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Monde Irak: les deux visages de la place Tahrir

04:10  12 novembre  2019
04:10  12 novembre  2019 Source:   rfi.fr

Irak : des manifestants tués après un accord pour en finir avec la contestation

  Irak : des manifestants tués après un accord pour en finir avec la contestation Sept personnes ont été tuées samedi en Irak, dans les manifestations qui réclament le départ de la classe politique. L'intervention musclée des forces de sécurité survient après un accord pour mettre fin aux protestations, y compris par la force. Sept manifestants ont été tués samedi en Irak, où la capitale avait des airs de champ de bataille avec des manifestants pris sous les tirs, après un accord politique au plus haut niveau pour en finir avec la contestation "par tous les moyens".

Pour les articles homonymes, voir Place Tahrir (homonymie). La place Tahrir (en arabe : ميدان التحرير, Mīdān at- Taḥrīr ), littéralement « place de la Libération » (parfois traduit par place de l 'Indépendance) est une des principales places publiques du Caire, en Égypte.

Aux abords de la place Tahrir de Bagdad, quatre manifestants ont été tués, trois par balles et le quatrième par une grenade lacrymogène l'ayant Mais, surtout, elles ont convenu d'en finir avec la contestation, inédite par son caractère spontané, ont indiqué à l'AFP deux hauts responsables sous

Les abords de la place Tahrir, à Bagdad, le 10 novembre 2019. © SABAH ARAR / AFP Les abords de la place Tahrir, à Bagdad, le 10 novembre 2019.

La violente répression en Irak a considérablement affaibli la mobilisation populaire. La place Tahrir, épicentre de ces manifestations antigouvernementales à Bagdad, offre désormais deux visages : elle est quasiment vide en journée mais le soir, les plus téméraires font entendre leur voix.

Avec nos envoyés spéciaux à Bagdad, Sami Boukhelifa et Boris Vichith

Il est midi sur la place Tahrir, et seuls une cinquantaine d’étudiants manifestent encore. Drapeau irakien sur les épaules, Malek Hussein, futur ingénieur, semble déterminé à poursuivre la mobilisation. « À cause de la répression, les gens ont abandonné le combat. Nous subissons également des pressions. Des agents de la sécurité nationale nous ont menacés. Ils sont venus à la fac et nous ont même violentés. Ils nous ont dit : les manifestations, c’est terminé ! Mais leurs menaces ne m’arrêteront pas. »

Irak: tirs intenses à Bagdad après un accord pour en finir avec la contestation

  Irak: tirs intenses à Bagdad après un accord pour en finir avec la contestation Plus de 300 personnes ont été tuées ces dernières semaines, majoritairement des manifestants mobilisés contre le pouvoir et qui réclament la démission du gouvernement. L’intervention des forces de sécurité pour déloger les manifestants qui occupent l’emblématique place Tahrir fait craindre le pire. Avec nos envoyés spéciaux à Bagdad, Sami Boukhelifa et Boris Vichith Les tirs de gaz lacrymogènes, les déflagrations des grenades assourdissantes et dans la foulée le ballet des ambulances et des mototaxis qui transportent des blessés suffoquant. Sur place, Ibrahim Yassine est secouriste.

Aux abords de la place Tahrir de Bagdad, quatre manifestants ont été tués, trois par des balles et le quatrième touché au visage par une grenade lacrymogène, selon des sources médicales et de sécurité. Plus tôt dans la journée, trois manifestants avaient été tués dans une dispersion à balles

Au milieu de l ’ancienne artère commerçante de Bagdad, bordée d’immeubles au charme décrépi A la reprise de la contestation contre le gouvernement irakien, le 24 octobre, les manifestants s’étaient tous massés sur le pont de la République ( Al -Joumhouria), qui relie la place Tahrir à la zone verte

Le soir, les renforts arrivent et la foule grossit. Zeidoune est aussi étudiant. Mais lui a choisi de manifester après les cours seulement. « Bien sûr qu’il y a moins de monde dans les rues. On nous a menacés. Ils nous ont dit : si vous ne revenez pas à la fac vous serez exclus. Et ils ont dit aux fonctionnaires qui manifestaient qu’ils risquaient d’être mis à la porte. On n’a pas le choix. » Il a passé ces dernières semaines à collecter des douilles d’armes automatiques et des cartouches de gaz lacrymogènes, et espère que ces preuves serviront à d’éventuels enquêteurs de l’ONU.

En fin de journée, les tirs de gaz lacrymogènes reprennent et avec eux, le ballet des ambulances transportant les blessés.

Une mobilisation populaire très affaiblie par la répression

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  [Reportage] Bagdad: funérailles d’un jeune Irakien, mort durant les manifestations Plus de 300 personnes sont décédées durant les manifestations en Irak. Et même si les violences ont baissé d’intensité ces dernières 48 heures, le nombre de victimes continue d’augmenter. Avec nos envoyés spéciaux à Bagdad, Sami Boukhelifa et Boris Vichith Les Irakiens enterrent les morts causés par la répression sanglante des manifestations par les autorités. Plus de 300 personnes sont mortes durant la mobilisation contre le pouvoir en Irak. Atteint d’un tir il y a une dizaine de jours, un jeune Irakien a finalement succombé à ses blessures.

"Du Liban à l' Irak , notre douleur est une, notre droit est un et la victoire est proche", affirme par Sur la place Tahrir , épicentre depuis un mois et demi de la contestation à Bagdad, les Celle-là est plus "honorable" que tous les politiciens du pays réunis, proclament des inscriptions sous son visage . Dans les deux pays, de jeunes manifestants vêtus de masques médicaux et de lunettes de

Sur la place Tahrir , épicentre depuis un mois et demi de la contestation à Bagdad, les manifestants vendent des drapeaux libanais aux côtés des Celle-là est plus "honorable" que tous les politiciens du pays réunis, proclament des inscriptions sous son visage . Les deux mouvements distincts semblent

Les irréductibles de la place Tahrir dénoncent un État « voyou », adepte de menaces et d’intimidations ciblées, d’enlèvements de militants et de représentants de la société civile. Ils accusent les autorités d’agir dans l’ombre via les services de sécurité. « Ils viennent vous voir chez vous et menacent votre famille », confie un étudiant, qui affirme que plusieurs de ses camarades sont portés disparus.

Mais si le pouvoir est parvenu à briser ce mouvement populaire, c’est aussi grâce aux interventions musclées successives des forces de l’ordre. Tirs à balles réelles, gaz lacrymogènes et grenades assourdissantes ont contribué à mettre en place un climat de terreur. Plusieurs morts ces derniers jours, encore plus ces dernières semaines : un vent de panique s’est emparé de la rue.

Pour l’instant, le pouvoir politique reste silencieux. Les dirigeants contestés sont toujours en place. Rien n’a changé en plus de 40 jours de mobilisation populaire en Irak, un mouvement inédit par sa spontanéité.

►À lire aussi : En Irak, le centre de Bagdad prend des allures de champ de bataille

A l’intérieur du "restaurant turc", QG des manifestants de Bagdad .
Alors que les habitants de Bagdad ont à nouveau envahi les rues dimanche 17 novembre, répondant à l’appel à la grève générale, des images montrant des vues aériennes de la place Tahrir, un des principaux lieux de manifestation, ont à nouveau circulé. Ces images sont prises depuis "restaurant turc", un immeuble qui surplombe la place, devenu le QG des manifestants. "Ici, c’est le mont Ohod !" C’est ainsi que les manifestants de Bagdad baptisent leur forteresse, sur la façade de laquelle s’étalent les banderoles portant les diverses demandes des manifestants."Le symbole de la révolution du 25 octobre, le restaurant turc, affiche d'importantes banderoles".

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