•   
  •   

Monde La répression religieuse et culturelle en Chine à son paroxysme : islam ouïgour, bouddhisme tibétain et christianisme

10:15  28 janvier  2022
10:15  28 janvier  2022 Source:   nouvelobs.com

Airbus va ouvrir en Chine un centre de de recyclage d'avions

  Airbus va ouvrir en Chine un centre de de recyclage d'avions Airbus s'attend à "une augmentation exponentielle du nombre d'avions retirés du marché en Chine dans les 20 prochaines années". Un accord formel doit être signé mi-2022, avant une ouverture du centre, à Chengdu, prévue pour la fin 2023. Airbus pousse ses pions dans le recyclage d'avions. L'avionneur et sa filiale Tarmac Aerosave vont ouvrir le premier centre dédié en Chine, à Chengdu (Sichuan), qui a signé un protocole d'accord avec la ville.

  La répression religieuse et culturelle en Chine à son paroxysme : islam ouïgour, bouddhisme tibétain et christianisme © Copyright 2022, L'Obs

Claude Meyer est conseiller du Centre Asie de l’Institut français des Relations internationales (Ifri). Eminent sinologue, il a publié en octobre dernier « le Renouveau éclatant du spirituel en Chine − Expansion des religions, répression du Parti », aux éditions Bayard.

Le 20 janvier, l’Assemblée nationale a voté une résolution qui condamne comme « constitutive de crimes contre l’humanité et de génocide » la répression par le régime chinois de la minorité musulmane ouïgoure. Ces accusations avaient déjà été exprimées par l’exécutif américain, la Chambre des Communes canadienne et cinq Parlements européens.

Covid-19. Comment la Chine tente par tous les moyens de se prémunir du variant Omicron

  Covid-19. Comment la Chine tente par tous les moyens de se prémunir du variant Omicron Depuis le début de la pandémie, la Chine garde le cap de sa stratégie « zéro Covid ». Après la détection de plusieurs cas d’Omicron dans le pays en 2022, les autorités chinoises serrent la vis pour éviter sa propagation. Désinfection des courriers venant de l’étranger, dépistage massif, confinement, autant de mesures qui rendent la vie dure à la population. Un courrier venu de l’étranger est-il la cause de l’arrivée d’Omicron à Pékin ? C’est, en tout cas, ce qu’ont affirmé les autorités chinoises lundi 17 janvier 2022. Une habitante de Haidian, district de Pékin, a été testée positive au variant Omicron ce week-end.

La répression au Xinjiang

Pour combattre « le terrorisme, la radicalisation et le séparatisme », les autorités chinoises ont réprimé pendant des décennies les Ouïgours et les Kazakhs, minorités turcophones d’environ 10 millions de personnes concentrées dans la région du Xinjiang, au nord-ouest de la Chine. Depuis 2016, la persécution s’est faite encore plus impitoyable et a transformé la province en un vaste Etat policier : camps d’internement extrajudiciaires, mesures coercitives et généralisées de contrôle des naissances, séparation des enfants de leur famille, travail forcé d’anciens détenus, etc. Ces exactions sont largement documentées, notamment dans les documents officiels chinois révélés en 2019 par le « New York Times » et le Consortium international de Journalistes d’Investigation (Icij), auxquels s’ajoutent les travaux du chercheur Adrian Zenz et des témoignages individuels. Selon l’analyse approfondie de ces matériaux effectuée par la commission du Congrès américain sur la Chine, Pékin se rend coupable de cinq crimes contre l’humanité tels que définis dans l’article 7 du Statut de Rome de la Cour pénale internationale : emprisonnement en violation des règles fondamentales du droit international, torture, asservissement, disparition de personnes, persécution pour des motifs politiques, raciaux, ethniques, culturels et religieux.

Afghanistan: des militantes féministes dénoncent la répression croissante des talibans

  Afghanistan: des militantes féministes dénoncent la répression croissante des talibans Des militantes féministes afghanes ont expliqué jeudi à l'AFP devoir se cacher pour préserver leur sécurité et ont dénoncé la répression croissante des talibans, quelques jours après la dispersion d'une de leurs manifestations avec des sprays lacrymogènes.Au moins une participante de la manifestation de dimanche a été arrêtée mercredi soir, selon quatre militantes, qui assurent que leur mouvement est visé par une série de descentes policières et craignent pour leur propre sécurité.

Dis Oncle Obs… Pourquoi la Chine persécute-t-elle les Ouïgours ?

L’accusation de génocide, quant à elle, est contestée par certains observateurs car, selon eux, les mesures répressives mises en œuvre par la Chine − composée à 92 % de Hans, l’ethnie principale −, ne prouvent pas une volonté délibérée de détruire l’ethnie ouïgoure. La Convention sur le génocide des Nations unies ratifiée en 2019 définit ainsi ce crime : « Le génocide s’entend de l’un quelconque des actes ci-après, commis dans l’intention de détruire, en tout ou en partie, un groupe national, ethnique, racial ou religieux, comme tel … ». La précision « en partie » est importante, car parmi les éléments matériels constitutifs de ce crime selon l’ONU figurent les « mesures visant à entraver les naissances ». Or un faisceau d’indices indique bien la volonté de la Chine de bloquer la croissance naturelle de la population dans les ethnies minoritaires du Xinjiang.

Terrorisme: l'Inde exhorte l'ONU à reconnaître la haine contre les hindous, les sikhs et les bouddhistes

  Terrorisme: l'Inde exhorte l'ONU à reconnaître la haine contre les hindous, les sikhs et les bouddhistes L’Inde prend la tête pour toute l’année du comité de l’ONU contre le terrorisme. Elle a dévoilé de nouvelles orientations politiques dans ce combat qui comprend la défense des hindous et le refus de mentionner les groupes nationalistes ou d’extrême droite comme responsables de terrorisme. Des orientations très proches de celles menées depuis neuf ans par le gouvernement nationaliste hindou de Narendra Modi. De notre correspondant à New Delhi, Le premier argument de l’Inde est que l’ONU ne dénonce que la haine envers les trois grandes religions occidentales : la chrétienté, l’islam et le judaïsme.

Déportations, viols, génocide culturel : la tragédie sans fin du peuple ouïgour

Les mesures coercitives de contrôle des naissances ont explosé, entraînant une forte baisse du taux de natalité dans la province. En 2018, par exemple, le nombre de stérilisations par habitant y était sept fois supérieur à la moyenne nationale et 80 % des stérilets posés dans le pays l’ont été dans cette région, qui ne représente pourtant que 1,8 % de la population. La réduction des naissances s’accompagne de mesures incitatives pour attirer des citoyens hans dans la province; ces derniers représentent aujourd’hui plus de 45 % de la population du Xinjiang contre 6 % en 1949 et sont devenus majoritaires dans la capitale Urumqi. Il s’agit bien de dissoudre l’identité ouïgoure par l’assimilation forcée à l’ethnie majoritaire dans une démarche de nettoyage ethnique. Selon une dépêche de l’AFP du 25 octobre 2018, un responsable le confirmait d’ailleurs brutalement : « Brisez leur lignée, brisez leurs racines, brisez leurs connexions et brisez leurs origines. »

L’influent moine bouddhiste Thich Nhat Hanh est mort

  L’influent moine bouddhiste Thich Nhat Hanh est mort Grande figure du Bouddhisme dans le monde, il avait mis à profit ses années d’exil pour populariser en Occident le concept de « pleine conscience ».Il était l’un des moines bouddhistes les plus influents au monde, avec le Dalaï-Lama. Thich Nhat Hanh, est décédé samedi au Vietnam à l’âge de 95 ans.

Ouïgours : « Le seul fait de débattre pour savoir si la Chine est en train de commettre un génocide est tragique »

Cette répression a une forte dimension religieuse, car la foi musulmane est un élément essentiel de l’identité ouïgoure et kazakhe. Porter le voile, la barbe, faire le ramadan, prier, donner à son enfant un prénom inspiré du Coran, ne pas manger de porc, ne pas boire d’alcool : beaucoup d’expressions traditionnelles de l’islam sont interdites au Xinjiang et durement sanctionnées. Pour le pouvoir, ce sont en effet des signes de radicalisation qui justifient l’internement dans des camps de rééducation, pudiquement appelés « centres de formation professionnelle ». On estime qu’environ deux millions de Ouïgours ont été arbitrairement détenus dans ces camps depuis 2017.

La persécution du bouddhisme tibétain et du christianisme

L’écho médiatique rencontré par la persécution des musulmans au Xinjiang ne doit pas faire oublier celle qui s’exerce aussi contre deux autres religions, le bouddhisme tibétain et le christianisme. Le Tibet est soumis à un contrôle politique étouffant et à une intense répression de nature religieuse qui vise aussi à détruire l’identité tibétaine par l’effacement de la langue et de la culture. Comme au Xinjiang, les aspects politiques, culturels et religieux sont étroitement imbriqués, mais il est clair que l’objectif majeur du pouvoir est de saper l’autorité du dalaï-lama auquel le Parti communiste chinois prête des visées séparatistes, et d’étouffer le bouddhisme tibétain : la population monastique a été décimée en soixante ans, passant de 120 000 religieux en 1949 à 46 000 en 2019.

Comment la Chine tisse sa toile et chasse la France de Madagascar

  Comment la Chine tisse sa toile et chasse la France de Madagascar Grande comme une fois et demie la France, en proie à une terrible famine et à l’instabilité politique, dixième pays le plus pauvre au monde, l’île dispose pourtant de grandes richesses naturelles, et d’un emplacement privilégié pour les échanges commerciaux. Des atouts qui attirent bien des convoitises, à commencer par celles de la Chine.

LIRE AUSSI> Tibétains et Ouïgours, ces minorités « barbares » que la Chine réprime sans relâche

La politique religieuse à l’égard du christianisme répond à d’autres motivations. L’essor spectaculaire de cette religion « étrangère » menace la primauté du Parti qui la réprime de plus en plus durement depuis l’arrivée de Xi Jinping au pouvoir en 2012. Selon l’ONG Portes ouvertes, la Chine est passée entre 2018 et 2021 du 43e au 17e rang des pays où la persécution des chrétiens est la plus sévère. De plus, cette religion importée est vue comme le vecteur de « forces étrangères hostiles » qui visent à saper la légitimité du régime. Face à cette menace, la répression des Eglises chrétiennes, clandestines en majorité, s’accompagne d’une entreprise de « sinisation » du christianisme pour le rendre conforme aux « caractéristiques chinoises », y compris les valeurs socialistes.

LIRE AUSSI> Comment peut-on être chrétien en Chine ?

La répression s’applique ainsi de façon différenciée à chaque groupe religieux selon le niveau de menace qu’il représente aux yeux du pouvoir. Cependant, échec cinglant pour un Parti qui se veut porteur d’un athéisme militant, elle ne peut freiner le renouveau spirituel spectaculaire que la Chine connaît depuis le début des années 1980. L’avenir dira si une telle stratégie d’endiguement pourra être maintenue durant les prochaines décennies sans menacer la stabilité sociale et donc la survie du régime jusqu’à son 100e anniversaire en 2049.

«Pour l'acquittement de Saïd Djabelkhir et la liberté scientifique en Algérie» .
FIGAROVOX/TRIBUNE - Dix-neuf intellectuels et essayistes, parmi lesquels Boualem Sansal, Chantal Delsol et Rémi Brague invitent la Cour constitutionnelle algérienne à censurer la loi ayant conduit à la condamnation de l'islamologue pour «blasphème».Dans les prochaines semaines, la Cour constitutionnelle algérienne jugera le cas de l'islamologue Saïd Djabelkhir, condamné le 21 avril 2021 à une peine de trois ans de prison et à une amende de 50 000 dinars pour « offense à l'islam » et « dénigrement du dogme » et « des préceptes de l'islam » en vertu de l'article 144 bis du Code pénal algérien réprimant le blasphème.

usr: 0
C'est intéressant!