Monde: Destitution de Donald Trump : que faut-il attendre de la deuxième mi-temps au Sénat? - - PressFrom - France
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Monde Destitution de Donald Trump : que faut-il attendre de la deuxième mi-temps au Sénat?

20:45  21 novembre  2019
20:45  21 novembre  2019 Source:   lejdd.fr

La procédure de destitution contre Trump entre mercredi dans une phase publique

  La procédure de destitution contre Trump entre mercredi dans une phase publique L’enquête pour une possible destitution de Donald Trump entre dans une nouvelle phase : les auditions devant les commissions d’enquête seront désormais publiques. Les Américains pourront ainsi suivre les témoignages à la télévision dès mercredi. Avec notre correspondante à New York, Loubna Anaki Cela faisait 21 ans que les Américains n’avaient pas été témoins en direct d’une procédure de destitution. 21 ans depuis l’affaire Bill Clinton et Monica Lewinsky. Et avant cela, la procédure contre Richard Nixon dans l’affaire du Watergate.À chaque fois, les retransmissions télévisées avaient été suivies par des dizaines de millions de téléspectateurs.

Trump Power, saison 3, épisode 7 - Les auditions en public des principaux témoins de l’affaire ukrainienne devraient pouvoir justifier la mise en accusation de Donald Trump par la Chambre. Mais le procès au Sénat pourrait réserver des surprises. © Reuters

Trump Power, saison 3, épisode 7 - Les auditions en public des principaux témoins de l’affaire ukrainienne devraient pouvoir justifier la mise en accusation de Donald Trump par la Chambre. Mais le procès au Sénat pourrait réserver des surprises.

Trump Power, saison 3, épisode 7 - Les auditions en public des principaux témoins de l’affaire ukrainienne devraient pouvoir justifier la mise en accusation de Donald Trump par la Chambre. Mais le procès au Sénat pourrait réserver des surprises.

Il aura fallu une dizaine de témoignages pour que les pièces du puzzle s’assemblent. Ce qui tenait à la rentrée de septembre d’un énième exercice de diplomatie décomplexée de Donald Trump est devenu au fil des auditions un vrai dossier qui met en lumière deux évidences. La première est que le président des Etats-Unis a réellement essayé de "marchander" le soutien politique et militaire des Etats-Unis auprès des nouvelles autorités de Kiev à condition que ces dernières annoncent l’ouverture d’une enquête pour corruption visant la famille Biden, du nom de l’ex-vice-président de Barack Obama, dont le fils - Hunter - a été membre du conseil d’administration de Burisma, une compagnie de gaz ukrainienne.

Procédure de destitution: qui est Jim Jordan, le «pare-feu» de Donald Trump?

  Procédure de destitution: qui est Jim Jordan, le «pare-feu» de Donald Trump? Ce vendredi, les auditions publiques dans le cadre de la procédure de destitution du président américain Donald Trump vont reprendre. Des auditions présidées par le démocrate Adam Schiff, devenu la bête noire de Donald Trump. Face à lui Jim Jordan, élu républicain de la Chambre des représentants, fait office de pare-feu pour le président américain. Il est toujours là pour défendre le président américain, et même plus s’il le faut. Et Jim Jordan ne s’en cache pas, même s’il faut pour cela faire preuve de mauvaise foi.

Le président Zelensky s’est refusé à cette forme de chantage mais rien ne lui interdit de renvoyer l’ascenseur d’ici l’année prochaine, ce qui déclencherait un autre scandale. Le président Trump, de son côté, et face aux fuites à répétition dans cette affaire, a fini par débloquer l’aide militaire à l’Ukraine.

La deuxième évidence est que Donald Trump a mis en place, pour ce quid pro quo, un réseau parallèle dirigé par son avocat personnel Rudy Giuliani afin de faire pression sur les diplomates et les conseillers chargés du dossier ukrainien à Washington comme à Bruxelles et Kiev.

La revanche des républicains?

Donald Trump a-t-il pour autant mis en danger la sécurité nationale ou trahi son pays? Sur les principes, probablement. Dans les faits, ce n’est pas certain. Mais les mensonges, les pressions, les refus de coopérer avec la Commission du renseignement de la Chambre, n’ont fait qu’ajouter de la suspicion à son égard. Il est donc quasiment acquis que les élus démocrates, majoritaires à la Chambre, et une fois que le rapport de la procédure d’enquête sera remis à la Commission des affaires judiciaires, voteront la mise en accusation du président d’ici au début des vacances parlementaires de Noël. A partir de là, nous avons plusieurs scénarios où s’entremêlent procédure, politique et stratégie électorale.

Destitution de Trump: l'ex-ambassadrice américaine en Ukraine témoigne

  Destitution de Trump: l'ex-ambassadrice américaine en Ukraine témoigne L’ancienne ambassadrice des États-Unis-en Ukraine, Marie Yovanovitch s’apprête à témoigner publiquement dans le procès de destitution du président Trump. Elle avait été brusquement relevée de ses fonctions au printemps et pourrait livrer des informations embarrassantes contre l’administration Trump. Marie Yovanovitch, spécialiste de l’Europe de l’Est et de l’Eurasie, avait 33 ans de carrière diplomatique derrière elle et une réputation de grande intégrité, lorsqu’elle a été limogée sans cérémonie par Donald Trump de son poste d’ambassadrice des États-Unis en Ukraine, en mai 2019.

Le rapport de forces au Sénat est tel (53 républicains, 45 démocrates et 2 indépendants) qu’on voit mal comment les élus pourraient condamner le président de leur propre camp à hauteur d’au moins les deux tiers des voix. Mais mettre en échec les démocrates n’est pas le seul but avoué de la hiérarchie du Parti républicain au Congrès. L’idée, en débat ouvert au Capitole, est de se servir de la deuxième phase pour prendre une revanche. C’est-à-dire non seulement d’empêcher le président d’être destitué mais d'en profiter pour affaiblir le camp démocrate en pleine campagne présidentielle.

D’où la question tactique : faut-il que ce procès soit expéditif pour que le feuilleton de la destitution soit définitivement derrière soi, ce qui permettra à Donald Trump de continuer à mener campagne pour sa réélection avec cet "irritant dépassé? Ou bien, au contraire, le faire traîner en longueur pour qu’il empiète sur les primaires démocrates qui commencent le 3 février dans l’Iowa? Dans la mesure où trois des six sénateurs démocrates qui sont candidats aux primaires en sont les favoris (Biden, Sanders et Warren), quel bénéfice pourrait-on tirer de les avoir tous les trois coincés à Washington pendant toute la durée d’un procès interminable auquel ils sont obligés de participer en tant que jurés?

Destitution: Trump riposte en direct à l’ex-ambassadrice américaine en Ukraine

  Destitution: Trump riposte en direct à l’ex-ambassadrice américaine en Ukraine Cette fois il regarde l’audition en direct. Donald Trump riposte en temps réel sur Twitter alors que l’ancienne ambassadrice américaine en Ukraine témoigne publiquement devant le Congrès. C’est la deuxième journée d’auditions publiques dans le cadre de la procédure de destitution entamée par les démocrates. L’intervention du président sur Twitter a aussitôt suscité la réaction indignée des démocrates. Avec notre correspondante à Washington, Anne CorpetIl faut dire que c’est assez stupéfiant.

Ce qui permettrait à leur rival prometteur, le jeune maire de South Bend dans l’Indiana, Pete Buttigieg, de faire campagne sans contradiction dans l’Iowa, le New Hampshire, le Nevada et la Caroline du Sud, autant d’Etats où chacun des favoris à de bonnes chances de l’emporter. Ce scénario peut paraître machiavélique et tiré par les cheveux mais il est aujourd’hui clairement débattu parmi les cadres républicains au Congrès.

Biden pourrait être éclaboussé

La revanche pourrait aussi venir du contenu des débats du procès. Le chef d’enquête démocrate à la Chambre, Adam Schiff, a refusé de convoquer Joe Biden ou son fils Hunter, ou même le lanceur d’alerte anonyme à l’origine du scandale. Mais dès lors que le dossier passe au Sénat, libre au "procureur" républicain disposant d’une majorité, de sommer tous les témoins qu’il jugera utiles pour évoquer la prétendue corruption dont seraient coupables les Biden. La corruption étant un concept suffisamment large et gris pour qu’on y glisse tous les sous-entendus possibles, il ne serait sans doute pas très difficile d’introduire le doute dans la tête des électeurs. Et si les Biden ne sont qu’éclaboussés de quelques gouttes, ce doute-là serait suffisant aux républicains pour que le candidat Joe Biden finisse par être qualifié par Donald Trump de "Dirty" ou "Crooked Joe" et non plus seulement de "Sleepy Joe".

Donald Trump invité à une audition au Congrès dans l'enquête pour impeachment

  Donald Trump invité à une audition au Congrès dans l'enquête pour impeachment Donald Trump et ses avocats sont invités à assister à une audition d'experts à la Chambre des représentants le 4 décembre dans le cadre de l'enquête visant à la mise en accusation du président américain. C'est une invitation particulière qu'a reçue Donald Trump mardi 26 novembre. La commission des Affaires judiciaires de la Chambre des représentants doit tenir sa première audition d'experts en droits le 4 décembre, dans le cadre de l'enquêteC'est une invitation particulière qu'a reçue Donald Trump mardi 26 novembre.

Mais il reste tout de même deux inconnues : la première est sur le mode de scrutin du verdict des élus. La tradition (si l’on peut parler de tradition avec trois précédents seulement dans l’Histoire américaine) veut que le vote soit nominatif. Autrement dit Donald Trump aura les noms de ceux et celles qui ont voté pour le condamner ou pour l’acquitter. Mettons-nous deux secondes à la place d’un sénateur républicain qui souhaite condamner Trump.

Osera-t-il le faire à visage découvert avec le risque de faire l’objet de représailles de la part du clan présidentiel ou de ses électeurs trumpistes? D’où l’idée de certains élus de proposer un vote à bulletins secrets qui permettrait à chacun de voter selon sa conscience ou ses intérêts sans s’exposer aux foudres de l’accusé, surtout s’il finissait par être vraiment condamné. Il se dit au Sénat que si le bulletin secret était adopté dans la procédure, au moins trois sénateurs républicains pourraient voter avec les démocrates. Ce serait encore bien insuffisant pour atteindre les deux tiers mais pourrait donner des idées à d’autres.

Plusieurs républicains pourraient basculer

La deuxième inconnue réside justement sur le nombre de sénateurs républicains qui seraient prêts à voter la destitution. Pour atteindre les deux tiers, il faudrait qu'au moins 20 d’entre eux basculent. C’est beaucoup. Mais il y a des fragilités. Trois sénateurs ont, par exemple, refusé de voter une motion condamnant la procédure d’enquête pour destitution lancée à la Chambre : l’ancien candidat à la présidentielle Mitt Romney (Utah), mais aussi Susan Collins (Maine) et Lisa Murkowski (Alaska).

En graciant les dindes de Thanksgiving, Trump plaisante sur sa possible destitution

  En graciant les dindes de Thanksgiving, Trump plaisante sur sa possible destitution En graciant les dindes de Thanksgiving, Trump plaisante sur sa possible destitutionEn graciant Bread et Butter – charmants patronymes de ces deux volailles – le président s’est d’abord moqué de l’élu démocrate qui supervise cette enquête contre lui : « Heureusement, Bread et Butter ont été élevées pour rester calmes en toutes circonstances, ce qui sera très important puisqu’elles ont déjà reçu des injonctions à comparaître dans le sous-sol d’Adam Schiff ».

S’ajoutent à ces trois-là, cinq sénateurs qui prendront de toute façon leur retraite l’année prochaine et qui n’ont donc plus rien à perdre : parmi eux, Richard Burr (Caroline du Nord), patron de la Commission du Renseignement au Sénat et très remonté contre la politique étrangère (notamment vis-à-vis de la Russie) du président ; Lamar Alexander (Tennessee), Johnny Isakson (Géorgie) ou Pat Roberts (Kansas). Restent enfin quelques sénateurs en posture délicate pour leur réélection en novembre prochain, singulièrement Cory Gardner (Colorado) car son Etat a été remporté par Hillary Clinton en 2016.

Mais nos confrères américains signalent également Thom Tillis (Caroline du Nord), Martha McSally (Arizona) ou David Perdue (Géorgie), le cousin du ministre de l’Agriculture de Donald Trump. Total? 11. Ce qui, ajouté aux 45 démocrates (en admettant qu’ils votent à 100% pour la destitution) fait 56. On est encore loin du compte pour parvenir à 67, c’est-à-dire aux deux tiers.

Est-ce que cet échec à obtenir une condamnation ternirait la campagne démocrate? Leurs chefs pensent au contraire que le moindre sénateur républicain condamnant Donald Trump serait une victoire en soi, compte tenu de l’extrême polarisation dans laquelle le pays est plongé. Et qui sait ce qui peut se passer d’ici février?

Après avoir suivi la campagne présidentielle 2016 avec Bureau Ovale saison 3, ce nouveau blog de François Clemenceau a pour objectif d’analyser tous les aspects de la présidence Trump : politique, économique, diplomatique, ce qui sous-entend naturellement le débat et les actions de l’opposition démocrate.

Destitution: Trump invité à participer à une audition le 4 décembre

  Destitution: Trump invité à participer à une audition le 4 décembre La Chambre des représentants a invité mardi le président américain à participer à une audition le 4 décembre prochain dans le cadre de l’enquête en destitution. Pour le moment, il n’a pas donné sa réponse. « Je vous écris pour savoir si vous ou vos avocats comptez assister à l’audition, ou souhaitez interroger les témoins. » Voilà ce qu’a demandé Jerry Nadler, l’élu démocrate qui préside la commission judiciaire de la Chambre des représentants, dans un courrier adressé au président.


AUSSI SUR MSN : Un ambassadeur proche de Trump assure avoir suivi ses "ordres" dans le dossier ukrainien

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Gordon Sondland, témoin-clé dans l’enquête sur Trump, accusé d’attouchements sexuels .
L’ambassadeur américain auprès de l’Union européenne est accusé par trois femmes. « Ces fausses allégations sur des attouchements et des baisers contraints sont fabriquées et coordonnées pour des motivations politiques », a réagi le diplomate cité dans l’enquête publiée simultanément par le site Propublica et le magazine régional « Portland Monthly ».

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