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Monde "C'était violent, c'était terrible": le "mardi sanglant" de Lagos

23:45  21 octobre  2020
23:45  21 octobre  2020 Source:   msn.com

Plus de protestations nigérianes contre la brutalité policière alors que les réformes ne parviennent pas à convaincre

 Plus de protestations nigérianes contre la brutalité policière alors que les réformes ne parviennent pas à convaincre Par Temilade Adelaja et Alexis Akwagyiram © Reuters / TEMILADE ADELAJA Des manifestants portent des banderoles lors d'une manifestation contre les brutalités policières présumées, à Lagos LAGOS (Reuters) La fin des brutalités policières est revenue dans les rues mercredi, se disant peu convaincue par la création d'une nouvelle unité de police et par l'engagement de ne pas recourir à la violence contre les manifestants.

Les dégâts au poste de péage à Lagos, le 21 octobre 2020 au lendemain de la répression des forces de l'ordre contre des manifestants © SOPHIE BOUILLON Les dégâts au poste de péage à Lagos, le 21 octobre 2020 au lendemain de la répression des forces de l'ordre contre des manifestants

Des fêtes et rassemblements des derniers jours, il ne reste que des bris de verre et des graffitis pour dénoncer les violences policières et réclamer une "meilleure gouvernance" au Nigeria. Mercredi, au lendemain de la tuerie du péage de Lekki, à Lagos, il ne restait que des fantômes.

Une vingtaine de soldats et de policiers ont récupéré le contrôle des lieux. Ils discutaient entre eux ou dormaient à même le sol, pendant que quelques gamins des rues ramassaient les restes des décombres: des morceaux d'acier tordus, des plaques de métal défoncées, des panneaux éventrés.

Avec Instagram, les hashtags et le bitcoin, les jeunes Nigérians renforcent les manifestations anti-police

 Avec Instagram, les hashtags et le bitcoin, les jeunes Nigérians renforcent les manifestations anti-police Par Alexis Akwagyiram © Reuters / TEMILADE ADELAJA Des manifestants se rassemblent à côté d'un panneau d'affichage électronique affichant le slogan "Mettre fin aux brutalités policières", lors d'une manifestation à Lagos LAGOS ( Reuters) - Ozioma Egemasi dit que la police nigériane l'a giflé, fouetté et frappé avec la crosse d'un pistolet lorsqu'il a refusé de leur verser un pot-de-vin. Puis il les entendit discuter de l'opportunité de le tuer. © Reuters / TEMILADE ADELAJA .

Des policiers patrouillent à Lagos pendant le couvre-feu © Pierre FAVENNEC Des policiers patrouillent à Lagos pendant le couvre-feu

Où iront-ils les vendre? Personne ne le sait.

Lagos, mégalopole tentaculaire d'habitude si vivante, s'est transformée en ville morte depuis que ses 20 millions d'habitants se sont réveillés sous un couvre-feu total imposé par les autorités, et encore sous le choc des images et des vidéos virales, des "direct live" regardés en masse sur les réseaux sociaux.

Le péage à Lagos déserté le 21 octobre 2020 au lendemain de la répression des forces de l'ordre suite à des manifestations © SOPHIE BOUILLON Le péage à Lagos déserté le 21 octobre 2020 au lendemain de la répression des forces de l'ordre suite à des manifestations

Le coup d'arrêt sanglant sur les quelque 1.000 manifestants qui défiaient les ordres de couvre-feu à Lekki a fait au moins 10 morts, selon Amnesty International.

Traumatisme et fureur alors que les soldats ouvrent le feu au Nigéria, attirant l'attention du monde entier sur des manifestations d'une semaine

 Traumatisme et fureur alors que les soldats ouvrent le feu au Nigéria, attirant l'attention du monde entier sur des manifestations d'une semaine Le Nigéria a été témoin de scènes de violence et de chaos alors que les manifestations appelant à la fin des brutalités policières se sont poursuivies pendant la nuit et jusqu'à mercredi, malgré un couvre-feu de 24 heures plusieurs rapports de témoins oculaires faisant état de soldats ouvrant le feu sur des manifestants.

Au total, l'ONG a recensé au moins 12 morts et des centaines de blessés dans la répression des manifestations qui ont eu lieu à travers Lagos mardi soir.

"On n'avait pas d'armes, on n'avait même pas de bâton, tout ce qu'on brandissait c'était des drapeaux du Nigeria", raconte à l'AFP Larry Matthew, manifestant d'une trentaine d'années qui erraient encore dans les rues de Lekki 24 heures après les faits.

"On leur criait qu'on voulait la paix, mais les soldats n'ont rien voulu savoir", poursuit-il en colère. "Avant même qu'on réalise quoi que ce soit, ils ont coupé les caméras de vidéo-surveillance, ensuite ils ont coupé les lumières et ils ont commencé à tirer. Ah! C'était violent. C'était terrible!"

- "Cacher les preuves" -

Tous les témoins de la répression notent que l'éclairage public et les immenses panneaux publicitaires ont été éteints avant que les forces de l'ordre, apparemment des militaires et des policiers selon les témoignages recueillis, n'ouvrent le feu sur la foule.

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  Nigeria: après un «mardi sanglant», les violences se poursuivent à Lagos Le Nigeria se réveille sous le choc, au lendemain d’un « mardi noir », d'« un mardi sanglant », comme titrent les journaux, marqué par une éruption de violence à travers tout le pays et particulièrement dans la mégalopole de Lagos. Dans cette grande ville, les forces de sécurité ont brutalement dispersé les jeunes qui manifestaient contre les violences policières, faisant plusieurs morts selon Amnesty International. Avec notre correspondante àAvec notre correspondante à Abuja, Liza Fabbian

Chaos à un péage après 10 jours de manifestation et au lendemain de la répression des forces de l'ordre à Lagos, le 21 octobre 2020 © SOPHIE BOUILLON Chaos à un péage après 10 jours de manifestation et au lendemain de la répression des forces de l'ordre à Lagos, le 21 octobre 2020

Un journaliste de l'AFP a constaté également que des ouvriers en tenue de travail portaient des caméras de surveillance une heure environ avant que les forces de sécurité ne soient visibles aux abords des lieux.

Amnesty International relève également ces détails et dénonce une "tentative évidente de cacher les preuves" de ce massacre sur la population civile.

Le gouverneur de Lagos de son côté, a d'abord démenti sur Twitter qu'il y avait eu des victimes lors de cette répression. Avant de se raviser et effacer son tweet, pour finalement concéder une "vie perdue".

L'armée a également nié toute implication dans cette tuerie, malgré de nombreuses vidéos circulant sur les réseaux sociaux montrant des soldats tirer à balles réelles.

"Ils avaient des uniformes de l'armée! Des uniformes de l'armée!", insiste Paul Sunday, un jeune manifestant. "Ils ont attendu qu'il fasse nuit, vers 19H00, et ils nous ont attaqué par devant et par derrière", souligne-t-il.

Désormais, sans eau et sans nourriture depuis plus de 24 heures, il erre avec une dizaine d'amis dans les rues vides et étouffantes des quartiers d'affaires de Lagos, où tous les magasins sont fermés jusqu'à nouvel ordre et les transports interrompus.

"Nous sommes des pauvres, on se battait juste pour nos droits", dit-il. "Et maintenant nous n'avons nulle part où aller, on ne peut même plus rentrer chez nous".

spb/cld

La mégapole nigériane Lagos rouvre alors que le couvre-feu a été assoupli après l'agitation des tirs de protestation .
Par Angela Ukomadu © Reuters / AFOLABI SOTUNDE Des voitures roulent alors que les gens nettoient les rues de Lagos LAGOS (Reuters) - Les travailleurs ont commencé un nettoyage des rues de Lagos Samedi après l'assouplissement d'un couvre-feu 24 heures sur 24 après des jours de troubles déclenchés par la fusillade de manifestants manifestant contre la brutalité policière au Nigéria.

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