Monde: L'offensive turque en Syrie suscite inquiétudes et condamnations - PressFrom - France
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Monde L'offensive turque en Syrie suscite inquiétudes et condamnations

23:05  09 octobre  2019
23:05  09 octobre  2019 Source:   rfi.fr

ONU: le Conseil de sécurité évoque l'opération turque en Syrie

  ONU: le Conseil de sécurité évoque l'opération turque en Syrie Ce jeudi 10 octobre au matin, le Conseil de sécurité va évoquer l’offensive militaire turque au nord-est de la Syrie qui a débuté hier. Le Conseil a été saisi pour cette réunion qui se tiendra à huis clos par les pays membres européens. Dans une lettre adressée au conseil, la Turquie a cité l’article 51 de la charte de l’ONU sur l’auto-défense, arguant qu’elle ne fait que protéger ses frontières. En effet, elle assimile les forces kurdes à des terroristes.

À Ras al-Aïn, une femme et ses enfants fuient les bombardements de l'armée turque, le 9 octobre. © Delil SOULEIMAN / AFP À Ras al-Aïn, une femme et ses enfants fuient les bombardements de l'armée turque, le 9 octobre.

Le déclenchement de l'offensive a été fermement condamné par plusieurs pays qui craignent un chaos susceptible d'ouvrir la voie à un retour en force du groupe EI, et qui fait planer l'incertitude sur le sort des jihadistes prisonniers des YPG. Le porte-parole du président Erdogan, Ibrahim Kalin, a appelé les pays européens à « reprendre » leurs ressortissants ayant intégré l'EI et aujourd'hui détenus par les forces kurdes.

Paris a « très fermement » condamné l'incursion turque. La ministre française des Armées a réclamé mercredi l'arrêt de l'offensive turque qu'elle a jugée dangereuse pour la sécurité des Kurdes, « car elle est propice à Daech, contre qui nous nous battons depuis 5 ans. Elle doit cesser ». « La France a donc saisi le Conseil de sécurité de l’ONU qui se réunira demain [jeudi, ndlr] », a ajouté Florence Parly. Le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker a exigé l'arrêt de l'offensive, pendant que l'Allemagne a estimé que l'opération risquait « de provoquer une résurgence » de l'EI.

A Marseille, des milliers de Kurdes défilent dans le calme

  A Marseille, des milliers de Kurdes défilent dans le calme Plusieurs milliers de Kurdes ont défilé samedi dans les rues de Marseille, contre les frappes turques en Syrie, dénonçant le "dictateur" Erdogan, a constaté l'AFP. Selon un décompte des organisateurs de la marche, 6.000 manifestants ont descendu la Canebière jusqu'au Vieux-Port, tandis que la préfecture de police en a compté 1.500. "Erdogan est un dictateur on le laisse faire car il fait du chantage à l'accueil des migrants avec l'Europe",Selon un décompte des organisateurs de la marche, 6.000 manifestants ont descendu la Canebière jusqu'au Vieux-Port, tandis que la préfecture de police en a compté 1.500.

Aux États-Unis, un poids lourd des républicains et proche de Donald Trump, Lindsey Graham, a vivement dénoncé l'opération d'Ankara. « Priez pour nos alliés kurdes qui ont été honteusement abandonnés », a-t-il écrit sur Twitter. « Je vais mener les efforts aux Congrès pour qu'Erdogan paie très cher ». Le président américain qui a annoncé dimanche le retrait de troupes américaines du nord-est de la Syrie a lui-même estimé mercredi que l'offensive turque était « une mauvaise idée ». Sans réitérer ses menaces économiques proférées lundi : « Si la Turquie fait quoi que ce soit dont j'estime, dans ma grande et inégalable sagesse, que cela dépasse les bornes, je détruirai et anéantirai complètement l'économie de la Turquie. »

Cela ressemble à une rectification de tir, relève Anne Corpet, notre correspondante à Washington, expliquant que Donald Trump prend ses distances avec les Turcs et tente aussi de rassurer son propre camp. Aux messages contradictoires émis par le président américain ces derniers jours s'ajoute son ambivalence ancienne à l'égard de la Turquie et de son dirigeant, qu'il vient d'inviter à Washington pour le 13 novembre et avec lequel il espérait conclure un accord commercial.

Syrie : l'offensive turque pourrait déplacer 400 000 personnes

  Syrie : l'offensive turque pourrait déplacer 400 000 personnes Les instances internationales ont annoncé que déjà 130 000 personnes avaient été contraintes de fuir. Quatorze civils ont été tués ce dimanche par des bombardements ou des tirs. © afp.com/Delil SOULEIMAN Des civils fuient des bombardements menés par l'armée turque sur le nord-est de la Syrie, le 9 octobre 2019. Comme les instances internationales le craignaient, l'offensive turque dans le nord-est de la Syrie a déjà contraint quelque 130 000 personnes à fuir leurs foyers. Selon les chiffres de l'ONU, ce nombre pourrait atteindre 400 000 personnes.

18 000 combattants syriens supplétifs d'Ankara mobilisés

Avant le déclenchement de l'offensive, le président russe Vladimir Poutine avait appelé Recep Erdogan à « bien réfléchir ». L'Égypte a pour sa part condamné une « attaque inacceptable ».

Amnesty International a souligné qu'« à la fois les forces turques et kurdes » avaient, « dans le passé, mené des attaques aveugles en Syrie » ayant « fait de nombreuses victimes parmi les civils ». L'ONG a exhorté à faire en sorte que « cela ne se reproduise pas ».

Le pouvoir de Bachar el-Assad s'est engagé à « contrecarrer toute agression » de la Turquie, se disant prêt à « accueillir dans son giron » la minorité kurde.

Longtemps marginalisés et victimes des discriminations du pouvoir central, les Kurdes ont réussi à instaurer une autonomie de facto à la faveur du conflit qui ravage la Syrie depuis 2011. Au moins 18 000 combattants syriens supplétifs d'Ankara ont été mobilisés pour participer à l'offensive, a affirmé mercredi un de leurs porte-parole. Ces combattants appartiennent à des factions regroupées au sein de l'Armée nationale syrienne (ANS), une coalition de groupes armés, financés et entraînés par Ankara.

(Avec AFP)

[Reportage] Une majorité de Turcs soutient l’opération militaire en Syrie .
Il y a un peu plus de 24 heures, la Turquie lançait en Syrie une nouvelle offensive contre les forces kurdes qui contrôlent le nord-est du pays. L’opposition de la communauté internationale est unanime. Mais en Turquie même, le président Erdogan s’appuie sur une opinion publique largement favorable à cette opération. Avec notre correspondante à Istanbul, Anne Andlauer Dans son salon de barbier, Hassan suit les nouvelles du front depuis son écran de télévision. Il soutient l’offensive que l’armée turque a engagée contre les forces kurdes.

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