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Monde "Donald Trump est littéralement obsédé, consumé par l’impeachment"

22:25  31 octobre  2019
22:25  31 octobre  2019 Source:   parismatch.com

La procédure de destitution de Donald Trump en quatre questions

  La procédure de destitution de Donald Trump en quatre questions La Chambre des représentants, aux mains des démocrates, a approuvé jeudi l'enquête en vue d'une procédure de destitution lancée contre Donald Trump. Quatre questions pour tenter de comprendre ce fameux "impeachment". La Chambre des représentants a approuvé, jeudi 31 octobre, l'enquête en vue d'une procédure de destitution contre Donald Trump, la propulsant dans une nouvelle phase publique. Le président américain peut-il être destitué ? CommentLe président américain peut-il être destitué ? Comment s’organise ce processus ? Quatre questions pour comprendre les enjeux de cette procédure exceptionnelle aux États-Unis.

Donald Trump © Chris Kleponis / Sipa Donald Trump

Paris Match. La Chambre des représentants vient de voter pour donner un cadre formel à l'enquête ouverte en vue d'une procédure en destitution (impeachment) de Donald Trump. Que cela va-t-il changer concrètement ?

Corentin Sellin. Cela ne change pas grand chose dans l’immédiat puisque l’enquête était déjà lancée depuis fin septembre par Nancy Pelosi et des auditions se déroulaient depuis trois semaines à flot quasiment continu. Ces auditions à huis clos vont se poursuivre, surtout auprès du Comité du renseignement. A moyen terme, cette résolution organise les futures auditions publiques qui pourront être organisées par les comités parlementaires et elle mande officiellement le comité judiciaire, à qui il revient statutairement, de rédiger d’éventuels articles d’accusations à l’encontre de Donald Trump. C’est en quelque sorte un règlement interne de la procédure d’impeachment qui vient d’être voté, et le passage à une procédure plus publique, plus ouverte qui sera organisée d’ici quelques semaines.

Pour Donald Trump, "une majorité en colère" le soutient

  Pour Donald Trump, En meeting à Tupelo (Mississippi), ville chère à Elvis Presley, le président des Etats-Unis Donald Trump s'est montré très combatif malgré la procédure en destitution lancée par les démocrates.Lire aussi :"Donald Trump est littéralement obsédé, consumé par l’impeachment"

Donald Trump a tweeté rapidement en criant, comme il l’avait fait durant l’enquête Mueller, à «la plus grande chasse aux sorcières». Quelle peut être la réponse immédiate de la Maison-Blanche ?

On voit bien que Donald Trump n’a pas encore trouvé sa stratégie de défense la plus efficace. Il a tendance à réappliquer la même stratégie qu’avec l’enquête russe, c’est à dire de plaider la chasse aux sorcières fomentée par des démocrates et des libéraux insatisfaits. Sauf que, contrairement à l’enquête Mueller, les auditions de la Chambre s’appuient sur des documents déjà publics, notamment le fameux compte-rendu de la conversation avec Volodymyr Zelensky. Par ailleurs, les auditions ont déjà produit des témoins qui incriminent l’action de Trump envers l’Ukraine. Il est donc difficile de crier à la chasse aux sorcières et de reprendre la même défense.

Melania Trump accueillie par des manifestants lors d'une visite à l'hôpital

  Melania Trump accueillie par des manifestants lors d'une visite à l'hôpital De visite dans un hôpital de Boston, Melania Trump a été accueillie par des manifestants.Des manifestants ont protesté lors de la visite de Melania Trump au Boston Medical Center, le 6 novembre 2019.

D’autre part, on voit bien que Donald Trump n’a pas encore trouvé de mot d’ordre rassembleur pour les républicains. Il faut qu'il parvienne à se renouveler, on voit qu’il a du mal à trouver une nouvelle stratégie face à cette enquête.

"Le quid pro quo apparaît aujourd’hui très difficile à contester"

Les témoignages, notamment ceux de Bill Taylor et Alexander Vindman, ont été particulièrement préjudiciables pour lui, surtout à propos du quid pro quo.

Contrairement à l’enquête de Mueller, menée par un procureur spécial et le FBI dans la plus grande confidentialité, où rien ne filtrait, on en sait plus. Les auditions parlementaires sont à huis clos mais il y a des fuites, et les déclarations liminaires des témoins sont la plupart du temps mis à disposition de la presse. On a eu, coup sur coup, deux témoignages dévastateurs qui établissent le fameux quid pro quo, le «donnant-donnant» si l’on est gentil ou le chantage si on emploie une traduction plus sévère, qu’a exercé pendant une partie de l’été Donald Trump sur le président Zelensky. Le quid pro quo apparaît aujourd’hui très difficile à contester et on en revient sur la question de la stratégie à employer puisque les faits sont confirmés par témoignages qui produisent eux-mêmes un effet d’empilement, de sidération et qui sont négatifs pour lui.

Trump et la mort d’al-Baghdadi : triomphalisme, cynisme et détails sordides

  Trump et la mort d’al-Baghdadi : triomphalisme, cynisme et détails sordides Le président américain a tourné en ridicule les derniers moments du leader de Daech et évoqué tranquillement le partage du pétrole syrien.Situation Room, 2011 /2019 https://t.

Jusqu’où les républicains soutiendront-ils Donald Trump, à un an de la prochaine élection ?

Il faut bien distinguer deux questions différentes. Il y a une sorte de dissociation, comme on dirait en psychologie, entre les faits –il apparaît incontestablement que Donald Trump a abusé de sa fonction pour un gain politique privé– et l’appréciation politique que portent les républicains. Ces derniers, pour des raisons qui les regardent –et à part la figure de Mitt Romney–, considèrent que même si Donald Trump n’aurait pas dû agir ainsi, ce n’est pas un crime digne d’impeachment. Et, à un an de l’élection, il serait suicidaire pour les républicains de penser destituer leur propre président.

Ils sont liés à lui inextricablement et, sauf retournement de situation et un crime dont l’ampleur et l’évidence seraient indéniables, les républicains soutiendront tous Donald Trump jusqu’à l’élection. On a une dissociation entre les faits et le récit politique. Il ne faut pas oublier que l’impeachement reste une procédure politique : les enjeux politiques sont prioritaires et l’emportent sur les notions juridiques.

Les premiers extraits explosifs du livre d’un « anonyme » sur Trump à la Maison Blanche

  Les premiers extraits explosifs du livre d’un « anonyme » sur Trump à la Maison Blanche Dans un livre écrit par un « haut fonctionnaire de son administration », le président américain est présenté « comme un enfant de 12 ans dans une tour de contrôle, qui appuie sur tous les boutons ». © Fournis par Le Monde Interactif « Je ne suis pas qualifié pour diagnostiquer les facultés mentales du président », affirme « l’anonyme » auteur du livre. « Tout ce que je peux vous dire, c’est que les gens normaux qui passent du temps avec Donald Trump sont mal à l’aise face à ce qu’ils voient. » Tout craque autour de Donald Trump.

"La mort de Baghdadi est un succès indéniable, sans doute un des plus gros de sa présidence"

Donald Trump semble ne pas avoir bénéficié d’un effet bénéfique après l’annonce de la mort d’Abou Bakr al-Baghdadi.

C’est un peu une des surprises de la semaine. Malgré quelques tweets qui ont fait sourire ou rire sur le chien qui a participé à l’opération, Donald Trump a été relativement discret. Il en parle mais il ne s’en vante pas, il ne le met pas en avant alors que c’est un succès indéniable, sans doute un des plus gros de sa présidence. Il ne s’en sert pas du tout comme on aurait pu s’y attendre pour dire : «Vous n’allez tout de même pas impeacher le président qui vient d’exécuter le patron de l’EI ?»

Mais on voit que Donald Trump est littéralement obsédé, consumé par l’impeachment parce qu’il passe son temps à regarder Fox News. On le voit par ses tweets car dans les shows de la chaîne, on parle beaucoup plus de l’impeachment, de la chasse aux sorcières et des problématiques internes que de la mort de Baghdadi. Il faut aussi souligner qu’il est beaucoup moins important dans la mentalité collective des Etats-Unis que ne l’était Oussama Ben Laden, en raison des attentats du 11-Septembre.

Pendant ce temps, les démocrates continuent leur primaire, quasiment dans le silence tant Donald Trump est présent médiatiquement.

Affaire ukrainienne : un témoin clé change d'avis et accable Trump

  Affaire ukrainienne : un témoin clé change d'avis et accable Trump Gordon Sondland, ambassadeur américain auprès de l'Union européenne, a modifié son témoignage et confirmé qu'il avait bien demandé un «donnant-donnant» à l'Ukraine, demandant une enquête sur les Biden.Derrière les mots «déclaration anti-corruption» se trouvent les accusations portées par le président américain envers Joe et Hunter Biden, l'ancien vice-président, actuel candidat démocrate, et son fils. Donald Trump, assisté de son avocat personnel Rudy Giuliani, est convaincu que le second a demandé au premier de faire pression sur les autorités ukrainiennes au profit d'une entreprise locale pour laquelle il travaillait, ce qui aurait représenté un conflit d'intérêts majeur.

Les démocrates sont dans cette période entre chien et loup des primaires, où ils n’existent qu’au moment des débats nationaux qui ont lieu toutes les six semaines, et le prochain aura lieu le 20 novembre. La campagne se déroule quasiment uniquement dans deux petits Etats, l’Iowa et le New Hampshire qui ouvriront le bal des primaires, et qui seront mis sous le feu des projecteurs au moment de l’élection en février et qui passent encore sous le radar de l’actualité.

D’où l’invisibilité relative des candidats démocrates. Mais cela bouge. Il y a une sorte d’élimination par l’arrière, comme on dirait dans les courses sportives, qui est en train de se produire. Les candidats disparaissent les uns après les autres, victimes des mauvais sondages qui engendrent une absence de financement. Ils étaient encore, au cœur de l’été, 24 à 25 candidats : pour le prochain débat, on s’achemine vers une participation de dix candidats, et peut-être encore moins en décembre. Il y a une sorte de filtration qui s’opère parmi les candidats. En tête, Joe Biden semble plutôt bien tenir dans les sondages à l’échelle nationale, il domine toujours mais il est en sévère baisse dans les deux fameux premiers Etats, où il serait dominé par Elizabeth Warren et Bernie Sanders, deux représentants de l’aile gauche du parti.

Destitution de Trump : des élus républicains en colère interrompent un témoignage au Congrès .
Furieux de ne pas être assez impliqués dans l’enquête des démocrates en vue de la procédure d’impeachment à l’encontre de Donald Trump, les contestataires ont perturbé l’audition à huis clos d’une responsable du Pentagone.Plus d’une vingtaine d’élus républicains de la Chambre des Représentants ont fait irruption dans une pièce sécurisée, retardant le témoignage d’une responsable du Pentagone, dans le cadre de l’enquête démocrate qui pourrait aboutir sur une mise en accusation (« impeachment ») du président Trump.

usr: 3
C'est intéressant!