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Monde À la CPAC en Floride, Trump devrait se positionner pour 2024... et 2022

07:20  28 février  2021
07:20  28 février  2021 Source:   huffingtonpost.fr

Trump prononcera son premier grand discours depuis sa présidence à la conférence conservatrice en Floride

 Trump prononcera son premier grand discours depuis sa présidence à la conférence conservatrice en Floride L'ancien président Donald Trump prendra la parole à la Conférence d'action politique conservatrice (CPAC) à Orlando, en Floride, la semaine prochaine lors de sa première apparition publique majeure depuis son départ. © Tasos Katopodis / Getty L'ancien président Donald Trump prendra la parole lors de la conférence CPAC 2021.

Donald Trump lors du CPAC de février 2020 à Washington © Fournis par Le Huffington Post Donald Trump lors du CPAC de février 2020 à Washington

ÉTATS-UNIS - “Le Festival de Cannes des conservateurs, le Top 50 de la droite américaine”. Ce dimanche 28 février, Donald Trump retrouve officiellement ses électeurs en prenant la parole pour la première fois depuis les évènements du 6 janvier devant la Conservative Political Action Conference qui se déroule à Orlando en Floride.

Selon son entourage, il devrait évoquer “l’avenir du parti républicain et du mouvement conservateur”. Mais pour de nombreux observateurs, cela ne fait guère de doute: ce dont devrait parler Donald Trump, c’est surtout de son avenir politique à lui.

Mike Pence a décliné une invitation à CPAC, où Trump est l'invité principal et la foule MAGA a repris

 Mike Pence a décliné une invitation à CPAC, où Trump est l'invité principal et la foule MAGA a repris © Alex Wong / Getty Images Mike Pence lors de la conférence CPAC 2020 à National Harbour, Maryland. Alex Wong / Getty Images Mike Pence ne participera pas à la conférence CPAC cette année, a confirmé un organisateur. Au lieu de cela, Donald Trump est l'invité le plus en vue, aux côtés de nombreux de ses alliés. CPAC était autrefois un pilier du conservatisme de l'establishment, mais est de plus en plus fidèle à Trump. Visitez la section Affaires d'Insider pour plus d'histoires .

“Imaginez, il va parler en dernier, devant tous ses rivaux possibles. Il va régler ses comptes avec ceux qui ont voté contre lui lors du deuxième procès en destitution et continuer à s’imposer résolument comme le patron du parti”, détaille pour Le HuffPost, Jean-Éric Branaa, spécialiste des États-Unis, maître de conférence à l’Université Paris 2, et auteur de Joe Biden, L’homme qui doit réparer l’Amérique (Nouveau Monde).

Si les rumeurs bruissent évidemment d’une candidature Trump à la présidentielle de 2024, la route est néanmoins encore longue. Outre d’éventuels ennuis de santé ou judiciaires, elle passera forcément par une primaire. Résultat, d’ici là, moins que la course à la Maison Blanche, c’est bel et bien sur les élections de mi-mandat du 8 novembre 2022 que l’ex-président devrait essayer de peser.

Trump à CPAC fomente les guerres primaires du GOP 2022

 Trump à CPAC fomente les guerres primaires du GOP 2022 Alors que la Conférence d'action politique conservatrice se réunit en Floride ce week-end, il y a une grande joie parmi les partisans de l'ancien président Donald Trump, qui croient avec raison qu'il contrôle le Parti républicain, et une joie égale parmi Les démocrates libéraux et les dirigeants démocrates, qui croient avec raison que la division et le contrôle des républicains par Trump est un grand cadeau pour les démocrates lors des élections de mi-mandat de 2022.

“C’est un showman, bien sûr que dimanche il sera question de son retour en politique, mais je pense qu’il va plutôt choisir de se faire désirer pour 2024, laisser planer le doute. En attendant, il sera très clair sur son intention d’influencer l’échéance de 2022 qui lui servira de tremplin”, abonde Françoise Coste, professeure d’études américaines à l’université Toulouse-Jean Jaurès et spécialiste de la droite américaine et du parti républicain, contactée par Le HuffPost.

Placer ses pions pour les midterms

Il n’est pas question que Donald Trump se présente lui-même au scrutin qui se déroulera dans moins de deux ans, et qui verra la remise en jeu de la fragile majorité démocrate avec le renouvellement de 435 sièges à la Chambre des représentants et de 34 des 100 sièges au Sénat.

En revanche, pour Trump c’est l’occasion d’imposer son statut de “faiseur de roi”. Depuis plusieurs semaines, le magnat de l’immobilier multiplie les rendez-vous avec les grands pontes du parti républicain, relaie Axios. Objectif: faire monter des jeunes pousses de son sérail et évincer des rivaux trop gênants à l’instar d’un Ted Cruz. “Il y a énormément de places à prendre alors que toutes les projections montrent pour le moment un basculement des deux chambres du côté des républicains. On voit bien d’ailleurs que le casting a déjà commencé avec par exemple l’ex-footballeur afro-américain Hershel Walker, soutien de Trump, pressenti pour la Géorgie”, détaille Jean-Éric Branaa.

CPAC célèbre Trump comme s'il n'avait pas perdu en 2020

 CPAC célèbre Trump comme s'il n'avait pas perdu en 2020 ORLANDO, Floride - Dans les limites ensoleillées de la Conférence d'action politique conservatrice, c'est comme si l'ancien président Donald Trump n'avait pas manqué de gagner sa réélection en novembre. Il n'est tout simplement pas le président en ce moment. © Fourni par Washington Examiner Cela fait près de quatre semaines que le président Biden a expulsé Trump de la Maison Blanche.

Surtout, rappellent les deux spécialistes, Donald Trump n’est pas franchement un apparatchik du parti républicain: moins l’ancien président se mêle de ses rouages en envoyant plutôt des fidèles, moins il se brûle les ailes et continue de le dévorer par la base. Laquelle lui est toujours plus fidèle. Selon un sondage YouGov, les électeurs de Trump sont d’autant plus convaincus de son innocence dans les événements du Capitole, depuis son acquittement.

En revanche, un défi reste de taille. “Depuis le 6 janvier, Trump est privé de Twitter, il va donc falloir qu’il renouvelle sa présence médiatique en se montrant inventif. Le poids de son ombre sur le parti en dépend aussi”, analyse ainsi Françoise Coste. C’est là où réside aussi pour Trump la double utilité des midterms: en s’imposant comme le marionnettiste, il redevient un membre à part entière du spectacle.

Une bonne nouvelle pour Biden?

De fait, si les échéances de mi-mandat américaines sont habituellement l’occasion d’un référendum sur l’action du président en place, elles serviront aussi cette fois-ci de plébiscite pour Trump. “De toute façon, peu importe presque les résultats. Il fera comme en 2018. Il dira qu’il a gagné et reniera les candidats qui ont perdu et qu’il avait soutenus”, estime Jean-Éric Branaa.

«Un parti républicain différent»: Donald Trump Jr. présente le discours de son père à CPAC

 «Un parti républicain différent»: Donald Trump Jr. présente le discours de son père à CPAC © Fourni par l'examinateur de Washington Donald Trump Jr. dit que les prochaines remarques de son père à la Conférence d'action politique conservatrice à Orlando refléteront à quel point c'est «un républicain différent Parti "que l'ère pré-Trump.

Quant au locataire actuel de la Maison Blanche, il pourrait largement tirer parti de la situation, analyse le spécialiste. “Pour Biden, un retour de Trump, c’est une très bonne nouvelle. C’est le match retour de la présidentielle, du bien contre le mal. C’est la vraie politique contre le divertissement. C’est plus facile qu’avec des pontes républicains”, explique Jean-Éric Branaa. Avant d’ajouter: “c’est surtout le seul moyen de faire basculer les mauvaises tendances pour les démocrates. En s’invitant dans le jeu des élections de mi-mandat, Trump nationalise le débat autour de sa personne, qui reste un repoussoir. Résultat, cela pourrait permettre aux démocrates de perdre moins de sièges”.

Tremplin pour Trump, point d’étape pour la majorité démocrate. Nul doute que le raout de dimanche sera par ailleurs scruté de près dans l’aile ouest de la Maison Blanche, où se trouve le bureau de Kamala Harris. En 2022, elle aussi sera dans les starting-blocks pour préparer l’échéance présidentielle de 2024.

À voir également sur Le HuffPost: Le premier casino de Donald Trump démoli à l’explosif à Atlantic City

Donald Trump lors du CPAC de février 2020 à Washington © REUTERS Donald Trump lors du CPAC de février 2020 à Washington

Alors que Donald Trump affirme la domination du GOP, Super PAC se lance pour protéger ses ennemis républicains .
Un super PAC a lancé pour protéger les législateurs du GOP qui se sont opposés à Donald Trump pendant le processus de destitution, alors que l'ancien président exprimait des rancunes à contre eux son discours du Comité d'action politique conservateur (CPAC) . © Joe Raedle / Getty Images L'ancien président Donald Trump s'adresse à la Conférence d'action politique conservatrice qui s'est tenue au Hyatt Regency le 28 février 2021 à Orlando, en Floride.

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C'est intéressant!