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Monde Conflit en Éthiopie : "L’intention d'Abiy Ahmed n'est pas de mettre le Tigré à feu et à sang"

19:25  29 novembre  2020
19:25  29 novembre  2020 Source:   france24.com

Ethiopie: le Tigré tire de nouveau des roquettes en région voisine Amhara

  Ethiopie: le Tigré tire de nouveau des roquettes en région voisine Amhara Des roquettes tirées par les forces du Tigré, qui affrontent l'armée fédérale éthiopienne, ont à nouveau visé la région voisine d'Amhara quelques heures après que le gouvernement central a affirmé que ses troupes se rapprochaient de Mekele, capitale de la région dissidente. Les autorités du Tigré avaient également reconnu avoir tiré le lendemain des roquettes sur Asmara, capitale de l'Erythrée voisine qui borde toute la frontière nord du Tigré, accusant les autorités érythréennes de laisser les forces d'Addis Abeba utiliser son territoire et l'armée érythréenne de leur prêter main-forte dans des combats au Tigré.

Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed a ordonné jeudi, à l'issue d'un ultimatum de 72 heures, le lancement de l'offensive finale contre les autorités dissidentes du Tigré , encerclées à Mekele, la capitale d'un demi-million d'habitants de cette région Cette page n ’ est pas disponible pour l’instant.

Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed a ordonné jeudi, à l'issue d'un ultimatum de 72 heures, le lancement de l'offensive finale contre les autorités dissidentes du Tigré , encerclées à Mekele, la capitale d'un demi-million d'habitants de cette région Cette page n ’ est pas disponible pour l’instant.

Le siège du Front de libération du peuple du Tigré (TPLF), dans la ville de Mekele, dans la province du Tigré, au nord de l'Éthiopie. © Eduardo Soteras, AFP Le siège du Front de libération du peuple du Tigré (TPLF), dans la ville de Mekele, dans la province du Tigré, au nord de l'Éthiopie.

Avec la prise de Mekele, capitale du Tigré, des mains des insurgés du TPLF, le Premier ministre éthiopien a proclamé samedi la victoire du gouvernement sur la province rebelle. Mais ces derniers n’ont pas dit leur dernier mot : des tirs de roquettes provenant du Tigré ont retenti en Érythrée, relançant les craintes d’un embrasement régional.

Une étape décisive a été franchie en Éthiopie. Après quatre semaines de conflit armé entre le pouvoir central et les forces insurrectionnelles du Tigré, le Premier ministre éthiopien, Abiy Ahmed, a annoncé dans un tweet posté le 28 novembre que les opérations militaires dans la région dissidente du nord du Pays, le Tigré, étaient terminées et que les forces armées contrôlaient totalement la ville de Mekele, mettant fin à une guerre qui a bouleversé la Corne de l'Afrique.

Ethiopie: les leaders tigréens "prêts à mourir" après l'ultimatum d'Abiy Ahmed

  Ethiopie: les leaders tigréens Le président de la région dissidente du Tigré (Nord) a déclaré lundi que son peuple était "prêt à mourir", au lendemain de l'ultimatum lancé par le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed accordant 72 heures aux dirigeants tigréens pour se rendre. Nous sommes un peuple de principes et prêt à mourir pour défendre notre droit à administrer notre région", a réagi auprès de l'AFP le président du Tigré et chef du TPLF, Debretsion Gebremichael.Près de trois semaines après le début de cette opération militaire visant à restaurer son autorité, Addis Abeba projette d'"encercler" prochainement Mekele, capitale du Tigré et siège du gouvernement local du Front de libération du peuple du Tigré (TPLF).

L'armée éthiopienne va lancer la "phase finale" de son offensive dans le Tigré , a déclaré jeudi le Premier ministre Abiy Ahmed . De son côté, l'ONU s'inquiète des pénuries dans cette région dissidente du pays, où le nombre de déplacés augmente, atteignant plus d'un million de personnes.

L'armée éthiopienne va lancer la "phase finale" de son offensive dans le Tigré , a déclaré jeudi le Premier ministre Abiy Ahmed . De son côté, l'ONU s'inquiète des pénuries dans cette région dissidente du pays, où le nombre de déplacés augmente, atteignant plus d'un million de personnes.

Est-ce à dire que les combats qui faisaient rage depuis le 4 novembre appartiennent désormais au passé ? Ce n'est en tout cas pas l'avis du leader des forces rebelles, Debretsion Gebremichael. "La brutalité de ces envahisseurs ne peut que renforcer notre résolution de les combattre jusqu'à la fin", a assené le leader du Front de libération du peuple du Tigré (TPLF) dans un message à Reuters. À la question de savoir si cela signifiait que ses troupes poursuivraient les combats, il a répondu : "Certainement. Il s'agit de défendre notre droit à disposer de nous-mêmes."

Les poursuites des combats en question

Addis-Abeba n'a pas répondu dans l'immédiat. Dans un communiqué, le Premier ministre s'est contenté d'indiquer que la police était encore à la recherche des leaders rebelles. "Les forces de police maintiendront leurs efforts pour appréhender les criminels du TPLF et les amener devant la justice."

L'Éthiopie capturant la capitale du Tigré pourrait ne pas mettre fin au conflit: les analystes

 L'Éthiopie capturant la capitale du Tigré pourrait ne pas mettre fin au conflit: les analystes Les dirigeants de l'État du Tigray au nord de l'Éthiopie ont rejeté les affirmations du gouvernement selon lesquelles les troupes fédérales entourent la capitale régionale, Mekelle, alors que le Premier ministre Abiy Ahmed donne au Front de libération du peuple tigré (TPLF) jusqu'à Mercredi pour se rendre. © L'armée éthiopienne dit qu'elle prévoit d'entourer Mekelle de chars et pourrait l'attaquer avec de l'artillerie pour mettre fin ...

Éthiopie : Abiy Ahmed réaffirme son devoir de "maintenir l'ordre". Assassinat d'un scientifique iranien : Israël cherche à créer le "chaos" selon Rohani. L'armée éthiopienne va lancer la "phase finale" de son offensive dans le Tigré , a déclaré jeudi le Premier ministre Abiy Ahmed .

Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed a ordonné jeudi, à l'issue d'un ultimatum de 72 heures, le lancement de l'offensive finale contre les autorités dissidentes du Tigré , encerclées à Mekele, la capitale d'un demi-million d'habitants de cette région du Nord de l' Ethiopie .

À ce stade, "les bombardements intenses qui se sont produits sur Mekele, laissent penser que les forces tigréennes ont décidé de quitter la ville et de poursuivre leurs résistances par d'autres moyens, estime William Davison, journaliste britannique spécialiste de l'Éthiopie, contacté par France 24. Mais à ce jour, nous ne connaissons ni les intentions des forces tigréennes, ni leurs capacités de combat".

Il demeure en effet extrêmement difficile de vérifier les positions d'un camp ou de l'autre étant donné que tous les accès téléphoniques et Internet à la région étant coupés, et que les accès faisant l'objet d'un contrôle étroit depuis le début des combats entre les forces gouvernementales et le TPLF.

Crise humanitaire

Une chose est sûre, en se retirant "dans les montagnes pour poursuivre le combat, les rebelles ont épargné les populations civiles de la capitale et cela est très important, souligne Marc Lavergne, spécialiste de la Corne de l'Afrique et directeur de chercheur du CNRS. La rapidité de la victoire des forces gouvernementales est un signe assez rassurant pour la population qui n'a pas eu à subir trop de dommages humains ni matériels."

Abiy Ahmed enjoint au monde de ne pas s'immiscer dans les "affaires internes" de l'Ethiopie

  Abiy Ahmed enjoint au monde de ne pas s'immiscer dans les Le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed a demandé mercredi à la communauté internationale de ne pas interférer dans le conflit au Tigré, à quelques heures de la fin de l'ultimatum qu'il a donné aux dirigeants de cette région pour se rendre ou subir une attaque "sans pitié" sur leur capitale.Trois semaines après le début du conflit entre l'armée fédérale éthiopienne et les autorités dissidentes de cette région du nord du pays, la perspective d'un assaut contre Mekele fait craindre le pire pour ses quelque 500.000 habitants.

Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed a ordonné jeudi, à l'issue d'un ultimatum de 72 heures, le lancement de l'offensive finale contre les autorités dissidentes du Tigré , encerclées à Mekele, la capitale d'un demi-million d'habitants de cette région du Nord de l' Ethiopie .

Le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed a annoncé samedi en soirée que les opérations militaires dans la La vérification sur le terrain des affirmations de l’un et l’autre camp demeure très difficile, le Tigré étant quasiment coupé Aucun bilan précis du conflit n ’ est jusqu’ici disponible, mais l’ICG a

Il n'empêche qu'une crise humanitaire sévit déjà au Tigré où plus d'un million de personnes ont été déplacées au sein même de la région. "Il y a une pénurie de nourriture et de médicaments, d'essence et autre produit de première nécessité, explique Maria Gerth-Niculescu, correspondante France 24 à Addis-Abeba. Le gouvernement affirme avoir commencé à distribuer de la nourriture dans les zones contrôlées par l'armée nationale et qu'une route d'accès humanitaire va être établie sous la supervision du ministère de la Paix et en coopération avec les agences onusiennes. Aucune date n'a cependant été arrêtée et les ONG ne peuvent toujours pas se rendre dans la région."

Objectif d'Addis-Abeba : marginaliser le TPLF sans humilier les Tigréens

Le sort des populations réfugiées au Soudan demeure tout aussi problématique. Les réfugiés ne devraient pas tout de suite regagner l'Éthiopie, à en croire Marc Lavergne. "Il ne faut pas croire que les gens de Mekele ou ceux qui habitent les montagnes ont eu les moyens de traverser des centaines de kilomètres pour rejoindre les frontières soudanaises, indique le chercheur français. Les Tigréens qui ont fui au Soudan sont des populations qui ont été installées près des frontières il y a assez peu de temps. […] La question de leur retour devrait donc se faire, non pas des zones d'où ils sont partis, mais dans l'intérieur du Tigré historique, qui n'est pas encore pacifié."

Ethiopie: Abiy ordonne l'offensive finale contre les autorités du Tigré à Mekele

  Ethiopie: Abiy ordonne l'offensive finale contre les autorités du Tigré à Mekele Le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed a ordonné jeudi, à l'issue d'un ultimatum de 72 heures, le lancement de l'offensive finale contre les autorités dissidentes du Tigré, encerclées à Mekele, la capitale d'un demi-million d'habitants de cette région du Nord de l'Ethiopie. M. Abiy a justifié l'envoi de l'armée au Tigré en accusant le TPLF d'avoir attaqué deux bases de l'armée fédérale dans la région, ce que nient les autorités tigréennes. Aucun bilan précis des combats jusqu'ici n'est disponible, mais au moins plusieurs centaines de personnes ont été tuées. Plus de 40.

Pour l'heure, on ignore l'issue que va prendre le conflit. "L'intention d'Abiy Ahmed n'est pas de mettre le Tigré à feu et à sang, abonde Marc Lavergne. Son projet est de restaurer l'État central tout en respectant les régions et préservant la fédération ethnique qui a longtemps été dominée par les Tigréens. Il s'agit maintenant pour lui de marginaliser ou faire disparaître le Front populaire de libération du Tigré, sans opprimer ni humilier la population du Tigré qui constitue un élément essentiel de la composante générale de l'Éthiopie."

Un embrasement régional ?

On estime que des milliers de personnes sont mortes pendant les combats et que près de 44 000 réfugiés ont fui vers le Soudan. Et le conflit ne semble pas terminé. Il a réveillé dans son sillage les craintes d'une possible montée des violences avec l'Érythrée, voisine de l'Éthiopie et ennemie juré du TPLF. D'ailleurs, samedi soir, Asmara [capitale de l'Érythrée], a été pour la troisième fois la cible de tirs de roquettes provenant du Tigré, ont constaté des sources diplomatiques américaines. Le TPLF qui avait revendiqué le premier tir, accusant l'Érythrée de prêter main-forte à l'armée éthiopienne, n'a pas revendiqué les deux derniers assauts. L'Éthiopie et l'Érythrée n'ont pas réagi.

De sombres perspectives qui pourraient définitivement ternir la réputation d'Abiy Ahmed, auréolé, il y a à peine plus d'un an, de son prix Nobel de la Paix. Pour l'heure, le Premier ministre éthiopien, tente de garder la face. "Le gouvernement se défend d'avoir eu des intentions belliqueuses, conclut William Davison sur l'antenne de France 24. Pour le pouvoir central, ce sont les Tigréens qui sont responsables de la guerre, pas eux."

L'Ethiopie proclame sa victoire au Tigré, qui tire des roquettes sur l'Erythrée .
Des roquettes ont été tirées samedi soir depuis le Tigré sur la capitale de l'Erythrée voisine, Asmara, selon des sources diplomatiques, quelques heures après que le gouvernement éthiopien a pourtant affirmé "contrôler" cette région dissidente d'Ethiopie, dont sa capitale Mekele. Le Tigré a cependant tiré samedi soir une série de roquettes sur Asmara, capitale de l'Erythrée, pays voisin honni par le TPLF, ont indiqué dimanche des sourcesDimanche matin, il n'était toujours pas possible de vérifier de manière indépendante si la ville était totalement sous le contrôle de l'armée fédérale, dont un porte-parole, Mohamed Tessema, a affirmé à l'AFP que les opérations s'y déroulaient "très bien".

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C'est intéressant!