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Monde Zahra, 19 ans, martyre de la contestation en Irak

16:15  08 décembre  2019
16:15  08 décembre  2019 Source:   liberation.fr

Contestation en Irak : "Les jeunes, les intellectuels et l'opposition" à l'œuvre

  Contestation en Irak : Un mouvement de contestation inédit secoue l'Irak depuis près de deux mois. Mais qui sont ces manifestants qui veulent faire bouger les lignes dans ce pays corrompu ? Quelles sont leur motivations ? Et leurs chances d'aboutir ? Le sociologue Adel Bakawan décrypte cette crise. Depuis le 1er octobre, l'Irak est secoué par une vague inédite de manifestations. Les manifestants décrient un système politique à bout de souffle et corrompu. Alors que le pays est l'un des plus riches en pétrole du monde, un habitant sur cinq vit sous le seuil de pauvreté et 410 milliards d'euros ont été détournés ces 16 dernières années, soit deux fois le PIB.

Ce fut l'une des attaques les plus meurtrières de la contestation en Irak . Certains protestataires l'appellent déjà « le massacre de Sinak ». Vendredi 7 décembre, en début de soirée, des dizaines d'hommes armés et masqués ont débarqué aux abords de la place Tahrir, à Bagdad

aux milliers d'Irakiens campant sur la place Tahrir, épicentre de la contestation , a affirmé à l'AFP avoir retrouvé le corps torturé de sa fille Zahra Ali, 19 ans , quelques heures après son enlèvement. Le 1er octobre a éclaté le premier mouvement de contestation spontané d' Irak depuis des décennies.

Capture d'écran. Capture d'écran.

La jeune fille, qui soutenait les opposants au régime qui manifestent place Tahrir, a été retrouvée sauvagement assassinée. Son père s'est confié à «Libération».

Depuis une semaine, son visage de poupée maquillé en chaton, avec de grands yeux vert d’eau, s’affiche en photo de profil d’un nombre croissant de jeunes contestataires irakiens, sur les réseaux sociaux. Zahra Ali Salman, 19 ans, enlevée le 2 décembre par des inconnus à Bagdad, a été retrouvée le lendemain sauvagement assassinée. La jeune étudiante de langue arabe à la faculté des lettres de Bagdad s’occupait, avec son père, de préparer des plats cuisinés pour les porter tous les jours aux manifestants qui occupent depuis le 25 octobre la place Tahrir, épicentre de la contestation dans la capitale irakienne.

Contestation en Irak : "Les jeunes, les intellectuels et l'opposition" à l'œuvre

  Contestation en Irak : Un mouvement de contestation inédit secoue l'Irak depuis près de deux mois. Mais qui sont ces manifestants qui veulent faire bouger les lignes dans ce pays corrompu ? Quelles sont leur motivations ? Et leurs chances d'aboutir ? Le sociologue Adel Bakawan décrypte cette crise. 

aux milliers d'Irakiens campant sur la place Tahrir, épicentre de la contestation , a affirmé à l'AFP avoir retrouvé le corps torturé de sa fille Zahra Ali, 19 ans , quelques heures après son enlèvement. Le 1er octobre a éclaté le premier mouvement de contestation spontané d' Irak depuis des décennies.

- Sous les yeux de sa mère -. Jeudi, le père de Zahra Ali, manifestante de 19 ans , a dit à l'AFP avoir retrouvé le corps Malgré cette menace, les Irakiens sont de nouveau par milliers dans la rue vendredi dans le sud de l ' Irak , tribal et pétrolier. Depuis le 1er octobre, l' Irak vit au rythme des violences et de

«Nous allions ensemble apporter cette aide aux jeunes sur la place. C’était une contribution, sur nos deniers personnels, pour soutenir la révolte», raconte à Libération Ali Salman, le père éploré. C’est lui qui a retrouvé le corps sans vie de sa fille, dix heures après sa disparition à quelques pas de la maison familiale, dans le quartier populaire d’Al-Amana à Bagdad. Zahra, l’aînée de ses trois filles, était sortie dans la matinée pour faire des courses. «Elle devait acheter des petits pois pour le plat du jour qu’on avait prévu», raconte le père. Boucher, il se procurait la viande à prix raisonnable.

«Milices sectaires»

Le corps de Zahra a été jeté non loin de la maison familiale, atrocement défiguré. «A l’hôpital où on l’a transportée, le médecin légiste a établi qu’elle avait subi des décharges électriques et reçu des coups avec des objets métalliques qui lui ont brisé les os», poursuit Ali Salman. Terrorisé, le pauvre homme tient à préciser que ni lui ni personne de sa famille n’avait une appartenance politique. Faisant valoir son souci de discrétion, il explique que «Zahra se dissimulait quand elle se rendait sur la place et on évitait de se faire photographier ou filmer. Je ne lui avais pas permis d’ouvrir une page Facebook et elle était obéissante».

Irak: une tuerie fait au moins 17 morts dans le centre de Bagdad

  Irak: une tuerie fait au moins 17 morts dans le centre de Bagdad L'Irak, où la contestation se poursuit depuis deux mois, est à nouveau touché par une vague de violences extrêmes. Des hommes armés ont attaqué les manifestants dans le centre-ville de Bagdad, faisant au moins 17 morts. Avec notre correspondante à Bagdad, Lucile Wassermann Ce fut l’une des attaques les plus meurtrières depuis le début de la contestation. En début de soirée ce vendredi soir à Bagdad, des dizaines d'hommes armés, dont l'identitéAvec notre correspondante à Bagdad, Lucile Wassermann

aux milliers d'Irakiens campant sur la place Tahrir, épicentre de la contestation , a affirmé à l'AFP avoir retrouvé le corps torturé de sa fille Zahra Ali, 19 ans , quelques heures après son enlèvement. Le 1er octobre a éclaté le premier mouvement de contestation spontané d' Irak depuis des décennies.

La campagne d'intimidation s'est intensifiée jeudi en Irak avec le déferlement de milliers de épicentre de la contestation , a affirmé à l'AFP avoir retrouvé le corps torturé de sa fille Zahra Ali, 19 ans Outre les centaines de morts dans la contestation , des dizaines de manifestants ont été enlevés

Il préfère aujourd’hui accuser une mystérieuse «tierce partie» de l’enlèvement et de l’assassinat de sa fille, précisant qu’il n’avait reçu aucune menace avant «l’acte barbare», comme l’a qualifié le Comité organisateur des manifestations de la révolution. Dans un communiqué, celui-ci a accusé les «milices sectaires» du meurtre de la jeune fille, faisant porter la responsabilité au gouvernement et aux services de sécurité du pays, qui soutiennent ces milices.

Zahra Ali Salman est l’une des premières femmes tuées depuis le début de la contestation qui a fait plus 430 morts depuis début octobre en Irak. Deux jours avant sa mort, une jeune secouriste était tombée sous les tirs des forces de l’ordre à Nasiryah, dans le sud du pays. La participation inédite des femmes irakiennes au mouvement de protestation est un sujet de fierté pour les manifestants et d’irritation pour les partis politiques et les milices communautaires proches du pouvoir. «Beaucoup de filles vont à Tahrir à l’insu de leurs parents», indique Dhikra Sansal, directrice adjointe de l’ONG Burj Babel for Media Development.

En Irak, l'une des figures de la contestation à Kerbala assassinée

  En Irak, l'une des figures de la contestation à Kerbala assassinée Fahem al-Taï a été tué dimanche soir à Kerbala alors qu'il rentrait chez lui à moto. Son nom s'ajoute à une longue liste de militants retrouvés morts dans des conditions obscures depuis le début du mouvement de contestation en Irak, le 1er octobre. Un militant irakien actif au sein des manifestations contre le pouvoir (et son parrain iranien) a été assassiné, dimanche 8 décembre dans la soirée, devant son domicile dans la ville sainte chiite de Kerbala, a rapporté à l'AFP l'un de ses voisins.Des images de vidéosurveillance visionnées par l'AFP montrent Fahem al-Taï, père de famille de 53 ans, rentrant chez lui en soirée avec deux amis sur une moto.

La campagne d’intimidation s’est intensifiée jeudi en Irak avec le déferlement de milliers de partisans de paramilitaires distribuait à manger aux milliers d’Irakiens campant sur la place Tahrir, épicentre de la contestation , a affirmé à l’AFP avoir retrouvé le corps torturé de sa fille Zahra Ali, 19 ans

Jeudi, le père de Zahra Ali, manifestante de 19 ans , a dit à l'AFP avoir retrouvé le corps sans vie et torturé de sa fille, qui distribuait des repas sur Malgré cette menace, les Irakiens sont de nouveau par milliers dans la rue vendredi dans le sud de l ' Irak , tribal et pétrolier. Depuis le 1er octobre, l' Irak vit au

«Les enlèvements de jeunes femmes constituent un sujet très sensible dans la société irakienne conservatrice», ajoute la militante en évoquant l’exemple de Saba Mahdawi. Médecin secouriste de 35 ans, elle a été la première femme enlevée place Tahrir le 2 novembre et sa disparition avait fait grand bruit. Son portrait avait été affiché tout autour de la place avec la question «Où est Saba ?» qui se pose à chaque disparition. L’indignation sur son sort avait dépassé des frontières de l’Irak et Amnesty International s’était inquiété de son enlèvement. Elle avait finalement été libérée dix jours plus tard, saine et sauve.

«Fier d’elle !»

Une autre jeune militante, Mari Mohamd, qui avait posté une vidéo sur les réseaux sociaux annonçant ironiquement qu’elle finançait elle-même la contestation, en réponse aux accusations de complot de l’étranger diffusées contre elle par les autorités irakiennes, a quant à elle disparu pendant plus d’une semaine mi–novembre. Une fois libérée, elle a déclaré aux médias qu’elle renonçait à toute participation au mouvement. «C’est précisément le but recherché par le pouvoir, signale Dhikra Sansal. Ces enlèvements et arrestations de femmes visent à décourager toutes les autres de participer à la contestation.» Le sort tragique subi par Zahra Ali Salman constitue assurément une dissuasion pour bien d’autres jeunes filles.

Les jeunes contestataires de la place Tahrir, nourris par la famille d’Ali Salman, entourent le père de leur solidarité et leur douleur depuis la mort de son aînée. «Ils m’ont rendu fier d’elle ! dit-il pour se consoler. Elle s’est sacrifiée pour l’Irak. Notre pays chéri pour lequel nous voulons vivre et sommes prêts à mourir.»

Irak: plusieurs assassinats de militants de la contestation non élucidés .
C'est la première rencontre entre les présidents ukrainien, Volodymyr Zelensky, et russe, Vladimir Poutine. Une rencontre dans le cadre du sommet de Normandie est organisée lundi 9 décembre à Paris. Le but : relancer le processus pour la paix dans l'est de l'Ukraine, dans la région du Donbass, partiellement occupée depuis 2014 par des forces armées soutenues par la Russie. C'est un président ukrainien fragilisé qui aborde ce sommet, alors que le soutien de son allié Donald Trump est menacé par une procedure de destitution à son égard.

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C'est intéressant!