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Monde Présidentielle en Guinée : « On ne veut pas la bagarre »

19:55  18 octobre  2020
19:55  18 octobre  2020 Source:   lepoint.fr

Guinée : à Kankan, fief d'Alpha Condé, le meeting de l'opposition saboté

  Guinée : à Kankan, fief d'Alpha Condé, le meeting de l'opposition saboté Le convoi de l'opposant Cellou Dalein Diallo a été bloqué à 120 kilomètres de cette ville stratégique de la campagne présidentielle, qui s'est embrasée dimanche. «J’aime beaucoup Alpha Condé, beaucoup. J’ai vu son rêve pour la Guinée. La création d’emplois surtout. Ce qu’il a commencé, je veux qu’il continue.» Longue djellaba noire, calot à larges mailles en plastique jaune, Moussa Bourouma, gestionnaire d’un café du centre de Kankan, deuxième ville de Guinée d’environ 300 000 habitants, s’affaire avec ses trois thermos.

  Présidentielle en Guinée : « On ne veut pas la bagarre » © Fournis par Le Point

C'est une journée de vote décisive pour les électeurs guinéens. À la mi-journée, déjà, on peut dire d'après plusieurs sources que l'engouement est palpable dans les bureaux de vote. « Ils étaient là par dizaines, tôt dimanche matin, à glisser leur bulletin dans l'urne pour choisir le prochain président de la Guinée, le c?ur partagé entre les craintes de violences postélectorales et l'espoir d'un avenir meilleur », relatent nos confrères de l'Agence France-Presse.

Illustration à l'école primaire Federico-Mayor de Kaloum, un quartier de Conakry où se trouvent les centres de décision guinéens, qui est une sorte d'oasis éducative au bord de l'Océan atlantique, avec vue sur les chalutiers, au milieu d'arbres géants. Plusieurs bureaux de vote ont été installés dans les salles de classe. Au mur, une grande inscription : « L'enfant n'est pas un vase qu'on remplit mais un feu qu'on allume. »

En Guinée, une campagne sous tension entre dans la dernière ligne droite

  En Guinée, une campagne sous tension entre dans la dernière ligne droite La campagne en vue de l'incertaine présidentielle en Guinée entrait jeudi dans la dernière ligne droite avec le retour des deux principaux candidats dans la capitale après une campagne acrimonieuse et galvanisante à travers le pays. Le propos semble avoir piqué au vif M. Condé qui jusqu'à la semaine passée faisait surtout campagne par visioconférence et qui a monté à la hâte une tournée à travers le pays. A raison de plusieurs meetings chaque jour dans des villes différentes, survolté, gesticulant, il a invoqué les progrès économiques d'un pays qu'il dit avoir trouvé en ruines et dont il promet de faire "la deuxième puissance (économique) africaine après le

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Un scrutin-test

Ici, « avant même l'heure officielle du début des opérations, fixée à 8 heures (GMT et heure locale), c'est la grosse agitation parmi les électeurs, les observateurs, le personnel chargé de conduire les opérations. Dans les salles, des représentants des candidats surveillant le vote. La température est clémente et il est même tombé quelques gouttes de pluie, une bénédiction. Les forces de sécurité sont en nombre mais restent discrètes », poursuit la correspondance de l'agence.

Les Guinéens doivent lors de ce premier tour départager douze candidats, dont deux femmes. Les deux favoris sont le président sortant, Alpha Condé, 82 ans, et le leader d'opposition Cellou Dalein Diallo, 68 ans. La campagne a été émaillée d'invectives, d'incidents et d'obstructions, de heurts qui ont fait plusieurs blessés entre militants.

Présidentielle en Guinée : campagne sous tension, l'opposition mobilisée

  Présidentielle en Guinée : campagne sous tension, l'opposition mobilisée La campagne en vue de l'incertaine élection présidentielle en Guinée est entrée jeudi dans sa dernière ligne droite avec le retour des deux principaux candidats, le président Alpha Condé et Cellou Dalein Diallo, dans la capitale, Conakry. Des foules de Guinéens enfiévrés se sont pressées, jeudi 15 octobre, à la rencontre de Cellou Dalein Diallo, principal adversaire du chef de l'État sortant, à son retour de province, à l'entame de la dernièreDes foules de Guinéens enfiévrés se sont pressées, jeudi 15 octobre, à la rencontre de Cellou Dalein Diallo, principal adversaire du chef de l'État sortant, à son retour de province, à l'entame de la dernière ligne droite avant la présidentielle.

De l'issue du scrutin, qui ouvre une séquence électorale chargée en Afrique de l'Ouest, Mohamed Fode Camara attend « la paix », ainsi qu'une évolution favorable « pour l'emploi des jeunes et contre la pauvreté », a-t-il dit à l'AFP. Cet administrateur civil au ministère des Affaires sociales, qui estime qu'Alpha Condé « a déjà fait beaucoup en dix ans », dit « craindre le jour de la proclamation des résultats ». « Dieu va nous sauver Inch'Allah. On veut la paix, pas la bagarre. »

« À l'école Federico-Mayor, les opérations se déroulent sans tension apparente. On entre, on donne son nom avec sa carte d'électeur et les agents le cherchent sur des listes interminables. Puis ils donnent les bulletins, on se retire derrière l'isoloir, on met celui de son choix dans une enveloppe, puis dans l'urne transparente. » On trempe ensuite son doigt dans un pot d'encre violette indélébile, pour ne pas aller voter ailleurs.

Guinée: dissensions au sein de la Céni à la veille de l’élection présidentielle

  Guinée: dissensions au sein de la Céni à la veille de l’élection présidentielle Les Guinéens sont appelés au urnes demain dimanche pour élire le prochain président de la République. En lice, le président sortant Alpha Condé, candidat pour un troisième mandat après l’adoption controversée d’une nouvelle Constitution. Face à lui, onze concurrents, dont son principal opposant Cellou Dalein Diallo. Tout semblait prêt mais à la veille du scrutin, certains membres de la Commission nationale électorale indépendante (Céni) ont décidé de sortir de leur réserve pour dénoncer des manquements dans le processus électoral. Avec notre correspondant à Conakry, Carol ValadeLe matériel est acheminé, les bulletins, les PV, les urnes sont en place.

C'est ce qu'a fait Mamadou Alpha Barry, interrogé par l'AFP, tee-shirt clair, oreillettes sur la tête, un des très rares à porter un masque. À 37 ans, il dit qu'il a fini ses études de médecine en 2013 et qu'il cherche toujours un emploi. « C'est un jour très important, très spécial. Nous attendons beaucoup de changements, surtout pour l'emploi des jeunes, un changement des conditions de vie, car la vie est dure pour 95 % des Guinéens », explique Mamadou Alpha Barry. « Je suis très inquiet, on a vu beaucoup de choses pendant la campagne. Les Guinéens sont divisés. J'attends un président qui les réconcilie et qui montre que nous sommes une seule et même famille », ajoute-t-il.

« Dans la préfecture de Kindia, les électeurs sont fortement mobilisés pour s'acquitter de leur devoir civique, même si certains bureaux de vote n'ont pas tout le matériel électoral », a constaté un des correspondants de Guineematin.com dans la ville des agrumes. Dans la même région, « certains bureaux de vote ont ouvert dès 7 heures. Mais d'autres ont enregistré un léger retard dans les quartiers Tafory et Sarakoleya. Dans la sous-préfecture de Damankania c'est aussi le cas, certains bureaux de vote ont ouvert en retard. On signale également un manque de matériels électoraux (encre indélébile, guide et torche) dans quelques bureaux de vote des quartiers Thierno Djibia et Condetta, dans la commune urbaine », rapportent encore nos confrères.

En Guinée, les électeurs appelés aux urnes lors d'une présidentielle à haut risque

  En Guinée, les électeurs appelés aux urnes lors d'une présidentielle à haut risque Les Guinéens ont commencé à voter dimanche matin, légèrement en avance sur l'horaire prévu, au premier tour d'une présidentielle à haut risque qui lance un cycle électoral chargé en Afrique de l'Ouest. Les bureaux de vote ont ouvert dimanche 18 octobre en Guinée dans le cadre du premier tour de l'élection présidentielle. Les opérations de vote ont démarré plus d'une demi-heure avant l'heure officielle de l'ouverture des bureaux, fixée à 08H00   (GMT et locales), comme l'ont constaté des journalistes de l'AFP. C'est une élection qui suscite l'inquiétude de la communauté internationale.

Toujours sur le déroulé du scrutin en lui-même, la chaîne sénégalaise Télé Futurs médias a consacré un reportage sur l'impossibilité du vote des Guinéens de la diaspora. Ils sont nombreux à ne pas pouvoir s'exprimer pour ce scrutin tant attendu. Selon la Commission électorale nationale indépendante (Ceni), seuls onze ambassades et consulats en Afrique sont autorisés à tenir le vote. Mais les Guinéens du Sénégal ne sont pas concernés, du coup c'est un peu la déception.

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Face à Condé, onze candidats, dont Diallo

Le principal enjeu de ce scrutin test porte essentiellement sur le choix du futur locataire du palais de Sékhoutouréya. Même si douze candidats sont en lice, tout devrait se jouer entre le sortant Alpha Condé, 82 ans, et son adversaire de longue date, Cellou Dalein Diallo, 68 ans.

L'un sanguin, l'autre policé, ils s'étaient affrontés en 2010, premières élections jugées démocratiques après des décennies de régimes autoritaires, puis en 2015. Alpha Condé l'avait emporté les deux fois. Ce dernier, quatrième président seulement qu'ait connu la Guinée indépendante (outre deux présidents par intérim), revendique d'avoir redressé un pays qu'il avait trouvé en ruines et d'avoir fait avancer les droits humains. Il promet d'en faire « la deuxième puissance (économique) africaine après le Nigeria ».

Présidentielle en Guinée: tensions toujours vives dans l'attente de résultats officiels

  Présidentielle en Guinée: tensions toujours vives dans l'attente de résultats officiels La banlieue de Conakry a de nouveau été le théâtre jeudi de tirs et de heurts entre partisans du candidat Cellou Dalein Diallo et forces guinéennes, quatre jours après une présidentielle dont les résultats officiels se font attendre, ont rapporté des journalistes de l'AFP et des témoins. Les affrontements se sont poursuivis jeudi à Conakry, dans les quartiers de Cosa, Nongo, Sonfonia ou encore Wanindara, mais aussi en province. "Nous n’avons pas fermé l'œil de la nuit à cause des détonations, des tirs nourris. On a l'impression que nous sommes dans un pays de guerre", a dit à l'AFP un habitant de Sonfonia, Mamadou Moussa Bah.

Il a voté ce dimanche à l'école des sourds-muets située dans le quartier Boulbinet, une commune de Kaloum.

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En face, Cellou Dalein Diallo propose de « tourner la page cauchemardesque de dix ans de mensonges », fustigeant répression policière, corruption, chômage des jeunes et pauvreté. Il dit le sortant incapable de continuer à gouverner à cause de son âge.

Le scrutin de 2020 n'échappe pas aux tensions des précédents. Pendant des mois, l'opposition s'est mobilisée contre la perspective d'un troisième mandat de M. Condé. La contestation a été durement réprimée. Des dizaines de civils ont été tués. Gouvernement et opposition se rejettent la responsabilité de ces morts.

Le nombre de mandats présidentiels est limité à deux. Mais pour Alpha Condé, la Constitution qu'il a fait adopter en mars pour, dit-il, moderniser le pays remet son compteur à zéro.

L'opposition a remis en cause la légitimité de cette Constitution. Mais son rival Cellou Dalein Diallo a décidé de participer à la présidentielle, faisant valoir que, pour gouverner, il fallait passer par les urnes. Tout comme Makalé Traoré, du Parti de l'action citoyenne par le travail (Pact), qui brigue pour la première fois la magistrature suprême. Elle se présente comme la « candidate des femmes ».

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L'alternance ou la continuité

Menée à coups de grands meetings fiévreux, la campagne a été émaillée d'invectives, d'incidents et d'obstructions, et de heurts qui ont fait plusieurs blessés entre militants. L'importance des appartenances ethniques ajoute à la volatilité de la situation. Le doute est répandu que l'un ou l'autre des principaux candidats reconnaisse sa défaite sans se battre jusqu'au bout.

Présidentielle en Guinée: calme précaire au lendemain de l’annonce des résultats

  Présidentielle en Guinée: calme précaire au lendemain de l’annonce des résultats C'est un calme précaire qui règne en Guinée au lendemain de la proclamation par la Céni des résultats provisoires de la présidentielle. Le président sortant, Alpha Condé a été donné réélu avec plus de 59 % des suffrages. Cellou Dalein Diallo, le leader et candidat de l'UFDG, crédité par la Céni de 33,5 % des suffrages a dénoncé « un hold-up électoral ». Il entend les contester par voir judiciaire mais aussi dans la rue. Avec nos correspondants à Conakry, Carol Valade et Charlotte IdracAprès les nouvelles tensions et violences qui ont eu lieu samedi dans le pays, en haute banlieue de Conakry « la nuit a été longue et agitée par des tirs sporadiques et la hantise d’une ball

« Alpha Condé, qui a fait tout ce chemin, qui a modifié la Constitution, est-ce qu'il [serait allé] jusque-là pour perdre l'élection ? » demande Kabinet Fofana, président de l'Association de sciences politiques. Et « Cellou Dalein, qui a perdu deux élections, qui n'est plus représenté à l'Assemblée, est-ce qu'il viendrait juste pour accompagner Alpha Condé ? ».

Cela « peut nous amener à penser qu'on connaîtra des lendemains électoraux assez tumultueux », estime-t-il.

« Nous ne jetterons pas de cailloux, nous ne casserons pas de véhicules », a dit le Premier ministre Kassory Fofana au nom de milliers de supporteurs d'Alpha Condé réunis vendredi pour son dernier meeting. « Nos militants vont aller voter tranquillement », assure à l'AFP Fodé Oussou Fofana, vice-président du parti de M. Diallo. Mais pas question de se laisser « voler » à nouveau la victoire, répète son camp.

Le parti a investi beaucoup d'argent pour faire remonter lui-même les votes, dit-il, tant il se méfie des organes jugés inféodés au pouvoir, malgré l'envoi d'observateurs africains.

Le ministère de la Sécurité a prévenu vendredi qu'il était « interdit » à quiconque d'autre que les institutions « reconnues » de publier un résultat. La publication d'un résultat national devrait prendre quelques jours au moins. Un éventuel second tour est programmé le 24 novembre.

À la suite de la Guinée, des présidentielles sont prévues d'ici à fin 2020, en Côte d'Ivoire, au Burkina Faso, au Ghana et au Niger. Dès le 31 octobre, la présidentielle en Côte d'Ivoire, où le sortant Alassane Ouattara postule également à un troisième mandat, s'annonce, elle aussi, à hauts risques.

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REPORTAGE. Alors que la Cedeao est au chevet de la Guinée, quatre commissaires de la commission électorale documentent des opérations de fraude électorale.D'autres zones, au contraire, bouillonnent. Dans les banlieues nord alignées sur la route Le Prince, plutôt favorables à l'opposition, des civils continuent d'être tués ou blessés par balle dans des affrontements entre jeunes contestataires, armés de pierres, et Forces de défense et de sécurité (FDS). Depuis la réquisition de l'armée annoncée jeudi soir, des militaires et en particulier des « bérets rouges » (Bataillon de sécurité présidentielle) ont été aperçus dans plusieurs quartiers aux côtés des FDS.

usr: 1
C'est intéressant!