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Monde Rwanda: les conclusions de l’autopsie du chanteur Kizito Mihigo rendues publiques

03:00  27 février  2020
03:00  27 février  2020 Source:   rfi.fr

Émotion et interrogations au Rwanda après le décès du chanteur Kizito Mihigo

  Émotion et interrogations au Rwanda après le décès du chanteur Kizito Mihigo L'artiste a été retrouvé mort lundi 17 février dans sa cellule alors qu'il était en détention depuis trois jours à Kigali. La police et le bureau d'enquêtes rwandais affirment qu'il s'est suicidé. Pour certains, cette thèse ne tient pas la route. Les autorités ont annoncé l'ouverture d'une enquête. Depuis, les réactions se multiplient sur les réseaux sociaux. Sur Twitter comme sur Facebook, les internautes ne cachent pas leur émotion. « Difficile de croire que (...) l'apôtre de la réconciliation rwandaise n'est plus de ce monde », écrit par exemple Alice Mutimukeye. Avant d'ajouter : « Merci pour tout Kizito Mihigo. Repose en paix.

Le chanteur rwandais Kizito Mihigo quitte la prison de Nyarugenge, dans la banlieue de Kigali, le 15 septembre 2018. Son corps a été transféré au laboratoire de médecine légale en vue de son autopsie . De retour au Rwanda , il chante régulièrement aux commémorations du génocide des tutsi.

Kizito Mihigo avait déjà été présenté devant les médias, le 15 avril dernier, au lendemain de l 'annonce de son arrestation, alors que ses proches avaient déjà signalé sa disparition depuis plus d'une semaine. Ce jour-là, il apparaissait encadré par des policiers. Face à la presse

Le célèbre musicien militant pour la paix Kizito Mihigo s'adressant aux médias à Kigali, le 15 avril 2014, après l'annonce de son arrestation la veille. © AFP PHOTO/STEPHANIE AGLIETTI Le célèbre musicien militant pour la paix Kizito Mihigo s'adressant aux médias à Kigali, le 15 avril 2014, après l'annonce de son arrestation la veille.

Au Rwanda, les conclusions de l’enquête sur la mort du chanteur de gospel Kizito Mihigo ont été rendues publiques par les autorités mercredi.

Le rapport d’autopsie confirme les premières déclarations de la police, indiquant que Kizito Mihigo s’est suicidé dans sa cellule au poste de Remera à Kigali le 17 février.

Le communiqué est signé de l’autorité nationale des poursuites judiciaires. L’enquête du Bureau des investigations rwandais a conclu à une mort par asphyxie « avec la pendaison comme cause la plus probable ».

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  « Assassin », « dictateur » : le régime de Kagame de nouveau au pilori Le régime du président Paul Kagame est éreinté par une affaire « d'assassinat » et une autre de pression sur les médias. © Fournis par Euronews Les lanternes de la bonne gouvernance et du respect des droits de l’homme se sont posées ces jours-ci sur le régime du président Paul Kagame, éreinté par une affaire « d’assassinat » et une aut Les grands travaux lancés par le gouvernement rwandais ou encore la croissance prévisionnelle de 8 % annoncée par le Fonds monétaire international pour 2020 ont bien du mal à dissiper les diatribes des opposants à Kigali.

Kizito Mihigo s’était attiré les foudres du Front populaire rwandais (FPR au pouvoir) en 2014 après avoir composé des chansons qui remettaient en question la vision du gouvernement Au Rwanda les histoires de génocide restent très complexes. Il y a la version des faits qui étaient établis par le FPR.

La police accuse Kizito Mihigo , un chanteur , rescapé du génocide, d'être « responsable de la mobilisation de la jeunesse » pour l’opposition en exil et pour le FDLR (Forces démocratiques de libération du Rwanda ), le groupe Depuis, il chante régulièrement lors des manifestations publiques .

Le chanteur aurait été retrouvé pendu avec des draps de lit à la fenêtre de sa cellule. Selon le rapport, les policiers de garde interrogés ont assuré n’avoir rien entendu, étant postés loin de la scène. En conclusion, le procureur général annonce qu’il n’y a pas de motif pour engager des poursuites pénales.

L’opposition met cependant en doute l’impartialité du Bureau des investigations rwandais dans cette affaire. « Nous aurions aimé que le gouvernement accepte une enquête indépendante », explique Victoire Ingabire, qui assure que le parti de Paul Kagame considérait Kizito Mihigo comme un ennemi.

Le Royaume-Uni, Human Rights Watch et Amnesty International avaient également appelé à une enquête indépendante.

Kizito Mihigo n’est pas le premier à mourir en détention au Rwanda. L’année dernière, un ancien directeur de la banque de développement rwandaise avait été retrouvé mort en prison après avoir été condamné à 10 ans pour corruption. Et en 2015, le médecin personnel de Paul Kagame avait été abattu par la police au commissariat de Remera.

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Le chanteur de gospel de 38 ans a été retrouvé mort le 17 février dans sa cellule de prison, quelques jours après son arrestation. Les autorités rwandaises évoquent un suicide mais l'enquête est toujours en cours. «Il suffit de voir sa photo pour que je pleure, c’est une perte énorme pour le pays», souffle une femme, la quarantaine, venue seule dans une élégante robe bleu azur, assister samedi aux obsèques du chanteur Kizito Mihigo. Elle réconforte, serrée contre elle sur le banc de l’église de Ndera à Kigali, sa voisine en sanglots, une broche en forme de fleur aux couleurs du Rwanda accrochée à la poitrine.

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