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Monde En Libye, Haftar entrouvre le robinet du pétrole

22:21  24 septembre  2020
22:21  24 septembre  2020 Source:   liberation.fr

démissionne après des manifestations de rue Le porte-parole du Parlement

 démissionne après des manifestations de rue Le porte-parole du Parlement Le chef du gouvernement rival de la Libye , Abdallah Bleheq, a déclaré que la démission serait discutée lors d'une réunion de la maison, sans donner de date. Les manifestations de centaines de manifestants qui ont débuté pacifiquement jeudi dernier sont devenues violentes dimanche lorsque le siège de l'administration parallèle orientale contrôlée par l'homme fort Khalifa Haftar a été incendié.

Les bâtiments d'une compagnie de pétrole et de gaz à Ras Lanouf, en Libye, en août 2020. © ESAM OMRAN AL-FETORI Les bâtiments d'une compagnie de pétrole et de gaz à Ras Lanouf, en Libye, en août 2020.

Le maréchal rebelle bloquait les exportations d'hydrocarbures depuis neuf mois. Il a finalement conclu un accord, fragile et temporaire, avec un membre du gouvernement d'union nationale pour relancer la production.

Après vingt-quatre jours de mer, le cargo Delta Hellas, battant pavillon grec, est arrivé à bon port en Libye. Le tanker a accosté mercredi à Marsa al-Hariga, près de la ville de Tobrouk. Pour la première fois depuis janvier, il va pouvoir remplir son immense ventre de pétrole. Le blocus sur l’exportation d’hydrocarbures, décrété il y a neuf mois par le maréchal Khalifa Haftar pour affaiblir le gouvernement d’union nationale, dont il a juré la perte, est en passe d’être levé. Le Delta Hellas pourrait être le premier d’une longue série de cargos assoiffés.

La Libye veut enfin faire tourner les têtes

  La Libye veut enfin faire tourner les têtes Le chef du Conseil présidentiel, Faïez el-Serraj, a annoncé qu'il souhaitait partir fin octobre, le Premier ministre du gouvernement parallèle a donné sa démission, le maréchal Haftar est affaibli… Le renouvellement des acteurs du conflit annonce-t-il une sortie de crise ? La Libye frémit. Les optimistes y voient les signes avant-coureurs d’un nouveau cycle politique, qui se fait désespérément attendre. Cinq ans après la signature des accords onusiens de Skhirat, au Maroc, l’échec du processus de paix est patent.

Que s’est-il passé ? Tout d’abord, au printemps, les troupes de Haftar et ses alliés ont été chassés de la région de Tripoli, après une année de siège infructueux. Cette défaite militaire a eu un coût politique : ses parrains étrangers (Egypte, Russie, Emirats arabes unis et France) ont reconsidéré leur soutien au fougueux maréchal. La fermeture des vannes du pétrole, première richesse – et quasiment la seule – du pays, n’a pas non plus eu l’effet escompté. Au contraire : la paralysie de l’économie, la pénurie de carburant, les coupures d’eau et d’électricité ont exaspéré les Libyens, qui sont descendus dans la rue, fin août, pour demander des comptes à leurs dirigeants. La vague de protestation a certes débuté à Tripoli, mais elle a rapidement atteint Benghazi et les villes de Cyrénaïque, dans l’Est, sous contrôle de Haftar.

Libye: Haftar annonce une levée du blocus sur la production pétrolière

  Libye: Haftar annonce une levée du blocus sur la production pétrolière Libye: Haftar annonce une levée du blocus sur la production pétrolière © Reuters/Costas Baltas HAFTAR ANNONCE UNE LEVÉE DU BLOCUS SUR LA PRODUCTION PÉTROLIÈRE TRIPOLI (Reuters) - Khalifa Haftar, l'homme fort de l'Est libyen, a annoncé vendredi la levée pour une durée d'un mois de son blocus de la production pétrolière libyenne et la conclusion d'un accord de partage équitable des recettes provenant de la vente d'hydrocarbures avec le gouvernement de Tripoli.

Nouveau cycle

La question pétrolière fait débat depuis la chute du régime de Muammar al-Kadhafi, en 2011. Comment répartir équitablement cette manne gigantesque, dans un pays si divisé ? Alors que Haftar et ses alliés occupent par la force la majorité des terminaux d’exportation et la quasi-totalité des champs de production, la National Oil Corporation (NOC) est la seule entité autorisée à commercialiser le brut libyen. La NOC est installée à Tripoli, tout comme la Banque centrale libyenne, par où transite l’argent des hydrocarbures, un autre rouage essentiel de la machine pétrolière. Ces deux institutions reconnaissent l’autorité du gouvernement d’union nationale issu des accords de Skhirat, en 2015, mais jouissent d’un haut degré d’autonomie.

Vendredi, Khalifa Haftar et Ahmed Maïtig, à la fois vice-président du Conseil présidentiel et vice-Premier ministre du gouvernement d’union nationale, ont annoncé la conclusion d’un accord pour relancer la production et l’exportation de pétrole. Pourquoi le numéro 2 de l’exécutif libyen et pas le numéro 1, Faïez el-Serraj ? «Maïtig a voulu se démarquer, apparaître comme un négociateur efficace, sur la scène nationale comme à l’étranger, dans la perspective de la formation du prochain gouvernement, estime Wolfram Lacher, chercheur à l’Institut allemand des affaires de sécurité internationales. Il n’a pas reçu le feu vert de Serraj pour cet accord.» L’annonce du pacte Haftar-Maïtig est survenue trois jours après que Faïez el-Serraj a déclaré qu’il souhaitait démissionner avant la fin octobre, ouvrant la voie à un nouveau cycle politique.

EN DIRECT - Coronavirus : nette dégradation de la situation sanitaire en France

  EN DIRECT - Coronavirus : nette dégradation de la situation sanitaire en France La situation sanitaire se dégrade en France, avec 123 morts et plus de 13.000 nouveaux cas en 24h selon le dernier bilan publié vendredi. De nouvelles mesures restrictives sont attendues à Lyon, samedi, après le renforcement des mesures sanitaires à Nice. Face à l'augmentation des contaminations, plusieurs pays durcissent leur mesures, voire reconfinent leur population. La situation sanitaire continue de se dégrader en France qui a enregistré, vendredi, 123 morts et plus de 13.000 contaminations supplémentaires au Covid-19 en 24h. Un record. Le nombre d'admissions en réanimation (100) est également en nette hausse.

Le lendemain, la NOC a confirmé la reprise de ses activités dans un communiqué, mais en la limitant aux sites «sûrs». L’état de «force majeure» restera appliqué «là ou la présence d’éléments des gangs du groupe russe de mercenaires Wagner [allié de Haftar] et de groupes armés est vérifiée», a précisé la compagnie nationale. Trois ports ont pour l’instant été jugés sécurisés par la NOC : Brega et Zueitina, dans la zone du croissant pétrolier, et Marsa al-Hariga, où le Delta Hellas remplit actuellement ses cuves avec un million de barils.

«Renvoyer la balle»

L’accord, pourtant, reste fragile. Il ne règle pas la question de fond de la répartition des revenus de l’or noir. Khalifa Haftar a d’ailleurs annoncé qu’il n’était valable que pour une durée d’un mois, avant une réévaluation de la situation. «Chaque acteur du conflit essaye de faire porter à son rival la responsabilité de l’arrêt de la production. Auparavant, la responsabilité était claire : le maréchal bloquait. Or ce nouvel accord est très favorable à Haftar, qui sait bien que son partenaire, Maïtig, ne sera pas suivi par le gouvernement d’union nationale, la NOC et la Banque centrale. Il a parié qu’ils rejetteraient l’accord et endosseraient la responsabilité du blocage, décrypte Wolfram Lacher. Mais la NOC a trompé ses attentes en autorisant les exportations à partir des ports sûrs, c’est-à-dire qui ne sont pas occupés par des mercenaires étrangers. La compagnie pétrolière a réussi à renvoyer la balle à Haftar. Elle n’a pas l’intention de respecter l’accord de Maïtig. La NOC a son propre plan, soutenu par l’Occident : geler les revenus du pétrole sur un compte en attendant que les négociations politiques sur la gestion des ressources aboutissent.»

Dès la semaine prochaine, la société pétrolière a estimé que sa capacité de production atteindrait 260 000 barils par jour, contre 1,2 million avant le blocage, en janvier. Le retour du pétrole libyen sur le marché mondial, alors que les mesures sanitaires prises en Europe font redouter une nouvelle contraction de l’économie, a fait chuter le prix du baril de 5 % lundi. De son côté, la NOC a calculé avoir perdu 8,2 milliards d’euros de revenus en neuf mois.

Colère contre les mesures anti-Covid, Lubrizol, Trump hué... L'essentiel de l'actu de ce jeudi .
L’actu Colère. Les mesures de restriction dans plusieurs villes françaises suscitent incompréhension et colère chez de nombreux élus et responsables économiques. Notamment à Paris, où des commerçants ont manifesté ce jeudi, mais surtout à Marseille où le tour de vis est particulièrement sévère avec la fermeture totale des bars et restaurants samedi. Le président de la région Provence-Alpes-Côte-d’Azur a annoncé qu’il allait contester cette mesure devant la justice. Epidémie.

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