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Monde Colère des étudiants en Turquie: Erdogan accuse la «jeunesse LGBT» de «vandalisme»

13:30  02 février  2021
13:30  02 février  2021 Source:   rfi.fr

Plus de 1000 étudiants de l'Université Columbia en grève des frais de scolarité

 Plus de 1000 étudiants de l'Université Columbia en grève des frais de scolarité Plus de 1000 étudiants de l'Université Columbia retiennent les frais de scolarité de ce semestre car ils demandent à l'école Ivy League de New York de réduire ses coûts au milieu des charges financières et du passage aux cours en ligne incité par le Pandémie de Covid-19 . © Fourni par NBC News Les étudiants ont lancé la grève des frais de scolarité vendredi dernier, lorsque les paiements pour le semestre étaient dus.

Les étudiants de l'université turque du Bosphore manifestent contre la nomination de leur recteur par le président Erdogan, le 6 janvier 2021. © AP - Huseyin Aldemir Les étudiants de l'université turque du Bosphore manifestent contre la nomination de leur recteur par le président Erdogan, le 6 janvier 2021.

Il y a tout juste un mois, le président turc Recep Tayyip Erdogan nommait un proche de son parti au poste de recteur de l’une des plus prestigieuses universités du pays, l’université du Bosphore à Istanbul. Depuis ce jour, la colère d’une large partie des étudiants et des enseignants ne s’est pas apaisée, au contraire. Ce mouvement de protestation est désormais la cible d’attaques homophobes au sommet de l’État.

De notre correspondante à Istanbul,

Des arrestations d'art LGBTQ enflamment des manifestations d'étudiants en Turquie

 Des arrestations d'art LGBTQ enflamment des manifestations d'étudiants en Turquie © OZAN KOSE / AFP via Getty Images Des étudiants scandent des slogans et tiennent des pancartes le 4 janvier 2021 devant l'Université Bogazici à Istanbul lors d'une manifestation contre la nomination du nouveau recteur de l'université. Les manifestations se sont intensifiées après l'arrestation de quatre personnes pour des œuvres d'art sur le thème des LGBTQ exposées sur le campus.

La semaine dernière, comme ils le font chaque jour depuis début janvier, des étudiants de l’université du Bosphore se sont rassemblés sur le campus sous les fenêtres de leur nouveau recteur, Melih Bulu. De nouveau, ils ont protesté contre sa nomination qu’ils jugent politique et contraire aux traditions de leur établissement.

Les tensions sont montées d’un cran le 29 janvier, lorsque certains manifestants ont accroché un tableau représentant la grande mosquée de la Mecque, premier lieu saint de l’islam, orné de drapeaux arc-en-ciel, un symbole associé à la communauté LGBT.

Quatre étudiants ont été arrêtés et accusés « d'incitation à la haine ». Deux d’entre eux ont été assignés à résidence et deux autres incarcérés. Les autorités turques ont aussitôt saisi l’occasion pour fustiger l’homosexualité en invoquant la religion. Le ministre de l’Intérieur Süleyman Soylu s’est félicité sur Twitter que « quatre détraqués LGBT » aient été arrêtés. Et dans un discours ce lundi 1er février, le président Erdogan a accusé la « jeunesse LGBT » dans son ensemble de « vandalisme ».

La Turquie arrête des dizaines d’étudiants protestant contre le Pick

 La Turquie arrête des dizaines d’étudiants protestant contre le Pick d’Erdogan (Bloomberg) - La Turquie a arrêté plus de 150 étudiants qui protestaient pacifiquement contre la nomination par le président Recep Tayyip Erdogan d’un loyaliste à la tête de leur université d’élite. © Photographe: Chris McGrath / Getty Images Europe ISTANBUL, TURQUIE - 01 FÉVRIER: La police arrête un manifestant devant l'entrée de l'Université Bogazici d'Istanbul avant une manifestation étudiante prévue le 1er février 2021 à Istanbul en Turquie.

Homosexualité légale, homophobie répandue

Ces propos n’ont fait qu’attiser la colère des étudiants protestataires, dans un pays où l’homosexualité n’est pas illégale mais où l’homophobie reste répandue. Sur les réseaux sociaux en Turquie et à travers le monde, des milliers de personnes ont affiché leur solidarité avec les étudiants de l’université du Bosphore et la communauté LGBT, régulièrement victime de discriminations et de discours de haine.

Ce lundi, des dizaines d’étudiants ont manifesté devant le campus. La police, en surnombre, est intervenue, et plusieurs personnes ont été placées en garde à vue. Les étudiants ont promis de ne pas renoncer tant que leurs camarades n’auront pas été libérés et tant qu’une élection pour désigner un nouveau recteur n’aura pas été organisée.

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CDC: la communauté LGBT est plus à risque d'éprouver des symptômes graves du COVID-19

 CDC: la communauté LGBT est plus à risque d'éprouver des symptômes graves du COVID-19 Les membres de la communauté LGBT sont plus à risque de ressentir des symptômes graves du COVID-19, selon un rapport publié par les Centers for Disease Control and Prevention (CDC) Jeudi . © Getty Images CDC: la communauté LGBT est plus à risque d'éprouver des symptômes graves du COVID-19 Selon le rapport, le CDC a constaté que les membres de la communauté LGBT sont plus susceptibles contracter le coronavirus et éprouver des symptômes sévères de la maladie.

Criminaliser la protestation étudiante

Après un mois de protestation, les autorités semblent décidées à criminaliser le mouvement dans l’espoir de le faire cesser. C’était déjà le cas le mois dernier quand Recep Tayyip Erdogan avait comparé les étudiants derrière la fronde à des « terroristes ». C’est toujours le cas aujourd’hui, avec cette tentative de lier la protestation contre le nouveau recteur à la communauté LGBT, et la communauté LGBT au « vandalisme ».

Le président veut en finir au plus vite avec ce mouvement de contestation sur le campus d’une prestigieuse université publique, qui commence à faire beaucoup de bruit en Turquie et à l’étranger. Il est d’autant moins enclin à reculer que ce que ces étudiants dénoncent – la nomination des recteurs par le président de la République, alors qu’ils étaient autrefois élus par les enseignants – est devenu un symbole du changement de régime instauré en 2018. Un régime hyperprésidentiel dans lequel le chef de l’État décide d’absolument tout.

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Le président turc a présenté un ambitieux programme, promettant notamment un «premier contact» avec la lune à l'horizon 2023. » LIRE AUSSI - Turquie: la liberté universitaire en péril à Istanbul

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