Monde: Après le témoignage accablant d’un diplomate, Trump sort les rames pour se défendre - - PressFrom - France
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Monde Après le témoignage accablant d’un diplomate, Trump sort les rames pour se défendre

23:05  23 octobre  2019
23:05  23 octobre  2019 Source:   nouvelobs.com

Affaire ukrainienne : un diplomate livre un témoignage accablant pour Donald Trump

  Affaire ukrainienne : un diplomate livre un témoignage accablant pour Donald Trump Selon le plus haut diplomate américain en Ukraine, qui a témoigné au Congrès mardi dans le cadre de l'enquête pour impeachment contre le président, Donald Trump a bien lié l’aide à l’Ukraine à une enquête de Kiev sur son rival Joe Biden. Cette fois, c’est le plus haut diplomate américain en Ukraine qui le dit : le président américain a bien cherché à obtenir une enquête de Kiev sur son rival Joe Biden et sur la présidentielle de 2016 en échange du déblocage d’une aide militaire de 391 millions de dollars et d’une rencontre à la Maison Blanche avec le président ukrainien Volodymyr Zelensky.William B. Taylor Jr.

  Après le témoignage accablant d’un diplomate, Trump sort les rames pour se défendre © Copyright 2019, L'Obs

Mardi 22 octobre, le témoignage de Bill Taylor a fait l’effet d’un coup de tonnerre à Washington. Lors d’une déclaration à huis clos, le chargé d’affaires américain à Kiev a accrédité l’idée que Donald Trump a utilisé la politique étrangère américaine à des fins politiques personnelles. Jackpot pour les démocrates, qui y voient là la preuve que les soupçons les ayant poussés à lancer une procédure en vue de la destitution du 45e président des Etats-Unis étaient fondés. Pour les républicains, faire bloc derrière Trump devient de plus en plus difficile. Surtout lorsque le président lui-même peine à trouver comment se défendre.

Pourquoi le témoignage du diplomate Bill Taylor est accablant pour Donald Trump

  Pourquoi le témoignage du diplomate Bill Taylor est accablant pour Donald Trump Un diplomate américain en poste en Ukraine a livré mardi devant le Congrès un témoignage accablant accréditant l'idée que Donald Trump a utilisé la politique étrangère américaine à des fins politiques personnelles. Jamais, mardi, Donald Trump ne s'était autant posé en victime. Dénonçant l'enquête menée par les élus démocrates en vue d'une possible procédure de destitution, le président américain a dénoncé un "lynchage". Un mot très lourd de sens aux Etats-Unis puisqu'il fait référence aux meurtres de Noirs par des Blancs aux 19e et 20e siècles, essentiellement dans le Sud.

Bill Taylor, le diplomate qui fait vaciller Trump

Reprenant les mots d’un élu républicains interrogé par Fox News, le président a tweeté mercredi 23 octobre : « Ni lui (Taylor) ou d’autres témoins n’ont pu démontrer que les Ukrainiens étaient au courant que l’aide militaire était suspendue. On ne peut pas avoir un “quid pro quo” [le chantage qu’on l’accuse d’avoir exercé sur l’Ukraine, NDLR] sans quo […]. Le cas soulevé pas ces bons à rien de Démocrates est MORT ! »

L’argument de Donald Trump se heurte à deux obstacles : d’une part, si l’Ukraine n’a pas su directement qu’une aide lui serait refusée si elle n’accédait pas à la demande du président américain, elle a fini par l’apprendre dès le début du mois d’août, comme le rapportent le « New York Times » et le « Washington Post », avant que l’avocat de Donald Trump Rudy Giuliani ne tente d’obtenir du président Volodymyr Zelensky qu’il ouvre publiquement une enquête sur le fils de son rival politique Joe Biden, Hunter Biden.

Destitution de Donald Trump : le témoignage accablant d’un diplomate en poste en Ukraine

  Destitution de Donald Trump : le témoignage accablant d’un diplomate en poste en Ukraine Lors d’une déclaration à huis clos, le diplomate Bill Taylor a relaté comment le président des Etats-Unis avait essayé de faire pression sur l’Ukraine.Lors d’une déclaration à huis clos, dont le contenu a rapidement fuité, ce diplomate de carrière a relaté, mardi 22 octobre, comment le président de la première puissance mondiale avait essayé de faire pression sur l’Ukraine pour que ce pays enquête sur la famille de son rival démocrate Joe Biden à l’approche de l’élection de 2020. Et avait conditionné l’octroi d’une aide de Washington à Kiev à l’aboutissement de sa demande.

D’autre part, la requête de Donald Trump n’était pas seulement en échange d’une aide, mais aussi d’une rencontre au sommet entre les présidents américain et ukrainien. Enfin, le fait que l’Ukraine ait initialement ignoré l’ampleur des pressions qui pesaient sur elles ne change en rien leur caractère dommageable.

« Où est le lanceur d’alerte ? »

Autre argument prisé de Donald Trump pour discréditer l’enquête démocrate : le lanceur d’alerte à l’origine du scandale. Le président américain a tweeté à deux reprises ce mercredi pour demander « où est le lanceur d’alerte », un « accusateur » qu’il a régulièrement attaqué ces dernières semaines. Là aussi, la question de l’identité de ce lanceur d’alerte est loin d’être la première préoccupation de Washington, face à l’accumulation de témoignages venus accabler le président depuis le début de l’enquête.

Mardi, Bill Taylor a expliqué à des élus du Congrès comment le président américain avait essayé de faire pression sur l’Ukraine pour que le pays enquête sur la famille de Biden. Et avait conditionné l’octroi d’une aide de Washington à Kiev à l’aboutissement de sa demande.

« L’ambassadeur Sondland a dit qu’il avait parlé au président ukrainien Volodymyr Zelensky […] et lui avait dit que même si ce n’est pas une contrepartie, s’il n’éclaircissait pas les chosesen public, nous serions dans une impasse », a-t-il raconté devant les élus. « J’ai compris impasse comme voulant dire que l’Ukraine ne recevrait pas l’assistance militaire dont elle avait cruellement besoin », a-t-il ajouté.

« Je suis la Meryl Streep des généraux » : un ex-ministre américain fier d’avoir été insulté par Trump

La porte-parole de Donald Trump, Stephanie Grisham, a immédiatement dénoncé une « campagne de calomnies » menée « par des élus d’extrême gauche et des bureaucrates radicaux non-élus qui sont en guerre contre la Constitution ».

Destitution de Trump : des élus républicains interrompent un témoignage au Congrès

  Destitution de Trump : des élus républicains interrompent un témoignage au Congrès Les contestataires se sont introduits dans une chambre sécurisée du Congrès américain pour interrompre l'audition d'un responsable du Pentagone.

Trump compte sur le soutien de ses électeurs

Quant à Donald Trump, tentant peut-être une diversion, il a déclenché un scandale aux Etats-Unis en se disant victime d’un « lynchage » de la part des démocrates. Alors que le lynchage, dont ont été victimes des milliers d’Afro-Américains après l’abolition de l’esclavage, rappelle une part bien sombre de l’histoire des Etats-Unis, les propos du président ont ému jusque dans le camp républicain, où Mitch McConnell, chef de la majorité républicaine au Sénat, a déploré un choix de mots « regrettable ».

Malgré les avancées de l’enquête des démocrates, pour l’heure, Donald Trump s’emploie à s’assurer du soutien sans faille des élus républicains. « 95 % d’opinions favorables au sein du parti républicain. Merci ! », a-t-il tweeté, en guise de piqûre de rappel à ceux qui, dans son camp, seraient tentés de se retourner contre lui.

Forts d’une confortable majorité à la Chambre, les démocrates ont assez de voix dès aujourd’hui pour voter la mise en accusation (« impeachment » en anglais) de Donald Trump. La seconde manche se jouerait alors au Sénat à qui il reviendrait de mener le procès du président. Or, celui-ci ne peut être destitué que si une majorité des deux tiers des sénateurs le décident, ce qui ne serait possible qu’avec des voix républicaines.

Les républicains vont-ils lâcher Trump ? On en est loin

Comme le réclamait Trump, une enquête criminelle a été ouverte sur la genèse de l'enquête russe .
Le département américain de la justice a décidé d'ouvrir une enquête criminelle sur les débuts de l'enquête russe. Donald Trump était favorable à une telle initiative. Le ministère américain de la Justice a ouvert une enquête criminelle sur la façon dont a été lancée l'enquête sur les ingérences de Moscou dans la présidentielle de 2016, qui a empoisonné toute la première partie du mandat de Donald Trump, rapporte le New York Times jeudi.

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usr: 1
C'est intéressant!