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Monde Au Liban, Saad Hariri donne trois jours au gouvernement pour soutenir ses réformes

23:05  18 octobre  2019
23:05  18 octobre  2019 Source:   france24.com

Contestation au Liban : Saad Hariri accepte d'appliquer une série de réformes

  Contestation au Liban : Saad Hariri accepte d'appliquer une série de réformes Conspué depuis plusieurs jours, le gouvernement de Saad Hariri a accepté, dimanche, une batterie de réformes économiques pour calmer la contestation grandissante de la rue. La rue a été entendue au Liban. Les principaux partis libanais, conspués depuis plusieurs jours dans les rues du pays, ont accepté, dimanche 20 octobre, une série de réformes proposées par le Premier ministre Saad Hariri, selon une source gouvernementale. Face à la pressionFace à la pression de la rue, le chef du gouvernement avait donné vendredi trois jours à son gouvernement pour avaliser ces réformes jusque-là bloquées par les divisions politiques, un ultimatum qui expire lundi en début de soirée.

Le Premier ministre libanais Saad Hariri lors d'une conférence de presse à Beyrouth, le 18 octobre 2019. © Mohamed Azakir, Reuters Le Premier ministre libanais Saad Hariri lors d'une conférence de presse à Beyrouth, le 18 octobre 2019. Le Premier ministre libanais Saad Hariri a donné 72 heures aux membres de la coalition gouvernementale pour soutenir ses réformes économiques, au deuxième jour de manifestations massives contre la classe politique, accusée de corruption.

Une réponse de l'exécutif était attendue au Liban au deuxième jour de manifestations massives contre la classe politique, sur fond de crise économique. C'est chose faite avec l'allocution du Premier ministre, Saad Hariri, qui a donné, vendredi 18 octobre, 72 heures aux membres de la coalition gouvernementale pour soutenir ses réformes économiques.

Liban : face à la pression de la rue, les partis acceptent un plan de réformes du Premier ministre Saad Hariri

  Liban : face à la pression de la rue, les partis acceptent un plan de réformes du Premier ministre Saad Hariri Les principaux dirigeants politiques ont répondu dimanche à l'ultimatum du Premier ministre, acceptant notamment de ne plus imposer de nouveaux impôts et un programme de privatisations. © Fournis par France Télévisions Ils étaient conspués depuis plusieurs jours dans les rues du Liban. Les principaux partis libanais ont finalement accepté une série de réformes proposées par le Premier ministre, Saad Hariri, a appris l'AFP de source gouvernementale, dimanche 20 octobre.

"Nos partenaires au gouvernement doivent nous donner une réponse claire et définitive, qui soit convaincante pour moi, pour les Libanais et pour la communauté internationale" pour montrer que "nous avons tous opté pour des réformes, pour en finir avec le gaspillage et la corruption", a mis en garde Saad Hariri dans une allocution télévisée très attendue.

"Sinon je tiendrai un tout autre discours (...) dans un très court délai de 72 heures", a prévenu le Premier ministre.

La contestation, débutée jeudi soir avec des affrontements entre manifestants et forces de l'ordre dans le centre de Beyrouth, a contraint Saad Hariri à annuler une réunion ministérielle prévue vendredi sur le budget de 2020.

Des dizaines de milliers de manifestants ont exprimé leur colère vendredi à travers tout le Liban à l'encontre d'une élite politique qu'ils accusent d'avoir pillé l'économie du pays, bloquant des routes, érigeant des barricades de pneus en flammes et n'épargnant aucun camp de leurs critiques.

Liban: Saad Hariri propose une série de mesures inédites pour résoudre la crise

  Liban: Saad Hariri propose une série de mesures inédites pour résoudre la crise Le Premier ministre libanais Saad Hariri a intensifié ses concertations le 20 octobre avec toutes les forces politiques pour tenter d’obtenir leur soutien à un « plan de sauvetage » économique qui sera discuté le lendemain par le Conseil des ministres. Ces démarches se déroulent alors que le mouvement de contestation populaire est entré sans sa quatrième journée, caractérisée par une mobilisation massive sans précédent. Avec notre correspondant à Beyrouth, Paul KhalifehLe plan de sauvetage préparé par le Premier ministre libanais Saad Hariri constitue une réelle rupture avec les politiques économiques et financières passées.

Au centre de Beyrouth, les forces de sécurité ont eu recours aux gaz lacrymogènes pour disperser des milliers de manifestants après que certains d'entre eux ont mis le feu à un bâtiment voisin, selon des chaînes de télévision libanaises.

Ces rassemblements dans tout le pays, le plus important mouvement de contestation depuis des années, ont mêlé des Libanais de toutes confessions et classes sociales qui réclamaient à l'unisson la démission du gouvernement du sunnite Saad Hariri, du président chrétien, Michel Aoun, ou encore du président chiite du Parlement, Nabih Berri.

Cette explosion de colère est le fruit d'un mécontentement croissant face à l'inflation et à la hausse du coût de la vie, aggravé par l'annonce de nouveaux impôts, notamment la création d'une taxe sur les appels passés par l'application WhatsApp. Le gouvernement a finalement fait marche arrière sur ce projet.

"Nous sommes habitués aux promesses" : au Liban, la contestation se poursuit

  Malgré l'annonce d'une série de réformes ambitieuses par le gouvernement, des milliers de Libanais ont poursuivi la contestation, lundi soir. À Beyrouth, on continue de dénoncer la corruption et de demander le départ de la classe politique actuelle. Les annonces du Premier ministre libanais, Saad Hariri, n'ont pas suffi à calmer leur colère. Lundi 21 octobre au soir, des milliers de manifestants étaient encore dans les rues de Beyrouth où, à la lueur de leur téléphone portable brandi en signe de protestation, ils ont réclamé de nouveau le départ de la classe politique actuelle."Nous sommes habitués aux promesses d'Hariri", explique ce Libanais à France 24.

Le Liban proche d'un effondrement économique

Économistes, investisseurs et agences de notation ont par ailleurs récemment multiplié les avertissements. À leurs yeux, le pays n'a jamais été aussi proche d'un effondrement économique depuis la fin de la guerre, en 1990, en raison de son endettement et d'une corruption endémique.

La France, qui a accueilli en avril 2018 une conférence sur le sujet, a prôné vendredi "la mise en œuvre effective des décisions prises" à cette occasion.

"Il s’agit de permettre, à travers la mise en place des réformes attendues et le financement des projets identifiés, le rétablissement de l’économie libanaise et la fourniture des services publics par l’État, au bénéfice direct de tous les Libanais", déclare le Quai d'Orsay dans un communiqué.

L'ONU a, quant à elle, appelé vendredi "toutes les parties à s'abstenir d'activités pouvant conduire à augmenter les tensions ou les violences" au Liban.

Son porte-parole a ajouté que "les Nations unies continuent de travailler avec le gouvernement du Liban et les partenaires internationaux afin d'aider à affronter les défis auxquels fait face le Liban, y compris sa situation économique".

Avec AFP et Reuters

Liban : à Tripoli, dans le bastion de Hariri, les habitants demandent un nouveau gouvernement .
France 24 est allé à la rencontre des habitants de Tripoli, au nord du Liban, où la contestation du pouvoir ne faiblit pas. Dans ce bastion sunnite du Premier ministre Saad Hariri, la population compte continuer à manifester massivement. À Tripoli, au Liban, la contestation se poursuit. Nos envoyés spéciaux Zohra Ben Miloud, Nadia Massih et Mohamed Salem sont allés à la rencontre de ceux qui vivent dans la grande ville du nord et qui demandent aujourd'hui un nouveau gouvernement, comme Bèrèaa, une infirmière de 52 ans, au chômage depuis plusieurs années.

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