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Monde Mali : " Le statu quo risque de durer longtemps face à un ennemi invisible et cruel"

12:10  30 novembre  2019
12:10  30 novembre  2019 Source:   francetvinfo.fr

Militaires tués au Mali : portrait des 13 soldats français tués dans un accident d’hélicoptères

  Militaires tués au Mali : portrait des 13 soldats français tués dans un accident d’hélicoptères Ils sont décédés au Mali lundi soir dans la collision de deux hélicoptères de l’armée. Voici ce que l’on sait de ces « héros », selon les mots d’Emmanuel Macron. © Armée de Terre Le Parisien Ces militaires servaient pour la plupart au sein de régiments basés à Pau ou Gap. Treize soldats sont morts dans la soirée de lundi dans un accident d’hélicoptères au Mali, où ils participaient à l’opération Barkhane.Ces six officiers, six sous-officiers et un caporal-chef ont péri « pour la France dans le dur combat contre le terrorisme au Sahel », a salué Emmanuel Macron. Voici leurs portraits.

Au-delà de l’émotion suscitée en Afrique et en France par la mort de 13 soldats français de l’opération Barkhane, tués au Mali , nombreux sont ceux qui se demandent si le temps n’est pas venu de négocier avec tous les groupes armés. Le ministre malien des Affaires étrangères, Tiébilé Dramé, est de ceux

Mali : les villes de Koro et Bankass prises dans la tenaille jihadiste. Dans le centre du Mali et plus précisément à l’est, les affrontements entre groupes jihadistes et chasseurs traditionnels dogons continuent.

Comment rétablir la sécurité dans un pays secoué par les violences jihadistes et intercommunautaires, alors qu’une partie du territoire échappe totalement à l’autorité du pouvoir central depuis bientôt sept ans.

  Mali : © Fournis par Franceinfo

Au-delà de l’émotion suscitée en Afrique et en France par la mort de 13 soldats français de l’opération Barkhane, tués au Mali, nombreux sont ceux qui se demandent si le temps n’est pas venu de négocier avec tous les groupes armés. Le ministre malien des Affaires étrangères, Tiébilé Dramé, est de ceux qui estiment que la stratégie militaire a montré ses limites. Depuis 2016, l’ancien opposant malien constate que l’armée de son pays s’est effondrée. Elle a besoin de répit pour se reconstruire, plaide-t-il. Même son collègue de la défense, Ibrahima Dahirou Dembélé, ne s’en cache pas face à ses compatriotes députés qui s’inquiètent de l’état de santé de l’institution.

A Paris, des centaines de personnes rendent hommage aux militaires tués au Mali

  A Paris, des centaines de personnes rendent hommage aux militaires tués au Mali Les dépouilles des treize soldats français ont traversé ce lundi le pont Alexandre III avant de rejoindre les Invalides pour une cérémonie officielle. La guerre est entrée dans Paris sous la forme de treize corbillards traversant au pas le pont Alexandre III. Ce lundi matin, ils amènent aux Invalides les dépouilles des militaires français morts il y a une semaine au Mali, lors du double accident d’hélicoptères intervenu alors qu’ils participaient à des combats dans le cadre de l’opération Barkhane. Avec ce convoi funéraire, c’est l’engagement des armées françaises à des milliers de kilomètres qui devient soudainement visible dans la capitale.

Vous avez raison d'avoir peur. Moi-même, j'ai peur quand je vois mon armée

I. Dahirou Dembélé, ministre malien de la défense

à l'AFP

Même les voisins du Mali, eux-mêmes confrontés au péril jihadiste s’interrogent. C’est le cas du président nigérien Mahamadou Issoufou qui s’inquiète du statut de Kidal, région sous contrôle rebelle qu’il présente comme "une menace pour la stabilité du Sahel". Le président Issoufou se plaint que des groupes armés maliens signataires de l’accord d’Alger de 2015 aient une position ambiguë vis-à-vis des jihadistes, faisant peser le soupçon d’alliances locales et opportunistes entre séparatistes touareg et jihadistes.

Négocier avec qui et avec quel ordre du jour ?

Malgré la présence de bases françaises et des forces onusiennes, Kidal fait toujours partie de ces vastes zones du Mali qui échappent de facto à l’autorité de l’Etat malien. Cette grande région du nord du pays reste sous le contrôle d’ex-rebelles séparatistes touareg qui se sont soulevés contre le pouvoir central en 2012, avant de signer un accord de paix à Alger. Accord qui n’a jamais été appliqué.

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  Attention, le « Quid pro quo » dont parle Trump n’a rien à voir avec le « quiproquo » des vaudevilles La locution latine s’est imposée dans l’enquête en destitution de Donald Trump. Mais attention à ne pas faire de quiproquoMercredi encore, la locution - qu’on peut traduire par « donnant-donnant » en Français - était au coeur de l’audition de l’ambassadeur américain auprès de l’Union européenne Gordon Sondland. Ce proche du président américain a déclaré devant les parlementaires qu’il y avait bien eu « quid pro quo » dans l’affaire ukrainienne. Mais attention, elle n’a rien à voir avec notre « quiproquo », celui popularisé notamment par les vaudevilles.

Bon connaisseur de la région, l’ancien diplomate mauritanien, Ahmedou Ould-Abdallah, constate que le Sahel fait face aujourd’hui à un ennemi invisible et cruel qui se radicalise. Il reste très sceptique quant à l’éventualité de négociations avec les groupes armés qui se sont multipliés.

Le problème est de savoir avec qui négocier, comment, quand, où et avec quel ordre du jour

Ahmedou Ould-Abdallah, ancien chef de la diplomatie mauritanienne

à franceinfo Afrique

Et dès qu’on parle du Mali, le problème devient complexe, observe-t-il. "Le cas du Mali est plus compliqué que dans les autres pays de la région. Il y a d’un côté une revendication identitaire dans les régions du nord à dominante touarègue, et de l’autre, des groupes jihadistes. L’aspect irrédentiste devient difficile à gérer dans le nord, quand on y ajoute l’aspect religieux dans une région où se sont installés des groupes jihadistes venus d’ailleurs", explique-t-il à franceinfo Afrique

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  Place aux femmes photographes aux Rencontres de Bamako 2019 « Elles osent parler de leur intérieur. » Les Rencontres de Bamako fêtent les 25 ans d’existence de cette Biennale africaine de la photographie avec une large place donnée au genre féminin. La moitié des 85 photographes invités de tout le continent et de la diaspora sont des femmes. Le plus grand événement dans ce domaine en Afrique ouvre ses portes samedi 30 novembre dans la capitale du Mali. Streams of Consciousness, Les courants de conscience, est le titre donné à cette douzième édition qui ambitionne de renouveler ce rendez-vous majeur pour les artistes africains et de la diaspora.

"Ils sont considérés comme des traîtres"

Ahmedou Ould-Abdallah rappelle que le président malien, Ibrahim Boubacar Keita, est opposé à une quelconque négociation avec ceux qui ont choisi de verser le sang de ses compatriotes. "Ceux qui parlent de négociations au Mali sont souvent considérés comme des traîtres ou des faiblards", constate-t-il.

Dans ses mémoires, Plutôt mourir que faillir, publiées aux éditions Descartes et Compagnies, Ahmedou Ould-Abdallah explique que l’enjeu du problème dépasse largement le cadre du Mali. Il estime que si négociations il y a, il faudra que tous les pays du G5-Sahel y prennent part. Parce qu’il faut un consensus de tous les Etats, à savoir le Mali, le Burkina Faso, la Mauritanie, le Niger et le Tchad. Et probablement celui d’autres pays voisins.

"Ce qui complique la donne dans le Sahel, c’est qu’aucune partie n’a encore senti et exprimé le besoin de négocier. Je pense que les pays les plus exposés à la menace, le Burkina, le Mali et le Niger, comme les autres pays du bassin du Lac Tchad, ne sont pas prêts à s’engager dans un tel processus. Pour le moment, je vois difficilement l’amorce d’une négociation. Les conditions ne semblent pas du tout remplies, ni sur le plan politique, ni sur le plan militaire", explique-t-il à franceinfo Afrique.

Dans le camp des groupes jihadistes, le problème se pose exactement de la même façon. Ces mouvements disparates ne disposent d’aucune coordination pour piloter un tel processus, observe Ahmedou Ould-Abdallah. Faute d’un accord entre les différents groupes armés, le statut quo pourrait durer encore longtemps, au Mali comme dans l’ensemble du Sahel, conclut-il.

Le Mali et le Burkina expriment leur solidarité avec la France .
Alors que le pape François vient de passer quatre jours au Japon, nous sommes partis à la rencontre des rares chrétiens dans le pays. Ils sont environ 400 000 au Japon, soit moins de 0,5% de la population. Pendant plusieurs siècles, la religion chrétienne a été interdite dans le pays et les croyants, des "chrétiens cachés", contraints à la clandestinité. Reportage à Nagasaki de Louis Belin, Constantin Simon et Aruna Popuri.

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