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Monde Tuerie d’Utoya: salut nazi, «lavage de cerveau»… La tribune idéologique d’Anders Breivik retransmise en direct en Norvège

18:03  20 janvier  2022
18:03  20 janvier  2022 Source:   liberation.fr

Tuerie du lycée d’Oxford : les signaux d’alerte que l’établissement n’a pas voulu voir

  Tuerie du lycée d’Oxford : les signaux d’alerte que l’établissement n’a pas voulu voir Ethan Crumbley, le lycéen accusé d’avoir quatre élèves le 30 novembre aux Etats-Unis avait déjà apporté la veille des munitions. Un élément qui laisse penser que l’établissement était au courant des menaces mais n’a pas su protéger les étudiants. © Carlos Osorio/AP/SIPA Le 30 novembre dernier, Ethan Crumbley a tué quatre élèves de son lycée d’Oxford dans le Michigan . L’adolescent de 15 ans a été rapidement arrêté par la police .

L’audience d’Andres Breivik, entamée mardi, confirme les craintes des survivants et familles des victimes de la tuerie d’Utoya. Le terroriste d’extrême droite, responsable de la plus grave attaque en Norvège depuis la Seconde Guerre mondiale, a transformé sa procédure judiciaire en une tribune politique et idéologique, retransmise en direct par les médias du pays scandinave.

Au premier jour d’une procédure de demande de remise en liberté, délocalisée pour des raisons de sécurité dans le gymnase de la prison où il est incarcéré, l’extrémiste de 42 ans, le crâne rasé et vêtu d’un costume sombre, s’est présenté devant les magistrats en faisant un salut nazi. D’une démarche fière et assurée, il a brandi des pancartes, imprimées en anglais, appelant à «arrêter [le] génocide contre nos nations blanches». Une énième provocation qui ravive les douloureux souvenirs des survivants du double attentat qui a coûté la vie à 77 personnes et choqué le monde entier, il y a dix ans. Avant l’audience, le groupe de soutien aux familles a «encouragé à placer aussi peu d’attention que possible au terroriste et à son message».

Rep. Warren Davidson devient le dernier législateur de GOP pour comparer les politiques Covid-19 à Nazi Allemagne

 Rep. Warren Davidson devient le dernier législateur de GOP pour comparer les politiques Covid-19 à Nazi Allemagne © Tom Williams / CQ-Roll Call, Inc via Getty Images Rep. Warren Davidson de Ohio. Tom Williams / CQ-Roll Call, Inc via Getty Images Davidson a réagi à la nouvelle commande de DC pour montrer la preuve de vaccination et porter des masques à certains endroits. Il l'a comparé à un col de la santé nazie, ajoutant: "Les nazis déshumanisaient des juifs avant de les séparer." Les représentants de Thomas Massie et Marjorie Taylor Greene ont déjà été claqués pour des commentaires similaires.

«J’essaye de ne pas suivre ça de trop près mais c’est impossible de faire totalement abstraction. Même si tout le monde savait qu’il n’avait pas changé, les images de la tuerie nous reviennent en pleine face, regrette Tarjei Jensen Bech, blessé à la jambe par le terroriste. Mais ce qui m’effraie le plus, c’est de penser qu’il puisse convaincre des gens de rejoindre sa cause, en Norvège ou dans le reste de l’Europe.» Agé de 19 ans lors des faits, il a perdu la plupart de ses amis, tombés sous les balles d’un suprémaciste blanc obsédé par «l’islamisation» du continent européen.

«Lavage de cerveau»

Condamné en 2012 à la peine maximale en Norvège (vingt et un ans de prison, susceptibles d’être prolongés et assortis d’une peine minimale de dix ans), Breivik plaide cette semaine pour une libération conditionnelle anticipée. Inflexible, inébranlable, glacial… «L’homme le plus dangereux de Norvège», comme l’avait qualifié le procureur lors de son dernier procès, a très peu de chances d’être libéré. Après avoir écrit un manifeste de plus de 1 500 pages, dans lequel il expliquait son obsession de l’islam et sa peur de la féminisation de l’Europe, le terroriste avait fait exploser une bombe près du siège du gouvernement au cœur d’Oslo, faisant huit victimes, avant de commettre, sur l’île d’Utoya, le pire massacre du pays depuis plus de six décennies. Déguisé en policier, il avait traqué et méthodiquement abattu 69 jeunes travaillistes – un parti à qui il reprochait de promouvoir le multiculturalisme – réunis lors d’un camp d’été.

Décennie Après la Norvège Massacre, Breivik cherche la libération conditionnelle

 Décennie Après la Norvège Massacre, Breivik cherche la libération conditionnelle seulement 10 ans après la réalisation de l'attaque de paix la plus mûre en Norvège, Behring Breaving Breivik demandera mardi à une cour de libération conditionnelle, une demande largement à refuser.

Depuis, Breivik n’a jamais nié les actes, ni exprimé le moindre remord. Lors de son procès, en 2012, il avait livré un récit glaçant, devant un public en larmes, détaillant cette longue fusillade de soixante-douze minutes. «Vous allez tous mourir aujourd’hui, marxistes !» avait-il notamment lancé aux jeunes, dont certains sont morts noyés en tentant de lui échapper. Mardi, l’extrémiste a changé de position, donnant sa «parole d’honneur» que la violence relevait du passé. Des propos déjà tenus dans des prétoires ou des courriers dans lesquels il s’est parfois comparé à Nelson Mandela. Devant les magistrats, il est allé encore plus loin, expliquant qu’il n’était pas vraiment responsable des attaques : «Certains de ces récits vous paraîtront effrayants, à vous et au public norvégien, mais ils expliquent à quel point j’ai subi un lavage de cerveau il y a dix ans.» Il a notamment explique être devenu un «fantassin» du mouvement néonazi Blood and Honour («Sang et Honneur») : «L’ordre était… de rétablir le IIIe Reich. Et la manière de le faire dépend de chaque soldat.» Breivik a toutefois précisé qu’il poursuivrait son combat pour la suprématie blanche et la domination nazie par des moyens pacifiques.

Dix ans après le massacre d’Utoya, Breivik demande sa libération

  Dix ans après le massacre d’Utoya, Breivik demande sa libération Le terroriste d'extrême droite a fait un salut nazi à l'arrivée des juges avec un écriteau disant : « Cessez votre génocide contre nos nations blanches. »Ses propos n'ont convaincu ni experts, ni rescapés de la tuerie, ni proches des victimes qui redoutaient que cette procédure de trois jours, retransmise avec un léger différé par certains médias, ne lui serve de plateforme. Le 22 juillet 2011, Breivik avait fait exploser une bombe près du siège du gouvernement à Oslo, faisant 8 victimes, puis a tué 69 autres personnes, des adolescents pour la plupart, en ouvrant le feu sur un camp d'été de la Jeunesse travailliste sur l'île d'Utoya.

Personnalité «asociale, histrionique et narcissique»

Des promesses balayées au deuxième jour d’audience, mercredi, par la psychiatre qui suit la santé mentale de Breivik depuis des années. Pour Randi Rosenqvist, également l’un des principaux témoins de cette procédure, le risque que le néonazi commette des actes de violence est le même depuis dix ans : «Je pense qu’il a le même diagnostic qu’il a toujours eu. Les risques d’actes de violence futurs de sa part sont les mêmes par rapport à ce qu’ils étaient en 2012-2013, lorsque j’ai rédigé la première évaluation des risques», a déclaré au tribunal cette femme de 70 ans aux cheveux grisonnants, qui a continué à s’entretenir avec le tueur après son départ à la retraite. Elle a longuement expliqué comment Breivik «change de tactique en fonction de ce qu’il juge approprié», énumérant les caractéristiques de sa personnalité «asociale, histrionique et narcissique» et son manque d’empathie qui aurait «très peu de chances de fonctionner» dans la société en cas de libération anticipée.

Généralement imperturbable, l’intéressé a ri et secoué la tête à plusieurs reprises durant cette intervention. Puis s’est de nouveau plaint de ses conditions de détention, disant être traité «comme un animal» faute de contacts suffisants avec le monde extérieur. En 2017, la cour d’appel d’Oslo avait estimé que l’ultranationaliste n’était pas traité de manière «inhumaine» en prison, à l’issue d’un procès lors duquel Breivik avait déjà fait le salut nazi à deux reprises. S’il vit presque complètement isolé depuis plus de dix ans, l’extrémiste bénéficie de trois cellules rassemblées en une, d’une télévision, d’une console de jeux, d’appareils sportifs, d’un ordinateur portable, de cours en ligne et d’une sortie d’une heure par jour. Mais «très peu de prisonniers ont envie de lui parler, a souligné sa psychiatre. La plupart ont envie de lui faire du mal.» Or, la vie sociale de Breivik est considérée comme une condition nécessaire à son éventuelle réhabilitation et à sa réinsertion dans la société.

  Tuerie d’Utoya: salut nazi, «lavage de cerveau»… La tribune idéologique d’Anders Breivik retransmise en direct en Norvège © Fournis par Liberation

Talibans et Occidentaux se retrouvent autour de la table à Oslo .
Lors de leur première visite en Europe depuis leur retour au pouvoir, des talibans se sont retrouvés autour de la table avec des diplomates occidentaux lundi à Oslo pour discuter de la grave crise humanitaire en Afghanistan, la communauté internationale conditionnant la reprise de son aide au respect des droits humains.La délégation afghane conduite par le ministre des Affaires étrangères Amir Khan Muttaqi s'est réunie peu après 10H30 (09H30 GMT) avec des représentants des Etats-Unis, de France, du Royaume-Uni, d'Allemagne, d'Italie, de l'Union européenne et de Norvège.

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C'est intéressant!