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Monde Pourquoi les relations entre la Chine et les Etats-Unis se sont-elles autant dégradées ?

21:05  24 juillet  2020
21:05  24 juillet  2020 Source:   francetvinfo.fr

La Chine accuse les États-Unis d '"incitation à la confrontation" en mer de Chine méridionale

 La Chine accuse les États-Unis d ' La Chine a accusé les États-Unis de l'ingérence de dans les relations entre la Chine et les pays d'Asie du Sud-Est mardi, déclarant que les États-Unis "délibérément attisent les différends territoriaux et maritimes". © Fourni par FOX News Fox News Flash en haut des titres sont ici. Découvrez ce qui clique sur Foxnews.com.

Dernier avatar d'une tension croissante, la fermeture du consulat chinois de Houston et du consulat américain à Chengdu.

  Pourquoi les relations entre la Chine et les Etats-Unis se sont-elles autant dégradées ? © Fournis par Franceinfo

"Je voudrais remercier le président chinois Xi Jinping", "les Etats-Unis apprécient grandement les efforts et la transparence de la Chine [dans la lutte contre le Covid-19]". En janvier, Donald Trump usait encore de politesse avec son homologue chinois Xi Jinping sur Twitter. L'époque est révolue et les échanges moins courtois, maintenant que les deux puissances se livrent un bras de fer diplomatique. Donald Trump ordonné à Pékin, mardi, de fermer le consulat chinois de Houston, accusant ses agents d'espionnage massif. En réaction, la Chine a fait fermer le consulat américain de Chengdu, vendredi 24 juillet.

Ouïghours : des pays musulmans, dont la Palestine, soutiennent-ils la politique de la Chine ?

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Franceinfo vous explique pourquoi Washington et Pékin en sont arrivés là.

Parce que les Etats-Unis accusent la Chine de les espionner

Soupçonnant Pékin de vol de données et d'espionnage massif, les Etats-Unis ont exigé, mardi, la fermeture du consulat chinois à Houston, au Texas. Le secrétaire d'Etat américain le justifie par la nécessité de "protéger la propriété intellectuelle américaine et les informations privées des Américains". Mike Pompeo affirme que le consulat chinois de Houston est "une plaque tournante de l'espionnage".

Quelques heures plus tôt, deux ressortissants chinois avaient été inculpés par la justice américaine pour piratage informatique. Ils ont été accusés de voler des données d'une entreprise travaillant sur un vaccin contre le Covid-19.

Hong Kong, Huawei… les tensions montent entre la Chine et le Royaume-Uni !

  Hong Kong, Huawei… les tensions montent entre la Chine et le Royaume-Uni ! Pékin a mis en garde Londres contre "les conséquences" de la suspension par le Royaume-Uni de son traité d'extradition avec Hong Kong. Et ce, alors que l'affaire Huawei empoisonne déjà les relations entre la Chine et la Grande Bretagne. Le torchon brûle plus que jamais entre Pékin et Londres. La Chine menace le Royaume-Uni de représailles, la Grande Bretagne ayant suspendu son traité d'extradition avec Hong Kong.

La fermeture du consulat chinois de Houston est d'autant plus symbolique qu'il a été le premier à ouvrir aux Etats-Unis en 1979, l'année de rétablissement des relations diplomatiques entre les deux puissances.

C'est l'accusation de trop pour la Chine, qui dénonce "une provocation lancée unilatéralement par la partie américaine", "scandaleuse et injustifiée". Pékin réplique vendredi 24 juillet en ordonnant la fermeture du consulat américain de Chengdu, dans le centre du pays. C'est "une réponse légitime et nécessaire aux mesures déraisonnables des Etats-Unis", a déclaré le ministère chinois des Affaires étrangères, dans un communiqué.

Parce que Washington et Pékin s'accusent d'avoir mal géré la pandémie de Covid-19

Pour Donald Trump, "la Chine doit être tenue entièrement responsable" de la propagation du Covid-19 dans le monde. Dans un discours prononcé à l'occasion de la fête nationale américaine, le 4 juillet, le locataire de la Maison Blanche accuse Pékin d'avoir gardé le secret, trompé et dissimulé des informations sur le début de l'épidémie à Wuhan.

Les États-Unis ferment le consulat de Chine à Houston, « provocation » répond Pékin

  Les États-Unis ferment le consulat de Chine à Houston, « provocation » répond Pékin Dans un climat déjà tendu, Washington a décidé de fermer le consulat de Chine à Houston. Pékin y voit une « provocation » et menace de « représailles ». Coup de théâtre dans l’escalade sino-américaine : les États-Unis ont ordonné à la Chine de fermer son consulat à Houston, Pékin menaçant à son tour les États-Unis de représailles.L’annonce de cette décision mercredi 22 juillet intervient sur fond de tensions exacerbées entre les deux puissances sur plusieurs fronts : loi controversée sur la sécurité nationale à Hong Kong, accusations d’espionnage, situation des droits de l’Homme au Xinjiang (nord-ouest) notamment.

Le président américain affuble régulièrement le Covid-19 du sobriquet stigmatisant "virus chinois", voire de "kung-flu", jeu de mot raciste mêlant l'art martial chinois du kung-fu et le mot "flu", "grippe" en anglais. Il va jusqu'à affirmer que le virus a été créé "sciemment" à l'Institut de virologie de Wuhan, bien que l'Organisation mondiale de la santé rappelle qu'il est d'origine naturelle.

La Chine n'est pas en reste. En réponse aux accusations de Donald Trump, dès le mois de mars, le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères avait laissé entendre sur Twitter que le Covid-19 avait tout à fait pu être importé en octobre 2019 par des soldats américains en visite à Wuhan.

Ces attaques par déclarations interposées se sont matérialisées autour de l'OMS. Donald Trump a ainsi annoncé, le 15 avril, suspendre le financement américain de l'institution mondiale, alors que les Etats-Unis en sont le premier contributeur. Raison invoquée : il la juge trop favorable à la Chine et l'accuse d'être "sa marionnette". Après avoir déploré l'"égoïsme" des Etats-Unis, le gouvernement chinois a annoncé un mois plus tard qu'il donnerait deux milliards de dollars à l'OMS (1,7 milliard d'euros).

Entre les États-Unis et la Chine, "la guerre des consulats" en trois actes

  Entre les États-Unis et la Chine, Pékin a ordonné ce vendredi la fermeture du consulat des États-Unis à Chengdu, trois jours après la décision de Washington de fermer le consulat de Chine à Houston. © afp.com/Brendan Smialowski Donald Trump et Xi Jinping se livrent à un affrontement diplomatique, à travers plusieurs dossiers. C'est le dernier acte de la passe d'armes entre la Chine et les États-Unis. Pékin a ordonné ce vendredi la fermeture du consulat des États-Unis dans la grande ville de Chengdu, dans le sud-ouest du pays, trois jours après la décision de Washington de fermer le consulat de Chine à Houston, dans le Texas.

"Chaque fois que Trump retire les Etats-Unis de la scène mondiale, Xi annonce que la Chine fera un pas en avant", résume Ryan Hass, spécialiste de la Chine à la Brookings Institution et ancien membre du Conseil de sécurité nationale de Barack Obama, pour le New York Times (en anglais). "Xi Jinping a fait preuve d'un opportunisme impitoyable en cherchant à exploiter l'abandon par l'Amérique du leadership mondial".

Parce que les Etats-Unis critiquent la politique intérieure de la Chine

La situation de Hong Kong a conduit Donald Trump à taper du poing sur la table. Pékin a imposé le 1er juillet une loi sur la sécurité nationale qui réduit radicalement les libertés individuelles sur le territoire. En conséquence, le gouvernement américain a choisi de mettre fin, le 14 juillet, au traitement préférentiel accordé à Hong Kong et signé une loi, le "Hong Kong Autonomy Act", pour condamner les individus qui participent à la "perte d'autonomie du territoire". En premier lieu, Han Zheng, le responsable du Parti communiste chinois (PCC) chargé des affaires de Hong Kong, et la cheffe de l'exécutif local Carrie Lam.

Interdictions d'entrer sur le territoire, gels d'actifs : ces mesures sont inédites. "Il s'agit de dispositions du niveau des sanctions adoptées après la répression de Tiananmen, en 1989", compare Eric Sautedé, politologue installé à Hong Kong, interrogé par franceinfo. "Elles montrent la volonté américaine d'une rupture franche et sans appel vis-à-vis de Pékin", selon l'expert, qui rappelle que "Hong Kong était un bastion extrêmement important pour les Etats-Unis, avec de très nombreux binationaux, et beaucoup d'entreprises américaines." Des médias étaient aussi installés à Hong Kong, "à défaut de pouvoir exercer en Chine continentale". C'était le cas du New York Times qui a commencé à transférer son bureau régional à Séoul.

Les relations USA-Chine, un choix historique, des espoirs déçus et une crise inédite

  Les relations USA-Chine, un choix historique, des espoirs déçus et une crise inédite La décision historique prise par Richard Nixon dans les années 1970 de normaliser les relations des Etats-Unis avec la Chine communiste portait-elle le germe de la crise actuelle, la plus grave à ce jour entre Washington et Pékin? C'est ce que suggère le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo qui, accusant le géant asiatique de n'avoir pas tenu ses promesses, a acté jeudi l'échec de cette stratégie d'ouverture -- lors d'un discoursC'est ce que suggère le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo qui, accusant le géant asiatique de n'avoir pas tenu ses promesses, a acté jeudi l'échec de cette stratégie d'ouverture -- lors d'un discours prononcé depuis la bibliothèque dédiée à l'ex-président républicain q

La répression des Ouïghours dans la région du Xinjiang a également conduit Washington à adopter des mesures punitives après la révélation, en 2019, de plus de 400 documents officiels chinois par le New York Times (en anglais) attestant de l'existence de camps de concentration. Le "Uyghur Human Rights Policy Act", signé le 17 juin, et l'extension du "Global Magnitski Human right Act" sanctionnent ainsi les cadres du Xinjiang responsables de l'internement massif de cette minorité musulmane chinoise.

Ces mesures sont perçues comme des "provocations" par Pékin, selon Eric Sautedé. "La Chine accueille ces sanctions comme une nouvelle ingérence pour déstabiliser l'Etat", affirme-t-il. Elle n'a d'ailleurs pas tardé à répliquer, en annonçant des sanctions (non précisées) contre trois parlementaires républicains parmi les plus critiques du régime chinois : les sénateurs Marco Rubio (Floride) et Ted Cruz (Texas), et le représentant Chris Smith (New Jersey).

Parce que les deux pays s'affrontent sur la 5G

Tout connecter, partout et tout le temps : telle est la promesse de la 5G qui pourrait révolutionner les infrastructures et les industries, jusqu'aux voitures autonomes. Une innovation clé dans la course économique qui oppose la Chine aux Etats-Unis, d'autant plus que le géant chinois Huawei est devenu un leader incontournable de cette nouvelle technologie.

"Si Huawei obtient le leadership mondial sur les équipements 5G, le levier économique de puissance de la Chine serait tel qu'il rendrait dérisoire les sanctions économiques prises par les Etats-Unis", affirme à franceinfo Mark Corcoral, chercheur au Centre de recherches internationales (Ceri) de Sciences Po.

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Washington est donc passé à l'offensive en 2019 avec un décret contraignant toutes les entreprises américaines, dont Google, à suspendre toute coopération avec le géant chinois. Motif invoqué : l'accusation d'espionnage pour le compte de la Chine qui pourrait exploiter une faille potentielle de la 5G. "La réactivité du réseau 5G va être telle qu'elle permettrait un brouillage entre les antennes-relais et le cœur des équipements technologiques, et donc, potentiellement, un piratage de données à grande échelle", résume Mark Corcoral.

Dernière victoire en date pour les Etats-Unis dans ce combat contre Huawei : la Grande-Bretagne a à son tour a décidé de bannir l'entreprise chinoise de l'exploitation de la 5G sur son territoire.

Parce qu'ils se défient aussi dans l'espace

Sur un front généralement dominé par les Américains, la Chine tente elle aussi de s'imposer. Alors que le premier vol spatial chinois habité ne remonte qu'à 2003, soit plus de 70 ans après les Etats-Unis, Pékin a investi des milliards dans ses programmes spatiaux pour rattraper son retard. Elle a lancé, jeudi 23 juillet, une sonde en direction de Mars pour en analyser sa surface.

Si le robot n'arrivera qu'en 2021, c'est avant tout un message fort pour la Chine, toujours dans le contexte tendu avec les Etats-Unis. "Si [la mission] réussit, ce serait la première fois dans l'histoire qu'un atterrisseur et qu'un robot téléguidé non-américains fonctionnent sur Mars", explique à l'AFP Chen Lan, analyste pour le GoTaikonauts.com, spécialisé dans le programme spatial chinois. Avec cette mission martienne, la Chine prouve au monde "qu'elle est au niveau" des Etats-Unis et des Russes, pointe Sylvain Bouley, planétologue et professeur au laboratoire Géosciences de l'université Paris-Sud à Saclay (Essonne), et qu'elle peut sans problème concurrencer les autres puissances spatiales.

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Preuve que Mars est un enjeu scientifique et politique pour les Américains et les Chinois, les Etats-Unis devraient lancer eux aussi une sonde spatiale, baptisée Mars 2020, vers la planète rouge, le 30 juillet.

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La mise au pas de Hong Kong et la répression féroce des Ouïgours ne sont que la partie la plus visible de l’impérialisme chinois. Dans les coulisses, l’empire du Milieu déploie une diplomatie agressive, multiplie les provocations militaires, étend son emprise sur Taïwan. Retour sur un nationalisme décomplexé sur fond de crise sanitaire, de guerre commerciale avec les Etats-Unis et de ralentissement économique.Mise au pas de Hong Kong, répression féroce des Ouïgours, diplomatie agressive, provocations militaires… La Chine de Xi Jinping dérive chaque jour un peu plus vers un nationalisme totalitaire.

usr: 1
C'est intéressant!