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Monde Haut-Karabakh : Erdogan vole aux côtés de son «frère» azerbaïdjanais

23:15  29 septembre  2020
23:15  29 septembre  2020 Source:   liberation.fr

Des combats ouverts éclatent entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan dans le Haut-Karabakh

  Des combats ouverts éclatent entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan dans le Haut-Karabakh Des civils et des militaires ont été tués dans de violents combats qui ont éclaté dimanche dans la région du Haut-Karabakh, ont déclaré l'Azerbaïdjan et les séparatistes arméniens, s'accusant mutuellement d'avoir lancé les hostilités. Alors que cette région séparatiste soutenue par Erevan a décrété "la mobilisation générale", le président azerbaïdjanais a promis de "vaincre". Ce pourrait être un nouveau conflit ouvert. Des combats violents ont éclaté dimanche 27 septembre dans le Haut-Karabakh, région frontalière disputée depuis des décennies entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan, ont déclaré les deux parties, s’accusant mutuellement d’avoir

Des manifestants portant une banderole affichant «Le Karabakh est l'Azerbaïdjan. L'Azerbaïdjan est la Turquie», ce mardi à Istanbul. © MURAD SEZER Des manifestants portant une banderole affichant «Le Karabakh est l'Azerbaïdjan. L'Azerbaïdjan est la Turquie», ce mardi à Istanbul.

En condamnant les autorités arméniennes avec lesquelles il est en froid, le président turc entend se positionner face au groupe de Minsk censé faciliter la résolution du conflit et se projeter sur le terrain militaire.

Les tensions en mer Méditerranée orientale entre l’Union européenne et la Turquie n’ont pas eu le temps de retomber qu’Ankara se projette déjà sur un autre terrain militaire, cette fois-ci dans le sud du Caucase. Le réveil brutal ce dimanche du conflit opposant depuis 1988 l’Arménie à l’Azerbaïdjan pour le contrôle du Haut-Karabakh est l’occasion pour le pouvoir turc de se positionner une fois de plus, contre l’éternel ennemi arménien, aux côtés du «petit frère» azéri.

Combats dans le Karabakh : Arménie et Azerbaïdjan instaurent la loi martiale

  Combats dans le Karabakh : Arménie et Azerbaïdjan instaurent la loi martiale Les affrontements ont fait au moins une vingtaine de morts, selon les belligérants, qui se rejettent la responsabilité des hostilités. View on euronews © Images du ministère arménien de la Défense. Combats dans le Haut Karabakh, dimanche 27/09/20. La spectre d'une guerre, aux portes de l'Europe. Ce dimanche, de violents combats ont éclaté dans le Haut Karabakh (ou Nagorny Karabakh), une région sécessionniste d'Azerbaïdjan, peuplée majoritairement d'Arméniens et soutenue par Erevan.Selon les deux parties, les affrontements ont fait au moins un vingtaine de morts, dont des civils.

«La Turquie continuera à être du côté de son frère et ami l’Azerbaïdjan avec tous ses moyens et son cœur», a ainsi déclaré le Président Erdogan lundi. «Je condamne encore une fois l’Arménie qui a attaqué le territoire azéri. Il est temps de mettre un terme à cette crise qui a commencé avec l’occupation du Haut-Karabakh», a-t-il ajouté, assurant que la paix reviendrait dans la région une fois que l’Arménie «évacuerait les terres azerbaïdjanaises qu’elle occupe».

Le statut du Haut-Karabakh est source de continuels affrontements entre Erevan et Bakou. A l’origine, une région autonome peuplée majoritairement d’Arméniens au cœur de l’Azerbaïdjan soviétique, l’Artsakh (suivant la dénomination arménienne) est devenue de facto indépendante sous tutelle de l’Arménie après une guerre sanglante entre 1988 et 1993 qui tua 30 000 personnes et en déplaça un million.

Pourquoi l’Arménie et l’Azerbaïdjan s’affrontent dans le Haut-Karabakh

  Pourquoi l’Arménie et l’Azerbaïdjan s’affrontent dans le Haut-Karabakh Cette province arménienne rattachée à l’Azerbaïdjan a proclamé son indépendance à la chute de l’Union soviétique, en 1991. Elle est désormais au centre d’un conflit régional. © Fournis par Le Monde Des civils dans un abri de Stepanakert, la capitale de la république du Haut-Karabagh, le 28 septembre 2020. Pour le troisième jour consécutif, des combats meurtriers ont eu lieu, lundi 28 septembre, entre les forces du Haut-Karabakh, soutenues par l’Arménie, et les troupes d’Azerbaïdjan dans la région séparatiste du Haut-Karabakh, peuplée de 150 000 habitants, majoritairement arméniens.

La Turquie a toujours soutenu l’Azerbaïdjan sur cette question. En 1993, le pays a fermé sa frontière avec l’Arménie par solidarité avec Bakou. Depuis, Erevan et Ankara n’ont pas de relations diplomatiques. Une tentative de rapprochement en 2008 a fait long feu lorsque Erdogan, alors Premier ministre, avait conditionné la ratification des protocoles de normalisation à la résolution du conflit au Haut-Karabakh. Ce retournement de veste avait à l’époque était interprété comme une soumission aux pressions azéries.

«Une nation, deux Etats»

Les contacts entre l’Arménie et la Turquie se résument aujourd’hui à quelques échanges culturels promus notamment par le philanthrope Osman Kavala, emprisonné arbitrairement depuis trois ans. Il est accusé d’avoir tenté de renverser le gouvernement. Les perspectives de rapprochement restent également sapées par le refus de l’État turc et d’une partie de la population de reconnaître le génocide de 1915.

Karabakh: des combats féroces se poursuivent, nouvelle offensive de Bakou

  Karabakh: des combats féroces se poursuivent, nouvelle offensive de Bakou Des combats féroces opposant l'Azerbaïdjan aux séparatistes arméniens du Nagorny Karabakh se poursuivaient mardi matin, Bakou passant à une nouvelle offensive, à quelques heures d'une réunion d'urgence du Conseil de sécurité de l'ONU. Depuis dimanche, les forces de l'enclave séparatiste, soutenue politiquement, militairement et économiquement par l'Arménie, et celles de l'Azerbaïdjan s'affrontent dans les combats les plus meurtriers depuis 2016. "Les forces arméniennes ont riposté à une offensive azerbaïdjanaise dans plusieurs secteurs de la ligne de front et l'ennemi a subi d'importantes pertes" humaines, a indiqué mardi le ministère a

Les liens politiques et économiques entre Bakou et Ankara sont à l’inverse étroits. La Turquie est la principale route d’exportation des hydrocarbures venus d’Azerbaïdjan. Et si les liens culturels réels entre les deux populations sont ténus, le slogan «une nation [turque], deux États» devient, à force d’être rabâché, performatif dans l’imaginaire politique.

En Turquie, le consensus sur le soutien à apporter à Bakou est donc presque total. Lundi, les quatre principaux partis politiques, excepté le parti pro-kurde HDP, ont signé une déclaration commune condamnant l’Arménie. Le porte-parole du principal parti d’opposition (CHP, kémaliste) a également qualifié d’inadmissible «cette attitude de l’Arménie menaçant la paix de la région», la comparant à du «terrorisme». Les autorités turques accusent également Erevan de collaborer avec la guérilla kurde honnie du PKK et les YPG syriens.

Manœuvres militaires

Dans cette nouvelle escalade militaire, l’implication d’Ankara est plus importante que par le passé. Les armées turque et azérie ont mené de vastes manœuvres militaires conjointes en août, et des sources citées par plusieurs médias dont The Guardian et Reuters, mentionnent le recrutement et l’envoi sur le front karabatsi de miliciens syriens.

Karabakh: Bakou et Erevan affirment s'infliger de lourdes pertes

  Karabakh: Bakou et Erevan affirment s'infliger de lourdes pertes L'Azerbaïdjan et les séparatistes arméniens du Nagorny Karabakh affirment mardi s'être infligé de lourdes pertes, au troisième jour de combats meurtriers les opposant dans cette enclave, malgré des efforts internationaux pour y mettre fin. Plusieurs dirigeants étrangers, dont la chancelière allemande Angela Merkel, ont appelé à un cessez-le-feu immédiat et le Conseil de sécurité de l'ONU se réunit en urgence mardi soir, pour tenter d'éviter unePlusieurs dirigeants étrangers, dont la chancelière allemande Angela Merkel, ont appelé à un cessez-le-feu immédiat et le Conseil de sécurité de l'ONU se réunit en urgence mardi soir, pour tenter d'éviter une guerre ouverte entre Erevan et Bakou qui risquerait de déstabi

Les spéculations sur les motivations profondes de la Turquie dans ce conflit vont bon train. Certains soulignent la fuite en avant militariste et nationaliste du Président Erdogan confronté à une désaffection d’une partie de son électorat.

L’activisme turc en Irak, Syrie, Méditerranée orientale, Libye, et désormais dans le Caucase, est cependant surtout à remettre dans le contexte du climat idéologique dominant à Ankara. Au sein du pouvoir, l’État turc et ses intérêts sont perçus comme menacés par des «forces impérialistes» qui tentent de saper le retour de la Turquie parmi les grandes puissances.

Depuis la reprise des combats au Karabakh, Ankara n’épargne pas le groupe de Minsk, composé de la Russie, des États-Unis et de la France, censé faciliter la résolution du conflit. Le président Erdogan l’accuse d’avoir échoué à trouver une solution depuis 1992. Cette implication accrue de la Turquie dans cette guerre pourrait-elle signaler une volonté d’écarter les Occidentaux de la région et y gagner en influence ? Ce serait un pari risqué. La Russie, à laquelle Ankara est opposée sur plusieurs dossiers brûlants (Syrie, Libye), est garante de l’intégrité territoriale de l’Arménie au sein de l’Organisation du traité de sécurité collective.

Pas de répit au Karabakh, inquiétude croissante pour les civils .
Les affrontements se poursuivent au Nagorny Karabakh, au lendemain de bombardements ayant fait des victimes civiles. 1/12 DIAPOSITIVES © Aziz Karimov / Reuters A Barda, dans le Nagorny Karabakh, le 5 octobre 2020. A Barda, dans le Nagorny Karabakh, le 5 octobre 2020. 2/12 DIAPOSITIVES © Aziz Karimov / Reuters A Barda, dans le Nagorny Karabakh, le 5 octobre 2020. A Barda, dans le Nagorny Karabakh, le 5 octobre 2020. 3/12 DIAPOSITIVES © Aziz Karimov / Reuters A Barda, dans le Nagorny Karabakh, le 5 octobre 2020.

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