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Monde Vote sous haute tension en Algérie pour l’élection présidentielle

20:10  12 décembre  2019
20:10  12 décembre  2019 Source:   nouvelobs.com

Algérie : marée humaine dans les rues d’Alger contre le « système » au pouvoir

  Algérie : marée humaine dans les rues d’Alger contre le « système » au pouvoir Les manifestants sont mobilisés contre l’élection présidentielle du 12 décembre. > Voir les images :

  Vote sous haute tension en Algérie pour l’élection présidentielle © Copyright 2019, L'Obs

Journée de vote sous très haute tension en Algérie. Après presque dix mois d’une contestation populaire inédite ayant emporté le président Abdelaziz Bouteflika, les Algériens votent ce jeudi 12 décembre lors d’un scrutin marqué par une nouvelle manifestation de masse à Alger et de sérieux troubles en Kabylie.

Dans l’après-midi, des dizaines de milliers de personnes sont rassemblées dans le centre d’Alger pour dénoncer l’élection en cours, qu’ils voient comme une manœuvre de survie du régime, ont constaté des journalistes de l’AFP. Toute la matinée, la police anti-émeute, déployée en force au cœur de la capitale, était rapidement et brutalement intervenue pour tenter d’empêcher tout rassemblement.

Présidentielle algérienne: Vote sous tension dans plusieurs villes françaises

  Présidentielle algérienne: Vote sous tension dans plusieurs villes françaises Des manifestations ont eu lieu devant les consulats de plusieurs villes françaises, dont Bobigny et Saint-Etienne © RYAD KRAMDI / AFP Illustration: Des drapeaux algériens pendant une manifestations à Alger, le 6 décembre 2019.

Mais les manifestants sont finalement parvenus à faire nombre et ont réussi à briser un cordon de police qui leur barrait l’accès au carrefour de la Grande Poste, lieu symbolique de rassemblement du « hirak », le « mouvement » de contestation inédit qui ébranle l’Algérie depuis février. « Le peuple veut son indépendance ! », a scandé la foule.

Le vote a par ailleurs dû être brièvement suspendu dans un centre électoral proche après l’intrusion de manifestants. Il a rouvert après l’évacuation de ces protestataires.

Algérie: nouvelles manifestations étudiantes pour dire «non» à la présidentielle

  Algérie: nouvelles manifestations étudiantes pour dire «non» à la présidentielle En Algérie, alors que l’élection présidentielle doit avoir lieu le 12 décembre et que l’opération de vote pour les populations nomades débute dans les régions du sud du pays le 10, de nouvelles manifestations étudiantes ont eu lieu dans plusieurs régions pour exprimer leur refus du scrutin. Des organisations étudiantes avaient appelé à un rassemblement ce 9 décembre. À Alger, Constantine, Béjaïa ou Mostaganem, des centaines de jeunes ont tenté de défiler pour dire qu’ils rejetaient l’élection présidentielle. Dans la capitale, le cortège s’est retrouvé face à un autre, composé de personnes favorables au scrutin.

Selon le président de l’Autorité nationale indépendante des élections (Anie) Mohamed Charfi, le taux de participation – enjeu majeur du scrutin – a atteint 7,92 % à 11 heures (10 heures GMT). Un chiffre « globalement respectable » selon lui, mais inférieur à celui enregistré à 10 heures (9,15 %) lors de la présidentielle de 2014. Cette année-là, 50,7 % des votants s’étaient déplacés. A 15 heures, le taux de participation était de 20,43 % selon l’Anie, un chiffre inférieur au scrutin de 2014 à 14 heures.

« Le peuple algérien veut passer de l’indépendance postcoloniale à l’indépendance post-dictatoriale »

La plupart des observateurs s’attendent à une forte abstention, le « hirak » ayant appelé au boycott, alors que le pouvoir répète depuis plusieurs semaines que la participation sera « massive ». Faute de sondage, impossible d’évaluer combien des 24 millions d’électeurs prévoient d’aller voter.

Algérie: les rassemblements se poursuivent avant la présidentielle

  Algérie: les rassemblements se poursuivent avant la présidentielle À deux jours de l’élection présidentielle, la contestation ne faiblit pas et la situation semble se tendre. Mardi 10 décembre, des manifestations ont eu lieu dans différentes villes du pays, mais les forces de l’ordre ont tenté de les empêcher. Des arrestations ont eu lieu. Dans la capitale, la mobilisation hebdomadaire du mardi était en hausse, malgré un déploiement de forces de l’ordre inédit. Dans le cortège, les manifestants, des étudiants mais pas seulement, scandaient qu’ils ne voteraient pas et qu’ils souhaitaient un état civil pas militaire.Il y a eu des manifestations dans 19 régions.

Mohamed Charfi s’est aussi félicité du « bon déroulement » de l’élection dans « 95 % des centres de vote », qui ont ouvert à 8 heures (7 heures GMT) et doivent fermer à 19 heures (18 heures GMT). Mais aucun chiffre ne devrait être disponible immédiatement.

Le vote est en très perturbé, voire à l’arrêt, dans plusieurs localités de la région frondeuse de Kabylie, où un centre électoral a notamment été saccagé à Bejaïa (80 km au sud-est d’Alger).

A Tizi-Ouzou et Bouira (90 km à l’est et 80 km au sud-est d’Alger), deux autres villes de cette région berbérophone, des heurts ont éclaté et toutes les opérations de vote sont interrompues, selon plusieurs sources.

Les gendarmes ont lancé des grenades lacrymogènes pour empêcher des manifestants d’entrer dans la wilaya (préfecture) de Tizi-Ouzou, et une antenne locale de l’Anie a été incendiée à Bouira.

[Direct] Présidentielle en Algérie: cinq candidats pour une élection contestée

  [Direct] Présidentielle en Algérie: cinq candidats pour une élection contestée Après quasiment dix mois de manifestations massives, 24 millions d'électeurs algériens sont appelés aux urnes pour trouver un successeur à l’ex-président démissionnaire Abdelaziz Bouteflika. Un scrutin massivement rejeté par une bonne partie de la population. Article régulièrement mis à jour. Les heures sont données en Temps universel (TU). 08h00 : Dans le centre-ville d’Alger, la situation est plutôt calme selon notre correspondante Leila Beratto.

« Mascarade électorale »

Dans les bureaux de vote d’Alger, la situation semblait contrastée : à Bab el-Oued, une centaine d’électeurs, dont de nombreux jeunes, se sont pressés dès l’ouverture et contre toute attente au principal centre de vote de ce quartier populaire, a constaté une journaliste de l’AFP.

Mais l’affluence était faible dans plusieurs autres bureaux de la capitale, selon des journalistes de l’AFP. Beaucoup d’électeurs refusent de donner leur nom à la presse par peur de se faire insulter sur les réseaux sociaux. La télévision nationale montre, elle, des files d’électeurs dans plusieurs régions. Certains internautes s’en amusent et se demandent « combien ils ont été payés ».

Algérie : « Le pouvoir fait croire que le pays est en danger »

Le « hirak », mouvement antirégime né le 22 février et ayant obtenu la démission en avril d’Abdelaziz Bouteflika, reste farouchement opposé à ce scrutin que le pouvoir, aux mains de l’armée, a voulu organiser coûte que coûte. Il dénonce une « mascarade électorale », exige la fin du « système » aux manettes depuis l’indépendance en 1962, et le départ de tous ceux qui ont soutenu ou pris part aux vingt ans de présidence d’Abdelaziz Bouteflika.

Or, les cinq candidats (Abdelaziz Belaïd, Ali Benflis, Abdelkader Bengrina, Azzedine Mihoubi et Abdelmajid Tebboune) sont tous considérés par la contestation comme des enfants de ce « système », et accusés de lui servir de caution.

Mercredi, des personnalités proches du « hirak » ont averti du contexte de « vives tensions » dans lequel se déroule le scrutin, considérant le pouvoir « responsable de tout dérapage éventuel dans les jours à venir ». Elles ont aussi exhorté les contestataires à « demeurer pacifiques » en refusant de « répondre aux provocations » et en veillant à « ne pas empêcher l’exercice par d’autres citoyens de leur droit à s’exprimer librement ».

En Algérie, « une campagne d’arrestations qui vise à effrayer »

Pilier du régime, historiquement habitué aux coulisses, le haut commandement de l’armée assume ouvertement le pouvoir en la personne de son chef d’état-major, le général Ahmed Gaïd Salah, depuis la démission d’Abdelaziz Bouteflika. Après une première tentative d’élection avortée en juillet, il s’obstine à vouloir rapidement faire élire son successeur pour sortir de l’actuelle crise politico-institutionnelle, qui a aggravé la situation économique.

Algérie : le nouveau président Abdelmadjid Tebboune prête serment .
Le président algérien, Abdelmadjid Tebboune, élu à 58,13% des voix au 1er tour de la présidentielle le 12 décembre, prend ses fonctions ce jeudi pour un mandat de cinq ans. Il prête serment lors d'une cérémonie publique à Alger. Abdelmadjid Tebboune, 74 ans, entre en fonction, jeudi 19 décembre. Elu à 58,13 % des voix au premier tour du scrutin, selon les résultats définitifs proclamés lundi lors d'une élection présidentielle fortement contestée, il prête serment à Alger.La Constitution prévoit que "le président de la République prête serment devant le Peuple et en présence de toutes les hautes instances de la Nation, dans la semaine qui suit son élection".

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