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Monde Équateur : gouvernement et indigènes trouvent un accord pour mettre fin à la crise

11:00  14 octobre  2019
11:00  14 octobre  2019 Source:   lexpress.fr

À la Une: l’Équateur déménage son exécutif en raison des troubles

  À la Une: l’Équateur déménage son exécutif en raison des troubles Le mouvement de colère contre la hausse des prix du carburant a pris de l’ampleur. Aux manifestations et aux blocages dans plusieurs provinces, s’est ajoutée une marche vers la capitale, explique El Comercio. L’Équateur a connu lundi« une journée de violence inhabituelle et de pillages dans une usine laitière et des exploitations agricoles ». Le journal note aussi l’occupation de plusieurs puits de pétrole. Leur activité a été suspendue, ce qui a fait chuter la production nationale.

Depuis près de deux semaines le pays était secoué par une grave crise sociale du fait d'un décret qui prévoyait de supprimer les subventions sur le carburant.

La police anti-émeute et les manifestants se font face le 9 octobre 2019 à Guayaquil, en Equateur © afp.com/Marcos PIN La police anti-émeute et les manifestants se font face le 9 octobre 2019 à Guayaquil, en Equateur

Le gouvernement équatorien et le mouvement indigène ont trouvé dimanche un accord pour sortir de la crise sociale sans précédent qui paralyse le pays depuis douze jours, grâce au retrait du décret controversé supprimant les subventions au carburant.

Désormais sera préparé "un nouveau décret qui annule le décret 883" sur l'essence, et "avec cet accord la mobilisation se termine", a annoncé Arnaud Peral, représentant en Équateur de l'ONU, médiatrice du dialogue avec l'Eglise catholique.

Équateur: des milliers d'Indiens à Quito pour une grande manifestation

  Équateur: des milliers d'Indiens à Quito pour une grande manifestation Indigènes, syndicats et organisations populaires doivent lancer ce mercredi 9 octobre 2019 une grève générale indéfinie pour protester contre les mesures d’austérité qui ont plongé le pays dans la violence depuis une semaine Avec notre correspondant à Quito, Éric Samson Des milliers d’Indiens sont arrivés mardi à Quito. Leur agenda politique est très précis comme le rappelle Yaku Pérez, préfet indigène de la province de l’Azuay. « Ces mesures économiques rendent plus difficile la vie quotidienne des indigènes.

"Les mesures appliquées dans tous nos territoires sont levées", a confirmé le président de la Confédération des nationalités indigènes de l'Équateur (Conaie), Jaime Vargas, visage peint et tête coiffée d'une couronne de plumes. "À tous ceux qui ont participé à ce processus de paix, je les remercie", a déclaré le président Lenin Moreno.

EN VIDÉO>> État d'urgence décrété, puits de pétrole bloqués... Pourquoi l'Équateur s'embrase

Peu après cette annonce, des milliers de personnes ont déferlé dans les rues de Quito pour célébrer la nouvelle, agitant le drapeau jaune, bleu et rouge de l'Équateur tandis que retentissaient des klaxons en signe de joie.

Le pays andin est à l'arrêt depuis près de deux semaines, entre blocages de routes, classes suspendues, transports publics quasi inexistants et puits pétroliers d'Amazonie à l'arrêt, ce qui a suspendu la distribution de près de 70% de la production de brut. Il a aussi été secoué par une vague de manifestations avec, depuis le 3 octobre, sept morts, 1.340 blessés et 1.152 arrestations, selon le bureau du Défenseur du peuple, organisme public de défense des droits.

Équateur: une première journée de grève générale marquée par des affrontements

  Équateur: une première journée de grève générale marquée par des affrontements La manifestation des indigènes et travailleurs avait pourtant commencé dans le calme avant de dégénérer à Quito et dans de nombreuses villes du pays. Avec notre correspondant à Quito, Éric Samson Des dizaines de milliers de manifestants ont déferlé dans les rues de Quito, mercredi 9 octobre pour protester contre les mesures économiques annoncées la semaine dernière. Après avoir commencé à marcher ensemble, très vite les indigènes se sont séparés de la manifestation des syndicats, comme s’ils voulaient éviter toute récupération.

Le prix à la pompe multiplié par deux

La communauté indigène - un quart de la population - était le fer de lance de la contestation contre les réformes économiques négociées avec le Fonds monétaire international (FMI) en échange d'un prêt de 4,2 milliards de dollars. Mesure la plus controversée: le décret 883, dont l'effet était de multiplier par deux les prix à la pompe.

"Frères indigènes, je vous ai toujours traités avec respect et affection", avait lancé, en signe d'apaisement, le président Moreno en ouverture de la réunion de dialogue, retransmise à la télévision et d'une durée de quatre heures.

"Cela n'a jamais été mon intention d'affecter les secteurs les plus démunis (...), les plus pauvres", avait insisté le chef de l'État, un libéral élu en 2017 sous l'étiquette socialiste.

De son côté, Jaime Vargas avait fustigé "l'improvisation de la politique économique" du président, notant avec regret qu'"on sent que la droite et le FMI gèrent le pays".

Équateur: les indigènes acceptent le dialogue, Moreno instaure un couvre-feu

  Équateur: les indigènes acceptent le dialogue, Moreno instaure un couvre-feu La principale organisation indigène d'Équateur a accepté ce samedi 12 octobre de dialoguer avec le président Lenin Moreno, qui a de son côté décrété un couvre-feu à Quito face aux « intolérables » violences, au 11e jour d'une crise sociale sans précédent provoquée par des réformes économiques en échange d'un prêt du FMI. La première réunion entre le pouvoir et la Conaie se tient ce dimanche à Quito, annoncent les Nations unies. Confronté à la pire crise de son mandat, Lenin Moreno, élu en 2017, a annoncé sur Twitter l'entrée en vigueur à 15h00 (20h00 TU) d’un couvre-feu à Quito et ses alentours, où il a également ordonné la mise en place d'un contrôle militaire.

Quito, capitale située à 2.850 mètres d'altitude, a été le théâtre de débordements d'une violence inédite et de longs affrontements entre manifestants armés de pierres et fusées artisanales et forces de l'ordre tirant grenades lacrymogènes et balles en caoutchouc.

Dimanche, des heurts s'étaient poursuivis aux abords du Parlement alors que la ville se remettait à peine de la journée mouvementée de samedi, avec des bâtiments incendiés, comme celui de l'Inspection générale des finances ou de la chaîne Teleamazonas, des barricades de pierres, des vitres brisées et des pneus brûlés sur la chaussée.

Des débordements d'une violence inédite

Débordé face à cette situation incontrôlable, le président Moreno, qui avait déjà déplacé le siège du gouvernement à Guayaquil (sud), a décrété le couvre-feu et placé la ville sous contrôle militaire jusqu'à nouvel ordre.

"Il y a eu une convulsion sociale et un non-respect des droits humains, une violence démesurée contre le peuple et un terrorisme d'État", a dénoncé avant la conclusion de l'accord Jaime Vargas à propos de la répression des forces de l'ordre, exigeant le départ des ministres de l'Intérieur et de la Défense, ce à quoi le président Moreno n'a pas répondu.

Équateur : accord entre gouvernement et indigènes pour mettre fin à la crise

  Équateur : accord entre gouvernement et indigènes pour mettre fin à la crise Le gouvernement de Lenin Moreno a accepté dimanche soir de retirer le décret polémique supprimant les subventions au carburant en Équateur. La mobilisation du mouvement indigène prend fin en contrepartie. Fin de la crise en Équateur. Le gouvernement et le mouvement indigène ont trouvé un accord, dimanche 13 octobre à Quito, à l'issue d'un dialogue sous l'égide de l'ONU et de l'Église catholique. La crise sociale paralysait le pays depuis 12 jours et a fait sept morts et plus de 1 300 blessés.

"On n'avait jamais vu un niveau de violence brutale comme ces derniers jours", a renchéri Leonidas Iza, président du Mouvement indigène et paysan de Cotopaxi (centre).

Il a mis en parallèle la brutalité policière avec le coup dur constitué par le bond du prix de l'essence: "Si je dois faire le plein et que le prix augmente de 123%, c'est violent".

Le poids de la communauté indigène

La communauté indigène souffrait de plein fouet des effets du décret sur les carburants: généralement pauvre et travaillant dans l'agriculture, elle voyait ses coûts de transport s'envoler pour écouler ses produits.

Puissante et organisée, elle avait fait venir ces derniers jours des milliers de ses membres des Andes et d'Amazonie pour camper à Quito. Par le passé, elle a déjà renversé trois présidents.

VIDÉO>> Équateur : le couvre-feu déclaré autour des lieux de pouvoir à Quito

"L'objectif d'un État plurinational n'a pas été rempli", a souligné dimanche Jaime Vargas, reflétant une rancoeur plus large de cette communauté, notamment envers les classes aisées et les médias, dont elle se dit absente.

"Si nous n'étions pas là, ceux de la campagne, les gens de la ville, les riches, ne pourraient pas vivre", clamait jeudi, furieuse, une manifestante indigène, Maria Escobar, 52 ans.

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Justin Trudeau, en campagne pour sa réélection, n'a pas tenu toutes les promesses faites aux autochtones."On espère" que cela va se concrétiser, sourit M. Whetung en haussant les épaules. Sa petite-fille Emily a été élue cheffe de la réserve il y a peu. Pour elle, la plupart des problèmes des communautés indigènes au Canada pourraient se résumer à un seul: l'eau potable. Et c'est devenu sa principale préoccupation.

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