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Monde REPORTAGE. En Biélorussie, la rue est toujours déterminée

22:15  18 octobre  2020
22:15  18 octobre  2020 Source:   ouest-france.fr

UK rappelle son ambassadeur en Biélorussie au milieu des troubles

 UK rappelle son ambassadeur en Biélorussie au milieu des troubles Le Royaume-Uni a temporairement rappelé son ambassadeur de Biélorussie au milieu des tensions croissantes liées aux troubles politiques dans ce pays. © Reuters La police biélorusse a arrêté des centaines de personnes cette semaine et a utilisé des canons à eau lors des manifestations contre M. Lukashenko Les autorités de Minsk ont ​​réprimé les manifestations contre le président Alexander Lukashenko, qui a revendiqué la victoire lors d'élections contestées en août.

Olga, à gauche, et Veronika, à droite, veulent aller au bout de la manifestation, malgré les arrestations. © Ania Nowak Olga, à gauche, et Veronika, à droite, veulent aller au bout de la manifestation, malgré les arrestations.

Galvanisée par l’ultimatum lancé par la cheffe de l’opposition biélorusse au président contesté Alexandre Loukachenko, qui expire dans une semaine, la foule était au rendez-vous dimanche 18 octobre 2020 dans les rues. Malgré la peur et la fatigue.

Pour cette dixième semaine de contestation en Biélorussie depuis la réélection contestée d’Alexandre Loukachenko à la présidence, des dizaines de milliers de personnes étaient dans les rues de Minsk et de plusieurs autres villes du pays hier. Pour demander, encore et encore, la démission du Président et la libération des prisonniers politiques.

Biélorussie : arrestations et répression brutale d’une grande manifestation à Minsk

  Biélorussie : arrestations et répression brutale d’une grande manifestation à Minsk Biélorussie : arrestations et répression brutale d’une grande manifestation à MinskLe mouvement de contestation historique en Biélorussie, déclenché par des soupçons de fraudes massives lors de la présidentielle du 9 août, rassemble tous les dimanches des dizaines de milliers de personnes depuis deux mois.

« Marre de cette dictature ! »

Il ne faut surtout pas courir, sinon ils te visent , conseille Kristina, 28 ans. Cette conceptrice de jeux vidéo garde son sang-froid alors que des Omon, les forces spéciales de la police, courent après les manifestants pour les arrêter, à seulement quelques mètres derrière.

Kristina met un point d’honneur à manifester une fois par semaine contre le régime,  parce que j’en ai marre de n’avoir aucune liberté, marre de cette dictature ! Je ne suis pas fatiguée, je n’ai pas peur. Mais, si jamais les choses tournent mal, alors je suis prête à quitter le pays.

Plus bas sur l’avenue des Partisans, le long de laquelle défilent quelques dizaines de milliers de personnes, une riveraine, depuis la fenêtre du deuxième étage, voit l’arrivée des minibus noirs des forces de police. Elle crie :  Stop ! Stop ! . Ceux qui sont passés juste avant qu’elle ne crie sont aspergés de gaz lacrymogène.

En Biélorussie, la police menace maintenant de tirer à balles réelles sur les manifestants

  En Biélorussie, la police menace maintenant de tirer à balles réelles sur les manifestants Les forces de l’ordre biélorusses « utiliseront, si nécessaire, des équipements spéciaux et des armes de combat », a indiqué le ministère de l’Intérieur.Les forces de l’ordre « ne quitteront pas les rues et utiliseront, si nécessaire, des équipements spéciaux et des armes de combat », a indiqué le ministère sur la messagerie Telegram.

Yulia s’est arrêtée à temps.  J’ai peur, mais il n’y a pas le choix si on veut changer les choses, et on ne peut pas retourner en arrière, explique cette éditrice de 40 ans. D’autant que nous, les femmes, nous avons moins de risques de nous faire arrêter que les hommes. Surtout si l’on n’a pas de drapeau.

Plus de 200 arrestations

Quand les minibus policiers remontent l’avenue, chargés de manifestants arrêtés, il est temps de repartir. Beaucoup de gens quittent le cortège, devenu très silencieux, par les rues adjacentes. Impossible de se connecter à Internet et de savoir ce qu’il se passe. L’ambiance est d’autant plus lourde que les autorités, dans la semaine, ont autorisé la police à tirer à balles réelles sur la foule.

Viktoria, 29 ans, et Olga, 20 ans, sont déterminées à aller jusqu’au bout – encore 5 kilomètres.  Je n’ai pas vraiment besoin de manifester, je vis très bien, admet Viktoria. J’ai ma propre entreprise, qui est un succès. Mais ce que l’on fait, maintenant, c’est pour tout le peuple. Pour que tout le monde ait des revenus décents !  Pourtant, Olga et elle avouent avoir peur et surveillent les alentours.

Grenades, canons à eau, balles de caoutchouc, plus de 200 arrestations… Ce dimanche 18 octobre 2020 a ressemblé à tous les autres. Même s’ils assurent qu’ils continueront à descendre dans la rue, beaucoup de Biélorusses avouent être fatigués, aussi mentalement que physiquement.

C’est l’une des raisons pour lesquelles Svetlana Tikhanovskaïa, la cheffe de l’opposition, en exil à Vilnius, a lancé un ultimatum à Alexandre Loukachenko. S’il ne quitte pas le pouvoir d’ici à dimanche prochain, elle promet une manifestation monstre, et une grève générale le 26 octobre. Car Loukachenko a tout intérêt à ce que la révolution s’enlise.

Biélorussie : nouvelle manifestation contre Alexandre Loukachenko, visé par un ultimatum de l'opposition .
Une nouvelle manifestation contre le pouvoir a eu lieu, dimanche 25 octobre, à Minsk, la capitale de la Biélorussie. L'opposition, emmenée par la leader Svetlana Tikhanovskaïa, a lancé ce mois-ci un ultimatum, en demandant la démission du président Alexandre Loukachenko avant lundi. S'il refuse, l'opposition promet d'appeler à la grève générale. Le mouvement de contestation se poursuit en Biélorussie. À Minsk, la capitale biélorusse, une nouvelle manifestation se déroulait contre le président Alexandre Loukachenko, dimanche 25 octobre.

usr: 1
C'est intéressant!