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Monde «Quand les pillages commencent, les coups de feu aussi»: historique raciste du tweet de Trump

14:55  30 mai  2020
14:55  30 mai  2020 Source:   slate.fr

États-Unis: Minneapolis s’embrase après la mort d’un Afro-Américain, tué par la police

  États-Unis: Minneapolis s’embrase après la mort d’un Afro-Américain, tué par la police La ville de Minneapolis, au nord des États-Unis, a vu, jeudi, sa troisième nuit d’émeutes après la mort, le lundi 25 mai, de George Floyd, un Afro-Américain de 46 ans tué par un policier blanc. Les manifestations avaient jusque-là été majoritairement pacifiques, mais la violence est encore montée d'un cran : des manifestants ont incendié le commissariat où travaillent les policiers mis en cause, des heurts et des pillages ont également eu lieu. Avec notre envoyé spécial à Minneapolis, Éric de SalveLa colère s’est très nettement intensifiée avec une nouvelle étape à Minneapolis.

Des manifestations ont de nouveau eu lieu dans plusieurs villes américaines après la mort en début de semaine d'un Américain noir au cours de son interpellation à Minneapolis. « Quand les pillages démarrent les tirs commencent », a-t-il ajouté dans un tweet que le réseau social a décidé d'épingler

Melania Trump a réagi aux scènes de violences observées aux États-Unis après la mort de George Floyd pendant une interpellation. En cas de difficultés, nous reprendrons le contrôle mais si des pillages commencent , alors les tirs aussi ». Un deuxième tweet alors censuré pour non-respect des

Donald Trump pendant un meeting à la Maison-Blanche, le 29 mai. | Pool / Getty image via AFP © Fournis par Slate Donald Trump pendant un meeting à la Maison-Blanche, le 29 mai. | Pool / Getty image via AFP

Alors que les États-Unis s'embrasent en réaction à la mort de George Floyd, un homme noir filmé en train d'être étouffé par un policier blanc, Trump s'est comme à son habitude tourné vers Twitter.

....These THUGS are dishonoring the memory of George Floyd, and I won't let that happen. Just spoke to Governor Tim Walz and told him that the Military is with him all the way. Any difficulty and we will assume control but, when the looting starts, the shooting starts. Thank you!

— Donald J. Trump (@realDonaldTrump) May 29, 2020

«Ces RACAILLES déshonorent la mémoire de George Floyd, et je ne les laisserai pas faire. Je viens de parler au gouverneur Tim Walz et lui ai assuré que l'armée est à fond derrière lui. À la moindre difficulté nous reprendrons le contrôle, quand les pillages commencent, les coups de feu aussi. Merci!»

Pourquoi la bataille entre Donald Trump et Twitter n'est pas anecdotique

  Pourquoi la bataille entre Donald Trump et Twitter n'est pas anecdotique Twitter a masqué vendredi un tweet de Donald Trump, estimant qu'il faisait "l'apologie de la violence". Une nouvelle étape de la bataille en le président américain et son réseau social favori. Explications. Un tweet signalé. C'est une nouvelle escalade dans la bataille entre Trump et Twitter. Vendredi, le réseau social a masqué un tweet du président américain estimant qu"il faisait l'"apologie de la violence".

Plan de relance de la Commission : une chance historique pour l’Europe. Lire aussi Twitter masque un message de Donald Trump sur Minneapolis jugé à risque. « Ces VOYOUS déshonorent la mémoire de George Floyd, accuse le tweet . Je viens de parler au gouverneur Tim Walz A la moindre difficulté, nous prendrons le contrôle mais, si les pillages commencent , les tirs commencent ».

Des scènes de pillage et l'attaque d'un commissariat ont été observées en marge des rassemblements organisés à Minneapolis après la mort de George Floyd lors d'une interpellation policière. Lire aussi Portland : des coups de feu retentissent lors d'une manifestation anti- Trump , un blessé (VIDEO).

La dernière partie de ce tweet, qui semble encourager l'armée à massacrer des manifestant·es, qui la nuit précédente avaient causé d'importants dommages dans Minneapolis, a particulièrement choqué. À tel point que Twitter a tagué le tweet du président comme «incitation à la violence». Une première.

Devant l'indignation provoquée par sa déclaration incendiaire, Trump a tenté d'expliquer que son tweet n'était pas une menace, mais un avertissement, que les pillards se mettaient en danger en risquant de se faire tirer dessus. Mais que ce n'était pas ce qu'il souhaitait.

À LIRE AUSSI Deux massacres sans importance: Pointe-à-Pitre 1967 et Philadelphie 1985

Citation chargée d'histoire

Seulement, cette explication est bancale, car «when the looting starts, the shooting starts» n'est pas une simple affirmation, c'est une citation. Une citation qui depuis le départ contient un sous-texte raciste.

D'où vient la phrase «Quand le pillage commence, le tournage commence»?

 D'où vient la phrase «Quand le pillage commence, le tournage commence»? WASHINGTON - Twitter a déclaré vendredi matin qu'un message du président Donald Trump sur les manifestations du jour au lendemain à Minneapolis glorifiait la violence en raison du contexte historique de sa dernière ligne: "Lorsque le pillage commence, le tournage commence." © Fourni par NBC News L'expression a été utilisée par le chef de la police de Miami, Walter Headley, en 1967, lorsqu'il s'est adressé à la "répression de ...

En appelant des élus de gauche à retourner dans leur pays d'origine, Donald Trump s'est attiré les critiques de ses adversaires, qui le qualifient de « raciste ». Il a surtout semé la discorde au sein d'un parti démocrate déjà divisé en vue de 2020. Et si Donald Trump était plus fin stratège qu'il n'y paraît ?

"Lorsque les pillages commencent , les tirs commencent ". Voilà comment le chef de la police de Miami Le tweet présidentiel a aussitôt été labellisé d'"apologie de la violence" par le réseau social qui a 2020 en ligne de mire. Dans la foulée, Donald Trump a accusé Twitter de vouloir manipuler

Elle a été rendue célèbre par Walter Headley, le chef de la police de Miami lors d'une conférence de presse annonçant affermir la politique policière dans les quartiers noirs de la ville. En 1967, en pleine période du mouvement des droits civiques, Headley accusait des «jeunes voyous» de «profiter de la campagne pour les droits civiques».

À propos de ses méthodes, Headley déclarait dans le New York Times: «C'est la guerre, (…) On se fiche d'être accusé de brutalité policière, ils n'ont encore rien vu.» Les nouvelles méthodes comprenaient l'usage plus intensif de chiens et de fusils à pompe.

Ce n'est pas non plus la seule fois que Headley est cité par un politicien. La reprise la plus notable étant lors d'un meeting de la campagne présidentielle de George Wallace en 1968. Wallace est un ancien gouverneur démocrate d'Alabama et figure de la défense de la ségrégation raciale. Il est notamment célèbre pour son discours d'inauguration au poste de gouverneur en 1963, écrit par un membre du Ku Klux Klan, qui se terminait par «Ségrégation aujourd'hui, ségrégation demain, ségrégation pour toujours».

L'ex-ministre de la Défense de Donald Trump l'accuse de chercher à "diviser" les États-Unis .
Le général James Mattis, qui a démissionné de son poste de ministre de la Défense en décembre 2018, est sorti de son silence mercredi avec des mots très durs pour son ancien patron Donald Trump. James Mattis sort de son silence. L'ex-ministre de la Défense de Donald Trump qui avait démissionné pour protester contre le retrait des troupes américaines de Syrie, a accusé le président des États-Unis de tenter de "diviser" l'Amérique. "De mon vivant,James Mattis sort de son silence. L'ex-ministre de la Défense de Donald Trump qui avait démissionné pour protester contre le retrait des troupes américaines de Syrie, a accusé le président des États-Unis de tenter de "diviser" l'Amérique.

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usr: 1
C'est intéressant!