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MondeAu Maroc, une journaliste jugée pour «avortement» et «débauche»

20:55  15 septembre  2019
20:55  15 septembre  2019 Source:   liberation.fr

Appels à la libération de la journaliste arrêtée au Maroc pour "avortement illégal"

Appels à la libération de la journaliste arrêtée au Maroc pour Plusieurs organisations de défense des droits humains appellent à la libération de Hajar Raisouni, une journaliste marocaine arrêtée à Rabat pour un avortement illégal qu’elle nie. La loi marocaine punit l'IVG de six mois à cinq ans de prison. Le sort de la Marocaine Hajar Raissouni mobilise les organisations de défense des droits humains. Plusieurs d’entre elles ont appelé vendredi 6 septembre à la libération immédiate de cette jeune journaliste. Elle a été arrêtée au Maroc pour un "avortement illégal", qu'elle nie, tandis que les messages de soutien se multiplient sur les réseaux sociaux.

L'arrestation d'Hajar Raissouni, journaliste de 28 ans, pour « avortement illégal» suscite l’indignation dans le pays et remet au centre des discussions la Selon l’Association marocaine de lutte contre l’ avortement clandestin, environ 600 interruptions volontaires de grossesse ont lieu chaque jour dans

Le procès de cette jeune journaliste marocaine pour " avortement illégal" et " débauche " (sexe hors mariage), a soulevé un débat indigné autour de la question des libertés individuelles Entre 600 et 800 avortements clandestins sont pratiqués chaque jour au Maroc , selon des estimations d'associations.

Au Maroc, une journaliste jugée pour «avortement» et «débauche» © FADEL SENNA Demonstrators hold up a sign showing the portrait of Hajar Raissouni, a Morrocan journalist of the daily newspaper Akhbar El-Youm, with a caption below in Arabic reading "my body, my freedom", as they gather outside a courthouse holding her trial on charges of abortion in the capital Rabat on September 9, 2019. (Photo by FADEL SENNA / AFP)

L'arrestation d'Hajar Raissouni, journaliste de 28 ans, pour «avortement illégal» suscite l’indignation dans le pays et remet au centre des discussions la question des libertés individuelles. La journaliste et ses proches dénoncent un «procès politique».

Lundi se tient à Rabat la deuxième audience du procès de la journaliste marocaine Hajar Raissouni. Interpellée fin août pour «avortement illégal» et «débauche», la jeune femme risque jusqu’à deux ans de prison ferme. Son incarcération depuis suscite l’indignation et remet au centre des discussions la question des libertés individuelles. C’est à la sortie d’une clinique de Rabat que Hajar Raissouni, la reporter du quotidien indépendant Akhbar Al-Yaoum est arrêtée le 31 août avec son compagnon par six policiers en civil. Convaincue que la jeune femme vient d’avorter – ce qu’elle et son praticien contesteront formellement devant les policiers et le procureur –, la police fait ensuite irruption dans le cabinet et arrête le gynécologue, l’anesthésiste et la secrétaire médicale. «Une arrestation choquante et démesurée» pour son avocat Saad Sahli, qui dénonce «un flagrant délit sans flagrant délit, sans infraction, en dehors de la clinique».

Maroc: une journaliste en prison pour «avortement» et «débauche»

Maroc: une journaliste en prison pour «avortement» et «débauche» Le procès d'une jeune journaliste arrêtée le 31 août pour « relations sexuelles hors mariage » et « avortement » s'ouvre ce lundi 9 septembre au Maroc. Beaucoup dénoncent une persécution politique. Hajar Raissouni a 28 ans. Sur les photos diffusées par ses proches, elle est souriante, porte des lunettes et un voile de couleur vive. Samedi dernier, elle sortait d'une clinique de Rabat lorsque des policiers l'ont arrêtée. Ils ont ensuite interpellé son médecin, emmenant également un infirmier et une secrétaire médicale, puis finalement le fiancé de la jeune femme avec qui elle devait se marier, le 14 septembre.

Au Maroc , le code pénal sanctionne l' avortement quand la vie de la mère n'est pas en danger. Arrêtés et jugés en même temps qu'elle, son fiancé, le médecin traitant, un Au Maroc , les arrestations dans les affaires d' avortement concernent en général les praticiens et très rarement les patientes, selon un

Au Maroc , des journalistes connus pour leurs positions critiques ont déjà été condamnés pour des faits allant de "complicité d'adultère" à "non dénonciation En 2018, la justice marocaine a poursuivi 14 503 personnes pour débauche , 3 048 pour adultère, 170 pour homosexualité et 73 pour avortement

Hajar Raissouni est aussitôt emmenée à l’hôpital pour un examen de contre-expertise médicale, pratiqué sans son consentement. «L’examen médical imposé de force à ma cliente est une violation directe de son intégrité physique et morale. L’objectif de ce traitement inhumain, cruel et dégradant était de la contraindre à faire des aveux. C’est la définition même de la torture», s’est indigné Mohamed Sadkou, un autre de ses avocats, qui annonce que sa cliente portera plainte contre la police pour «torture».

«Arbitraire et inacceptable»

Plusieurs organisations nationales et internationales ont appelé à la libération immédiate de la journaliste. Joint par Libération, le directeur de la communication de Human Rights Watch pour l’Afrique du Nord et le Moyen Orient, Ahmed Benchemsi, fustige un procès qui «n’a absolument pas lieu d’être, arbitraire et inacceptable», car «la nature même des accusations portées contre elle est une violation des droits humains». Au Maroc, où une femme qui avorte risque jusqu’à deux ans de prison ferme, cette arrestation remet la question de l’IVG au centre des discussions. Le Conseil national des droits humains proposera dans les prochains jours des d’amendements du Code pénal. Le débat occupe également le PJD (le Parti de la justice et du développement) à la tête de la coalition gouvernementale. Dans les rangs de ce parti d’obédience islamiste, la députée de Casablanca Amina Maelainine a par exemple appelé à «un dialogue interne et serein» sur ces questions des libertés individuelles.

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Maroc: report du procès de la journaliste arrêtée pour «avortement» La justice marocaine a décidé lundi de renvoyer au 16 septembre le procès pour « avortement illégal » d'une journaliste, avant de rejeter sa demande de liberté. Hajar Raissouni, reporter du quotidien arabophone Akhbar Al-Yaoum, risque jusqu'à deux ans de prison aux termes du code pénal marocain qui sanctionne l'avortement quand la vie de la mère n'est pas en danger. Elle est également poursuivie pour « relations sexuelles hors mariage ».

La journaliste marocaine Hajar Raissouni, 28 ans, a été condamnée lundi à un an de prison ferme pour Arrêtés et jugés en même temps qu'elle, son gynécologue a écopé de deux ans de prison ferme et «Ce procès n'avait pas lieu d'être, les accusations étaient infondées : il n'y a ni débauche

Le procès d'une jeune journaliste marocaine jugée pour " avortement illégal" et " débauche " , c'est-à-dire sexe hors mariage, s'est ouvert ce lundi 9 septembre à Rabat, une affaire judiciaire qui a soulevé un débat indigné autour de la question des libertés individuelles au Maroc . Hajar Raissouni, 28 ans

Selon l’Association marocaine de lutte contre l’avortement clandestin, environ 600 interruptions volontaires de grossesse ont lieu chaque jour dans le pays, et sur toute l’année 2018, le parquet n’a poursuivi que 73 personnes pour ces faits. «Avant, on laissait même la paix aux médecins qui pratiquaient l’avortement, car ça arrangeait tout le monde !» rappelle le président de l’association, Chafik Chraïbi tout en dénonçant un durcissement de la part des autorités ces trois ou quatre dernières années.

«Respect des libertés individuelles»

Lors de l’ouverture du procès, le 9 septembre, 300 personnes manifestaient devant le palais de justice de Rabat. «Nous les femmes, nous ne disposons plus d’aucune intimité ou notion de vie privée, car l’Etat brise ce droit primordial. Ce qui m’a poussé à la soutenir ? Son affaire est une affaire de violence et de viol de sa vie privée et de sa liberté de faire ou ne pas faire ce qu’elle désire de son corps», assène Inès, une jeune militante présente au rassemblement.

Andorre: Emmanuel Macron en visite princière

Andorre: Emmanuel Macron en visite princière Le chef de l’Etat a principalement abordé les questions portant sur les retraites, la fiscalité et l’avortement © J.M. HAEDRICH/SIPA Les coprinces d'Andorre Emmanuel Macron et Joan-Enric Gives y Sicilia, en Andorre le 13 septembre 2019.

Le procès de cette journaliste , poursuivie pour avortement illégal et débauche , a été renvoyé au 16 septembre. Elle aurait eu des relations sexuelles hors 14 503 personnes poursuives pour débauche Hajar Raissouni risque jusqu'à deux ans de réclusion, son fiancé, le médecin traitant, l'infirmier et la

Le tribunal de Rabat a condamné la journaliste Hajar Raissouni à un an de prison ferme pour « avortement illégal», indique l'AFP. Son gynécologue et son fiancé ont également été sanctionnés par des peines d'emprisonnement.

Beaucoup s’interrogent aussi sur les motivations de cette arrestation. «Peu de femmes sont arrêtées pour avortement, et elles ne sont quasiment jamais incarcérées aussi longtemps», souligne Chafik Chraïbi. Dans une lettre, la journaliste se dit victime d’un «procès politique» lié à ses articles sur les détenus du Hirak du Rif, mouvement social qui avait secoué le nord du pays il y a deux ans. De son côté, le collectif féministe Masaktach se dit «scandalisé du caractère sexiste de cette affaire qui a illustré le niveau de violence qui peut s’abattre sur les femmes lorsqu’il s’agit d’appliquer des lois liberticides». Mais pour ces militantes, «le débat se situe aussi bien sur le terrain du respect de l’Etat de droit que sur celui du respect des libertés individuelles».

Dans un texte publié mercredi dans les colonnes d’Akhbar Al-Yaoum, Souleymane Raissouni, l’oncle d’Hajar et éditorialiste, est revenu longuement sur les faits. «Hajar est avant tout victime d’une autorité injuste, avant d’être victime d’une loi injuste», écrit-il, dénonçant notamment les récentes affaires visant les journalistes indépendants et la publication dans la presse de détails intimes et de photographies provenant du dossier médical de sa nièce.

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La réforme de l'avortement dans le NI pourrait exposer les agents de santé de première ligne '.
© Fourni par Johnston Publishing Ltd Debbie Duncan, chargée de cours à la School of Nursing and Midwifery de la Queen's University Belfast, craint que la libéralisation envisagée des lois sur l'avortement le mois prochain n'aille aussi loin et quitter la province sans règlement. Pendant ce temps, un autre travailleur de la santé a déclaré que la réforme supprimerait «toute protection juridique significative» pour l'enfant à naître.

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