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Monde 10 choses à savoir sur Amy Coney Barrett, la nouvelle juge de la Cour suprême américaine

16:45  27 octobre  2020
16:45  27 octobre  2020 Source:   nouvelobs.com

États-Unis : le choix d'Amy Coney Barrett pour la Cour suprême pèse sur le droit à l'avortement

  États-Unis : le choix d'Amy Coney Barrett pour la Cour suprême pèse sur le droit à l'avortement Face à la nomination à la Cour suprême de la juge Amy Coney Barrett, fervente catholique connue pour ses positions conservatrices, de nombreuses associations dénoncent un risque réel de recul pour les droits des femmes et notamment la législation sur l’avortement. Une mobilisation est prévue samedi dans plusieurs villes américaines. Amy Coney Barrett sera dans la ligne de mire des activistes de Women's march qui organisent, samedi 17 octobre, une journée de manifestations à travers le pays.

  10 choses à savoir sur Amy Coney Barrett, la nouvelle juge de la Cour suprême américaine © Copyright 2020, L'Obs

Nommée par Donald Trump après le décès de l’icône progressiste et féministe Ruth Bader Ginsburg le 18 septembre, la juge Amy Coney Barrett a été confirmée à la Cour suprême américaine par le Sénat, lundi. « L’Obs » fait le point sur ce qu’il faut savoir sur elle en republiant un texte paru le 25 septembre dernier.

1. Catho

Il a suffi d’une petite phrase de la sénatrice démocrate de Californie, Dianne Feinstein, pour en faire la Jeanne d’Arc de la droite religieuse : « Le dogme vit bruyamment en vous », avait dit l’élue du Golden State durant l’audition de confirmation d’Amy Coney Barrett pour une cour d’appel en 2017. Ce qui n’est pas faux. En 2006, s’adressant aux étudiants d’une université catholique de l’Indiana où elle a enseigné pendant quinze ans, Amy Barrett ne cache pas ses convictions : « Si vous parvenez à garder à l’esprit que votre but fondamental, dans la vie, n’est pas d’être avocat mais de connaître, aimer et servir Dieu, vous deviendrez un avocat d’un type vraiment différent. »

Une faible majorité d'Américains soutient désormais la confirmation d'Amy Coney Barrett, dont 32% des électeurs démocrates, un nouveau sondage montre

 Une faible majorité d'Américains soutient désormais la confirmation d'Amy Coney Barrett, dont 32% des électeurs démocrates, un nouveau sondage montre © Jabin Botsford / The Washington Post via Getty Images La juge Amy Coney Barrett parle alors que le président Trump annonce sa nomination choix de juge associé de la Cour suprême dans la roseraie de la Maison Blanche le samedi 26 septembre 2020. Jabin Botsford / The Washington Post via Getty Images Une faible majorité d'électeurs, dont 32% des démocrates, affirment désormais le Le Sénat devrait voter pour confirmer Amy Coney Barrett à la Cour suprême, selon un nouveau sondage Morning Consult.

2. People and Praise

Peu après la confrontation avec Feinstein, mais avant sa confirmation par le Sénat (55 voix pour, 43 contre), le « New York Times » révèle qu’elle appartient à un groupe de renouveau charismatique appelé People of Praise qui professe, entre autres, que « les maris ont autorité sur leurs épouses et doivent diriger leur famille ». L’organisation insiste sur la vie familiale, sur les rôles traditionnels associés au genre et sur la prière. En 1996, le neveu du fondateur a rappelé que le but du groupe était d’incorporer la foi dans tous les aspects de la vie : « Nous croyons qu’il n’y a pas de vie en-dehors de la vie chrétienne. Tout ce que nous faisons, nous le faisons donc pour le Christ et notre prochain. »

3. Avortement

Elle a critiqué la fameuse décision de 1973 « Roe vs. Wade », suggérant que le plus probable était que la Cour suprême rabotera cette jurisprudence pour ne garder que le droit basique à l’avortement. Un an plus tard, en 2017, elle déclare : « Je n’imposerai jamais mes convictions personnelles au détriment de la loi. » Mais avec une super-majorité conservatrice, rien n’empêchera la Cour d’enfoncer un pieu dans le cœur de « Roe vs. Wade », et l’on peut compter sur la nouvelle juge pour se joindre à l’assaut.

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 Sénat pour faire avancer la nomination d'Amy Coney Barrett à la Cour suprême lors d'un vote procédural clé Le Sénat est sur le point de tenir un vote procédural clé dimanche pour faire avancer la nomination à la Cour suprême de la juge Amy Coney Barrett, ouvrant la voie à un vote de confirmation final, qui prendra probablement lieu lundi soir, quelques jours à peine avant l'élection du 3 novembre où le contrôle du Congrès et de la Maison Blanche est en jeu.

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4. Brillante

Amy Coney Barrett est née il y a quarante-huit ans en Louisiane, dans la banlieue de La Nouvelle-Orléans. Elle est l’aînée de sept enfants, père avocat et mère au foyer. Elle fait toute sa scolarité dans l’école dominicaine du coin, récoltant les premiers prix, avant de suivre des études de droit tout aussi brillantes : elle assiste des juges de la Cour suprême, dont Antonin Scalia, de 1998 à 1999. Elle est comme lui « originaliste », ou « textualiste », une façon de s’en tenir au « texte » de la Constitution, ce qui justifie les interprétations les plus conservatrices. A la différence de certains juges nommés précédemment par des présidents républicains, pas de danger qu’une fois installée à la plus haute juridiction du pays, elle soit saisie par le moindre virus modéré.

5. Famille nombreuse

Mariée depuis une vingtaine d’années à Jesse Barrett, un avocat de South Bend (Indiana), elle élève avec lui leurs sept enfants, tous âgés de moins de 20 ans. Parmi eux, deux enfants haïtiens adoptés − dont l’un après le tremblement de terre de 2011 − et un benjamin atteint du syndrome de Down. Après sa nomination comme juge fédérale, en 2017, elle a fait trois fois par semaine la navette (150 km) entre South Bend et Chicago.

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 confirmera la candidature de Trump à la Cour suprême une semaine avant le jour du scrutin Le Sénat Les républicains du Sénat sont sur le point de confirmer lundi la juge Amy Coney Barrett , candidate à la Cour suprême du président Trump, une victoire majeure pour le président et son parti quelques jours avant le 3 novembre , qui promet de pousser la Haute Cour dans une direction plus conservatrice pour les générations à venir.

6. Guns

En 2019, elle a exprimé son désaccord avec une décision du tribunal où elle siège, à propos d’une interdiction de posséder une arme à feu infligée à un homme condamné pour fraude. « L’Histoire s’accorde avec le sens commun : elle démontre que les législatures ont le droit d’interdire aux personnes dangereuses de posséder des armes à feu », écrit-elle. Mais, mais, mais… « Ce pouvoir ne s’applique qu’aux personnes dangereuses. » Le faire au nom d’une fraude revient à « rabaisser le Deuxième amendement au rang de droit de second ordre ». Alors que cet amendement, affirme-t-elle, « confère un droit unique, intimement connecté avec le droit naturel à l’autodéfense ».

7. Obamacare

Ce sera l’un de ses premiers dossiers. Le 10 novembre, la Cour suprême a prévu de se pencher une énième fois sur le sort de l’Obamacare, la réforme de l’assurance-maladie qui reste le succès majeur de Barack Obama. Le président de la Cour, John Roberts, l’avait sauvée de justesse en 2012 et cela n’avait pas plu à Amy Barrett. « Roberts, écrivait-elle, a poussé l’Affordable Care Act [Obamacare, NDLR] au-delà de sa signification plausible afin de sauver le statut. » En clair, il n’aurait jamais dû sortir de son rôle clinique de juge. On n’ose imaginer, en cas de victoire le 3 novembre de Joe Biden, qui fut le vice-président d’Obama, la provocation que constituerait l’annulation d’une loi aussi populaire, non seulement chez les démocrates mais dans toute l’opinion.

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 Amy Coney Barrett a prêté serment à la Cour suprême La juge Amy Coney Barrett a prêté serment en tant que juge de la Cour suprême américaine lundi soir, inclinant officiellement l'équilibre du tribunal plus à droite qu'il ne l'a été. 70 ans . Justice Clarence Thomas , le membre le plus conservateur de la cour, a prêté serment constitutionnel à Barrett à la Maison Blanche quelques heures après que le Sénat eut voté pour la confirmer.

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8. Trump

Amy Barrett avait déjà été pressentie pour un poste à la Cour suprême en 2018 après la démission surprise du juge Anthony Kennedy. Son audition avec Trump ne s’était pas très bien passée : elle souffrait d’une conjonctivite, portait des lunettes noires et n’était « pas au meilleur de sa forme », selon une source. Brett Kavanaugh avait fini par décrocher le siège. Peu importe : ce n’est pas Trump, en réalité, qui sélectionne avec soin les juges de la Cour suprême mais la très influente Federalist Society, fondée en 1982, dont Barrett a d’ailleurs été membre, et tout le mouvement conservateur en matière de droit dont l’autorité suprême est Leonard Leo, un avocat qui a par ailleurs coordonné les campagnes de soutien à la nomination de John Roberts, Samuel Alito, Neil Gorsuch et Brett Kavanaugh à la Cour suprême.

9. Illégitime

La tradition veut que les sénateurs rencontrent en tête-à-tête le ou la juge nommé(e) par le président, avant l’audition de confirmation. Mais les sénateurs démocrates sont tellement révulsés par le coup de force de Trump et des républicains, juste avant l’élection, que certains ont déjà annoncé qu’ils ne la rencontreraient pas. Pour Jeff Merkley, sénateur de l’Oregon, « cette nomination est illégitime » : « Je n’ai personnellement aucun désir de prétendre qu’elle est acceptable. » « Pourquoi voudriez-vous que je rencontre une personne dont je sais déjà ce qu’elle décidera, sur chaque dossier? », demande son confrère de Pennsylvanie, Bob Casey. Ambiance…

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 Amy Coney Barrett entre rapidement dans la mêlée des batailles juridiques acrimonieuses de Trump (Bloomberg) - La juge Amy Coney Barrett, nouvellement confirmée de la Cour suprême nommée, elle obtient quatre ans de plus à la Maison Blanche. © Bloomberg Clarence Thomas, au centre, a prêté serment à Amy Coney Barrett, à la Maison Blanche à Washington, DC, le 26 octobre. Barrett, 48 ans, qui prendra son siège une semaine avant Election Day, se joint à un tribunal qui délibère déjà sur les conflits de vote en cours de Caroline du Nord et de Pennsylvanie.

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10. Etats rouges

On peut d’autant mieux comprendre la colère des démocrates qu’une Cour suprême à ce point à droite (6 juges contre 3) n’aurait plus aucune incitation à rechercher un minimum de compromis. Mieux, ou pire : les Etats républicains les plus conservateurs se sentiront pousser des ailes pour faire voter des lois réactionnaires, sachant qu’ils auront toutes les chances de les faire valider par la Cour. Un film d’horreur qui, en cas de victoire de Biden et de contrôle démocrate du Sénat, pourrait bien déclencher une réforme de la Cour suprême corrigeant ce déséquilibre aberrant et incroyablement dangereux pour la démocratie américaine.

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