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Monde Le droit à l'avortement s'invite dans la campagne en Argentine

19:05  25 octobre  2019
19:05  25 octobre  2019 Source:   msn.com

Maroc: le roi gracie Hajar Raissouni, emprisonnée pour avortement illégal

  Maroc: le roi gracie Hajar Raissouni, emprisonnée pour avortement illégal Le roi du Maroc, Mohammed VI, a gracié la journaliste Hajar Raissouni, récemment condamnée à un an de prison pour « avortement illégal » et « relations sexuelles hors mariage », selon un communiqué officiel diffusé ce mercredi 16 octobre. La jeune femme de 28 ans sera libérée « dans les prochaines heures », en même temps que son fiancé et que le gynécologue, l'anesthésiste et la secrétaire médicale qui avaient été condamnés avec elle. CetteLa jeune femme de 28 ans sera libérée « dans les prochaines heures », en même temps que son fiancé et que le gynécologue, l'anesthésiste et la secrétaire médicale qui avaient été condamnés avec elle.

Des activistes portant des foulards verts manifestent pour marquer la reprise de leur campagne de légalisation de l'avortement, à Buenos Aires, le 28 mai 2019. © Archive AFP Des activistes portant des foulards verts manifestent pour marquer la reprise de leur campagne de légalisation de l'avortement, à Buenos Aires, le 28 mai 2019. Fait inédit en Argentine : l'avortement est devenu un thème de campagne. Si le président libéral sortant, Mauricio Macri, s’est prononcé contre sa légalisation pour mobiliser les voix conservatrices, le favori Alberto Fernandez s'est dit favorable.

Foulards verts contre foulards bleus. Un peu plus d'un an après l'échec de la légalisation de l’avortement au Sénat, le débat sur l'IVG est loin d'être clos en Argentine. La campagne pour la présidentielle, qui s'achève dimanche 27 octobre, lui a donné un nouvel écho. Le président sortant, Mauricio Macri, dans l'espoir de rallier à lui les électeurs conservateurs à sa couleur bleu ciel s'y est dit opposé. Alberto Fernandez, héritier du péronisme, se dit favorable à une légalisation à terme, espérant capitaliser sur la mobilisation des femmes, dont le foulard vert est l'emblème.

Maroc : le roi gracie la journaliste emprisonnée pour avortement illégal

  Maroc : le roi gracie la journaliste emprisonnée pour avortement illégal Elle avait été condamnée à un an de prison, ainsi que son fiancé et son gynécologue. Un procès, qualifié de "politique", qui avait indigné une partie du pays. © afp.com/FADEL SENNA Manifestation en soutien à la journaliste Hajar Raissouni, le 9 septembre 2019 à Rabat, au Maroc. La sentence avait suscité l'indignation et la colère. La journaliste Hajar Raissouni, récemment condamnée à un an de prison pour "avortement illégal" et "relations sexuelles hors mariage" a été graciée par le roi du Maroc, a annoncé ce mercredi le ministère de la Justice dans un communiqué.

>> Présidentielle argentine : le bilan économique désastreux de Mauricio Macri

Autorisé uniquement en cas de viol et de danger pour la santé de la mère, l'avortement s'est régulièrement invité dans les meetings et lors des débats télévisés au point de devenir l'un des thèmes de la campagne. Un fait inédit dans l'histoire de la démocratie argentine où une vaste étude datant de 2005 estimait pourtant entre 370 000 et 520 000 le nombre d'avortements légaux et illégaux ayant lieu chaque année dans ce pays de 44,27 millions d'habitants.

"L'avortement n'a pas été au centre de la campagne mais elle l'a survolé en permanence", confirme Darío Rodríguez, maître de conférences à l'université Paris-Sorbonne et spécialiste de l'Argentine, interrogé par France 24.

TRIBUNE. Maroc : de l’insuffisance d’une grâce royale

  TRIBUNE. Maroc : de l’insuffisance d’une grâce royale Mohammed VI a fait libérer Hajar Raissouni, la journaliste condamnée pour « relations sexuelles hors mariage » et avortement. Mais cette issue est loin de tout régler. « Justice : Sa Majesté Le Roi a accordé son pardon à une innocente. » Ainsi a réagi sur Facebook la page satirique Le36 à la grâce royale accordée le 16 octobre à Hajar Raissouni. Un commentaire plus pertinent que bien des analyses politiques.

Mauricio Macri en mauvaise posture

Avec un bilan qui affiche une récession de 2,5 % en 2018, une inflation de 53,5 % en septembre 2019 et un taux de chômage de 10,6 %, Mauricio Macri se trouve en grave difficulté à l'approche du scrutin. En attestent les résultats des primaires. Le système politique argentin a, en effet, la particularité d'appeler aux urnes les électeurs quelques mois avant les élections générales pour des primaires "ouvertes, obligatoires et simultanées" de chaque parti.  En théorie, elles permettent aux électeurs de choisir leurs candidats préférés au sein de chaque coalition mais celles du 11 août dernier étaient différentes puisque chacune des coalitions ne présentait qu'un seul ticket. Et le président sortant a été largement défait par Alberto Fernandez.

Mauricio Macri s'est lancé dans une opération reconquête en vue du 27 octobre. Pour élargir sa base, il s'est tourné vers l'électorat conservateur et les évangélistes dont l'influence est grandissante dans ce pays d'Amérique latine. Cette branche de la chrétienté, apparue aux États-Unis au début du XXe siècle, met l’accent sur l'importance de la religion dans les choix quotidiens et possède en Argentine une grande capacité de mobilisation à travers la radio et la télévision, et grâce à leur implantation dans toutes les provinces. Les mobilisations contre un projet de loi pour légaliser l'avortement en 2018, approuvé par la Chambre des députés, mais rejeté par le Sénat, leur ont aussi donné une grande visibilité.

Irlande du Nord : l'avortement et le mariage gay légalisés

  Irlande du Nord : l'avortement et le mariage gay légalisés Ces deux mesures ont été prises sur décision du Parlement de Westminster à Londres en raison de la paralysie de l'exécutif local au sein de la province britannique. © afp.com/Paul FAITH Manifestation en faveur du mariage gay, le 1er juillet 2017 à Belfast, en Irlande du Nord C'est un grand pas pour la société nord-irlandaise: ce mardi, l'avortement a été libéralisé et le mariage homosexuel légalisé. Contrairement au reste du Royaume-Uni, où il est autorisé depuis 1967, l'avortement était jusqu'ici illégal en Irlande du Nord, sauf si la grossesse menaçait la vie de la mère.

"Cette réorientation [de Mauricio Macri] est une question de stratégie. Il veut élargir sa base d'appui en réaffirmant ses soutiens parmi les secteurs traditionnels et conservateurs", analyse Darío Rodríguez. "Il cherche la polarisation du débat face à Alberto Fernandez."

Mauricio Macri était longtemps resté prudent sur la question de l'avortement. Lors de la campagne de campagne présidentielle de 2015, il avait promis d'ouvrir le débat tout en se disant personnellement opposé à sa légalisation et en laissant au Congrès le soin de trancher. Une promesse qu'il a tenue en 2018.

Une inflexion réthorique

Mais le président sortant veut désormais montrer patte blanche face aux conservateurs. Il n'hésite plus à faire sienne la théorie dite des "deux vies", celle de la mère et celle de l’enfant.

"Ce revirement est stratégique. Il ne veut pas perdre ses soutiens qui lui sont favorables", estime Dario Rodriguez.

Lors de son grand meeting du samedi 19 octobre, le message "Oui à la vie", est apparu aux fenêtres d’un immeuble surplombant la scène du meeting, relate un reportage de La Croix. De passage à l'aéroport de Rosario, le président s'est même affiché avec un pasteur évangélique qui l'a béni. À écouter ce dernier, Dieu a "placé" le chef de l'État à la Casa Rosada (le siège de la présidence) et "personne ne peut l'atteindre".

En face, l'opposition s'est emparée du sujet de l'avortement. Lors d'un débat entre les six candidats, le candidat du Front de la gauche unie, Nicolas del Caño, s’est dit, sans détour, "100 % favorable" à la légalisation. Le favori Alberto Fernandez a pris davantage de pincettes en s'affirmant favorable à sa dépénalisation pour éviter que les femmes et les médecins ne soient inquiétés par la justice et qu'il fallait "tendre vers la légalisation". Sa vice-présidente, Cristina Kirchner avait voté en 2018, en tant que sénatrice, en faveur de la légalisation, alors que lors de son passage à la tête du pays, de 2007 à 2015, elle avait alors refusé d'ouvrir le débat.

Monaco dépénalise l'avortement, sans le légaliser .
Avant le vote de cette loi, l'avortement n'était autorisé qu'en cas de grossesse à risque pour la femme, en cas de viol et en cas de troubles irréversibles du fœtus. © Fournis par France Télévisions Monaco dépénalise l'IVG. Le Conseil national, organe législatif de la Principauté, a voté à l'unanimité, jeudi 31 octobre, un projet de loi supprimant les peines encourues par les femmes enceintes, rapporte Monaco-Matin. Les femmes monégasques qui se feront avorter avant la fin de la douzième semaine de grossesse ne tomberont désormais plus sous le coup de la loi.

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