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Monde Un officier respecté livre un témoignage à charge contre Donald Trump

12:05  30 octobre  2019
12:05  30 octobre  2019 Source:   nouvelobs.com

Après le témoignage accablant d’un diplomate, Trump sort les rames pour se défendre

  Après le témoignage accablant d’un diplomate, Trump sort les rames pour se défendre Accusé d’avoir fait pression sur l’Ukraine pour aider ses ambitions politiques personnelles, le président américain a tenté une défense fragile mercredi.Reprenant les mots d’un élu républicains interrogé par Fox News, le président a tweeté mercredi 23 octobre : « Ni lui (Taylor) ou d’autres témoins n’ont pu démontrer que les Ukrainiens étaient au courant que l’aide militaire était suspendue. On ne peut pas avoir un “quid pro quo” [le chantage qu’on l’accuse d’avoir exercé sur l’Ukraine, NDLR] sans quo […].


Donald Trump a cherché à minimiser son témoignage en soulignant sur Twitter n’avoir « jamais entendu parler » de lui.

La valse des témoins dans l’affaire ukrainienne continue au Congrès américain. Mardi 29 octobre, c’est un responsable de la Maison-Blanche et officier décoré pour ses faits d’armes qui a livré un témoignage embarrassant pour Donald Trump lors d’une audition au Congrès, où les élus démocrates ont révélé le cadre formel qu’ils comptent donner à la suite de l’enquête ouverte en vue de destituer le président républicain.

Melania Trump accueillie par des manifestants lors d'une visite à l'hôpital

  Melania Trump accueillie par des manifestants lors d'une visite à l'hôpital De visite dans un hôpital de Boston, Melania Trump a été accueillie par des manifestants.Des manifestants ont protesté lors de la visite de Melania Trump au Boston Medical Center, le 6 novembre 2019.

Le lieutenant-colonel Alexander Vindman a été interrogé à huis clos par les élus qui cherchent à déterminer si Donald Trump a abusé de ses pouvoirs en demandant à l’Ukraine d’enquêter sur un de ses potentiels rivaux démocrates pour la présidentielle de 2020.

Directeur des affaires européennes au sein du Conseil de sécurité nationale, Vindman est le premier témoin auditionné à avoir écouté l’appel téléphonique du 25 juillet, au cours duquel Donald Trump a demandé à son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky de « se pencher » sur l’ancien vice-président Joe Biden, et les affaires de son fils Hunter en Ukraine. Très « préoccupé » par la teneur de cet appel, Alexander Vindman a rapidement fait part de ses inquiétudes au principal avocat du Conseil de sécurité nationale, a-t-il déclaré aux parlementaires selon sa déclaration liminaire rendue publique avant l’audition.

Procédure de destitution de Donald Trump : les démocrates publient des témoignages de l’enquête

  Procédure de destitution de Donald Trump : les démocrates publient des témoignages de l’enquête Entendue par lors de l’enquête, l’ex-ambassadrice à Kiev Marie Yovanovitch a affirmé s’être sentie menacée en découvrant le contenu de l’appel entre Donald Trump et le président ukrainien. « Avec chacune des auditions, nous en apprenons plus sur les tentatives du président de manipuler les leviers du pouvoir dans son propre intérêt », ont affirmé les trois chefs démocrates des commissions de la Chambre des représentants menant l’enquête.

« Je ne pensais pas qu’il était approprié d’exiger qu’un gouvernement enquête sur un citoyen américain, j’étais inquiet des conséquences » pour les liens entre les deux pays et la sécurité des Etats-Unis, a-t-il dit.

Alexander Vindman devait également revenir sur une réunion le 10 juillet entre des responsables américains et ukrainiens à la Maison-Blanche. Selon lui, l’ambassadeur américain auprès de l’Union européenne Gordon Sondland a, à cette occasion, conditionné l’organisation d’une rencontre entre les deux présidents à l’ouverture d’une enquête à Kiev sur les Biden.

« Pourries »

Alexander Vindman, qui s’est présenté au Congrès dans son uniforme d’officier, est un ancien combattant de la guerre en Irak, un gage de respect aux Etats-Unis. Dans sa déclaration, il insiste sur ses années de services militaires, son « sens du devoir », son « patriotisme » et son impartialité.

Le fils de Trump donne un nom au lanceur d’alerte (au mépris des règles de protection)

  Le fils de Trump donne un nom au lanceur d’alerte (au mépris des règles de protection) « Donner n’importe quel nom au lanceur d’alerte place simplement cette personne et sa famille en danger », a réagi l’avocat de cet agent du renseignement dont l’identité demeure officiellement inconnue.Dans son tweet, le fils de Donald Trump l’accuse d’avoir travaillé avec des « anti-Trump » et renvoie vers un article à charge du site d’informations de la droite radicale Breitbart.

Gêné pour l’attaquer frontalement, Donald Trump a cherché à minimiser son témoignage en soulignant sur Twitter n’avoir « jamais entendu parler » de lui. Il l’a aussi accusé d’être un apôtre du « tout sauf Trump », une référence aux républicains qui lui sont hostiles.

Dénonçant des accusations « bricolées » et « pourries », le magnat de l’immobilier s’en est de nouveau pris à la cheffe des démocrates au Congrès, Nancy Pelosi « la fébrile » qui, selon lui, mène son parti à la défaite en 2020. Il y a cinq semaines, celle-ci a décidé d’initier l’explosive procédure de destitution après la publication d’une transcription de l’appel entre Trump et Zelensky.

Les premiers extraits explosifs du livre d’un « anonyme » sur Trump à la Maison Blanche

  Les premiers extraits explosifs du livre d’un « anonyme » sur Trump à la Maison Blanche Dans un livre écrit par un « haut fonctionnaire de son administration », le président américain est présenté « comme un enfant de 12 ans dans une tour de contrôle, qui appuie sur tous les boutons ». © Fournis par Le Monde Interactif « Je ne suis pas qualifié pour diagnostiquer les facultés mentales du président », affirme « l’anonyme » auteur du livre. « Tout ce que je peux vous dire, c’est que les gens normaux qui passent du temps avec Donald Trump sont mal à l’aise face à ce qu’ils voient. » Tout craque autour de Donald Trump.

Jeudi, la Chambre des représentants, où l’opposition est majoritaire, votera pour la première fois en séance plénière pour formaliser cette enquête et autoriser des auditions publiques. Ce sera l’occasion de voir si des élus sortent des rangs de leur parti respectif.

« Arnaque »

La résolution, qui sera soumise au vote, prévoit de donner les moyens au président de se défendre, à condition qu’il coopère à l’enquête, selon une copie rendue publique mardi. La Maison-Blanche a immédiatement dénoncé une « arnaque » : les droits de Donald Trump restent « pas clairs et incertains », a-t-elle jugé dans un communiqué.

La Maison-Blanche refuse jusqu’ici de coopérer à une enquête qu’elle qualifie de « chasse aux sorcières » et a intimé aux membres de l’administration de ne pas répondre aux convocations du Congrès.

Trump et le Congrès, une crise encore plus grave qu’elle n’y paraît

Outrepassant ces consignes, neufs hauts responsables ont déjà témoigné à huis clos. Selon les informations qui ont fuité après ces auditions, ils ont dépeint à petites touches les efforts déployés par des proches de Donald Trump, dont son avocat personnel Rudy Giuliani, en marge des canaux officiels de la diplomatie américaine, pour forcer Kiev à salir Joe Biden.

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Les démocrates, qui avancent à marche forcée, pourraient voter en fin d’année sur des articles de mise en accusation du président (« impeachment »). Il restera ensuite au Sénat d’organiser le procès du président. Compte tenu de la majorité républicaine dans cette enceinte, il semble peu probable à ce stade qu’il soit destitué.

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