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Monde Éthiopie: le gouvernement tente de garder le contrôle de la province Amhara

07:00  18 octobre  2019
07:00  18 octobre  2019 Source:   rfi.fr

Nobel de la paix à Abiy Ahmed: une récompense largement saluée

  Nobel de la paix à Abiy Ahmed: une récompense largement saluée Le prix Nobel de la paix 2019 a été décerné au Premier ministre éthiopien, Abiy Ahmed. Depuis l'annonce, survenue ce vendredi, les réactions se multiplient. Les réactions officielles au prix Nobel de la paix s'amoncellent ce vendredi, notamment sur le continent africain. Et alors que certains soulignent les progrès qu'il reste encore à accomplir, le comité Nobel souhaite désamorcer la polémique : « Nous sommes conscients que beaucoup de travail demeure », souligne sa présidente.Du coté des organisations internationales, en revanche, pas de fausses notes. Ce sont les félicitations et les mots d'encouragements qui dominent.

En Éthiopie , les autorités dénoncent une tentative de coup d’État dans la région Amhara , dans le nord du pays. L’opération a échoué et la situation est sous contrôle , a affirmé le chef du gouvernement , expliquant que plusieurs officiers avaient été visés ainsi que des représentants de la région Amhara

Le garde du corps a été arrêté mais le chef de la sécurité de l ' Amhara , Asaminew Tsige, est en fuite, selon d'autres sources. L'ambassade des États-Unis à Addis Abeba a lancé des alertes, recommandant à son personnel de se mettre à l'abri après des informations faisant état de tirs dans la capitale et de

Scène de rue à Lalibela, dans la région Amhara, au nord de l'Ethiopie, le 2 février 2019. © REUTERS/Thomas Mukoya Scène de rue à Lalibela, dans la région Amhara, au nord de l'Ethiopie, le 2 février 2019.

En Éthiopie, la province Amhara se trouve dans une situation très incertaine. Après la mort de plusieurs dizaines de personnes entre fin septembre et début octobre, les autorités régionales menacent de faire appel à l’armée fédérale pour rétablir l’ordre. Les violences dans cette zone dans le nord du pays sont régulières depuis environ cinq ans.

Les autorités parlent d’au moins 22 morts depuis fin septembre. C’est donc un communiqué ferme qu’a diffusé le Conseil de sécurité régionale Amhara. Il parle d’un problème d’ampleur désormais nationale, avec des morts, des maisons brûlées, des biens détruits et une économie perturbée. Un conflit aux racines multiples, qui pourrait dégénérer.

Abiy Ahmed ou la fièvre de la paix

  Abiy Ahmed ou la fièvre de la paix Le jeune Premier ministre éthiopien, lauréat du prix Nobel de la paix, a accumulé les réussites sur la scène internationale, donné des gages démocratiques et libéralisé l’économie. Sans parvenir à éteindre l’incendie intercommunautaire qui menace d’embraser le pays. L’homme qui s’est vu décerner le prix Nobel de la paix 2019 est un paradoxe. Par ses origines, son parcours, ses références, il est un pur produit du centralisme autoritaire éthiopien. Abiy Ahmed est pourtant en train de dynamiter ce régime qui l’a construit, aujourd’hui à bout de souffle.

Lors d’une conférence de presse, à Addis-Abeba, Billene Seyoum, porte-parole du gouvernement a donné quelques précisions sur les auteurs présumés « Nous voulons rassurer les citoyens éthiopiens et les amis de l ' Ethiopie que la situation est actuellement totalement sous contrôle en région Amhara .

Des dizaines de membres du Mouvement national amhara ont été arrêtés dans le nord-ouest de l ' Éthiopie , a affirmé jeudi un porte-parole de Le président de l 'État d' Amhara fait partie des victimes de cette tentative alléguée de renverser le gouvernement de cette région, une des neuf régions du

Le conseil a annoncé une série de mesures : restrictions de port d’armes, interdiction des groupes de sécurité informels et appel à dénoncer les criminels. Mais il a surtout déclaré que « toute action légale, y compris la force fédérale, serait mise en place pour restaurer la paix ». Une annonce qui intervient justement après une réunion mardi entre des responsables sécuritaires représentants l’État central et la région Amhara.

La question est sensible. D’abord le pays n’est plus en état d’urgence. Donc « une intervention des forces d’Addis Abeba dans la sécurité d’une région pourrait être illégale », dit un chercheur. La dernière intervention de ce type c’était en août 2018, en Ogaden. L’opération avait conduit à des affrontements avec une milice locale.

Ensuite, le gouvernement Amhara accuse un comité d’auto-détermination, Qimant, d’avoir fomenté les dernières violences. Une charge qui renvoie à un conflit ethnique ancien. Depuis des années, les relations entre communautés amhara et Qimant sont tendues et les deux parties sont prisonnières d’un cycle d’attaques et représailles.

Les tensions ont des ramifications plus larges puisqu’en toile de fond, on trouve un conflit territorial entre la région Amhara et celle voisine du Tigré. Les deux pouvoirs s’accusent mutuellement d’attiser les revendications communautaires de part et d’autre.

Le bilan des violences en Éthiopie s'alourdit .
Après plusieurs jours de violences, le gouvernement a déployé vendredi 25 octobre l’armée fédérale dans une série de localités. En milieu de semaine, l’activiste Jawar Mohammed avait diffusé des messages affirmant que le pouvoir lui retirait ses gardes du corps et qu’une attaque contre lui se préparait. S’étaient ensuivies des émeutes et des affrontements parfois aux relents ethniques. Le dernier bilan de la police fait état de 67 morts. Le ministère de la Défense a décidé d’intervenir. Les soldats ont été déployés dans au moins sept localités, pour la plupart situées en région Oromo, là où ont eu lieu l’essentiel des violences.

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