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Monde Tunis : les manifestations contre le président Saïed dispersées violemment

00:46  15 janvier  2022
00:46  15 janvier  2022 Source:   abonnement.leparisien.fr

Tunisie : les explications des autorités sur l'affaire Noureddine Bhiri suscitent des questions

  Tunisie : les explications des autorités sur l'affaire Noureddine Bhiri suscitent des questions La justification du gouvernement sur les arrestations musclées du vice-président d’Ennahda et d’un cadre sécuritaire vendredi 31 décembre ont suscité des réactions au sein du parti islamiste mais aussi de la société civile qui demandent plus de précisions. Avec notre correspondante à Tunis, Lilia Blaise Le bloc parlementaire du parti Ennahdha s’est dit « étonné » mardi des charges retenues contre le vice-président de son parti qui relève uniquement de la justice, selon le communiqué. Noureddine Bhiri et un cadre sécuritaire sont soupçonnés dans une enquête liée à du terrorisme, selon Taoufik Charfeddine ministre de l’Intérieur.

Vendredi à Tunis , un Tunisien brandit le drapeau national lors de manifestations contre le président Kaïs Saïed , à l’occasion du 11 e anniversaire de la révolution de 2011. Fethi belaid/afp. REPORTAGE - L’ONU a également condamné le pouvoir autoritaire du président tunisien. Cela malgré l’interdiction, décidée en début de semaine, de se rassembler pour cause d’épidémie de Covid. L’épreuve de force a bien eu lieu. À coups de matraque, de gaz lacrymogène et de canon à eau, les policiers ont dispersé la foule.

Lors d’une manifestation contre la prise des pouvoirs par le président tunisien, Kais Saied , à Tunis , le 10 octobre 2021. Malgré un filtrage et beaucoup de contrôles, au moins 6 000 personnes ont manifesté, dimanche 10 octobre, dans le centre de Tunis pour dénoncer le coup de force du président Kaïs Saïed , qui s’est arrogé les pleins pouvoirs fin juillet. « Je suis venu en tant que démocrate et partisan de Moncef Marzouki », l’ex- président tunisien (2011-2014) qui réside à Paris, a confié à l’Agence France-Presse (AFP) un quinquagénaire, en achetant un petit drapeau à un vendeur avant

Les forces de l'ordre ont eu recours au canon à eau à Tunis. REUTERS/Zoubeir Souissi © ZOUBEIR SOUISSI Les forces de l'ordre ont eu recours au canon à eau à Tunis. REUTERS/Zoubeir Souissi « Ce peuple qui a fait chuter une dictature ayant duré 23 ans ne laissera pas une dictature se réinstaller », a martelé la militante des droits de l’homme Sihem Bensedrine en ce 14 janvier, onze ans jour pour jour après la chute de Ben Ali. Une date qui a marqué le coup d’envoi des soulèvements du Printemps arabe

Vidéo: Tunisie: manifestations anti-Saied malgré l'interdiction des rassemblements (AFP)

. Ce jour, férié les années précédentes, ne l’est plus en 2022. Le président Kaïs Saïed estime que la révolution était « inachevée » et qu’il a pris le relais. Malgré l’interdiction décrétée par les autorités en raison d’une forte résurgence de l’épidémie de Covid-19, plusieurs partis politiques, dont la formation d’inspiration islamiste Ennahdha, ont maintenu les rassemblements de vendredi, accusant le pouvoir d’instrumentaliser la situation sanitaire pour empêcher les manifestations. Elles ont finalement rassemblé quelque 1200 protestataires, selon le ministère de l’Intérieur. « A bas le coup d’Etat, le peuple veut la fin du coup d’Etat », ont crié les manifestants rassemblés sur l’avenue Mohamed V, dans le centre-ville de Tunis. Les opposants de Kaïs Saïed qualifient de « coup d’Etat » son accaparement des pouvoirs le 25 juillet lorsqu’il avait limogé le gouvernement et suspendu le Parlement pour gouverner par décrets. Le ministère de l’Intérieur avait déployé un dispositif policier massif, à grand renfort de barrières métalliques et unités antiémeutes. Les manifestants ont réussi à briser plusieurs cordons policiers et ont été refoulés à coups de matraques et gaz lacrymogènes et par des jets d’eau sale. Empêchés d’accéder à l’artère principale, l’avenue Habib Bourguiba, ils se sont éparpillés en plusieurs groupes distincts. « L’intervention des forces de sécurité la plus violente que nous ayons vue » Des dizaines d’interpellations ont eu lieu, plusieurs personnes dont au moins un adolescent de 15 ans étant frappées et traînées au sol. Des motards ont foncé sur certains groupes pour les disperser, et des tirs de sommation ont été entendus par une journaliste de l’AFP. Au moins deux journalistes étrangers ont été interpellés et malmenés par la police, selon des témoignages de collègues. Jawhar Ben Mbarek, une figure de la gauche tunisienne à la tête d’un collectif d’opposants à ce qu’ils dénoncent comme un « coup d’Etat » du président Saïed, était également présent vendredi aux manifestations. « C’est l’intervention des forces de sécurité la plus violente que nous ayons vue, aussi bien sur le plan des moyens utilisés que des arrestations », estime Fathi Jarai, président de l’instance pour la prévention de la torture, expliquant que cette autorité indépendante est chargée depuis un an d’observer les manifestations.

Tunisie-La directrice de cabinet de Kaïs Saïed démissionne .
TUNISIE - POLITIQUE/ (PHOTO):Tunisie-La directrice de cabinet de Kaïs Saïed démissionne TUNIS, 24 janvier (Reuters) - La directrice de cabinet du président tunisien Kaïs Saïed, Nadia Akacha, a annoncé lundi sa démission pour "différences d'opinion fondamentales" concernant les intérêts du pays.

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