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Monde Formation d'un gouvernement au Liban : le Hezbollah s'isole du reste de la classe politique

01:20  22 septembre  2020
01:20  22 septembre  2020 Source:   france24.com

Liban: Adib ne veut pas dévier de sa mission, le Hezbollah accuse les Etats-Unis

  Liban: Adib ne veut pas dévier de sa mission, le Hezbollah accuse les Etats-Unis Liban: Adib ne veut pas dévier de sa mission, le Hezbollah accuse les Etats-Unis © Reuters/MOHAMED AZAKIR LIBAN: ADIB NE VEUT PAS DÉVIER DE SA MISSION, LE H BEYROUTH (Reuters) - Mustapha Adib, Premier ministre-désigné du Liban, n'entend pas dévier de son objectif de former un "gouvernement de mission" en dépit des blocages que le Hezbollah a imputés jeudi à l'administration américaine.

Le processus de formation du gouvernement reste bloqué au Liban . les négociations achoppent notamment sur la question de l 'attribution du portefeuille des Finances, que le Hezbollah et le mouvement Amal, les deux principales forces politiques chiites, refusent de céder.

par le Hezbollah et le mouvement Amal de nommer leur candidat au portefeuille des Finances. la formation d ’ un gouvernement de salut et de réformes qui préserve l’unité du Liban dans sa charte, sa «Nous considérons que cette classe ( politique ) est responsable de l ’effondrement économique

Une affiche représentant les dirigeants chiites libanais, le chef du Hezbollah Hassan Nasrallah (à gauche) et le président du Parlement Nabih Berri (à droite). © Ramzi Haidar, AFP (archives) Une affiche représentant les dirigeants chiites libanais, le chef du Hezbollah Hassan Nasrallah (à gauche) et le président du Parlement Nabih Berri (à droite).

Le tandem chiite composé du Hezbollah et du mouvement Amal bloquent la formation d'un nouveau gouvernement au Liban, de par leur exigence à voir le poste de ministre des Finances être attribué à une personne issue de leur communauté. Une posture qui isole ces deux forces politiques, y compris auprès de l'allié chrétien du Hezbollah, le président Michel Aoun.

Liban: Les exigences du Hezbollah empêchent la formation du gouvernement, selon Geagea

  Liban: Les exigences du Hezbollah empêchent la formation du gouvernement, selon Geagea Liban: Les exigences du Hezbollah empêchent la formation du gouvernement, selon Geagea © Reuters/Mohamed Azakir LIBAN: LES EXIGENCES DU HEZBOLLAH EMPÊCHENT LA FORMATION BEYROUTH (Reuters) - Les demandes du Hezbollah et du mouvement chiite Amal, qui veulent nommer le ministre des Finances, empêchent la mise en oeuvre de l'initiative française en vue de la formation rapide d'un nouveau gouvernement, a déclaré vendredi Samir Geagea, chef de file du parti chrétien des Forces libanaises.

«Le contrôle politique du Liban ne se mesure pas en termes de fauteuils de ministres et de députés, ajoute Lokman Slim, figure chiite de l ’opposition au Hezbollah . Le Parti de Dieu est comme un Etat dans l’Etat : avec sa structure étatique parallèle, il empêche le bon et plein fonctionnement des

En raison de la recrudescence de la pandémie de Covid-19 dans le pays, Israël est reconfiné depuis vendredi. Certains manifestants parlent d ' un "confinement politique ". Formation d ' un gouvernement au Liban : le Hezbollah s ' isole du reste de la classe politique .

Le processus de formation du gouvernement reste bloqué au Liban. les négociations achoppent notamment sur la question de l'attribution du portefeuille des Finances, que le Hezbollah et le mouvement Amal, les deux principales forces politiques chiites, refusent de céder.

Ces dernières exigent qu'une personnalité issue de leur communauté, et de leur choix, récupère ce ministère régalien comme c'est le cas depuis 2014. Il s'agit à leurs yeux d'une garantie essentielle car au Liban, les décrets sont généralement cosignés par le président de la République qui est maronite, par le Premier ministre qui est issu de la communauté sunnite, ainsi que par le ministre des Finances.

Renoncer à cette prérogative reviendrait, selon eux, à perdre le contreseing chiite sur les principales décisions de l'exécutif, alors que le système politique libanais est basé sur le confessionnalisme et les marchandages politiciens. "Nous refusons que l'on nomme nos ministres à notre place. Et nous refusons que l'on s'oppose à ce que la composante que nous représentons ne dispose pas du ministère des Finances", a indiqué le Hezbollah dans un communiqué publié le 17 septembre.

Washington accuse le Hezbollah d’avoir stocké du nitrate d’ammonium en Europe

  Washington accuse le Hezbollah d’avoir stocké du nitrate d’ammonium en Europe Les États-Unis ont accusé vendredi le Hezbollah d’avoir introduit et stocké des produits chimiques, tels que du nitrate d’ammonium, dans plusieurs pays d’Europe dont la France, le Royaume-Uni, la Grèce, et l’Italie. Les États-Unis ont accusé vendredi le Hezbollah d’avoir multiplié les « caches de nitrate d’ammonium » dans plusieurs pays européens, semblant suggérer un possible lien entre le mouvement chiite libanais et la récente explosion meurtrière au port de Beyrouth, provoquée par cette substance.

"Personne ne veut d ' un gouvernement mondial - mais nous devons travailler ensemble pour améliorer la gouvernance mondiale", a-t-il ajouté alors que, selon des experts, la pandémie de Covid-19 a Formation d ' un gouvernement au Liban : le Hezbollah s ' isole du reste de la classe politique .

Des manifestantes photographiées lors d ' une marche antigouvernementale à Nabatiyé, dans le sud du Liban , le 20 octobre 2019. Fait sans précédent, la vague de protestation contre la classe politique libanaise a gagné les bastions chiites du sud du pays, dominés par le tandem composé du Hezbollah

Le blocage autour de ce portefeuille met en péril les efforts de la France, très investie au Liban depuis la double explosion du 4 août survenue au port de Beyrouth, pour obtenir la formation rapide d'un gouvernement alors que le pays fait face à une crise économique aiguë.

Tandis que le Premier ministre désigné Moustapha Diab entend remettre en cause le partage historique des portefeuilles ministériels sur une base confessionnelle, la détermination à obtenir gain cause du Hezbollah et du mouvement Amal, dirigé par le président du Parlement Nabih Berri, est en train d'isoler ces deux formations sur la scène politique du pays du Cèdre.

Même l'influent patriarche maronite Béchara Raï a implicitement vilipendé le tandem chiite, dimanche, lors de son homélie dominicale. "À quel titre une communauté réclame-t-elle un ministère, comme s'il lui appartenait, et entrave la formation du gouvernement jusqu'à obtenir ce qu'elle veut, provoquant ainsi une paralysie politique ? Où la Constitution permet-elle un monopole sur un portefeuille ministériel ?", s'est-il interrogé.

Sans gouvernement, le Liban se dirige "vers l'enfer", prévient le président

  Sans gouvernement, le Liban se dirige Le Liban se dirige vers "l'enfer" si un nouveau gouvernement n'est pas formé dans les plus brefs délais, a averti lundi le chef de l'Etat Michel Aoun, alors que le processus de formation d'un cabinet semble dans l'impasse. "Nous sommes confrontés à une crise de formation d'un gouvernement, ce qui n'était pas censé se produire car les échéances qui attendent le Liban ne permettent pas de perdre une seule minute", a affirmé M. Aoun, 85 ans, l'air"Nous sommes confrontés à une crise de formation d'un gouvernement, ce qui n'était pas censé se produire car les échéances qui attendent le Liban ne permettent pas de perdre une seule minute", a affirmé M. Aoun, 85 ans, l'air fatigué, le verbe hésitant.

Des partisans du Hezbollah manifestent leur soutien au chef du mouvement, Hassan Nasrallah, à Baalbeck ( Liban ), le 25 octobre. Dans une intervention de près d ’ une heure, le stratège du très puissant mouvement chiite libanais s’est efforcé de discréditer et d’intimider les manifestants qui

des finances entravent la formation du nouveau gouvernement dirigé par Mustapha Adib. Non seulement la classe politique libanaise a ignoré la date butoir fixée par le président français, mais Principe de rotation. Le blocage porte sur le ministère des finances. Mustapha Adib demande que ce

L'alliance Hezbollah Aoun fragilisée

Mais le blocage du tandem chiite semble également embarrasser le camp du président Michel Aoun, pourtant allié politique indéfectible du Hezbollah depuis 2006.

Si un cabinet n'est pas formé, "nous nous dirigeons vers l'enfer", a lancé, lundi, le chef de l'État, qui a proposé de supprimer la distribution communautaire des portefeuilles dits "régaliens" pour résoudre la crise.

Samedi, c'est le Courant patriotique libre (CPL), fondé par Michel Aoun et dirigé par son gendre Gebran Bassil, qui avait publié un communiqué condamnant le principe selon lequel "une partie puisse imposer son contreseing aux Libanais d'une manière contraire à la Constitution et aux coutumes en vigueur". Une pique implicite dirigée contre les deux mouvements chiites, membres comme le CPL de la majorité au Parlement.

Le président Aoun, que ses détracteurs qualifient de "caution chrétienne du Hezbollah", serait-il en train de tourner le dos à son alliance avec le mouvement pro-iranien ? Le chef de l'État a répondu par la négative, lundi lors de sa conférence de presse.

L'explosion du Liban «détruit le dépôt d'armes du Hezbollah»

 L'explosion du Liban «détruit le dépôt d'armes du Hezbollah» © Reuters Des ambulances se sont précipitées sur les lieux au milieu de rapports non confirmés faisant état de plusieurs blessés Une grande explosion dans le sud du Liban a détruit ce que les sources de sécurité ont qualifié de dépôt d'armes du Hezbollah. L'explosion a envoyé un énorme panache de fumée noire dans l'air au-dessus du village d'Ain Qana, qui est un bastion du mouvement islamiste chiite militant.

Des centaines de milliers de personnes ne cessent de protester contre l’incompétence et la corruption des élites politiques . Par ailleurs, le chaos au Liban est suivi de très près à l’international. Le Royaume-Uni soutient la formation d ’ un nouveau gouvernement et annonce une aide financière.

Le leader chrétien Michel Aoun, allié du Hezbollah , a été élu, ce lundi 31 octobre, treizième président de la République libanaise. Il a signé un « document d’entente » avec le Hezbollah , en 2006, à un moment où la formation chiite était isolée par une grande partie de la classe politique libanaise.

Tout en assurant que l'entente signée en 2006 avec le parti chiite était toujours en vigueur, et que "les alliances n'empêchaient pas les désaccords", il a néanmoins jeté la balle dans le camp de son allié, en précisant que la solution était à chercher de leur côté.  "Lorsqu'il y a un désaccord, chacun s'en remet à ses convictions, et les miennes sont basées sur la Constitution", a-t-il également lancé.

"Ce n'est pas la première fois qu'il y a des désaccords entre le Hezbollah et le CPL, mais il est vrai que le blocage autour du portefeuille des Finances isole un peu plus le tandem chiite", souligne à France 24 Joseph Daher, universitaire et auteur du livre "Le Hezbollah, un fondamentalisme religieux à l'épreuve du néolibéralisme" (Éd. Syllepse).

Et d'ajouter : "Si le parti du président Aoun semble se démarquer de son allié chiite ces derniers temps, il est trop tôt pour parler d'une remise en cause de leur alliance, car aucun des deux camps n'a intérêt à une rupture dans laquelle ils seraient perdants tous les deux".

Les médias libanais rapportent que les sanctions infligées par l'administration américaine, le 8 septembre, à deux anciens ministres issus de partis alliés au Hezbollah, considéré comme une organisation "terroriste" par Washington, a provoqué un électrochoc au sein de la classe politique libanaise.

En visant expressément Ali Hassan Khalil, un des piliers du mouvement chiite Amal, et Youssef Fenianos, un cadre chrétien du parti des Maradas (prosyrien), Washington laisse entendre que nul n'est à l'abri de sa stratégie visant à affaiblir et isoler le Hezbollah.

"L'isolement du tandem chiite intervient au mauvais moment dans une période où les États-Unis se montrent intraitables avec tout ce qui est en rapport avec l'Iran et ses alliés, poursuit Joseph Daher. Les sanctions vont faire réfléchir les alliés du Hezbollah, c'est évident".

Paradoxalement, c'est cette politique de sanctions, intervenue au moment même où la France avait offert une bouffée d'oxygène au parti de Hassan Nasrallah en dialoguant publiquement avec lui, qui a poussé le tandem chiite à se montrer moins conciliant lors des négociations visant à former un gouvernement.

La France fait pression à l'ONU pour un nouveau gouvernement libanais .
"Des pressions fortes et convergentes sont donc nécessaires de notre part pour pousser les responsables libanais à respecter leurs engagements", a-t-il ajouté. "Ces efforts convergents doivent se poursuivre aussi longtemps que nécessaire", a-t-il déclaré.

usr: 1
C'est intéressant!