "proches d'un accord", mais l'arrivée au pouvoir en Iran du président ultraconservateur Ebrahim Raïssi a changé la donne.Pendant des mois, l'Iran a ignoré l'appel des Occidentaux à revenir autour de la table, tout en poursuivant la montée en puissance de son programme nucléaire.

"Ils ont accepté que le travail effectué au cours des six premiers cycles constitue une bonne base pour construire notre travail à venir", a-t-il déclaré. "Nous allons bien sûr intégrer les nouvelles sensibilités politiques de la nouvelle administration iranienne".

La réunion de Vienne a mis fin à une longue interruption gelé par l'élection de l'ultraconservateur Ebrahim Raïssi à la présidence de l'Iran. Les pourparlers sont en fait des négociations indirectes entre Téhéran et Washington, des diplomates faisant la navette entre les deux délégations.

L'équipe de négociation de Téhéran a toutefois formulé des exigences que les diplomates américains et européens considèrent comme irréalistes, selon les diplomates occidentaux.

L'Iran a adopté une position intransigeante en exigeant la suppression de toutes les sanctions américaines et de l'Union européenne imposées depuis 2017, y compris celles qui ne sont pas liées à son programme nucléaire.

Nucléaire iranien: Israël prêt à toute éventualité

  Nucléaire iranien: Israël prêt à toute éventualité La reprise des pourparlers indirects entre Washington et Téhéran inquiète Israël. Son gouvernement affiche détermination militaire et démarches diplomatiques. Pourtant, les critiques sur le retrait américain de l’accord sur le nucléaire iranien (JCPOA) en 2018, soutenu par Benjamin Netanyahou, se multiplient en Israël. "Nous ne reculerons pas devant l'anéantissement d'Israël, pas même d'un millimètre.

Le principal négociateur iranien, Ali Bagheri Kani, a également déclaré que les Etats-Unis et leurs alliés occidentaux devaient offrir des garanties qu'aucune nouvelle sanction ne serait imposée à l'avenir.

"Le fait que toutes les parties présentes à la réunion aient accepté la demande de l'Iran, à savoir que la question des sanctions illégales et injustes imposées par les Etats-Unis soit d'abord réglée, puis que nous discutions des autres questions et que nous prenions une décision à leur sujet, constitue une avancée majeure", a-t-il déclaré aux journalistes.

Lors d'un appel téléphonique, le président français, Emmanuel Macron, a exhorté lundi son homologue iranien à s'engager de manière constructive dans les discussions pour permettre un retour rapide dans l'accord et tenir les engagements de l'Iran envers l’AIEA, a indiqué l’Elysée dans un communiqué.

Les Etats-Unis ont pour leur part déclaré que leur objectif était de voir l'Iran se conformer pleinement à l'accord de 2015, a annoncé la porte-parole de la Maison blanche, Jen Psaki.

Nucléaire iranien: à Vienne, des journées de négociation déterminantes

  Nucléaire iranien: à Vienne, des journées de négociation déterminantes Les négociations sur le nucléaire iranien ont repris cette semaine à Vienne. Aucune date n'a été fixée pour la fin de ces discussions qui visent à ressusciter l'accord de 2015, fragilisé par le départ des États-Unis et par l'accélération du programme nucléaire de Téhéran. De notre envoyé spécial à Vienne, Nicolas Falez Dans la capitale autrichienne, l'Iran discute directement avec les représentants chinois, russes, français, britanniques et allemands. Avec les États-Unis, le dialogue est pour l'instant indirect.« Les 2 ou 3 prochains jours seront très importants », prévient un diplomate occidental qui participe aux négociations.

LES USA PRÊTS À ACCROÎTRE LA PRESSION

En parallèle, le conflit entre la République islamique et l'AIEA, censée surveiller les activités nucléaires de Téhéran, s'est envenimé. L'Iran poursuit l'enrichissement de l'uranium à des seuils interdits par le PAGC et l'AIEA reproche à l'Iran le traitement réservé à ses inspecteurs ou la nécessité de rebrancher les caméras de surveillance qu'elle juge indispensables à la réactivation du pacte.

"Si l'Iran pense qu'il peut profiter de ce délai pour se doter de plus de moyens pour négocier avant de revenir et de dire qu'il veut quelque chose de mieux, cela ne marchera pas. Nous et nos partenaires ne marcherons pas", a déclaré dimanche l'émissaire américain Robert Malley à la BBC.

Les Etats-Unis seront prêts à accroître leur pression sur l'Iran si les pourparlers échouent, a-t-il averti.

L'un des scénarios envisagé par Washington serait, selon des diplomates, de négocier avec Téhéran un accord intérimaire sans date butoir qui serait valide jusqu'à conclusion d'un accord permanent.

L'absence d'accord pourrait aussi provoquer une réaction d'Israël, qui n'exclut pas une intervention militaire contre le programme nucléaire iranien.

"Les négociations ne peuvent pas durer éternellement. Il y a une nécessité évidente d'accélérer le processus", a dit l'émissaire russe, Mikhaïl Oulianov, sur Twitter. (Rédigé par John Irish et Parisa Hafezi, version française Jean-Stéphane Brosse et Bertrand Boucey, édité par Matthieu Protard)

Un haut responsable des Emirats arabes unis en visite en Iran, une première depuis 2016 .
Aucun responsable émirati ne s’était rendu en Iran depuis 2016 et l’exécution par l’Arabie saoudite d’un influent opposant religieux chiite © Joe Klamar/AFP Un drapeau iranien (illustration) DIPLOMATIE - Aucun responsable émirati ne s’était rendu en Iran depuis 2016 et l’exécution par l’Arabie saoudite d’un infl Un haut responsable sécuritaire des Emirats arabes unis était attendu ce lundi en Iran pour la première fois depuis 2016, a rapporté ce dimanche l’agence de presse Isna.

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