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Monde Khashoggi : un meurtre «validé» par le prince «MBS», selon les renseignements américains

01:05  27 février  2021
01:05  27 février  2021 Source:   msn.com

Arabie saoudite : l'administration Biden ne cache pas "son hostilité vis-à-vis de MBS"

  Arabie saoudite : l'administration Biden ne cache pas Alors que l'administration Biden s'apprête à publier le rapport du renseignement sur l'assassinat de Jamal Khashoggi, et que le nouveau président américain entend désormais échanger avec le roi Salmane, et non plus avec son fils, le prince héritier Mohamed Ben Salmane, interlocuteur privilégié de Donald Trump, les relations entre Washington et Riyad semblent se dégrader. Décryptage avec Karim Sader, politologue spécialiste du Golfe. Au sommet de son influence et de son pouvoir sous l’ère Trump, le prince héritier saoudien Mohammed Ben Salmane, dit MBS, n’est pas dans les bonnes grâces de la nouvelle administration américaine qui veut recalibrer ses relatio

Le Parisien © Fournis par Le Parisien Le Parisien

Donald Trump avait gardé secret ce court rapport des services de renseignement américains. Maintenant qu’il a cédé la place à Joe Biden à la tête du pays, ce document vient d’être rendu public. Les Etats-Unis y accusent le prince héritier d’Arabie saoudite d’avoir « validé » l’assassinat du journaliste saoudien Jamal Khashoggi.

Critique du pouvoir saoudien après en avoir été proche, cet homme résident aux Etats-Unis, chroniqueur du quotidien Washington Post, avait été assassiné le 2 octobre 2018 dans le consulat de son pays à Istanbul par un commando d’agents venus d’Arabie saoudite. L’affaire avait eu un retentissement international alors que son corps, démembré sur place, n’a jamais été retrouvé.

US publiera un rapport sur le prince saoudien dans le meurtre de Khashoggi

 US publiera un rapport sur le prince saoudien dans le meurtre de Khashoggi Le directeur américain du renseignement national devrait publier vendredi un rapport accablant qui dénonce le prince héritier saoudien Mohammed bin Salman pour le meurtre brutal et le démembrement du journaliste dissident Jamal Khashoggi en octobre 2018.

La ligne de crête de Biden

« Nous sommes parvenus à la conclusion que le prince héritier d’Arabie saoudite Mohammed ben Salmane a validé une opération à Istanbul, en Turquie, pour capturer ou tuer le journaliste saoudien Jamal Khashoggi », écrit la direction du renseignement national dans ce document de quatre pages, déclassifié à la demande du président Biden. « Le prince héritier considérait Khashoggi comme une menace pour le royaume et plus largement soutenait le recours à des mesures violentes si nécessaire pour le faire taire », ajoute-t-elle. « MBS » a toujours dit n’avoir eu connaissance de la mort du journaliste qu’après son déroulement. L’Arabie saoudite a répété ce message ce vendredi soir, et « rejette totalement » le rapport américain sur le meurtre de Khashoggi.

Un rapport américain pourrait ébranler les relations avec l'Arabie saoudite pendant des années

 Un rapport américain pourrait ébranler les relations avec l'Arabie saoudite pendant des années La publication du rapport des services de renseignement américains déclassifié sur le meurtre du journaliste saoudien Jamal Khashoggi représente un coup dur pour le pouvoir, le prestige et la réputation internationale de l'un des hommes les plus puissants du Moyen-Orient : Prince héritier d'Arabie saoudite Mohammed ben Salmane.

Le président Biden, qui avait jugé, avant son élection en novembre, que le royaume du Golfe devait être traité comme un Etat « paria » pour cette affaire, avait tenté de déminer le terrain en appelant jeudi au téléphone le roi Salmane pour la première fois depuis son arrivée à la Maison Blanche.

S’il a mis l’accent sur « les droits humains universels » et « l’Etat de droit », il a aussi adressé un satisfecit au monarque pour la récente libération de plusieurs prisonniers politiques. Et il a évoqué « l’engagement des Etats-Unis à aider l’Arabie saoudite à défendre son territoire face aux attaques de groupes pro-Iran », selon la présidence américaine. Ni Washington ni Ryad n’ont mentionné, dans leur compte-rendu de cet appel, le rapport déclassifié potentiellement explosif pour leurs relations bilatérales.

Moment de vérité

Après avoir nié l’assassinat, Ryad avait fini par dire qu’il avait été commis par des agents saoudiens ayant agi seuls. À l’issue d’un procès opaque en Arabie saoudite, cinq Saoudiens ont été condamnés à mort et trois condamnés à des peines de prison - les peines capitales ont depuis été commuées.

Les États-Unis accusent le prince héritier saoudien d’avoir « validé » l’assassinat de Khashoggi

  Les États-Unis accusent le prince héritier saoudien d’avoir « validé » l’assassinat de Khashoggi Dans un rapport gardé secret par Donald Trump mais rendu public par l’administration Biden, Washington accuse Mohamed ben Salmane d’être à l’origine de l’assassinat du journaliste saoudien Jamal Khashoggi. La Maison Blanche a annoncé des sanctions. Les États-Unis ont publiquement accusé le prince héritier d’Arabie saoudite d’avoir « validé » l’assassinat du journaliste saoudien Jamal Khashoggi, au risque d’une crise entre les deux pays alliés.

Cette affaire a durablement terni l’image du jeune prince héritier Mohammed ben Salmane, dit MBS, véritable homme fort du royaume rapidement désigné par des responsables turcs comme le commanditaire du meurtre malgré les dénégations saoudiennes. Le Sénat des Etats-Unis, qui avait déjà eu accès aux conclusions des services de renseignement américains, avait aussi jugé dès 2018 que le prince était « responsable » du meurtre. Mais Mike Pompeo, alors secrétaire d’Etat de Donald Trump, avait lui affirmé que le rapport de la CIA ne contenait « aucun élément direct liant le prince héritier à l’ordre de tuer Jamal Khashoggi ».

« J’ai sauvé sa peau », revendiquait Trump

L’ex-président républicain n’avait jamais voulu publier ce rapport ni blâmer publiquement Mohammed ben Salmane, pour préserver l’alliance avec Ryad, pilier de sa stratégie anti-Iran, premier exportateur mondial de pétrole brut, et gros acheteur d’armes américaines. Les photos de Mike Pompeo, tout sourire, aux côtés de MBS avaient apporté de l’eau au moulin des détracteurs de la diplomatie trumpiste, accusée d’avoir couvert l’assassinat.

TRIBUNE - Affaire Khashoggi : « La France doit cesser d’exporter des armes en Arabie saoudite »

  TRIBUNE - Affaire Khashoggi : « La France doit cesser d’exporter des armes en Arabie saoudite » Les services de renseignement américain viennent de rendre public un rapport dans lequel ils accusent le prince héritier saoudien Mohammed Ben Salmane d’avoir approuvé l’opération contre le journaliste Jamal Khashoggi. Amrit Singh, avocate pour l’Open Society Justice Initiative, appelle Paris à en tirer les conséquences. L’avocate Amrit Singh, qui travaille pour l’Open Society Justice Initiative, une fondation créée par le milliardaire George Soros, avait saisi la justice américaine pour pousser les services de renseignement américains à rendre publique notamment cette note. Elle appelle maintenant la France à en tirer les conclusions qui s’imposent.

« J’ai sauvé sa peau », a d’ailleurs reconnu, après coup, le milliardaire républicain auprès du journaliste américain Bob Woodward. L’administration Trump avait émis des sanctions à l’encontre d’une douzaine de responsables saoudiens subalternes.

LIRE AUSSI> Affaire Khashoggi : la famille du journaliste «pardonne» à ses tueurs

Alors qu’elle laisse planer la menace de nouvelles mesures punitives, l’administration Biden n’a pas pour l’instant confirmé qu’elle était prête à aller jusqu’à sanctionner le prince. Le gouvernement américain a d’ores et déjà prévenu que Joe Biden entendait « recalibrer » sa relation avec Ryad, en ne parlant qu’au roi et non au prince, interlocuteur privilégié de Donald Trump, et en mettant l’accent sur les droits humains. Il a aussi mis fin au soutien américain à la coalition militaire, dirigée par les Saoudiens, qui intervient dans la guerre au Yémen, et tente de renouer le dialogue avec l’Iran, grand ennemi régional de l’Arabie saoudite.

MBS fait face à une plainte pénale en Allemagne après que Biden l'ait laissé tomber sur Khashoggi .
Une affaire pénale contre Mohammed bin Salman et d'autres membres de la hiérarchie saoudienne a été déposée devant un tribunal allemand pour le meurtre brutal, le démembrement et la disparition du Washington Post en 2018 journaliste Jamal Khashoggi malgré le déni du Royaume de l'implication directe de MBS et la réponse flasque de l'administration Biden au meurtre.

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