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Monde Le pipeline Nord Stream 2 compromis par les sanctions américaines

22:15  12 décembre  2019
22:15  12 décembre  2019 Source:   liberation.fr

Taxe sur les Gafa : Bruno Le Maire déplore des menaces américaines "inacceptables"

  Taxe sur les Gafa : Bruno Le Maire déplore des menaces américaines "Ce n'est pas le comportement que l'on attend des Etats-Unis vis-à-vis de l'un de ses principaux alliés", a estimé le ministre de l'Economie sur Radio Classique.Bruno Le Maire hausse le ton. Le ministre français des Finances a qualifié "d'inacceptables" les menaces de sanctions américaines contre la taxe française sur le numérique. "Le simple projet, qui pourrait s'appliquer d'ici 30 jours, de nouvelles sanctions contre la France, c'est inacceptable", a affirmé Bruno Le Maire sur Radio Classique, mardi 3 décembre.

Les tubes destinés à la construction du gazoduc Nord Stream 2 sont chargés ce jeudi sur un navire dans le port de Mukran sur l'île de Ruegen, au nord-est de l'Allemagne, en mer Baltique. © STEFAN SAUER Les tubes destinés à la construction du gazoduc Nord Stream 2 sont chargés ce jeudi sur un navire dans le port de Mukran sur l'île de Ruegen, au nord-est de l'Allemagne, en mer Baltique.

La construction du controversé pipeline destiné à approvisionner en gaz russe l'Europe via la mer Baltique est quasiment terminée, mais les obstacles s'accumulent.

A trois mois de la fin des travaux, Nord Stream 2 est-il définitivement compromis ? Surnommé «le pipeline de Poutine», ce gazoduc, qui doit approvisionner l’Allemagne en gaz russe via la mer Baltique, est de nouveau l’objet de vives tensions géopolitiques. Jeudi, les Etats-Unis ont fini par mettre leurs menaces à exécution : la Chambre des représentants a voté des sanctions à l’encontre des entreprises ayant participé à sa construction.

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Selon le projet de loi, le département d’Etat américain doit communiquer dans les soixante jours les noms des entreprises et des personnes ayant participé au projet, avec sanctions à la clé. «Tout peut ensuite aller assez vite, prédit Thomas O’Donnell, expert en géopolitique et en énergie et professeur à l’Université libre de Berlin. Le Sénat va approuver le projet de loi, ensuite ce sera Trump. Or l’une des sociétés visées par ces sanctions est l’entreprise suisse Allseas, qui a plus intérêt à coopérer avec les Américains qu’avec les Russes. Le projet risque tout simplement d’être arrêté et les travaux laissés en l’état.»

Avant le vote des sanctions, les Etats-Unis avaient multiplié les alertes. Washington affirme, comme l’a formulé Donald Trump lors du sommet de l’Otan en juillet 2018, que ce gazoduc rendra l’Europe dépendante de la Russie d’un point de vue énergétique – le président américain avait ajouté craindre que l’Allemagne ne soit «complètement contrôlée par la Russie».

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En janvier, l’ambassadeur des Etats-Unis à Berlin, Richard Grenell, évoquait des «risques de sanctions». En novembre, c’était au secrétaire d’Etat américain Mike Pompeo d’affirmer que l’approvisionnement énergétique de l’Europe dépendrait alors «des caprices du président russe». En somme, comme le résume le Spiegel, l’Allemagne se retrouve dans une «nouvelle guerre froide».

«Chantage politique»

Le projet, associant Gazprom à plusieurs entreprises européennes – Shell, OMV en Autriche, Wintershall et Uniper en Allemagne, Engie en France –, prévoit d’acheminer 55 milliards de mètres cubes de gaz russe par an vers l’Europe. C’est plus du double de ce qu’achemine déjà Nord Stream 1, inauguré en 2011. Cette nouvelle «route du gaz» est contestée par plusieurs pays, dont l’Ukraine, qui se retrouverait lésée de substantiels droits de transit. Les Polonais s’y opposent également, Varsovie considérant le gazoduc comme un moyen de «chantage politique» de la part de Moscou.

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Jeudi, Berlin, qui s’obstinait à occulter la portée politique de la controverse en la réduisant à sa dimension économique, a fini par hausser le ton. «La politique énergétique européenne est décidée en Europe et non aux Etats-Unis. Nous rejetons par principe les interventions et les sanctions extérieures ayant des effets extraterritoriaux», a répondu le ministre allemand des Affaires étrangères, Heiko Maas (SPD).

Outre-Rhin, le sujet est loin de faire consensus. La CDU d’Angela Merkel y est largement défavorable, d’autant qu’on retrouve l’ex-chancelier Schröder à la manœuvre – ami de Poutine, il est président du conseil d’administration de Nord Stream 2. Ainsi, en fin de journée jeudi, les conservateurs faisaient-ils savoir par la voix du porte-parole de la politique étrangère du groupe CDU-CSU au Bundestag, Jürgen Hardt, qu’ils étaient «contre le fait de répondre aux sanctions par des sanctions».

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