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Monde Ethiopie. Cinq questions pour comprendre le conflit dans la région du Tigré

09:15  29 novembre  2020
09:15  29 novembre  2020 Source:   ouest-france.fr

En Éthiopie, les deux camps revendiquent des victoires au Tigré

  En Éthiopie, les deux camps revendiquent des victoires au Tigré Opposés depuis deux semaines dans un conflit militaire, le gouvernement éthiopien et les autorités de la région dissidente du Tigré ont chacun revendiqué, mercredi, d'importantes victoires militaires. Les deux camps qui s'opposent depuis deux semaines dans le nord de l'Éthiopie – le gouvernement éthiopien et les autorités de la région dissidente du Tigré – ont revendiqué, mercredi 18 novembre, d'importantes victoires militaires. Le PremierLes deux camps qui s'opposent depuis deux semaines dans le nord de l'Éthiopie – le gouvernement éthiopien et les autorités de la région dissidente du Tigré – ont revendiqué, mercredi 18 novembre, d'importantes victoires militaires.

© AFP / Eduardo Soteras Le conflit au Tigré a déjà fait plusieurs centaines de morts et a poussé des milliers d’Éthiopiens à fuir la région . Le 7 novembre, le parlement éthiopien a révoqué le parlement régional et le gouvernement du Tigré , accusant la province de vouloir faire sécession.

De son côté, l'ONU s'inquiète des pénuries dans cette région dissidente du pays, où le nombre de déplacés augmente, atteignant plus d'un million de personnes. L'armée éthiopienne va lancer la "phase finale" de son offensive dans le Tigré , a déclaré jeudi le Premier ministre Abiy Ahmed.

Un membre de la police du Tigré à un poste de contrôle dans la banlieue de la capitale Mekele, le 9 septembre 2020. © EDUARDO SOTERAS / AFP Un membre de la police du Tigré à un poste de contrôle dans la banlieue de la capitale Mekele, le 9 septembre 2020.

Un conflit armé fait rage dans l’État du Tigré, au nord de l’Ethiopie, depuis début novembre. Il oppose le gouvernement fédéral éthiopien et le gouvernement régional du Tigré. Et pousse des dizaines de milliers d'Ethiopiens à fuir au Soudan voisin. Explications.

Le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed a annoncé samedi soir que l'armée avait pris le « contrôle » de Mekele, la capitale du Tigré situé au Nord de l’Ethiopie. Il s’agit selon lui de l'accomplissement de la « phase finale » de l'opération militaire démarrée le 4 novembre. Mais que se passe-t-il dans cette région d’Afrique ?

Ethiopie: le Tigré tire de nouveau des roquettes en région voisine Amhara

  Ethiopie: le Tigré tire de nouveau des roquettes en région voisine Amhara Des roquettes tirées par les forces du Tigré, qui affrontent l'armée fédérale éthiopienne, ont à nouveau visé la région voisine d'Amhara quelques heures après que le gouvernement central a affirmé que ses troupes se rapprochaient de Mekele, capitale de la région dissidente. Les autorités du Tigré avaient également reconnu avoir tiré le lendemain des roquettes sur Asmara, capitale de l'Erythrée voisine qui borde toute la frontière nord du Tigré, accusant les autorités érythréennes de laisser les forces d'Addis Abeba utiliser son territoire et l'armée érythréenne de leur prêter main-forte dans des combats au Tigré.

du Tigré , désignée comme l’offensive ultime de l’opération militaire entamée il y a trois semaines dans cette région dissidente du nord de l’Ethiopie. de source indépendante des affirmations de l’un et de l’autre camp est difficile, le Tigré étant quasiment coupé du monde depuis le début du conflit .

De son côté, l'ONU s'inquiète des pénuries dans cette région dissidente du pays, où le nombre de déplacés augmente, atteignant plus d'un million de personnes. L'armée éthiopienne va lancer la "phase finale" de son offensive dans le Tigré , a déclaré jeudi le Premier ministre Abiy Ahmed.

Où se situe la région du Tigré ?

Le Tigré est un des dix États semi-autonomes qui forment la fédération éthiopienne. Cette région montagneuse se situe au nord de l’Ethiopie et compte environ cinq millions d’habitants. Près de 500 000 habitants peuplent sa capitale Makalé.

L’Ethiopie, deuxième d’Afrique par sa population, est un pays enclavé entre le Soudan, la Somalie, Djibouti et l'Érythrée.

Qui sont les deux principaux acteurs de ce conflit ?

D’un côté, le gouvernement fédéral basé à Addis-Abeba. Il est dirigé par le Premier ministre Abiy Ahmed qui a obtenu le prix Nobel de la paix en 2019. De l’autre, les troupes dissidentes du Front de libération des Peuples du Tigré (TPLF), dont Debretsion Gebremichael est le leader. Il est également le vice-président par intérim de la région du Tigré.

Conflit au Tigré: les combats se poursuivent en l'absence de toute aide humanitaire

  Conflit au Tigré: les combats se poursuivent en l'absence de toute aide humanitaire Mardi dernier, les Nations unies tiraient la sonnette d’alarme en qualifiant la crise au Tigré de tragédie de grande ampleur. Depuis cet appel, rien n’a vraiment changé. Voilà maintenant 18 jours que les affrontements se poursuivent dans la région du Tigré en Éthiopie, entre l'armée fédérale et les troupes du parti dissident tigréen, le TPLF. Un conflit sans témoins indépendants. Ce vendredi, le gouvernement éthiopien a affirmé que ses soldats avaient encore avancé en direction de la capitale de la province Mekelle, tandis que le parti tigréen prétendait avoir repris une ville aux troupes d'Addis-Abeba.

© Fournis par Le Point. Des "tirs à l'arme lourde" ont touché samedi Mekele, la capitale de la région dissidente du Tigré (nord) où l'armée éthiopienne mène une opération militaire, ont affirmé les autorités locales, qui y sont retranchées.

© Tiksa Negeri, Reuters Une vue de la ville d'Asmara, capitale de l'Érythrée, le 21 juillet 2018. Asmara, la capitale de l'Érythrée, accusée de prêter main-forte à l'armée éthiopienne par les rebelles de la région du Tigré , a été visée par au moins un tir de roquette vendredi.

Qui a allumé la mèche ?

Les hostilités ont été lancées dans la nuit du 3 au 4 novembre dernier. L’armée fédérale éthiopienne aurait lancé un assaut aéro-terrestre contre la région dissidente du Tigré (nord) dont des miliciens auraient attaqué deux bases militaires fédérales. Le TPLF contredit cette version et accuse le Premier ministre d'avoir inventé cette histoire pour justifier son intervention militaire

Mais les tensions entre le gouvernement fédéral et les dirigeants de la minorité tigréenne ne datent pas d’hier. Les autorités régionales du Front de libération des Peuples du Tigré (TPLF) accusent le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed d’avoir progressivement marginalisé la minorité tigréenne (6 % de la population) depuis son arrivée au pouvoir en avril 2018

Pour défier le pouvoir en place, le Tigré a décidé d’organiser ses propres élections, en septembre dernier. Et cela, malgré la décision du pouvoir fédéral de repousser toutes les élections en raison de la pandémie de coronavirus. Depuis, le Premier ministre Addis-Abeba considère illégal le gouvernement régional du Tigré. Le parlement éthiopien a voté le 7 novembre dernier la révocation du parlement régional et de l'exécutif du Tigré

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  Après l'ultimatum de l'Éthiopie aux rebelles du Tigré, l'ONU alerte sur le sort des civils Les Nations unies ont exhorté, lundi, l'Éthiopie à assurer la protection des civils, après que le Premier ministre Abiy Ahmed a fixé aux forces rebelles de l'État du Tigré un ultimatum de 72 heures pour capituler, avant une offensive contre la capitale locale Mekelle. Au lendemain de l'ultimatum posé par le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed aux forces rebelles de l'Etat du Tigré pour capituler avant une offensive contre la capitale locale Mekelle.

De son côté, l'ONU s'inquiète des pénuries dans cette région dissidente du pays, où le nombre de déplacés augmente, atteignant plus d'un million de personnes. L'armée éthiopienne va lancer la "phase finale" de son offensive dans le Tigré , a déclaré jeudi le Premier ministre Abiy Ahmed.

Les médiateurs de l'Union africaine (UA) ont pris mercredi la direction de l'Ethiopie, à quelques heures de l'expiration de l'ultimatum lancé aux forces de la région dissidente du Tigré . Les précisions de Maria Gerth-Niculescu, correspondante F24 à Addis-Abeba.

Pourquoi ce conflit déstabilise la région de la Corne de l’Afrique

Le Commandement des forces du Tigré accuse l'Erythrée de prêter main-forte à l'armée fédérale éthiopienne en laissant son aviation décoller du territoire érythréen, mais aussi en intervenant militairement dans les combats au Tigré. Il avait menacé de tirer des missiles en « représailles » contre Asmara et Massaoua, port érythréen sur la mer Rouge. Asmara, la capitale de l’Erythrée a été touchée à plusieurs reprises par des roquettes tirées de la région éthiopienne du Tigré.Le conflit déstabilise toute la région de la Corne de l’Afrique. L'Erythrée est l'ennemi juré du TPLF qui a contrôlé durant presque 30 ans l'appareil politique et sécuritaire en Ethiopie.

Ethiopie et Erythrée se sont affrontées dans une guerre meurtrière entre 1998 et 2000, à l'époque où le TPLF était tout puissant à Addis Abeba. Les deux pays sont restés à couteaux tirés jusqu'à ce que Abiy Ahmed devienne Premier ministre en 2018 et fasse la paix avec Asmara, ce qui lui a valu le prix Nobel en 2019.

Quelles conséquences pour les populations civiles ?

Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, a demandé le 20 novembre « l'ouverture de couloirs humanitaires » pour venir en aide à la population prise au piège des combats dans la région éthiopienne du Tigré. Amnesty International a dénoncé un « massacre » de civils.

Plus de 43 000 Ethiopiens ont trouvé refuge au Soudan mais, dans leur fuite éperdue, certains ont perdu la trace d'un enfant, d'un père ou d'une mère

Conflit au Tigré : Abiy justifie son devoir de "maintenir l'ordre" devant les émissaires de l'UA .
Le Premier ministre éthiopien, Abiy Ahmed, a redit vendredi qu'il était de son devoir de "maintenir l'ordre" en Éthiopie, au terme d'une avec les envoyés spéciaux chargés par l'Union Africaine (UA) d'une médiation dans le conflit au Tigré. Pour le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed, le conflit au Tigré est une opération de "maintien de l'ordre". Il a réaffirmé cette défense vendredi 27 novembre, au terme d'une rencontre organisée à Addis Abeba avec les envoyés spéciaux chargés par l'Union Africaine (UA) d'une médiation dans le conflit au Tigré.

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