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Monde Israël: avec la normalisation, la peur des "infiltrés" soudanais d'un retour forcé

12:55  28 octobre  2020
12:55  28 octobre  2020 Source:   msn.com

Bahreïn et Israël formalisent la normalisation de leurs relations

  Bahreïn et Israël formalisent la normalisation de leurs relations Une délégation officielle d'Israël est arrivée dimanche à Bahreïn pour signer un document établissant des relations diplomatiques avec cette monarchie arabe du Golfe, un mois après la signature à la Maison Blanche d'un accord de normalisation entre les deux pays.La délégation israélienne et des représentants de Bahreïn signeront en soirée à Manama "un communiqué conjoint sur l'établissement de relations diplomatiques complètes", qui permettra l'ouverture d'ambassades, a dit à l'AFP un responsable israélien sous le couvert de l'anonymat.

Depuis l’annonce d ’ une normalisation des relations entre le Soudan et Israël , une partie des Soudanais soutient cette décision, susceptible d’aider Mais une majorité de Soudanais reproche à leurs dirigeants d’avoir franchi une ligne rouge en trahissant « la cause panarabe » cristallisée autour

Plusieurs grands partis politiques soudanais ont annoncé leur opposition à la décision du pays de normaliser ses relations avec l ’entité sioniste. Les opposants à l’accord – annoncé vendredi dans un communiqué conjoint des États-Unis, d’ Israël et du Soudan – ont déclaré qu’ils formeraient un « front

Des demandeurs d'asile soudanais à Tel-Aviv (Israël), le 25 octobre 2020 © MENAHEM KAHANA Des demandeurs d'asile soudanais à Tel-Aviv (Israël), le 25 octobre 2020

Avec l'annonce d'une normalisation des relations entre Khartoum et Israël, ils pourraient servir de trait d'union entre les deux nations. Mais des milliers de demandeurs d'asile soudanais craignent d'être expulsés par l'Etat hébreu vers leur pays, notamment le Darfour, où la guerre menace encore.

Usumain Baraka, demandeur d'asile soudanais en Israël, à Tel-Aviv le 25 octobre 2020 © MENAHEM KAHANA Usumain Baraka, demandeur d'asile soudanais en Israël, à Tel-Aviv le 25 octobre 2020

Après les Emirats arabes unis et Bahreïn, le Soudan est le troisième pays arabe depuis août à annoncer un tel accord. Si les deux premiers n'ont pas de diaspora en Israël, il en va autrement pour le Soudan.

La paix arabo-israélienne est la voie de la paix avec les Palestiniens

 La paix arabo-israélienne est la voie de la paix avec les Palestiniens Les accords d'Abraham négociés par les États-Unis ouvrent la voie à une normalisation complète des relations entre Israël et les nations arabes des Émirats arabes unis et de Bahreïn. Cela a porté les perspectives de paix et de stabilité dans la région au plus haut niveau depuis des décennies, ce qui rend d'autant plus étonnant de voir des forces s'aligner contre l'initiative américaine.

La normalisation des relations entre Israël et le Soudan est un «formidable revirement», s'est félicité le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou Donald Trump a contacté le 23 octobre par téléphone les dirigeants d' Israël et du Soudan pour conclure l'accord. La normalisation des relations

Les Soudanais loin d'être tous convaincus. Le réchauffement avec Israël crée des remous au sein de la société soudanaise . Son leader Sadiq al-Mahdi a aussitôt réagi après l’interview. Lui qui était contre la normalisation avec Israël a semblé se radoucir, précisant qu’elle devait être entérinée par

Adam, Soudanais demandeur d'asile en Israël, craint l'expulsion après la normalisation des relations © MENAHEM KAHANA Adam, Soudanais demandeur d'asile en Israël, craint l'expulsion après la normalisation des relations

L'Etat hébreu abrite aujourd'hui 6.000 Soudanais (après un pic à 12.000), appelés "infiltrés" par les autorités car entrés clandestinement sur le territoire avant d'obtenir un statut leur permettant de rester et, pour certains, de travailler, sans toutefois obtenir la citoyenneté.

Ces Soudanais parlent couramment arabe et hébreu, de quoi espérer oeuvrer à un rapprochement entre ces deux pays que tout a opposé pendant sept décennies.

Mais depuis l'annonce de l'accord, "les gens ont vraiment peur de voir le gouvernement nous renvoyer au Soudan", explique Barik Saleh, demandeur d'asile soudanais d'une vingtaine d'années.

Donald Trump annonce la normalisation des relations entre Israël et le Soudan

  Donald Trump annonce la normalisation des relations entre Israël et le Soudan Le président américain Donald Trump a annoncé ce vendredi 23 octobre la normalisation des relations diplomatiques entre Israël et le Soudan, assurant que les deux pays avaient fait la « paix ». Après les Emirats arabes unis et Bahreïn, l'Etat hébreu va normaliser ses relations avec un troisième pays. Israël et le Soudan ont fait la « paix », a déclaré Donald Trump à l'issue d'une conversation téléphonique avec les dirigeants des deux pays, à laquelle ont pu assister des journalistes.

Par Le Figaro avec AFP. Israël et le Soudan ont normalisé leurs relations en fin de semaine dernière. Jack guezashraf shazly / afp. Le Soudan est le troisième pays arabe depuis août à annoncer une normalisation de ses relations avec Israël , après les Émirats arabes unis et Bahreïn.

Le Soudan et Israël ont accepté vendredi 24 octobre d'entamer la normalisation de leurs relations diplomatiques au terme d ' une médiation américaine. Le président américain Donald Trump a obtenu cet accord lors d ' un entretien téléphonique avec le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu

"Avec la normalisation (...) la première chose qui vient à l'esprit du gouvernement c'est: on va pouvoir renvoyer les infiltrés", affirme Jean-Marc Liling, avocat israélien spécialisé dans les questions d'asile.

Après l'indépendance du Soudan du Sud en 2011, les autorités israéliennes avaient traqué les "infiltrés" originaire de ce territoire --qui a rapidement replongé dans la guerre civile-- pour les y renvoyer.

A Tel-Aviv, dans le quartier de Neve Shaanan, où des demandeurs d'asile égrainent les jours entre boutiques et restaurants dont certains offrent des plats de fèves rivalisant avec les meilleurs bouis-bouis de Khartoum, une expression hébraïque décrit l'accord de normalisation: "kakha-kakha!". "Couci-couça".

- "100% en danger" -

C'est le paradoxe de cet accord pour les demandeurs d'asile soudanais arrivés pour certains à l'adolescence en Israël. D'un côté, ils ont souhaité la normalisation des relations Soudan-Israël mais, de l'autre, plusieurs craignent d'en faire les frais.

Israël et le Soudan vont normaliser leurs relations, les Palestiniens fulminent

  Israël et le Soudan vont normaliser leurs relations, les Palestiniens fulminent Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a salué un « formidable revirement » tandis que Hazem Qassem, le porte-parole officiel du Hamas, dénonçait un nouveau « péché politique ». « Quel formidable revirement ! Aujourd’hui Khartoum dit oui à la paix avec Israël, oui à la reconnaissance d’Israël et à la normalisation avec Israël », a réagi Benjamin Netanyahu dans une déclaration en hébreu transmise par ses services à l’AFP.

Le prochain sommet Israël -Afrique se tiendra du 24 au 26 octobre prochain dans la capitale L'Etat saoudien n'apprécie pas le retour d' Israël en Afrique et craint qu'il n'impacte la position des pays Les relations entre la plupart des pays musulmans d'Afrique et Israël n'ont jamais été normalisées depuis

Les Soudanais loin d'être tous convaincus. Le réchauffement avec Israël crée des remous au sein de la société soudanaise . Son leader Sadiq al-Mahdi a aussitôt réagi après l’interview. Lui qui était contre la normalisation avec Israël a semblé se radoucir, précisant qu’elle devait être entérinée par

"Je suis le premier à vouloir de cette normalisation mais si je suis déporté, je vais être 100% en danger", résume Barik, qui a vécu jusqu'à neuf ans dans la province du Darfour-Occidental.

En 2003, au début de la guerre civile au Darfour, il fuit avec sa famille au Tchad voisin. Adolescent, il part vers la Libye mais plutôt que tenter de traverser la Méditerranée, il bifurque vers l'Egypte puis Israël.

"Si je rentre, ce sera pour retrouver ma famille. Mais ma famille vit (toujours) dans un camp de réfugiés", confie-t-il.

Idem pour Usumain, Monim, Sadig, Adam et d'autres ayant fui à l'adolescence ces camps au Darfour ou au Tchad voisin.

"La raison pour laquelle nous sommes ici n'est pas à cause de l'absence de relations diplomatiques (...) mais à cause du génocide et du nettoyage ethnique d'où nous venons", soupire Monim Haroon, originaire du Jebel Marra, au coeur du Darfour, un fief du rebelle Abdelwahid Nour.

- Combattre ou partir -

Omar el-Béchir, au pouvoir durant trois décennies (1989-2019), reste recherché par la Cour pénale internationale pour crime de guerre et génocide au Darfour, où le conflit a fait plus de 300.000 morts, essentiellement dans les premières années selon l'ONU.

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La normalisation des relations entre Israël et le Soudan, sous l'égide des États-Unis, est un "formidable revirement" pour l’État hébreu, mais M. Trump était au téléphone, sur haut-parleur, avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et son homologue soudanais Abdallah Hamdok.

Après la chute de celui qui accusait Israël de soutenir des rebelles darfouris, le gouvernement de transition a signé la paix avec des rebelles, hormis l'Armée de libération du Soudan d'Abdelwahid Nour (SLA-AW).

Monim Haroon a été son représentant en Israël. "J'ai moi-même appelé à la normalisation avec Israël lorsque cela était interdit par le Soudan. Mais, à moins qu'Abdelwahid signe un accord de paix, je ne peux pas retourner au Soudan", explique-t-il.

D'autant que des dirigeants du gouvernement de transition ont eux-mêmes participé au conflit dont Mohamed Hamdan Daglo qui dirigeait une puissante milice pro-gouvernementale.

Les milices "ont tué mon père, ils ont tué mon grand frère, puis ils ont pris tout ce que nous avions au village", souligne Usumain Baraka, lui aussi parti du Darfour à neuf ans pour le Tchad, où sa mère vit toujours dans un camp de réfugiés.

"A un moment, j'avais deux options: soit retourner au Darfour pour combattre dans un groupe rebelle, soit quitter le camp pour tenter d'avoir une vie normale", raconte-t-il.

- Pont Khartoum/Tel-Aviv -

Rester demandeurs d'asile en Israël ou rentrer dans un camp au Soudan? Des Darfouris craignent donc d'y perdre avec la normalisation.

"Nous n'avons pas d'endroit où aller", insiste Usumain, pantalon ajusté, chemise de marque, montre dorée et master d'administration publique en poche lui donnant davantage des airs de jeune premier que de maquisard.

Certains de ces jeunes Soudanais souhaiteraient être considérés comme "un atout" par Israël, qui doit bientôt parler d'immigration avec Khartoum.

"Nous pourrions être un pont entre les deux pays", dans le commerce mais aussi pour aider ces deux peuples à se comprendre, songe Monim.

"Israël est ma seconde demeure, il n'y pas de langue que je parle mieux que l'hébreu, même ma langue maternelle, le Four", renchérit Barik, qui rêve du jour où il pourra rentrer au pays. "Mais pas tout de suite".

gl/gk/elm

« Israël pense que l'Égypte peut élargir le camp de la paix » .
ENTRETIEN. Malgré 40 ans de paix, les relations restent froides entre Israël et l'Égypte. L'ambassadrice israélienne au Caire appelle à suivre l'exemple des Émirats.Officiellement attachés à la solution à deux États, les dirigeants égyptiens ont toujours refusé d'entretenir et afficher des relations d'amitié avec leurs homologues israéliens. Aucun concert d'artiste israélien ne s'est tenu en Égypte en 40 ans, les investissements communs étant limités au secteur du textile.

usr: 1
C'est intéressant!