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Monde Dans la région syrienne d’Idlib, « on approche du point de rupture »

13:15  13 février  2020
13:15  13 février  2020 Source:   lemonde.fr

Des rebelles abattent un hélicoptère des forces syriennes dans la région d'Idlib

  Des rebelles abattent un hélicoptère des forces syriennes dans la région d'Idlib Des rebelles abattent un hélicoptère des forces syriennes dans la région d'IdlibISTANBUL/BEYROUTH (Reuters) - Des rebelles soutenus par la Turquie ont abattu un hélicoptère des forces gouvernementales syriennes dans une zone rurale à l'ouest d'Alep, dans la province d'Idlib du nord-ouest de la Syrie, ont rapporté vendredi les médias turcs et syriens.

L’avion de Poutine accompagné par des chasseurs des Forces aérospatiales russes - Продолжительность: 1:15 Sputnik France Play 1 052 919 Regime forces continue to advance on rural Aleppo, northern Idlib - Продолжительность: 3:22 TRT World Recommended for you.

Les forces armées syriennes approchent rapidement de la base aérienne stratégique de Taftanaz dans le nord de la province rebelle d ’ Idlib après de durs combats durant lesquels des militaires russes et turcs ont péri. L’Armée syrienne a néanmoins réussi à investir des dizaines de localités dans sa

La cadence de l’exode s’est accélérée ces deux dernières semaines en raison de l’avancée des troupes loyalistes dans le nord de la Syrie.

Une famille syrienne fuit les attaques des forces pro-régime dans la ville d’Abin Semaan, dans le nord du pays, le 12 février. © Fournis par Le Monde Une famille syrienne fuit les attaques des forces pro-régime dans la ville d’Abin Semaan, dans le nord du pays, le 12 février.

Idlib, la plaie béante du Nord-Ouest syrien, n’en finit pas de saigner. Soumise depuis un an et demi aux coups de boutoir du régime syrien et de son allié russe, cette région, dernier fief de l’insurrection, est le théâtre d’une crise humanitaire aux proportions dantesques. « Il s’agit du plus grand déplacement de la pire guerre de notre génération », s’est ému mercredi 12 février le chef du Norwegian Refugee Council, Jan Egeland.

Vers un nouveau conflit entre forces syriennes et forces turques

  Vers un nouveau conflit entre forces syriennes et forces turques Pour la deuxième fois en une semaine, les troupes de Bachar el-Assad ont tué des soldats turcs lundi 10 février près d’Idleb, dans le nord-ouest de la Syrie, et augmente le risque d’un nouveau conflit entre forces syriennes et forces turques. En parallèle, Damas et ses alliés poursuivent leur offensive contre les jihadistes et les rebelles, qui a fait environ 700 000 déplacés depuis le mois de décembre selon l’ONU. Des villes fantômes entièrement vidées de leur population : la machine de guerre syrienne écrase tout sur son passage, ayant pour objectif la reconquête de la province d’Idleb – actuellement contrôlée par des jihadistes et par des rebelles.

En ligne de mire : les jihadistes et les groupes rebelles installés à Idlib, mais un autre conflit se dessine entre le régime syrien et la Turquie voisine. Des militaires turcs sont présents dans la région d ’ Idlib et disposent même d’une douzaine de postes d’observation. Et pour la deuxième fois en une semaine

Recep Tayyip Erdogan a promis de repousser les forces gouvernementales syriennes au-delà des postes d’observation turcs à Idlib d’ici à la fin février. Le Président turc a également déclaré que la Russie et la Syrie avaient porté des frappes sur des civils dans le gouvernorat syrien d ’ Idlib .

Les bombardements auxquels ce territoire est soumis, à des degrés divers, depuis l’automne 2018, se sont intensifiés au mois de décembre 2019. Ce déluge de bombes et d’obus a jeté 700 000 personnes sur les routes selon l’ONU, soit un peu plus d’un habitant sur quatre de la poche rebelle, contrôlée par le groupe djihadiste Hayat Tahrir Al-Cham. La cadence de l’exode s’est accélérée ces deux dernières semaines, en raison de l’avancée des troupes loyalistes, qui ont récupéré le contrôle de l’autoroute M5, un axe stratégique, reliant Damas à Alep.

Sur la défensive militairement en Syrie, la Turquie menace l’armée d’Assad et la Russie

Les images tournées par les rares ONG qui opèrent encore dans la région montrent des files de véhicules, roulant au pas, à perte de vue, le toit couvert de matelas, de couvertures et de tapis. Les camps de tentes aménagés le long de la frontière turque étant surpeuplés depuis longtemps, les nouveaux déplacés n’ont pas d’autre choix que de dormir dans leur voiture ou leur camion, ou bien, pour ceux qui ont encore un peu d’argent, dans une habitation de fortune, louée à prix d’or.

Syrie: le régime reprend le contrôle d'un axe routier crucial près d'Idleb

  Syrie: le régime reprend le contrôle d'un axe routier crucial près d'Idleb Rien ne semble pouvoir arrêter les forces du régime syrien dans la reconquête de la province d’Idleb. Les troupes de Bachar el-Assad appuyées par l’aviation russe continuent leur progression dans le nord-ouest, elles contrôlent désormais entièrement l’autoroute M5. Un axe stratégique reliant Alep à Damas la capitale. Les soldats turcs et les soldats syriens s’affrontent dans la région d’Idlib en échangeant des tirs d’artillerie. C’est Damas qui a ouvert les hostilités ; une manière d’adresser un message à Ankara : les forces turques doivent quitter le territoire syrien.

Elles privent des centaines de milliers de gens de leur droit basique à la santé», a déclaré mardi le coordinateur régional de la crise syrienne pour Après un week-end de raids meurtriers menés par les aviations russe et syrienne dans la province d ’ Idlib , c’est la région de la Ghouta orientale qui

Le 3 février, des tirs de l'armée syrienne ont fait huit morts parmi les soldats turcs en Syrie, rappelle l'agence Anadolu. La quatrième, située dans le gouvernorat d ’ Idlib et quelques régions des gouvernorats voisins de Lattaquié, de Hama et d’Alep, abrite plusieurs dizaines de formations armées

« Il n’y a pas de mots pour décrire ce que l’on vit, témoigne Souhaïb Assoufi, un jeune père de famille, joint par WhatsApp dans la ville d’Idlib. J’ai été obligé de fuir la répression du régime à déjà quatre reprises depuis 2011. Je me prépare pour mon cinquième déplacement forcé. Ce sera le plus dur. On manque d’argent, de médicaments et de nourriture. J’en suis à rêver de trouver une place dans une tente. »

« Le régime détruit tout »

L’hiver glacial qui s’est abattu sur la province d’Idlib, avec un thermomètre descendant jusqu’à – 11 °C, de la neige par endroits et de violentes bourrasques de vent, ajoute au calvaire des Syriens. Pour se réchauffer, les rescapés de la guerre font flamber tout ce qui leur tombe sous la main, pneus, habits ou sacs plastique. Des gestes désespérés qui ont coûté la vie à quatre membres d’une même famille, lundi, dans un camp des environs de Killi, au nord d’Idlib. Selon une source sur place, le père, son épouse et leurs deux enfants sont morts par suffocation, dans leur sommeil, après avoir brûlé des morceaux de charbon sous leur tente.

Syrie : dans Idlib bombardée, les réseaux sociaux pour résister à l'abandon

  Syrie : dans Idlib bombardée, les réseaux sociaux pour résister à l'abandon Face à la faillite de la communauté internationale pour faire stopper les crimes, des Syriens et des Occidentaux se parlent sur les réseaux sociaux. C'est comme une lucarne entre-bâillée sur le monde. Une brèche ouverte sur les réseaux sociaux pour envoyer des écrits ou des photos, liens fragiles mais précieux. Dimanche dernier, ­Muhmmad ­Abonassr poste un selfie sur ­Twitter. "À quoi sert cette vie? Elle doit s'arrêter, au moins pour nous. Rien à rajouter", écrit le professeur d'anglais de 29 ans.

Les forces armées turques ont frappé plus de 50 cibles de l’armée syrienne à Idlib , dont deux chars neutralisés et un capturé, un système antiaérien et un dépôt d’armes détruits, a précisé le ministère turc de la Défense nationale.

Au total, des points de contrôle seront installés dans plus de dix régions d ' Idlib . Selon le quotidien Hürriyet, le convoi militaire turc, constitué d'une trentaine de véhicules blindés et d'une centaine de soldats, dont des membres des Forces spéciales, est arrivé à Idlib dans la nuit de jeudi à vendredi.

Les raids aériens et les tirs d’artillerie sur la région ont causé la mort d’environ 200 civils depuis le début de l’année, selon l’ONU. Le 3 février, neuf passagers d’une camionnette circulant dans l’ouest d’Alep, dont trois femmes et quatre enfants, ont été tués lors d’une frappe. D’après les décomptes de l’Organisation mondiale de la santé, 72 hôpitaux, cliniques et dispensaires ont dû suspendre leurs activités depuis décembre, soit après avoir été pris pour cibles, soit de peur de l’être.

« Le rêve caressé par les quelque 2 millions de Kurdes de Syrie s’estompe »

« Le régime détruit tout ce qui peut nous aider à continuer à vivre, s’insurge Nagib Bakour, un responsable des casques blancs, l’organisation de secouristes qui opèrent dans les secteurs tenus par la rébellion. Nous essayons autant que nous pouvons de soutenir la population, mais nous avons le sentiment que le monde entier nous a abandonnés. »

Un responsable humanitaire occidental, désireux de conserver l’anonymat, confirme le diagnostic. « Tout ce que la société syrienne avait réussi à maintenir, ces dernières années, en matière d’éducation ou de santé est en train de s’effondrer. C’est la panique, le sauve-qui-peut général. Il n’est même plus possible de distribuer de l’aide sur le terrain, car nos référents locaux ont disparu et ce serait l’émeute. On approche du point de rupture des mécanismes de résilience de la population. »

Les factions rebelles ripostent à l’offensive des troupes progouvernementales par des tirs de roquettes et des mortiers sur la ville d’Alep, que le régime a reconquise en décembre 2016. Selon l’ONU, ces actions ont causé la mort de 27 civils depuis le début de l’année.

Syrie : empêcher un bain de sang à Idlib

Un demi-million de déplacés en deux mois dans le nord-ouest de la Syrie .
Depuis décembre, la province d'Idleb et ses environs sont quasi quotidiennement la cible de frappes aériennes du régime de Bachar al-Assad. © AAREF WATAD / AFP Un jeune Syrien à l'arrière d'un camion dans la ville de Binnish, dans la province d'Idlib en Syrie, le 4 février 2020. Un demi-million de personnes ont été déplacées en deux mois dans le nord-ouest de la Syrie, une des plus grandes vagues d'exode dans le pays en guerre causée par une offensive du régime et de son allié russe contre des djihadistes et des rebelles.

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