Monde: En Algérie, le changement de ton de la police inquiète les manifestants - PressFrom - France
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MondeEn Algérie, le changement de ton de la police inquiète les manifestants

14:35  15 avril  2019
14:35  15 avril  2019 Source:   rfi.fr

A Paris, des milliers de manifestants toujours dans la rue "contre le système" en Algérie

A Paris, des milliers de manifestants toujours dans la rue Plusieurs milliers de manifestants se sont rassemblés place de la République, à Paris, pour un septième dimanche consécutif. © Fournis par France Télévisions "On veut que tout le système change" : des milliers d'Algériens ou de Français d'origine algérienne ont une nouvelle fois manifesté dimanche 7 avril à Paris, afin de réclamer un "vrai changement de régime", quelques jours après la démission, le 2 avril, du président Abdelaziz Bouteflika. "On n'a eu que des petits changements jusqu'à présent. Bouteflika n'était qu'une vitrine. Ceux qui sont derrière, dans les coulisses, ce sont eux qu'on vise.

Algérie , cette insoutenable séquence d’enfants gazés par les forces anti-émeutes. Pour Saïd Salhi, vice-président de la Ligue algérienne pour la Selon la LADDH, la police a arrêté samedi plusieurs militants qui s'apprêtaient à retourner manifester devant la Grand Poste. L'ONG a déploré un

« Oui, la police a fait usage de balles en caoutchouc lors d’affrontements en haut du Boulevard Mohamed V Malgré un usage de la force par la police , la manifestation est restée globalement pacifique à Alger. Les manifestants ont, à plusieurs reprises, refusé d’affronter les forces de l ’ordre.

Alors que depuis le 22 février les manifestations contre le pouvoir en Algérie se sont déroulées sans véritables débordements, le rassemblement de ce vendredi 12 avril à Alger a été émaillé de violences. Manifestants et associations s'inquiètent d'un durcissement de la réponse policière tandis que s'ouvre une nouvelle semaine de mobilisation.

En Algérie, le changement de ton de la police inquiète les manifestants © AFP Le huitième vendredi de protestation contre le pouvoir à Alger s'est achevé dans des heurts entre policiers et manifestants.

« Ils provoquent le peuple algérien alors que nous manifestons pacifiquement. Je ne sais pas où on va car là, ça a vraiment dégénéré... » Au lendemain des violences d'Alger, la colère se mêle à l'inquiétude chez Hamza, Algérois d'une trentaine d'années. Des premières manifestations contre un cinquième mandat du président Bouteflika fin février, à celles, actuelles, contre la transition menée par Abdelkader Bensalah, le stewart est de tous les rassemblements dans la capitale. Et il sent bien que l'atmosphère se charge.

Algérie : Abdelkader Bensalah est nommé président par intérim pour trois mois

Algérie : Abdelkader Bensalah est nommé président par intérim pour trois mois Le Parlement algérien était réuni ce mardi, une semaine après la démission d'Abdelaziz Bouteflika, pour lancer ce processus d'intérim. © Fournis par France Télévisions Abdelkader Bensalah a été nommé président de l'Algérie par intérim, annonce la télévision nationale algérienne, mardi 9 avril. Le Parlement algérien s'est réuni pour lancer ce processus d'intérim, une semaine après la démission d'Abdelaziz Bouteflika. Abdelkader Bensalah, président de la chambre haute et incarnation d'un "système" dont les Algériens veulent se débarrasser, doit assurer l'intérim à la tête de l'Etat pendant 90 jours.

Une partie de la population entendait ainsi mobiliser un maximum de monde en Algérie ce vendredi pour protester contre la tenue de cette élection. Les heurts se sont poursuivis jusqu'en début de soirée, notamment sur la place Maurice Audin. Plusieurs manifestants ont été légèrement blessés

du 8e vendredi de contestation, des manifestants ont continué à tenter de fraterniser avec les forces de l 'ordre, reprenant le slogan "Policier, enlève ta La tension s'était accumulée depuis le début de l 'après midi. Sur la place Audin, la police est restée ferme face à une foule compacte qui tentait de

Ce huitième vendredi de contestation s'est achevé dans les heurts et la fumée des bombes lacrymogènes à Alger. Pour certains, ce fut une demi-suprise : la tension était palpable dès les premiers attroupements. Ainsi, place de la Grande Poste, de nombreux manifestants avaient noté un déploiement policier inhabituel aux premières heures de la matinée. Des forces anti-émeutes y avaient en effet pris position, une première pour un vendredi de mobilisation.

« Depuis le 22 février, les policiers étaient en position défensive, mais là, nous avons vu un autre visage, raconte le journaliste Akram Kharief, spécialiste des questions de défense et de sécurité. Nous avons assisté en fin de journée à l’apparition d’un groupe d’une centaine de jeunes qui se sont directement attaqués au cordon de policiers qui était le plus proche de la place centrale où se déroulait la manifestation. » Jets de pierre, de bouteilles. « La police a reculé puis a chargé et elle en a profité pour disperser toute la manifestation, en tirant des grenades lacrymogènes dans le tunnel des facultés, qui était alors bondé de monde. » S'ensuivit un mouvement de panique. « Heureusement qu’il n’y a pas eu de mort », souffle le journaliste.

En Algérie, l’élection présidentielle fixée au 4 juillet

En Algérie, l’élection présidentielle fixée au 4 juillet Dix jours après la démission du président Abdelaziz Bouteflika, à la suite de plus d’un mois de mobilisation des Algériens, le chef d’Etat par intérim, Abdelkader Bensalah, a fixé mercredi la date de la prochaine élection. © RYAD KRAMDI / AFP Manifestation à Alger, le 10 avril. Après l’énorme mobilisation dans les rues depuis la fin février qui a permis de tourner la page Bouteflika, les Algériens sont appelés aux urnes le 4 juillet pour élire leur nouveau président.

Algérie - Maghreb - Monde arabe. En dépit des échauffourées et des tirs de lacrymogènes en marge du 8e vendredi de contestation, des manifestants La tension s’était accumulée depuis le début de l ’après-midi. Sur la place Audin, la police est restée ferme face à une foule compacte qui tentait de

En dépit des échauffourées et des tirs de lacrymogènes en marge du 8e vendredi de contestation, des manifestants ont continué à tenter de fraterniser avec les forces de l 'ordre, reprenant le slogan "Policier, enlève ta casquette et A Alger, la société civile s' inquiète d'un raidissement de la police .

Ce raidissement des forces de police est observé depuis plusieurs jours maintenant. Mardi dernier, déjà, une manifestation d'étudiants avait été dispersée manu militari. Une première, là encore.  « On voit que depuis une dizaine de jours, les autorités ont donné des instructions pour empêcher les rassemblements dans la journée pendant la semaine et encadrer, très précautionneusement, les manifestations du vendredi », note Akram Kharief.

On est désormais loin des scènes de fraternisation entre forces de l'ordre et manifestants, malicieusement diffusées sur YouTube, et qui offraient un contraste saisissant avec ce qui se passait les mêmes week-ends, de l'autre côté de la Méditerranée, entre « gilets jaunes » et policiers français.

Consciente des interrogations que son action a soulevées vendredi, la police algérienne s'est défendue de toute volonté de répression. Elle a par ailleurs annoncé l'arrestation de 108 individus et, dans un communiqué publié sur Facebook, a imputé l'origine des troubles à des « étrangers » ainsi que des « délinquants » qui « n’avaient d’objectif que celui de jeter des enfants dans le feu de l’action ».

Algérie : nouvelle déferlante de manifestants à Alger pour réclamer le départ du président par intérim Abdelkader Bensalah

Algérie : nouvelle déferlante de manifestants à Alger pour réclamer le départ du président par intérim Abdelkader Bensalah Pour la première fois, un important dispositif policier a essayé d'empêcher les manifestants de se rassembler près de la Grande Poste, à Alger. © Fournis par France Télévisions "Bensalah, va dormir chez toi", peut-on lire sur de nombreuses affiches. Un cortège monstre défile dans le centre d'Alger (Algérie), vendredi 12 avril. C'est le huitième vendredi de mobilisation consécutif, mais le premier depuis l'entrée en fonctions du président par intérim Abdelkader Bensalah et l'annonce d'une élection présidentielle pour le 4 juillet.

Plus d'une centaine de robes noires ont manifesté devant le ministère de la Justice à Alger. De leur côté, les avocats haussent également le ton . « La répression des manifestants pacifiques par les Les avocats exigent aussi le retrait immédiat du « canon à son », utilisé par la police pour disperser

Algérie - Maghreb - Monde arabe. En dépit des échauffourées et des tirs de lacrymogènes en marge du 8e vendredi de contestation, des manifestants La tension s’était accumulée depuis le début de l ’après-midi. Sur la place Audin, la police est restée ferme face à une foule compacte qui tentait de

Quand bien même, cela n'explique pas une telle réaction, poursuit le journaliste Akram Kharief. « On a eu ce phénomène de casse les trois, quatre premières manifestations qui ont pourtant été à chaque fois bien gérées, bien contenues par la police. »

Un « canon à son » polémique

Symbole de cette défiance qui infuse parmi les manifestants, ce flot d'interrogations sur l'usage d'un « canon à son » lors de certains rassemblements, comme ce fut le cas, par exemple, mardi dernier, lors de la manifestation des étudiants à Alger. Hamza y était : « C’était insupportable. Quand ils l’ont déployé, j’étais à trois ou quatre mètres. Je ne pouvais même pas le filmer, j’ai dû m'éloigner. » C'est précisément l'effet escompté.

Ce dispositif, fabriqué par la société californienne LRAD Corporation, et monté sur des véhicules anti-émeutes NIMR ISV, est à double emploi : il peut servir de haut-parleur pour dialoguer avec la foule ou émettre un son strident pour la disperser. Sur plusieurs vidéos diffusées sur les réseaux sociaux, on peut clairement observer l'effet que cela a eu sur les manifestants algériens.

Algérie : heurts entre policiers et manifestants au cœur d'Alger

Algérie : heurts entre policiers et manifestants au cœur d'Alger Alors qu'un important défilé s'est déroulé dans le calme pour réclamer le départ du président par intérim Abdelkader Bensalah, quelques centaines de manifestants ont affronté la police dans le centre de la capitale algérienne. Des centaines de jeunes manifestants ont affronté la police, vendredi 12 avril, à Alger (Algérie), renvoyant les grenades lacrymogènes tirées par les policiers. Mais ils ont fini par être dispersés à l'issue d'un huitième vendredi de manifestations hebdomadaires qui a fortement mobilisé.

Au cours de la semaine, les forces de police ont empêché plusieurs rassemblements et réprimé une manifestation d’étudiants, mardi 9 avril, à Sur les marches de la Grande Poste, ce sont les policiers qui ont finalement été pacifiquement chassés des lieux par la foule. « Je manifeste où bon me

Photo de heurts entre la police anti-émeutes algérienne et quelques manifestants , le 12 avril Pour lui, le tournant a eu lieu dès mardi, lorsque la police a tenté de disperser une manifestation d'étudiants par A lire aussi. En Algérie , une prudente aspiration au changement plutôt qu'une révolution.

Saïd Salhi, vice-président de Ligue algérienne pour la défense des droits de l'homme (LADDH) a été le premier à tirer la sonnette d'alarme : « On n’y comprenait rien du tout, c’était quelque chose de nouveau. On s’est documenté et ces engins sont vraiment dangereux. […] Selon nos informations, cela peut monter jusqu’à 165 décibels », soit bien au-delà du seuil de douleur généralement fixé à 115 ou 120 décibels.

Les canons de harcèlement acoustique, développés à l'origine pour le secteur militaire, ont été fréquemment employés lors de rassemblements aux États-Unis à partir du milieu des années 2000. Mais en juin dernier, son usage a été jugé « anticonstitutionnel » par une cour d'appel new-yorkaise et assimilé à un « abus de force » dans le cas d'une manifestation qui s'était déroulée quelques années plus tôt à Manhattan. « Le problème posé par des protestataires sur la voie publique ne justifiait pas l'utilisation de la force, a fortiori une force capable de causer une blessure grave, telle qu'une perte auditive », soulignait la cour dans son arrêt.

Autant que la dangerosité du dispositif, c'est la pertinence de son emploi dans le cas algérien qu'interroge aussi Saïd Salhi. « On a interpellé le gouvernement sur ce sujet. D’autant qu’aujourd’hui en Algérie, on est face à des manifestations pacifiques. »

Algérie : le président du Conseil constitutionnel Tayeb Belaiz a remis sa démission

Algérie : le président du Conseil constitutionnel Tayeb Belaiz a remis sa démission Il s'agit de l'une des principales figures du régime visées par les manifestants algériens. © Fournis par France Télévisions C'est un départ hautement symbolique en Algérie. Le président du Conseil constitutionnel, Tayeb Belaiz, "a prévenu" l'institution "qu'il avait présenté sa démission (...) au chef de l'Etat", selon la télévision nationale, mardi 16 avril. Le Conseil constitutionnel est notamment chargé de valider les candidatures à la présidentielle, fixée au 4 juillet pour élire un successeur au président démissionnaire Abdelaziz Bouteflika, et de veiller à la régularité des opérations de vote.

Des centaines de jeunes affrontent la police en plein coeur d'Alger, renvoyant les grenades Nouvelle déferlante de manifestants à Alger. Algérie Pour la première fois, des policiers ont tenté d'évacuer, sans Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.

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Les autorités n'ont pas encore répondu à l'appel de la LADDH alors que débute une nouvelle semaine de mobilisation. Malgré les violences de vendredi et les 87 blessés dénombrés par les autorités à Alger, Hamza, lui, sera de retour dans la rue. La police aussi. Ce week-end, une dizaine de militants d'un mouvement de jeunesse et d'un parti de gauche ont été arrêtés alors qu'ils s'apprêtaient à manifester sur le parvis de la Grande Poste, avant d'être relâchés.

AUSSI SUR MSN: Algérie: rassemblement de soutien à Paris

En Algérie, des milliers d’étudiants de nouveau dans la rue.
Comme chaque semaine depuis le 22 février, les étudiants se sont rassemblés dans les rues d’Alger. Des milliers d’étudiants défilent à nouveau à Alger, ce mardi 23 avril, réclamant le départ du « système » au pouvoir et le jugement du « gang » de personnalités liées au président déchu Abdelaziz Bouteflika, a constaté un journaliste de l’AFP. Cette manifestation a lieu alors que de puissants hommes d’affaires, dont certains très proches de l’ex-président Bouteflika, ont été arrêtés entre dimanche et lundi, selon les médias officiels algériens.

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