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Monde Maroc: vives réactions après la condamnation de la journaliste Hajar Raissouni

17:05  01 octobre  2019
17:05  01 octobre  2019 Source:   rfi.fr

Poursuivie pour «avortement» et «débauche», la journaliste marocaine Hajar Raissouni reste en prison

  Poursuivie pour «avortement» et «débauche», la journaliste marocaine Hajar Raissouni reste en prison Toutes les semaines, chronique de la vie quotidienne, sociale et culturelle dans les pays arabes. Entre 600 et 800 avortements clandestins sont pratiqués chaque jour au Maroc, selon des estimations d’associations. L’article 453 du code pénal punit l’avortement sauf dans le cas où la vie de la mère est en danger. Il prévoit jusqu’à deux ans de prison pour une femme qui se fait avorter, de un à cinq ans pour quiconque pratique un avortement sur autrui.

Hajar Raissouni poursuivie par la justice marocaine pour débauche, relations sexuelles hors Vendredi 6 septembre, on apprend que la journaliste Hajar Raissouni avait l'intention de porter Comment expliquer cette recrudescence d'arrestations ? Le débat sur l'avortement est très vif depuis

🇲🇦Arrêtée le 31 août dernier pour "avortement illégal et débauche", la journaliste Hajar Raissouni a décidé de porter plainte pour "torture" après un examen

La journaliste marocaine Hajar Raissouni, foulard bleu, lors de son procès à Rabat le 30 septembre 2019. © AFP La journaliste marocaine Hajar Raissouni, foulard bleu, lors de son procès à Rabat le 30 septembre 2019.

Au Maroc, la journaliste Hajar Raissouni a été condamnée à un an de prison ferme pour avortement illégal et relations sexuelles hors mariage. Ses proches dénoncent un procès politique contre une voix dissidente. Pour Amnesty International, c'est un coup dévastateur pour les droits des femmes.

Hajar Raissouni a été reconnue coupable un mois après son interpellation devant un cabinet médical de Rabat. Son compagnon aussi écope d'un an de prison ferme. Son gynécologue a lui été condamné à deux ans de détention. Des peines de prison avec sursis ont aussi été prononcées contre un anesthésiste, et une secrétaire.

Maroc: une tribune de soutien à Hajar Raissouni, en prison pour «avortement»

  Maroc: une tribune de soutien à Hajar Raissouni, en prison pour «avortement» En solidarité avec la journaliste Hajar Raissouni, dont le procès pour avortement illégal se déroule en ce moment dans la capitale Rabat, 490 Marocains et Marocaines ont publié une tribune dans plusieurs médias du pays et dans le quotidien français Le Monde. Au Maroc avait lieu ce 23 septembre la troisième audience du procès de la journaliste Hajar Raissouni, détenue depuis fin août pour « avortement illégal » et « débauche ». En solidarité avecAu Maroc avait lieu ce 23 septembre la troisième audience du procès de la journaliste Hajar Raissouni, détenue depuis fin août pour « avortement illégal » et « débauche ».

Hajar Raissouni , une jeune femme de 28 ans, journaliste au quotidien arabophone Akhbar Al Yaoum, a été arrêtée le 31 août à proximité Après sa mise en garde à vue samedi, Hajar Raissouni est maintenue en détention provisoire après avoir été présentée devant le procureur du roi le 2 septembre.

La deuxième audience du procès de Hajar Raïssouni , arrêtée fin août pour « avortement illégal », doit se tenir lundi 16 septembre. Dans le royaume, l'incarcération de la jeune journaliste a relancé le débat sur l'Interruption volontaire de grossesse (IVG), dont certaines modalités avaient été fixées dès

Il y a une semaine, des centaines de femmes ont signé un manifeste, publié dans plusieurs médias, pour dénoncer une législation obsolète. De leur côté, plusieurs ONG dénoncent des lois liberticides. C'est le cas du bureau d'Amnesty International au Maroc.

Son directeur exécutif, Salah Abdellaoui, appelle à sa libération immédiate : « Amnesty considère que cette détention est une violation flagrante de sa vie privée et de ses autres droits fondamentaux, dont celui de disposer de son corps en tant que femme. »

« Intimidation pour les voix libres »

Au-delà des craintes pour les droits des femmes, l'ONG s'inquiète pour les libertés des journalistes. Car Hajar Raissouni travaille pour le quotidien arabophone indépendant Akhbar Al-Yaoum. Elle affirme que la police l'a interrogée sur ses proches, sur son journal.

Sa famille, d'ailleurs, dénonce un procès politique et le directeur exécutif d'Amnesty exprime des craintes : « Notre crainte concerne surtout la liberté d’expression. C’est une sorte d’intimidation et de harcèlement qui peut être adressé à toutes les voix libres et à tous les journalistes libres dans leur travail et dans leurs actions. »

Les avocats de Hajar Raissouni annoncent qu'ils ont déjà fait appel de cette condamnation.

Quid des politiques dans le débat sur les libertés individuelles au Maroc? .
Le manifeste des 490 « hors-la-loi », publié le 23 septembre, vient de dépasser le seuil de 8 000 signatures après la condamnation à un an de prison ferme de Hajar Raissouni. Face à cet appel de la société civile à un débat national sur les libertés individuelles, qu’en est-il du côté des partis politiques ? Pour le moment, les partis politiques sont quasiment absents du débat sur les libertés individuelles, occupés par le remaniement ministériel à venir.Certains se sont manifestés, souvent individuellement, assurant avoir posé le débat avant même le manifeste. C’est le cas de Moncef Belkhayat, membre du bureau politique du RNI, parti de la coalition gouvernementale.

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