•   
  •   

Monde Brexit – L'avertissement de Joe Biden à Boris Johnson

19:30  17 septembre  2020
19:30  17 septembre  2020 Source:   lepoint.fr

Brexit : l’UE face aux rodomontades de Boris Johnson

  Brexit : l’UE face aux rodomontades de Boris Johnson Editorial. L’unité dont Les Vingt-sept ont fait preuve jusqu’à présent doit perdurer et ils ne doivent pas se laisser impressionner par les envolées du premier ministre britannique, car elles masquent en réalité une série de faiblesses. Editorial du « Monde ». Depuis plus de quatre ans, les Britanniques se tiennent au bord de la falaise du Brexit, alternant les phases de diplomatie avec « [leurs] amis » de l’Union européenne, qu’ils ont choisi de quitter, et les moments de crispation.

  Brexit – L'avertissement de Joe Biden à Boris Johnson © Fournis par Le Point

C'est un avertissement de plus, mais qui a son poids : Joe Biden, le candidat démocrate à la Maison-Blanche, a appuyé dans un tweet mercredi soir la démarche de plusieurs membres du Congrès visant à prévenir Boris Johnson que le protocole sur l'Irlande du Nord, conclu avec l'Europe, ne devait pas être remis en cause, faute de quoi le traité commercial entre le Royaume-Uni et les États-Unis serait compromis.

« Nous ne pouvons permettre que l'accord du Vendredi saint qui a apporté la paix en Irlande du Nord devienne une victime du Brexit, écrit le rival de Donald Trump. Tout accord commercial entre les États-Unis et le Royaume-Uni doit être subordonné au respect de l'accord et empêcher le retour d'une frontière physique. Point final. »

Brexit : mieux vaut un "no deal" qu’un mauvais accord pour l’Union européenne, juge la France

  Brexit : mieux vaut un "Inquiet" sur les chances du Royaume-Uni et de l'Union européenne de parvenir à un accord post-Brexit, le secrétaire d'Etat chargé des Affaires européennes, Clément Beaune, indique que la France se prépare à encaisser l'éventuel choc d'un no deal.Le secrétaire d'Etat français a souligné qu'un "no deal" (absence d'accord) serait préférable à un mauvais accord pour les Européens. "Un mauvais accord, qui cèderait trop aux Britanniques, qui leur donnerait l'accès à notre marché sans respecter nos règles, sanitaires, climatiques etc... ce serait bien pire", a-t-il dit.

Lire aussi L'Irlande du Nord, le crash-test de Boris Johnson

Les démocrates peuvent bloquer au Sénat

Joe Biden donne ainsi son appui à une lettre adressée à Boris Johnson par le président de la commission des Affaires étrangères, Eliot Engel, cosignée par William Keating (élu démocrate, président de la sous-commission Europe), Richard Neal (élu démocrate, président de la commission des Voies et moyens), et Peter T. King (élu républicain de New York). Une démarche bipartisane qui montre à quel point le lobby irlandais se mobilise depuis que le locataire du 10, Downing Street envisage de faire passer une loi qui permettra aux Britanniques d'outrepasser les traités internationaux, et notamment le protocole sur l'Irlande du Nord signé avec l'Union européenne dans le cadre de l'accord de retrait de l'UE.

Joe Biden veut marquer la différence avec Donald Trump

  Joe Biden veut marquer la différence avec Donald Trump Face à des électeurs installés dans un drive-in, Joe Biden a voulu montrer qu'il était aux antipodes de Donald Trump. 1/10 DIAPOSITIVES © Jonathan Ernst / Reuters Joe Biden à Scranton, en Pennsylvanie, le 17 septembre 2020. Joe Biden à Scranton, en Pennsylvanie, le 17 septembre 2020. 2/10 DIAPOSITIVES © Jonathan Ernst / Reuters Joe Biden à Scranton, en Pennsylvanie, le 17 septembre 2020. Joe Biden à Scranton, en Pennsylvanie, le 17 septembre 2020.

Cet avertissement n'est pas à prendre à la légère, car même si Donald Trump devait l'emporter le 3 novembre, le soutien des démocrates est indispensable à tout accord commercial entre le Royaume-Uni et les États-Unis. La procédure de ratification des traités outre-Atlantique est régie par l'article 2 section II de la Constitution de 1787. « Le président aura le pouvoir de conclure des traités avec l'avis et le consentement du Sénat, pourvu que les deux tiers des sénateurs présents l'approuvent. » Cette disposition accorde de fait une minorité de blocage aux sénateurs démocrates. Il s'agit donc d'un pouvoir partagé, bipartisan, qui limite les prérogatives du président des États-Unis.

Lire aussi Brexit : pourquoi Michel Barnier perd son temps avec Boris Johnson

Casus belli

Le Sénat américain, élu pour 6 ans, est composé de 100 membres. Actuellement, les républicains occupent 53 sièges, les démocrates, 45, et il reste 2 sièges aux indépendants. Il faudra donc 67 voix au président des États-Unis, qu'il s'agisse de Donald Trump ou de Joe Biden, pour faire adopter un accord de libre-échange avec le Royaume-Uni.

Joe Biden fait appel à Eva Longoria et Ricky Martin pour motiver les électeurs hispaniques

  Joe Biden fait appel à Eva Longoria et Ricky Martin pour motiver les électeurs hispaniques À l'occasion du mois de l'héritage hispanique, Joe Biden s'est entouré d'Eva Longoria, Ricky Martin et Luis Fonsi. 1/10 DIAPOSITIVES © Adam Schultz/Biden via Zuma Wire/Abaca Luis Fonsi, Eva Longoria, Joe Biden et Ricky Martin à Kissimmee, en Floride, le 15 septembre 2020. Luis Fonsi, Eva Longoria, Joe Biden et Ricky Martin à Kissimmee, en Floride, le 15 septembre 2020. 2/10 DIAPOSITIVES © Adam Schultz/Biden via Zuma Wire/Abaca Eva Longoria à Kissimmee, en Floride, le 15 septembre 2020.

Comme en témoigne la lettre d'Eliot Engel, les Américains ont été très soucieux du destin de l'Irlande et de l'Irlande du Nord à l'occasion des négociations du Brexit. Ils s'estiment garants de la paix en Irlande et toute tentative du Royaume-Uni pour saper l'accord du Vendredi saint est vécue comme un casus belli nonobstant la « relation spéciale » entre Washington et Londres.

Jouer avec les allumettes

Boris Johnson n'avait sans doute pas anticipé que d'éminents représentants des États-Unis lient la question du Brexit et la relation commerciale anglo-américaine. La question irlandaise, après avoir empoisonné pendant trois ans les relations avec Bruxelles, pourrait être aussi décision dans la relation avec Washington. Il faut se souvenir que le conflit en Irlande du Nord a tué au moins 3 000 personnes. La frontière entre les deux Irlande était militarisée avant l'accord de paix du Vendredi saint. Jouer avec les allumettes sur cette poudrière n'est pas prudent et c'est ce que ne cesse de répéter Michel Barnier, le négociateur européen.

Les démocrates ciblent l'ingérence politique dans la réponse au COVID avec le nouveau projet de loi

 Les démocrates ciblent l'ingérence politique dans la réponse au COVID avec le nouveau projet de loi Le groupe de travail ferait partie du Comité de réponse et de responsabilité en cas de pandémie, une entité indépendante créée par la loi CARES sur l'aide, le soulagement et la sécurité économique du coronavirus.

De son côté, à Londres, Boris Johnson a trouvé un compromis avec les députés torys frondeurs. Dans son projet de loi sur le marché intérieur, il reviendra au Parlement (et non aux ministres) de voter au cas par cas les dispositions qui seront en contravention avec les traités internationaux. Mais ce petit arrangement politique interne ne suffira pas à vider le contentieux né avec Bruxelles et désormais une partie de l'establishment politique américain.

Lire aussi Brexit : Boris Johnson préparait son coup depuis? février !

Pour certains, « Bojo » n'a, en réalité, aucune intention d'aller au bout. « Il utilise la stratégie de la diagonale du fou, commente-t-on dans les couloirs de Bruxelles. C'est-à-dire qu'il fait n'importe quoi pour effrayer les Européens afin que ceux-ci se jettent sur la première proposition raisonnable qu'il fera. » N'est-ce pas du reste cette même technique de négociation qu'il a utilisée lors de l'accord de retrait ? Il avait menacé pendant des mois l'UE d'une sortie sans accord pour finalement, dans les ultimes instants, accepter une frontière en mer d'Irlande avec contrôle par les douaniers britanniques. L'histoire du bras de fer jusqu'au-boutiste avec conclusion raisonnable va-t-elle se répéter ?

Trump en Irlande du Nord avertit Boris Johnson de ne pas créer une frontière dure `` par accident '' .
L'envoyé de Johnson Le plan de Johnson de faire disparaître certaines parties du protocole de l'Irlande du Nord convenu avec l'Union européenne a provoqué des bouleversements dans le bloc, a suscité l'inquiétude parmi les hauts responsables américains Congrès.

usr: 3
C'est intéressant!