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Monde Au Liban, la démission du gouvernement n'apaise pas la colère

15:05  11 août  2020
15:05  11 août  2020 Source:   fr.reuters.com

"Le Liban est plus que jamais pour Paris son observatoire privilégié au Moyen-Orient"

  INTERVIEW - Les historiens Stéphane Malsagne et Dima de Clerck, spécialistes du Liban, reviennent sur la relation entre ce pays et la France, alors qu'Emmanuel Macron est à Beyrouth ce jeudi. Emmanuel Macron s'est rendu à Beyrouth ce jeudi après les deux explosions qui ont dévasté la capitale libanaise. Le président français a exhorté le gouvernement à mener des "réformes indispensables" sans quoi le pays continuerait à "s'enfoncer". "Je suis là aussi pour lancer une nouvelle initiative politique.

La colère de la population libanaise s'est manifestée pour le troisième jour consécutif à Beyrouth où des manifestants ont, avant l'annonce de la démission du gouvernement , jeté © Reuters/Mohamed Azakir LIBAN : DÉMISSIONS AU GOUVERNEMENT , LA COLÈRE DE LA RUE PERSISTE.

Lire aussi Liban : le Premier ministre Hassan Diab annonce la démission du gouvernement . Des milliers de personnes se sont rassemblées le 8 août dans le centre de la capitale libanaise pour manifester leur colère contre les autorités, quatre jours après la double explosion meurtrière du port

LIBAN-SECURITE-EXPLOSION:Au Liban, la démission du gouvernement n'apaise pas la colère

AU LIBAN, LA DÉMISSION DU GOUVERNEMENT N'APAISE PAS LA COLÈRE © Reuters/HANNAH MCKAY AU LIBAN, LA DÉMISSION DU GOUVERNEMENT N'APAISE PAS LA COLÈRE

BEYROUTH (Reuters) - La colère des Libanais ne semble pas retomber mardi au lendemain de la démission du gouvernement, une réaction jugée insuffisante à la catastrophe du port de Beyrouth et au rejet de l'ensemble d'une classe politique considérée comme corrompue et coupable des multiples crises dont souffre le pays.

Le Liban, un pays à genoux

  Le Liban, un pays à genoux Les crises successives et la catastrophe du 4 août, qui a détruit une partie de Beyrouth, plongent le Liban dans un désordre qui risque d’atteindre le point de non-retour. De notre correspondant à Beyrouth, « Meubles, voiture, bijoux, nous avons tout vendu. Nous partons avec les enfants au Canada ! » Au lendemain de la double explosion qui a détruit une partie de Beyrouth, le 4 août, Hiba et son époux ont décidé de quitter le Liban pour « recommencer à zéro sous des cieux plus cléments ».Les histoires de jeunes ou de familles qui veulent partir foisonnent. Chacun connaît un voisin, un ami ou un proche qui a choisi d’aller refaire sa vie ailleurs.

Le chef du gouvernement libanais, Hassan Diab, était au pied du mur. Il ne pouvait plus faire face au déchaînement de colère dans la rue : le Premier ministre libanais, Hassan Diab, s'est résolu à annoncer ce lundi soir la démission en bloc de son gouvernement , dont quatre ministres étaient

Quatre membres de son gouvernement avaient déjà quitté le gouvernement , après les manifestations de colère de milliers de Libanais. Hassan Diab était à la tête du gouvernement libanais depuis sept mois, après la démission de celui de Saad Hariri sous la pression d’un mouvement de contestation

Une manifestation avec pour mot d'ordre "Enterrez d'abord les autorités" était prévue dans la journée près du port, où ont explosé le 4 août quelque 2.750 tonnes de nitrate d'ammonium, faisant au moins 163 morts et 6.000 blessés en détruisant une partie de la ville.

Le Premier ministre, Hassan Diab, en annonçant lundi la démission de l'ensemble du gouvernement après celles de quatre ministres en deux jours, a accusé la corruption généralisée d'être à l'origine de la catastrophe.

"J'avais dit auparavant que la corruption était enracinée à tous les échelons de l'Etat mais j'ai découvert que la corruption était plus forte que l'Etat", a-t-il dit lors d'une allocution télévisée en accusant l'élite politique d'avoir empêché des réformes.

Liban. En désaccord avec le gouvernement, le ministre des Affaires étrangères annonce sa démission

  Liban. En désaccord avec le gouvernement, le ministre des Affaires étrangères annonce sa démission Le chef de la diplomatie libanaise Nassif Hitti a démissionné lundi 3 août en raison de désaccords avec le gouvernement qui tarde à enclencher des réformes économiques nécessaires à la survie du pays, et a mis en garde contre le risque de « faillite étatique » du Liban. Le Premier ministre Hassan Diab, après concertation avec le président Michel Aoun, a déjà nommé son successeur : Charbel Wehbé, ancien ambassadeur et conseiller diplomatique du chef de l’État.

Entretien du 10/8/2020 avec Naji Abou Khalil, membre du comité exécutif du parti libanais Bloc national. Il réagit à la démission du gouvernement de Hassan

En Egypte, les affrontements meurtriers entre les forces de l'ordre et des manifestants qui réclament la fin du pouvoir militaire se poursuivent, malgré l'annonce par le gouvernement de sa démission .

Les discussions engagées en mai entre son gouvernement et le Fonds monétaire international (FMI) pour tenter de résoudre la crise économique et financière qui affaiblit le Liban depuis plusieurs années ont échoué faute d'accord sur l'ampleur des pertes à faire supporter aux banques et à leurs actionnaires.

"La démission du gouvernement n'est pas le point final", estime le tract appelant à manifester qui circule sur les réseaux sociaux. "Il y a encore (le président Michel) Aoun, (celui du Parlement, Nabih) Berri et l'ensemble du système."

Pour Avedis Anserlian, un bijoutier dont la boutique a été détruite par l'explosion, "le fait que le gouvernement ait démissionné est une bonne chose. Mais on a besoin de sang neuf, sinon ça ne marchera pas."

Michel Aoun doit consulter les différents groupes du Parlement avant de désigner un nouveau Premier ministre et il sera contraint de réunir le candidat assuré du soutien le plus large. Une tâche d'autant plus ardue que la situation dans laquelle se trouve le pays risque de dissuader certains candidats potentiels au poste.

(Ghaida Gantous, version française Marc Angrand, édité par Jean-Stéphane Brosse)


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Liban: Démission du chef de la diplomatie faute de "volonté de réforme"par Ellen Francis

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