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Monde Les Maliens ont manifesté en masse à Bamako et dans les autres grandes villes du pays

22:55  14 janvier  2022
22:55  14 janvier  2022 Source:   rfi.fr

Après les sanctions, les voyageurs transfrontaliers en déshérence à Bamako

  Après les sanctions, les voyageurs transfrontaliers en déshérence à Bamako La gare de bus de la compagnie Africa Tours Trans à Bamako n'est que l'ombre de la fourmilière habituelle. A Africa Tours Trans, le bus n'a pas bougé de la matinée.En cette fin de matinée, un seul bus, venant de Sévaré dans le centre du pays, vient rompre la torpeur de la cour aux bâtiments jaunes et rouges comme le logo de la compagnie. En fond sonore, une télévision diffuse des feuilletons ouest-africains à l'eau de rose devant plusieurs dizaines de passagers désabusés.

Manifestation à Bamako, vendredi 14 janvier 2022. © RFI / Kaourou Magassa Manifestation à Bamako, vendredi 14 janvier 2022.

Une foule monstre dans les rues de Bamako et des rassemblements également dans les autres grandes villes du pays, ce vendredi 14 janvier 2022 au Mali. Les Maliens ont répondu ainsi massivement à l'appel des autorités de la Transition qui, dans un communiqué lu dimanche dernier à la télévision nationale, ont lancé un appel à la mobilisation pour dire non aux sanctions de la Cédéao.

Avec notre correspondant à Bamako, Kaourou Magassa

En cette fin d’après-midi, sur la place de l’Indépendance, des milliers de personnes arborent le vert, le jaune et le rouge du drapeau national malien.

En Côte d’Ivoire, la colère de la communauté malienne après les sanctions de la Cédéao

  En Côte d’Ivoire, la colère de la communauté malienne après les sanctions de la Cédéao Les nombreux Maliens établis à Abidjan sont affectés par les mesures restrictives sur les échanges commerciaux et les transactions financières. Pour ne rien manquer de l’actualité africaine, inscrivez-vous à la newsletter du Monde Afrique depuis ce lien. Chaque samedi à 6 heures, retrouvez une semaine d’actualité et de débats traitée par la rédaction du Monde Afrique. © Fournis par Le Monde Des conteneurs remplis de marchandises à destination du Mali, du Niger et du Burkina Faso, au port autonome d’Abidjan, en 2002.

Les vuvuzelas et leurs bruits assourdissants sont de sortie. Quelques drapeaux russes flottent au-dessus de la foule. Tandis que les slogans à l’encontre de la Communauté des États d’Afrique de l’Ouest (Cédéao) et de la France sont légion.

Comme bon nombre de manifestants, Modibo Koné est très remonté : « Le Mali en a marre de la France. Le Mali en a marre de la Cédéao. On est sortis aujourd'hui pour montrer notre mécontentement contre les sanctions que la Cédéao a prises contre mon pays. »

Il faut dire que la manifestation de ce vendredi est perçue comme une mobilisation pour la défense de la souveraineté du peuple malien face à la France et aux dirigeants de l'organisation sous-régionale, qui ont durement sanctionné Bamako.

La junte propose un nouveau calendrier pour le Mali avant un nouveau sommet de la Cédéao

  La junte propose un nouveau calendrier pour le Mali avant un nouveau sommet de la Cédéao La junte au pouvoir au Mali a soumis, samedi, à la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (Cédéao) une nouvelle proposition de calendrier pour rendre le pouvoir aux civils. Les dirigeants ouest-africains se réunissent à nouveau, dimanche, pour un sommet aux lourds enjeux, avec l'éventualité de durcir ou non les sanctions contre la junte. Vers une évolution de la situation au Mali ? Les dirigeants de la Cédéao se réunissent à nouveau à Accra, dimanche 9 janvier, à ce sujet. Ils pourraient durcir ou non les sanctions face à une junte qui, après avoir envisagé de rester au pouvoir cinq ans de plus, a proposé à la dernière minute un nouveau calendrier.

« Nous sommes unis et tout le monde dit "le Mali". Et rien que le Mali. Il n'y a pas des divisions, c'est tout un peuple qui est debout. Nous savons que nous allons souffrir, on va souffrir, mais nous acceptons cette souffrance. Vraiment, on ne veut pas du diktat de la communauté internationale. »

Le point dans le reste du pays

David Baché, de la rédaction Afrique de RFI, a pu joindre des participants à différents rassemblements dans des localités du sud, du centre, du nord, et partout le constat est le même : la mobilisation a été massive.

Les images sont impressionnantes à Kayes, Bougouni, Koutiala, Ségou, dans le sud, ou encore Mopti dans le centre. À Bandiagara, dans le pays dogon, format plus réduit, le gouverneur a accueilli les participants à la Maison des jeunes. C’est vrai que partout, les officiels étaient aux premières loges, consigne leur avait été donnée d’organiser et de faciliter les rassemblements.

L’effet délétère de l’arrivée des métropolitains dans les villes moyennes

  L’effet délétère de l’arrivée des métropolitains dans les villes moyennes Pour beaucoup, la pandémie a été salutaire sur l’attractivité des villes moyennes. Mais attention au retour de bâton, prévient Henry Buzy-Cazaux, le président fondateur de l’Institut du Management des Services Immobiliers. Car certains territoires sont aujourd’hui confrontés à de véritables problèmes démocratiques. On a présenté le phénomène catalysé par la pandémie comme une bénédiction, jusqu’à l’absurde et avec un enthousiasme aveugle : les grandes villes et leur périphérie allaient se vider au profit des villes moyennes et des campagnes et la nation allait enfin vivre heureuse.

Dans le Nord, le stade Kassé Keïta de Gao était plein à craquer pour dire non aux sanctions et demander une « Cédéao des peuples », et non un « club de chefs d’État », ce sont les mots d’un participant.

À Tombouctou, deux rassemblements ce vendredi matin : devant la mosquée de Sankoré pour le principal, et dans un bâtiment officiel pour les représentants de la région de Taoudéni. L’après-midi a été consacré à des prières.

Le nord toujours : rassemblements également à Ménaka et Ansongo, mais pas à Kidal, qui accueille un congrès du Cadre stratégique permanent (CSP), les groupes armés signataires de l’accord de paix de 2015, pas vraiment en phase avec les autorités de Transition.

Parmi les banderoles et les slogans, un peu partout dans le pays : « vive la Transition », « le Mali appartient aux Maliens », « à bas la Cédéao », « à bas la France ». Parfois en des termes assez violents.

Beaucoup de pancartes également, c’est un euphémisme, à l’effigie du président de la Transition, le colonel Assimi Goïta. Les Maliens ont dénoncé comme un raz de marée les sanctions imposées à leur pays.

Si les manifestants ne sont pas unanimement favorables à une Transition longue, ils soutiennent leurs autorités face à ce qui est perçu comme une atteinte à la souveraineté nationale. Ils sont sortis pour le dire et pour renforcer ces autorités de Transition dans leurs négociations avec la Cédéao.

Quelles sont les villes les plus attractives en termes d’emploi et de logement ? .
C’est la question à laquelle ont voulu répondre le site de recherche d’emploi Meteojob et le site Meilleurtaux dans une étude publiée en janvier 2022. Et surprise, c’est une ville alsacienne qui arrive en tête du classement. Avec les différents confinements, liés à la crise Covid-19, les habitudes des Français ont changé et ils repensent leur manière de vivre et de travailler en cherchant plus d’espace.

usr: 1
C'est intéressant!