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Monde Comment la Chine tisse sa toile et chasse la France de Madagascar

14:12  23 janvier  2022
14:12  23 janvier  2022 Source:   marianne.net

Dentist accusé d'avoir tué sa femme en 2016 voyage de chasse en Afrique

 Dentist accusé d'avoir tué sa femme en 2016 voyage de chasse en Afrique Un dentiste de la région de Pittsburgh a été accusé l'année dernière d'avoir tué son épouse lors d'un voyage de chasse en Afrique en 2016 dans le cadre d'un programme allégué pour obtenir des millions de dollars en paiements d'assurance, Station CBS KDKA-TV rapporte . Le Dr Lawrence Rudolph est confronté à une taxe de fraude du courrier fédéral dans l'affaire et ses avocats ont déclaré à la Station Bianca Rudolph's La mort était un "terrible accident" et les allégations sont "scandaleuses".

C’est un pays aux richesses fabuleuses, où fruits, légumes, poissons, minerais et pierres précieuses abondent. Un pays, le dixième plus pauvre du monde, dans le sud duquel sévit une terrible famine et où les enfants se nourrissent de lanière de cuir bouillies dans de l’eau. © Hans Lucas via AFP C’est un pays aux richesses fabuleuses, où fruits, légumes, poissons, minerais et pierres précieuses abondent. Un pays, le dixième plus pauvre du monde, dans le sud duquel sévit une terrible famine et où les enfants se nourrissent de lanière de cuir bouillies dans de l’eau. C’est un pays aux richesses fabuleuses, où fruits, légumes, poissons, minerais et pierres précieuses abondent, où « sur les hauts plateaux, on peut faire jusqu’à trois récoltes de riz par an, faire pousser du blé et cueillir des fraises », se souvient un Français qui y a longtemps vécu. Un pays, le dixième plus pauvre du monde, dans le sud duquel sévit une terrible famine et où les enfants se nourrissent de lanière de cuir bouillies dans de l’eau.Un pays où deux anciens officiers français, diplômés de l'École militaire de Saint-Cyr, sont détenus pour un supposé coup d’État contre le président Andry Rajoelina. Le premier, franco-malgache, Paul Maillot Rafanoharana, cerveau désigné du projet « Apollo 21 », a été condamné le 17 décembre dernier aux travaux forcés à perpétuité. Le second, Philippe François, à dix ans. Des lampistes, sans doute, égarés dans une affaire qui les dépasse. Une guerre d’influence où la France le dispute à Madagascar sur la question de la souveraineté sur les îles Éparses, réserve écologique certes, mais aussi gigantesque gisement de pétrole et de gaz. Où la Chine, déjà bien installée, avance ses pions, ses ports et ses navires. Où un président aux prises avec une crise économique, sanitaire et humanitaire, doit bien trouver un moyen de jouer sur la corde nationaliste pour relancer sa popularité.On parle peu de Madagascar, et pourtant ce pays grand comme une fois et demie la France, dont il fut une colonie jusqu’en 1960, attire les convoitises. Pour ses richesses naturelles, d’une part, et pour son emplacement au sud-ouest de l’océan Indien, de l’autre. Un ensemble de facteurs qui font de « Mada » l’objet de nombreux enjeux économiques et stratégiques. « Les ressources du pays sont énormes : litchi, poivre, cannelle, bananes, mangues, crevettes, céréales, bois précieux, pierres précieuses, mais aussi minerai, avec quatre mines d’uranium », détaille la Franco-malgache Lova Rajaoarinelina, chercheuse à la Fondation pour la recherche stratégique (FRS), et spécialiste des questions nucléaires. Elle a vécu sur l’île, où elle a exercé des responsabilités politiques de 2012 à 2017. Elle y a vécu la transition après le coup d’État de 2009, puis l’élection présidentielle de 2013.La Chine en embuscadeSelon la chercheuse, si la France n’y a pas d’intérêts particulièrement importants, un certain nombre de PME appartenant à des Français, descendants de familles de colons arrivés au dix-neuvième siècle, et même de pirates installés depuis le dix-huitième, tiennent le haut du panier dans des domaines comme la vanille : « L’abondance est telle que certains peuvent être milliardaires uniquement dans le commerce du litchi sans toucher à la vanille ! », déclare-t-elle ainsi. Rémy Lescure, membre du comité de soutien de Philippe François, communicant de métier, a dirigé un hôtel à Madagascar. « En quelques décennies, les structures étatiques du pays sont tombées dans un grave état de déliquescence, la corruption est très présente, et l’état des infrastructures, notamment routières, ne permet pas un bon acheminement des marchandises, comme on pourrait le faire avec le riz des hauts plateaux, par exemple », explique-t-il. Madagascar exporte ainsi quantité de fruits exotiques mais peine à nourrir sa propre population.Les métaux rares représentent un autre objet de convoitise : « On trouve du tungstène à foison, des pierres précieuses, notamment le saphir. Celui qui est censé venir de Birmanie ou d’Inde arrive en réalité, via des filières de contrebande, de Madagascar », poursuit Rémy Lescure. Mais la contrebande et les trafics sont un des fléaux de la Grande Île : « Il y a la cocaïne, avec des cartels très présents, mais aussi le bois de rose et le zébu, qui sont parmi les premières sources de revenus des mafias. » Quant aux métaux qui rentrent dans la fabrication des composants de batteries, ils attirent évidemment les investisseurs étrangers, que cela soit la Chine, l’Inde ou l’Afrique du Sud voisine. « Les premiers essais de la bombe atomique française ont été effectués avec de l’uranium malgache, rappelle Lova Rajaoarinelina. Il n’est pas étonnant que les Iraniens, les Nord-Coréens et les Chinois regardent de ce côté. Ils s’y intéressent. »La Chine figure parmi les principaux partenaires de l’Île, comme le rappelle Emmanuel Véron, professeur à l’École navale et à l’Inalco (Institut national des langues et civilisations orientales) : « En dehors des commerçants présents depuis longtemps, nous sommes en présence de la relation classique entretenue durant la guerre froide avec les pays post-Tiers-monde, avec tout le discours contre les anciennes puissances coloniales, en l’occurrence la France, qui l’accompagne, explique-t-il. Et depuis vingt ans, la Chine prend des parts importantes dans le domaine économique. Il y a la prédation sur le bois de rose et des espèces endémiques, l’acquisition de terres agricoles, la construction de réseaux routiers, et des infrastructures sur lesquelles Pékin est en concurrence avec d’autres puissances : une entreprise française a d’ailleurs réussi à écarter la Chine d’un projet sur un nouvel aéroport. » Surtout, la Chine importe beaucoup de denrées, mais voit aussi Madagascar comme une étape importante de la « route de la soie maritime », pendant par la mer de la « nouvelle route de la soie », projet pharaonique d’acheminement commercial qui traverse les steppes d’Asie centrale jusqu’à l’Europe de l’ouest.L'anti-FranceMais Emmanuel Véron tempère aussi cette importance : « Madagascar a son importance mais l’essentiel des exportations passe par le nord de l’océan Indien et par la mer Rouge. Et puis le niveau de pauvreté est tel à Madagascar que ce n’est pas un marché viable, il n’est pas consolidé. On a tendance à exagérer l’ampleur des relations commerciales entre le Chine et Madagascar, mais c’est un marché très secondaire par rapport au Kenya et à l’Éthiopie. »En revanche, les eaux très poissonneuses constituent une vraie mine pour les entreprises de pêche chinoise. « La Chine est très active dans toutes les zones autour des pays africains. On assiste à un véritable pillage et à une prédation sur les ressources halieutiques », poursuit Emmanuel Véron. Pékin construit des installations portuaires, et se livre à un gros travail dans les organisations internationales comme l’ONU sur des questions d’interprétation du droit maritime. L’objectif ? Permettre d’obtenir des décisions qui feront jurisprudence pour d’autres régions du monde où la Chine a des prétentions territoriales et commerciales.« Quand je travaillais là-bas, il était frappant de voir à quel point le discours des Chinois vis-à-vis des Malgaches était l’"anti-France", il s’agissait de fustiger l’ancienne puissance coloniale », se souvient Lova Rajaorinelina. Ce discours s’est encore durci après la découverte de gigantesques gisements de gaz et de pétrole dans le canal du Mozambique où se trouvent les îles Éparses, restées françaises après la décolonisation et revendiquées par Madagascar. Un trésor pour la Grande Île dont le président a fait campagne en 2018 en insistant sur l’indépendance de son pays et le rejet de l’ingérence étrangère.En octobre 2020, Madagascar a demandé aux Nations Unies l’extension de sa Zone économique exclusive (ZEE) au-delà des 200 milles marins, ce qui lui permettrait d’exploiter une partie de ces ressources énergétiques, selon le journal Midi-Madagascar. Qui précise également que pour l’assister dans les travaux de relevés sismiques, le pays est accompagné par un institut de recherches océanographique… chinois.À LIRE AUSSI : Accusé d'avoir voulu tuer le président, un ex-soldat français dans l'enfer des prisons malgaches

À Madagascar, un projet de téléphérique s’attire les foudres de la population .
Pour désengorger la capitale Antananarivo, le gouvernement prévoit la construction de deux lignes de téléphérique pour un montant de 152 millions d’euros. Mais ce projet, soutenu par la France, est vivement critiqué par la population. En cause, un tracé contesté par des défenseurs du patrimoine mais surtout un prix du billet inaccessible à la grande majorité des Malgaches. C'est l'un des projets phare de la présidence d'André Rajoeilna :C'est l'un des projets phare de la présidence d'André Rajoeilna : construire deux lignes de téléphérique pour résoudre le fléau des embouteillages à Antananarivo, la capitale malgache qui connaît une croissance urbaine aussi phénoménale que chaotique.

usr: 1
C'est intéressant!