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MondeAprès la tuerie de Christchurch, des Néo-Zélandais rendent leurs armes

19:40  19 mars  2019
19:40  19 mars  2019 Source:   lefigaro.fr

Après le massacre à Christchurch, la Nouvelle-Zélande va durcir sa législation sur les armes

Après le massacre à Christchurch, la Nouvelle-Zélande va durcir sa législation sur les armes Sur l’ile de 5 millions d’habitants, entre 1,2 et 1,5 million d’armes, pour la plupart non enregistrées, sont en circulation. © Vincent Thian / AP Devant la mosquée Al Noor à Christchurch, le 18 mars. En achetant deux fusils semi-automatiques, deux fusils de chasse et un fusil à pompe, Brenton Tarrant n’a enfreint aucune loi néo-zélandaise. Pourtant, c’est grâce à cet arsenal particulièrement létal que, vendredi 15 mars, le terroriste a tué 50 personnes et en a blessé 50 autres dans deux mosquées du centre-ville de Christchurch. Le pire massacre de l’histoire récente du pays.

Les Néo - Zélandais peuvent acquérir une arme semi-automatique dès 18 ans, comme dans ce magasin de Christchurch . Certains Néo - Zélandais n'ont pas attendu de mots d'ordre pour remettre volontairement leurs armes à la police, quelques jours après la tuerie de Christchurch qui a coûté

Des centaines de Néo - Zélandais ont entamé les démarches pour rendre leurs armes , dans la foulée de l'interdiction de la vente des fusils d'assaut et armes semi-automatiques en réponse à la double tuerie des mosquées de Christchurch , a annoncé ce vendredi la police.

Après la tuerie de Christchurch, des Néo-Zélandais rendent leurs armes © Jorge Silva/REUTERS Les Néo-Zélandais peuvent acquérir une arme semi-automatique dès 18 ans, comme dans ce magasin de Christchurch.

«Remettez vos armes», titre en Une le New Zealand Herald ce mardi 19 mars. Certains Néo-Zélandais n'ont pas attendu de mots d'ordre pour remettre volontairement leurs armes à la police, quelques jours après la tuerie de Christchurch qui a coûté la vie à 50 personnes vendredi. La presse néo-zélandaise ne donne pour le moment aucun chiffre, mais elle se fait l'écho de plusieurs témoignages d'internautes.

Sous le choc depuis l'attaque, John Hart, agriculteur de 46 ans à Masterton, craignait que son arme puisse tomber entre de mauvaises mains. C'est ce qui l'a poussé à se séparer de son fusil semi-automatique, lundi 18 mars. «Jusqu'à aujourd'hui, j'étais l'un des Néo-Zélandais qui possédait un fusil semi-automatique. À la ferme, ils peuvent être un bon outil dans certaines circonstances, mais ma commodité ne l'emporte pas sur le risque d'une mauvaise utilisation», a-t-il écrit sur le réseau social Twitter. Pour preuve, John Hart a posté la photo du bordereau remis aux autorités, sur lequel l'agriculteur demande la destruction de son arme. «Nous n'avons pas besoin de cela dans notre pays. Nous devons nous assurer que cela ne se reproduira jamais», a-t-il ajouté, avec le hashtag #NeverAgain.

Attentat de Christchurch : 8chan, vivier en ligne du terrorisme d’extrême droite

Attentat de Christchurch : 8chan, vivier en ligne du terrorisme d’extrême droite Le forum créé par des joueurs de jeux vidéo misogynes est devenu le point de ralliement du suprémacisme blanc. Brenton Tarrant, qui a tué cinquante personnes en visant des mosquées, en est issu. © CAPTURE D'ECRAN La section « pol » du forum du site 8chan. Très peu connu du grand public, le forum 8chan est, en revanche, un nom courant dans les cercles d’extrême droite en ligne. C’est l’un des sites que fréquentait Brenton Tarrant, l’auteur de l’attentat de Christchurch en Nouvelle-Zélande, qui a fait cinquante morts vendredi 15 mars.

À lire aussi : Après la tuerie de Christchurch , des Néo - Zélandais rendent leurs armes . Les dédommagements seront fonction du modèle et de l’état de chaque arme , et le coût total du programme est estimé à 218 millions de dollars néo - zélandais (127 millions d’euros).

Un Néo - Zélandais musulman et un Néo - Zélandais portant des tatouages maoris. Jerome taylor/afp. La police a révélé vendredi s'être entretenue en octobre 2017 avec l'auteur de la tuerie avant de lui octroyer le permis grâce auquel il avait acquis les armes utilisées dans le massacre.

Il n'est pas le seul à avoir pris cette décision. Un utilisateur de Twitter, Blackstone, a aussi posté une photo du bordereau. Le motif de retour tient en quelques mots: «Ne le veut plus». «C'est l'une des décisions les plus faciles que j'ai jamais prises», a écrit Blackstone, pourtant propriétaire d'une arme à feu depuis 31 ans. Fey Hag, pseudonyme d'une Néozélandaise sur Twitter, a également publié son histoire: «Quand mon mari est décédé, ses armes ont été remises à la famille détentrice du permis requis. Fille de parents chasseurs, j'ai utilisé des armes depuis l'âge de 9 ans. Aujourd'hui j'ai demandé à ce que ces armes soient livrées à la destruction.»

La première ministe néo-zélandaise, Jacinda Ardern, s'est engagée lundi à durcir la loi sur les armes à feu, dans les dix jours à venir. Une décision saluée par de nombreux Néozélandais, qui comparent la situation avec celle des États-Unis où Donald Trump ne cesse de faire l'apologie des armes à feu dans les foyers américains. En Nouvelle-Zélande, certaines entreprises ont déjà interdit la vente d'armes semi-automatiques, capables de tirer un grand nombre de balles rapidement, à l'instar de Hunting & Fishing (Chasse & pêche), l'une des plus grosses chaînes de magasins dédiés à la chasse. Dans un texte publié sur Facebook, son PDG, Darren Jacobs, a invité le gouvernement à imiter sa société et à bannir aussi la vente d'armes à feu sur Internet.

Trade Me, un site de petites annonces très populaire, s'était fait épingler par de nombreux internautes, pour continuer à vendre des armes trois jours après le drame de Christchurch. Jon Macdonald, directeur général, a annoncé dans un communiqué diffusé lundi après-midi avoir écouté «l'opinion publique» et mettre un terme à la vente d'armes semi-automatiques sur sa plateforme. Une prise de conscience résumée par la cheffe de gouvernement Jacinda Ardern: «Notre monde a changé à jamais et nos lois feront de même».

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Sur Twitter, le ministre de l'Intérieur a aussi fait part de sa "solidarité avec le peuple néo-zélandais endeuillé par l’odieuse attaque terroriste". © Fournis par France Télévisions Le ministre de l'Intérieur appelle les préfets "à la plus grande vigilance", après les attentats contre deux mosquées du centre-ville de Christchurch (Nouvelle-Zélande), vendredi 15 mars, qui ont fait au moins 49 morts. "Par précaution", Christophe Castaner leur demande de "renforcer la surveillance des lieux de culte", tout en précisant que "des patrouilles seront assurées à proximité des espaces confessionnels".

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