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Monde Soudan du Sud: les risques de viols encourus par les femmes déplacées

06:05  19 novembre  2019
06:05  19 novembre  2019 Source:   rfi.fr

[Reportage] Au Soudan du Sud, les mutilés de guerre veulent réapprendre à vivre

  [Reportage] Au Soudan du Sud, les mutilés de guerre veulent réapprendre à vivre Le Soudan du Sud tente depuis septembre 2018, et la signature d’un accord entre les belligérants d’instaurer une paix durable. La transition politique tarde. En attendant, la population tente de se remettre des années de conflits. Et les personnes blessées au combat ou des civils, victimes collatérales de la guerre, essaient de se reconstruire. Beaucoup de ces blessés de guerre, civils ou non, se retrouvent au Physical Rehabilitation Reference Centre accueille des dizaines de handicapés pour leur fournir des prothèses, des orthèses, des fauteuils roulants ou encore des béquilles à Juba, au Soudan du Sud.

Dans les camps de déplacés , les femmes sont victimes de viols à répétition de la part de membres de l'armée ou de miliciens de l'opposition favorable à Zeinab Bangura est rentrée effarée de ce qu'elle a vu au Soudan du Sud , et en particulier à Bentiou, l'un des principaux foyers d'affrontements au

Des femmes déplacées sud -soudanaises dans un camp près de Kodok, dans le nord-est du pays, le17 avril 2017. Selon Médecins sans frontières, 125 femmes de tous âges ont été violées au cours des dix derniers jours. Elles se rendaient à une distribution alimentaire organisée par le Programme

Le camp de déplacés de Bentiu, au Soudan du Sud, le 17 novembre 2019. © RFI/Sébastien Nemeth Le camp de déplacés de Bentiu, au Soudan du Sud, le 17 novembre 2019.

Après une nouvelle prolongation, le Soudan du Sud attend la formation d’un gouvernement d’union pour février. La situation reste incertaine et les populations, éparpillées par la guerre, attendent donc de voir ce qui va se passer avant de rentrer. À Bentiu, dans le nord, plus de 100 000 personnes vivent dans le POC, le grand camp de déplacés. Les combats ont cessé mais les violences n’ont pas disparu, notamment pour la collecte du bois de chauffage.

Elles sont une dizaine de femmes à quitter le POC pour aller chercher du bois, et vont devoir marcher près de trois heures pour atteindre un endroit propice. Une sortie groupée, car le danger rôde. « Avant, dès qu’une femme ou deux sortaient, elles se faisaient attaquer et souvent violer. Maintenant on bouge groupées, on se sent plus en sécurité. Il y a aussi des animaux sauvages. Hier, quelqu’un a été tué par un lion. Donc même en groupe, on a peur », explique Nyadomot.

Soudan du Sud: dans le camp de Mangateen, les réfugiés recherchent leurs proches

  Soudan du Sud: dans le camp de Mangateen, les réfugiés recherchent leurs proches Depuis mardi 12 novembre, le Soudan du Sud a un nouveau délai, 100 jours pour nommer un gouvernement d’union et voir rentrer au pays le chef rebelle Riek Machar. En attendant, plus de 3,5 millions de personnes sont soit déplacées, soit réfugiées à l’étranger, brisant ainsi les liens familiaux. Les déplacés de Mangateen font la queue devant le service téléphonique du CICR. L’organisation leur permet d’appeler leurs familles afin de maintenir les liens. Mais d’autres comme John, 39 ans et originaire du Nord du pays, cherchent encore à retrouver leurs proches.« Quand la guerre a commencé tout le monde a fui pour sauver sa vie.

Au Soudan du Sud , la guerre civile qui ravage le pays depuis quatre ans l’a rendu exsangue. Culture de la violence Seuls les femmes et leurs enfants sont véritablement autorisés à partir, les hommes étant priés de rester et de se battre pour empêcher le repeuplement de la région par l 'ethnie

L'enlèvement systématique de femmes et de filles, transformées en esclaves sexuelles est une facette terrifiante de la guerre au Soudan du Sud . Nyabena, 30 ans et mère de cinq enfants, a été capturée par des soldats qui ont attaqué en avril son village du comté de Rubkona.

Les casques bleus de la mission UNMISS escortent certains groupes mais tout le monde ne peut pas être accompagné. Nyakwepo, qui vit au camp depuis quatre ans, part donc elle aussi en groupe, sans être rassurée. « Même quand vous êtes avec dix femmes, si vous êtes attaquées par un homme armé, c’est difficile de faire quoi que ce soit. Il peut faire ce qu’il veut de vous avec son arme », dit-elle.

Nyakandea fouille dans les environs du camp à la recherche d’herbes à brûler. À plus de 70 ans, elle n’est plus capable de partir en brousse. « Je coupe des herbes hautes de la rivière pour les vendre. Je n’ai plus la force de marcher loin et de transporter du bois. Tous ces gens qui vont en brousse, plus le temps passe, plus ils doivent aller loin car on n’en trouve plus dans les environs. Et plus on s’éloigne, plus on risque une attaque », déplore-t-elle.

Les sorties en groupe apportent une protection très limitée. Une fois arrivées sur les bons sites, les femmes se séparent pour ramasser leur bois. C’est à ce moment-là que certains criminels en profitent pour attaquer.

►À lire aussi : Soudan du Sud: à Bentiu, le retour des déplacés partis au Soudan

Soudan du Sud: au camp de Bentiu, les anciens combattants racontent le conflit .
Le Soudan du Sud est toujours dans l’attente de la paix. La formation d’un gouvernement d’union a été repoussée à février. En attendant, l’application de l’accord se poursuit, mais avec beaucoup de retard, comme le cantonnement des combattants actifs. D’autres ont abandonné la lutte armée en cours. RFI en a rencontré dans le camp de déplacés de Bentiu, dans le nord du pays. Galuak Kash installe son stand à l’intérieur du camp, pour y vendre bonbons, mouchoirs et autres. Une sorte de reconversion pour cet ancien combattant de seulement 19 ans, engagé dans les troupes rebelles du SPLM-IO il y a cinq ans.

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