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Monde L'Association des écrivains d'Iran appelle à libérer ses membres emprisonnés

23:45  01 octobre  2020
23:45  01 octobre  2020 Source:   rfi.fr

L'Iran déclare que des «agents internes» pourraient être responsables de l'explosion de Natanz

 L'Iran déclare que des «agents internes» pourraient être responsables de l'explosion de Natanz © [Organisation de l'énergie atomique d'Iran via AFP] Image d'un entrepôt après qu'il a été endommagé dans les installations de Natanz en juillet [Organisation de l'énergie atomique d'Iran via AFP] Téhéran, Iran - Le gouvernement iranien a déclaré mardi qu'il y avait de fortes suspicions que des "agents internes" aient joué un rôle dans une explosion massive qui s'est produite dans une installation nucléaire clé plus tôt cette année.

Les trois écrivains emprisonnés (de g à d) : Baktash Abtine, Keyvan Bajan et Reza Khandan-Mahabadi. © FB/RS Les trois écrivains emprisonnés (de g à d) : Baktash Abtine, Keyvan Bajan et Reza Khandan-Mahabadi.

Trois membres de l’Association des écrivains d’Iran ont été emprisonnés le 26 septembre dernier après des condamnations prononcées par le tribunal révolutionnaire de Téhéran pour « propagande contre le régime » et « complot contre la sécurité du pays ». L’association proteste contre ces emprisonnements et réclame la libération immédiate de ses membres et celle de tous les prisonniers politiques et d’opinion.

L'Iran envoie un message de résistance aux États-Unis à l'AGNU

 L'Iran envoie un message de résistance aux États-Unis à l'AGNU © [Bureau présidentiel iranien via l'EPA] Hassan Rohani s'adresse mardi à la 75e session de l'Assemblée générale des Nations Unies à Téhéran [Bureau présidentiel iranien via l'EPA] Le président iranien Hassan Rohani a utilisé son discours à l'Assemblée générale des Nations Unies (AGNU) mardi pour dénoncer la pression américaine et envoyer un message de résistance et de résilience aux États-Unis, signalant quelle que soit la pression, le pays refusera de bouger.

Dans une interview accordée à la rédaction en persan de RFI, Ali Kakavande, poète et membre de l’Association des écrivains d’Iran, déclare que « la crainte du gouvernement iranien du mécontentement général le pousse à mettre en prison les écrivains indépendants et les défenseurs de la liberté d’expression. »

Accusés de « propagande contre le système » et d’« atteinte à la sécurité nationale », trois membres de cette association – Baktash Abtine, Reza Khandan-Mahabadi et Keyvan Bajan – viennent d’être envoyés à la prison d’Evine, à Téhéran. Il leur est reproché d'avoir publié le journal interne de leur association, « La pensée libre », et d'avoir participé, en 2015, à une commémoration de l’assassinat de deux écrivains perpétré, en 1998, par les agents des services secrets iraniens.

Les dirigeants arabes expriment l'alarme à l'ONU sur les tensions iraniennes

 Les dirigeants arabes expriment l'alarme à l'ONU sur les tensions iraniennes © Sabah ARAR Le président irakien Barham Saleh, qui met en garde contre les risques pour son pays, inspecte une garde d'honneur alors qu'il accueille le président français Emmanuel Macron (à gauche) le 2 septembre 2020 Les dirigeants arabes ont exprimé leurs craintes mercredi devant les Nations Unies d'un nouveau conflit dans la région alors que les tensions montent en flèche entre l'Iran et les États-Unis.

Pour Ali Kakavande, les lourdes charges prononcées contre ses amis « ne sont pas sans rapport avec les crises sociales et économiques que traverse actuellement le pays, et notamment la crainte du gouvernement iranien de voir émerger de nouvelles contestations semblables à celles qui ont bouleversé le paysage politique de l’Iran durant l’hiver 2017. »

Selon lui, les condamnations sont « révélatrices de la crainte d’un régime en grande difficulté, soucieux de faire comprendre à une population mécontente qu’elle ne sera pas libre d’agir et de dire son mal-être général. » Elles reviennent ainsi selon lui à déclarer aux Iraniens : « Nous ne vous laisserons pas agir et exprimer librement votre mécontentement. Et vous voyez bien que nous incriminons et emprisonnons déjà les écrivains pour avoir osé écrire et défendre la liberté d’expression. »

Mais les écrivains iraniens s'opposent-ils réellement au régime, comme le laissent entendre les autorités de Téhéran en s’en prenant aux gens de plume ?

Le roi saoudien dénonce «l'expansionnisme» de l'Iran dans un discours enflammé de l'ONU

 Le roi saoudien dénonce «l'expansionnisme» de l'Iran dans un discours enflammé de l'ONU © [Fichier: Bandar Algaloud / Getty Images] Le roi saoudien Salman a déclaré que l'Iran avait exploité un accord nucléaire de 2015 avec les puissances mondiales «pour intensifier ses activités expansionnistes» [Fichier: Bandar Algaloud / Getty Images] , le roi d'Arabie saoudite, Salman bin Abdulaziz, a pris pour cible l'Iran lors de ses débuts mercredi à la réunion annuelle des dirigeants mondiaux des Nations Unies, appelant à une solution globale pour contenir le rival régional de Riyad et l'e

« Nullement, répond Ali Kakavande. L’Association des écrivains n’a jamais eu une telle vocation depuis sa naissance, il y a plus de cinquante ans, souligne le poète iranien. L’arrestation de ses membres est dans la continuité des pressions exercées contre elle. »

Selon Ali Kakavande, « Les contestations sociales qui ont bouleversé le paysage politique en Iran depuis trois ans attisent la crainte du gouvernement iranien et le poussent à étouffer toute voix discordante ». « Le but, dit-il, est d’inverser la tendance en faisant peur à la population. » En effet, « plus le régime est craintif, soutient l’écrivain, plus il a tendance à se défendre bec et ongles pour rappeler à l’ordre les récalcitrants. » Mais il s'agit pour Ali Kakavand, d'« un mauvais calcul. La méthode du gouvernement produit l'effet inverse. »

Il rappelle que la seule et l’unique vocation de l’Association des écrivains d’Iran, depuis sa fondation, « est de lutter contre la censure et de défendre la liberté d’expression. La réprimer, affirme-il, [comme ce fut le cas en 1998 après l’assassinat de deux de ses membres] pousserait les jeunes écrivains à vouloir y adhérer en déclarant : " nous sommes tous des écrivains et la place de l’écrivain n’est pas la prison." »

« C’est honteux, insiste Ali Kakavande, qu’on puisse encore au XXIe siècle emprisonner un écrivain au motif qu’il a osé écrire et défendre la liberté d’expression. » Il demande « à tous les écrivains, poètes et artistes d’être la voix des écrivains emprisonnés en Iran et d’exiger leur libération. »

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