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Monde Mali: naissance d’un pays sur les cendres de la Fédération

23:28  21 septembre  2020
23:28  21 septembre  2020 Source:   rfi.fr

"Africa Mia", émouvante épopée musicale des Maravillas de Mali, dans les pas de Boncana Maïga

  De jeunes Maliens, envoyés se former à la musique à Cuba au milieu des années 60, ont fait sensation sur l'île et au-delà en créant un groupe mythique, les Maravillas de Mali. "Africa Mia", le documentaire co-réalisé par Richard Minier, retrace leur incroyable parcours. © Fournis par Franceinfo Derrière le documentaire Africa Mia, il y a la persévérance d'un homme, Richard Minier, producteur de musique et co-réalisateur avec Edouard Salier du film sorti dans les salles françaises le 16 septembre. En janvier 2000, le cinéaste français découvre à Bamako, la capitale du Mali, un musicien qui l'intrigue : Dramane Coulibaly.

Un correspondant de presse parle de 50 000 personnes rassemblées à la gare de Bamako. Une chose est sûre : les Bamakois se sont mobilisés pour La méfiance s’est installée entre pays frères fin juillet lors de la désignation du chef d’état-major de la Fédération du Mali . Le colonel Soumaré est alors le

L'ex-ministre de la Défense Bah N’Daw a été désigné officiellement président de transition du Mali ce lundi à Bamako. La cérémonie de prestation de serment aura lieu le vendredi 25 septembre 2020. Mali : naissance d ’ un pays sur les cendres de la Fédération .

Modibo Keita, président du Mali, le 19 novembre 1968. © AFP Modibo Keita, président du Mali, le 19 novembre 1968.

Le 22 septembre 1960, un congrès extraordinaire de l’Union soudanaise RDA proclamait à Bamako la transformation du Soudan français en République du Mali, un pays « libre de tous engagements et de liens politiques vis-à-vis de la France ». L’enthousiasme des militants rassemblés au collège technique de Bamako ne peut faire oublier que cette naissance s’est faite dans la douleur et dans les accusations. Accusations contre les responsables du Sénégal voisin et contre l’ancienne puissance coloniale, la France. Car la République du Mali naît des cendres de la Fédération du même nom, consumée par le conflit entre leaders soudanais et sénégalais.

Mali : comment Ibrahim Boubacar Keita a perdu le pouvoir

  Mali : comment Ibrahim Boubacar Keita a perdu le pouvoir "On ne peut comprendre la chute d’IBK qu'à travers l’examen de la mise en place de son entreprise politique, caractérisée par un clientélisme concurrentiel" Les chercheurs Lamine Savane et Boubacar Haidara retracent la fin du parcours du "vieux routier de la politique malienne" dans The Conversation.L’intervention dans la crise sociopolitique malienne des militaires réunis au sein du Comité National pour le Salut du Peuple (CNSP), le 18 août, a sonné le glas de la longue carrière politique du président Ibrahim Boubacar Keita (IBK).

Chongli de la province du Hebei œuvre pour le développement des industries du sport et des loisirs. L’Union africaine emboite le pas à la CEDEAO : Pour un retour Mali : naissance d ’ un pays sur les cendres de la Fédération 3. Qui est Bah N’Daw, le nouveau président de transition du Mali ? 7.

Une perspective redoutée notamment par les commerçants qui importent des produits de la Côte d’Ivoire. À cause de l ’embargo sur les transactions financières, Mamadou Diallo, secrétaire exécutif d ’ une association de grossistes Mali : naissance d ’ un pays sur les cendres de la Fédération .

Il est 20h30 ce 21 août 1960. La voix de Yacouba Maïga vient porter, sur les ondes de Radio Soudan, un message du comité directeur de l’Union soudanaise-Rassemblement démocratique africain (US-RDA, le parti dominant sur le territoire qui deviendra le Mali, Ndlr). Le parti s’élève avec indignation contre « l’attitude de certains responsables du Sénégal et de leurs inspirateurs étrangers » et exige « la libération immédiate des responsables retenus au Sénégal ». Depuis la nuit du 19 au 20 août, les responsables soudanais présents à Dakar pour le fonctionnement des institutions de la Fédération du Mali sont en effet en détention.

L’appel a-t-il été devancé ou est-il entendu ? Le principal dirigeant soudanais, Modibo Keïta, sa femme, mais aussi une longue liste de dirigeants et leur entourage prennent place ce 21 août à bord d’un autorail qui part de Dakar et arrive au cœur de la nuit à Bamako. En dépit de l’heure avancée (il est 1h40), la fièvre politique qui s’est emparée de la Fédération du Mali a maintenu éveillée une foule impressionnante. Un correspondant de presse parle de 50 000 personnes rassemblées à la gare de Bamako. Une chose est sûre : les Bamakois se sont mobilisés pour venir accueillir leur leader et la délégation renvoyée de Dakar.

La CEDEAO maintiendra les sanctions du Mali jusqu'à ce que le Premier ministre civil soit nommé

 La CEDEAO maintiendra les sanctions du Mali jusqu'à ce que le Premier ministre civil soit nommé © Le nouveau président par intérim du Mali, Bah Ndaw, à droite, assiste à la cérémonie d'inauguration avec le président malien ... Le nouveau président par intérim du Mali, Bah Ndaw, à droite, assiste à la Cérémonie d'inauguration avec le nouveau vice-président du Mali, le colonel Assimi Goita [Amadou Keita / Reuters] Les États d'Afrique de l'Ouest maintiendront les sanctions contre le Mali jusqu'à ce qu'il nomme un Premier ministre civil, a déclaré le chef du bloc régional de la CEDEAO.

C’est fait, un président de la transition a été désigné par le comité instituée par la junte au pouvoir depuis Le Conseil de la Fédération de Russie a proposé de placer des bombardiers L’ex-ministre de la Défense et colonel-major à la retraite, Bah N’Daw, a été désigné président du Mali pendant la

Une transition dans un délai de 18 mois. Des militaires avaient renversé le 18 août le président Ibrahim Boubacar Keïta, au pouvoir depuis 2013 et affaibli par des mois de contestation générée par la grave crise sécuritaire, économique et institutionnelle traversée par le pays , mais aussi la corruption

Ce retour consacre la fin d’un grand projet, celui d’une fédération rassemblant le Soudan français et le Sénégal, un ensemble qui espérait s’ouvrir à d’autres pays. Deux sujets ont alimenté les tensions : la répartition des postes politiques entre Sénégalais et Soudanais, ainsi que la question de la présidence de la Fédération. Des désaccords se sont déjà manifestés en avril. Des réunions ont été convoquées pour tenter de les aplanir. Deux échéances ont été fixées : le 20 août 1960, une conférence politique malienne s’efforcera de trancher le débat sur la répartition des postes entre les deux voisins et le 27, un congrès de 200 membres procédera à l’élection du président de la Fédération.

Coup d’État soudanais ou sénégalais ?

La méfiance s’est installée entre pays frères fin juillet lors de la désignation du chef d’état-major de la Fédération du Mali. Le colonel Soumaré est alors le candidat des Soudanais. Mais les Sénégalais ont un autre nom en tête, celui du colonel Fall. Modibo Keïta passe outre et nomme Soumaré sans contreseing de son vice-président, Mamadou Dia. Dans les premières semaines d’août, des rumeurs parlent déjà d’un possible éclatement de la Fédération du Mali.

Le Mali célèbre le 60e anniversaire de son indépendance

  Le Mali célèbre le 60e anniversaire de son indépendance Le 22 septembre 1960, le Mali, ancienne colonie française, obtenait son indépendance. À l'occasion de ce soixantième anniversaire, France 24 retrace le chemin de cette ancienne fédération devenue République du Mali. L'État malien célèbre, le 22 septembre, le 60e anniversaire de son indépendance. Le 20 juin 1960 à Dakar, les couleurs françaises font place à celles d'un nouvel État : la Fédération du Mali, qui comprenait deux anciennes colonies deL'État malien célèbre, le 22 septembre, le 60e anniversaire de son indépendance.

Depuis 2012, le Mali glisse lentement dans le chaos avec l’expansion de groupes jihadistes liés à Al-Qaïda. En quelques années, l’épicentre des violences

Cela représente l'unité du pays et en tant que chefs coutumiers, monarques, nous sommes garants de cette tradition et de cette unité », détaille Angelina Ralaitsizafy Andrianamelavahoaka, la Princesse de la région Vakinankaratra, dans le Mali : naissance d ’ un pays sur les cendres de la Fédération .

Tout s’accélère quand, à l’insu de Mamadou Dia, Modibo Keïta demande au colonel Soumaré de prendre des mesures de sécurité en vue de l’élection du 27 août. Le 18 août, celui-ci envoie aux unités de l’armée stationnées à Podor et à Bignona des télégrammes leur demandant d’envoyer des troupes à Dakar pour le maintien de l’ordre lors de l’élection présidentielle. Soumaré veut également associer la gendarmerie au dispositif, alors que le contrôle de celle-ci ne relève pas de ses attributions. Les Sénégalais s’inquiètent de ces « réquisitions» et s’organisent pour faire face à ce qui leur semble être un coup de force en préparation : ils réquisitionnent à leur tour des pelotons de gendarmerie à Dakar, mettent des troupes de la garde républicaine en état d’alerte, mobilisent des militants. Selon Sékéné Mody Cissoko, auteur d’un livre sur la Fédération du Mali « ainsi, des deux côtés, les dispositions étaient prises pour la lutte, les unes par réaction aux autres, sans qu’il y ait eu consultation, dialogue entre la délégation soudanaise à Dakar et leurs hôtes sénégalais. Le malentendu était total. Les Soudanais à leur tour crurent que les Sénégalais préparaient un coup de force pour se retirer de la Fédération. »

Mali: le chef de la junte demande la levée des sanctions ouest-africaines

  Mali: le chef de la junte demande la levée des sanctions ouest-africaines Le chef de la junte au Mali, le colonel Assimi Goïta, a pressé mardi la Communauté des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédéao) de lever ses sanctions et réitéré son soutien à la présence des forces françaises et de l'ONU face aux jihadistes."Nous avons accepté les principes de la Cédéao, à savoir la nomination d'un président civil, puis la désignation d'un Premier ministre. Je pense que dans les jours à venir la Cédéao doit enlever ces sanctions pour le bonheur de la population malienne", a déclaré le colonel Goïta en marge des cérémonies du 60ème anniversaire de l'indépendance du pays.

Le comité de suivi de l ’accord de coalition, composé de quatre négociateurs de chaque camp, a été chargé de poursuivre les échanges afin d’obtenir des résultats plus concrets avant la fin de cette année, dit-on de part et d’autre. Mali : naissance d ’ un pays sur les cendres de la Fédération .

Premier président de la République du Mali , Modibo Keita était un fervent partisan du panafricanisme. L’ unité africaine passait même avant la souveraineté de son propre pays . Photo prise dans les années 60 de Modibo Keita, président de la République du Mali (ancien Soudan français). AFP.

Pour les Soudanais, ce sont les Sénégalais qui sont responsables de la rupture. Modibo Keïta affirme que le vendredi 19 août, vers 19h, on lui apprend l’existence d’un projet de coup d’État du gouvernement sénégalais contre le gouvernement fédéral du Mali. Il convoque alors une réunion restreinte du conseil des ministres au cours de laquelle deux décrets sont adoptés : l’un retire à Mamadou Dia ses attributions en matière de défense, l’autre proclame l’état d’urgence. « L’existence du Mali est en péril, déclare Modibo Keïta lors de l’édition du journal parlé en fin de soirée. Certains dirigeants du Mali, sous le prétexte d’élections présidentielles, veulent mettre en cause l’intégrité du territoire national et créer un état de tension qui risque d’être à l’origine d’incidents extrêmement graves. »

Pour les Sénégalais, c’est l’adoption de ces deux décrets qui représente un coup d’État. Dès le discours de Modibo, des personnalités affluent au domicile de Dia. Valdiodio Ndiaye se rend au camp de la gendarmerie, obtient le ralliement des gendarmes et demande l’arrestation du colonel Soumaré. Les Sénégalais obtiennent également le retour des unités de l’armée malienne dans leurs casernes. Les forces de police de Dakar prennent position autour des bâtiments publics et consignent à leur domicile Modibo Keïta et d’autres responsables maliens. Il est passé une heure du matin quand Léopold Sédar Senghor s’exprime sur les ondes de Radio Sénégal : « Poussé par une ambition folle, déclare-t-il, M. Modibo Keïta vient de tenter un coup de force contre le peuple sénégalais. » Dans la nuit, l’indépendance du Sénégal est proclamée.

Le président de transition du Mali investi, sanctions ouest-africaines maintenues

  Le président de transition du Mali investi, sanctions ouest-africaines maintenues Un ancien officier, Bah Ndaw, a prêté serment vendredi à Bamako comme président de transition au Mali en promettant le retour d'un gouvernement civil sous 18 mois, mais les pays ouest-africains ont décidé de maintenir leurs sanctions jusqu'à la nomination d'un Premier ministre civil. Lors d'un sommet sur la crise malienne la semaine passée, la Cédéao avait réclamé la nomination immédiate de civils comme président et Premier ministre de transition."Nous sommes optimistes sur le fait que cet événement marquera le début du retour à la normalité au Mali", avait indiqué M. Jonathan jeudi soir sur son compte officiel twitter.

Les accusations sur le rôle de la France

Quel rôle la France a-t-elle joué dans cet éclatement de la Fédération du Mali ? Sur la route du retour de Dakar, Modibo Keïta lance depuis Kayes, première gare en territoire soudanais, des accusations qui visent « quelques dirigeants Sénégalais plus français que les Français et qui voulaient franciser le Mali ». Mais il met aussi en cause Paris : « Pour avoir dit que nous avons trop tardé à prendre position sur le problème algérien, que nous ne pouvons pas rester muets devant la lutte héroïque que mène un peuple colonisé pour son indépendance, que nous ne pouvions pas rester indifférents devant le problème algérien et qu’après avoir tout tenté avec la collaboration des autres États africains nous en arriverons, s’il le fallait, à la reconnaissance du GPRA, des hommes se sont émus à Paris et ont tiré les ficelles. »

À l’heure de la guerre froide, Radio Moscou sert de caisse de résonance à ces accusations. Selon elle, les « milieux impérialistes français » ont mis en place un nouveau « complot contre la liberté et l’indépendance des peuples africains ». Les « colonialistes français », dit ce média, ont provoqué la sécession du Sénégal de la Fédération du Mali comme les Belges ont piloté la sécession katangaise au Congo. « Sur ordre de leurs maîtres français, accuse Radio Moscou, les politiciens sénégalais copient les méthodes du fantoche belge Tshombe : ils ont pris le pouvoir et proclament la sécession du Sénégal. »

Premier élément de polémique : la France, en refusant de faire intervenir les forces dont elle disposait à Dakar, aurait (disent les Soudanais) soutenu de fait le camp sénégalais. Modibo Keïta n’a pas été convaincu par les arguments du Haut représentant de la France auprès de la Fédération du Mali, Claude Hettier de Boislambert, qui lui a indiqué à deux reprises dans la nuit du 19 au 20 août pourquoi les forces de la communauté ne s’impliqueraient pas dans ce conflit (sa version est consignée dans une note qu’il rédige et qui est partagée au sein du réseau diplomatique français). Le sujet, selon le diplomate, est abordé une première fois au building administratif où il a été convoqué à 21h30 après le conseil des ministres restreint. Hettier de Boislambert indique alors que les forces françaises sont là pour faire face aux agressions extérieures et aux troubles intérieurs graves, qu’elles resteront donc sur leurs bases. Et il précise : « La situation qui évoluait autour de nous à ce moment étant considérée par moi comme une crise politique interne à laquelle je ne pouvais ni ne voulais me mêler sous aucun prétexte. »Plus tard, peu après 3h du matin, les deux hommes reparlent de cette intervention alors que le diplomate français est venu rendre compte au responsable malien des informations qu’il a obtenues sur la situation du colonel Soumaré. « Mais, aux termes des accords, les forces françaises doivent intervenir quand l’ordre est troublé »dit Keïta. « Je répondis au président que, venant de circuler dans tous les sens à Dakar et dans les environs pendant près d’une heure pour lui être agréable, je n’avais vu nulle trace de moindre trouble et que, dans ces conditions, je ne voyais aucune raison de varier ma position. »

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  Mali: qui est Moctar Ouane, le diplomate chargé de conduire le gouvernement de transition? Moctar Ouane, 64 ans, diplomate de carrière, est l'ancien ministre des Affaires étrangères sous la présidence d'Amadou Toumani Touré.

La reconnaissance de l’indépendance du Sénégal par la France relance la colère des autorités maliennes. Le 5 septembre, Léopold Sédar Senghor est élu président de la République sénégalaise. Il reçoit dans les jours qui suivent un télégramme de félicitations du général de Gaulle pour qui cette élection paraît être « le meilleur gage des amicales et fécondes relations du Sénégal et de la France au sein de notre Communauté ». Le 11 septembre, le cabinet du Premier ministre Michel Debré publie un communiqué dans lequel il prend acte de cette indépendance.

Le 22 septembre, un congrès extraordinaire de l’Union soudanaise tire toutes les conséquences de ces évolutions. Il décide de donner au Soudan français le nom de « République du Mali ». Une République libre de tous engagements et de liens politiques vis-à-vis de la France. « C’est la conséquence logique de la caducité des accords franco-maliens que la France a délibérément violés en reconnaissant la République du Sénégal comme État indépendant », indique Modibo Keïta dans le discours qu’il prononce. « La République du Mali est née… Le Mali continue… Le mot “Mali” continuera à résonner comme un gong sur la conscience de tous ceux qui ont œuvré à l’éclatement de la Fédération du Mali ou qui s’en sont réjouis. Nous restons mobilisés pour l’idée de la Fédération, qui, malgré tout, demeure une semence virile de l’unité africaine. Nous avons perdu une partie, mais nous gagnerons la manche, Inch’ Allah. Les puissances d’argent, les forces rétrogrades et impérialistes n’y pourront rien. »

La colère malienne est exprimée avec force une semaine après la proclamation de l’indépendance du pays. À la tribune des Nations unies, lors de la cérémonie d’admission du Sénégal et du Mali. Jean Lacouture, du journal Le Monde, se souvient du Malien Amadou Aw escaladant la tribune, « maigre, le visage aigu, coupé au couteau, le menton dur, posant sur la salle un regard flambant ». L’orateur rejette tout d’abord le parrainage français pour l’admission de son pays à l’ONU, « un acte contre-nature », dit-il, qui a donné lieu à des« manœuvres mesquines » : « Un parrainage, déclare Amadou Aw, suppose un minimum de confiance et d'amitié qui n'existe pas, en ce moment, entre la France et notre pays ». Il prononce ensuite un discours virulent contre la France, le rôle qu’il lui attribue dans l’éclatement de la Fédération et la politique algérienne de Paris. « En Fédération du Mali, lance-t-il ainsi, les événements se sont précipités lorsque les impérialistes se sont aperçus que l'aile nationaliste du Mali n'acceptait pas le contenu néo-colonialiste qu'on voulait donner aux accords franco-maliens. Il y avait au Mali des hommes qui ont voulu la réalité de leur indépendance, et dès que l'on s'est rendu à cette évidence, c'en était fait de la fédération. » Dans les couloirs des Nations unies, on commente largement cette sortie. Le discours réjouit notamment la délégation guinéenne, fameuse pour ses critiques contre la France depuis son indépendance en 1958. « Eh bien ! Maintenant, nous autres Guinéens nous allons faire figure de modérés » lâche un diplomate guinéen. Un journaliste interpelle Ismaël Touré, le demi-frère du président guinéen Ahmed Sékou Touré : « Avouez que c’est vous qui avez écrit le discours malien ! » Il reçoit la réponse d’un dirigeant goguenard : « Oh non, moi je l’aurais fait beaucoup moins dur !

Mali: l'ex-dictateur Moussa Traoré inhumé à Bamako après des obsèques nationales .
L'ex-dictateur et président du Mali Moussa Traoré, à la tête du pays pendant 22 ans, a été inhumé vendredi à Bamako après des obsèques nationales en présence de responsables de la junte au pouvoir et anciens responsables nationaux, mais boudées par les dirigeants étrangers.Une fanfare mortuaire a marqué dans la matinée l'arrivée du corps dans un cercueil drapé aux couleurs du Mali dans un camp militaire de Bamako où se sont déroulées les obsèques, en présence de soldats en tenue d'apparat, selon des journalistes de l'AFP.

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