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Monde Rencontre historique entre le pape François et le grand ayatollah Ali Sistani

09:50  06 mars  2021
09:50  06 mars  2021 Source:   france24.com

A la découverte du patrimoine irakien dans les traces du pape François

  A la découverte du patrimoine irakien dans les traces du pape François Le pape François a vu les choses en grand avec un programme fourni pour sa visite historique en Irak à partir de vendredi. Au menu notamment des sites parmi les plus emblématiques du pays. L'AFP vous propose une visite guidée. Bagdad, la forteresse © Fournis par GEO Cathédrale Notre-Dame du Perpétuel secours à Bagdad WIKIMEDIA COMMONSVendredi, le pape prononcera un discours en la cathédrale Notre-Dame du Perpétuel secours dans le quartier central de Karrada à Bagdad.

Des Irakiens passent devant une affiche annonçant, le 3 mars 2021, la visite du pape François et sa rencontre avec le grand ayatollah Ali al-Sistani, à droite, à Najaf, Irak. © Anmar Khalil, AP Des Irakiens passent devant une affiche annonçant, le 3 mars 2021, la visite du pape François et sa rencontre avec le grand ayatollah Ali al-Sistani, à droite, à Najaf, Irak.

Le pape François rencontre à Najaf, au deuxième jour de sa visite en Irak, le grand ayatollah Ali Sistani, figure de l'islam chiite et en Irak. L'entretien, à huis clos, doit durer environ une heure.

L'Irak est, samedi 6 mars, le théâtre d'une rencontre au sommet inédite : le pape François, chef des 1,3 milliard de catholiques du monde, est reçu par le grand ayatollah Ali Sistani, plus haute autorité religieuse de nombreux musulmans chiites d'Irak et d'ailleurs.

"Que se taisent les armes !", lance le pape depuis l'Irak

  "Que se taisent les armes !", a lancé le pape François au début de la première visite papale de l'histoire de l'Irak ravagé par les guerres et désormais confronté à la pandémie, saluant des chrétiens "restés" malgré tout. View on euronews © Photo : Andrew Medichini (Copyright 2021 The Associated Press. All rights reserved.) Le pape accueilli par le président irakien Barham Saleh au palais présidentiel à Bagdad le 5 mars 2021.

Après avoir rencontré le clergé catholique à son arrivée vendredi à Bagdad, le pape argentin de 84 ans tend la main à l'islam chiite en se rendant chez le dignitaire de 90 ans – qui n'apparaît jamais en public – dans sa modeste maison de la ville sainte chiite de Najaf, à 200 km au sud de Bagdad.

Les deux hommes s'entretiendront pendant près d'une heure pour une visite "privée", deux ans après que le pape François a signé avec le grand imam d'Al-Azhar, institution de l'islam sunnite en Égypte, un "document sur la fraternité humaine".

Ni la presse ni d'autres invités n'assisteront à ce huis clos qui a débuté à 6 h GMT mais l'ajout de cette étape au programme papal est déjà une source de fierté pour de nombreux chiites dans un pays qui va depuis 40 ans de conflits en crises, en passant par une guerre civile meurtrière entre musulmans chiites et sunnites.

Le pape François rencontre un haut religieux chiite irakien

 Le pape François rencontre un haut religieux chiite irakien Le pape François a rencontré et parlé au grand ayatollah Ali al Sistani - le plus haut religieux chiite du sud de l'Irak - lors d'une réunion historique des dirigeants musulmans catholiques et chiites. © Reuters Le pape François a rencontré le grand ayatollah Ali al Sistani, à Najaf, en Irak. Pic: Bureau du grand ayatollah Ali al Sistani via Reuters Cela fait partie de la toute première visite papale dans l'État du Golfe ce week-end.

"Nous sommes fiers de ce que représente cette visite (…), elle va donner une autre dimension à la ville sainte", se félicite auprès de l'AFP le clerc chiite Mohammed Ali Bahr al-Ouloum.

Garant de l’indépendance de l’Irak

À sa descente d'avion, le souverain pontife pourra lire l'immense appel au dialogue placardé sur l'aéroport pour sa venue.

"Les hommes sont de deux sortes : soit vos frères dans la foi, soit vos égaux en humanité", assure la banderole, citant l'imam Ali, gendre du prophète Mahomet et figure fondatrice du chiisme enterré dans la ville sainte.

Le grand ayatollah Ali Sistani est la plus haute autorité pour la majorité des 200 millions de chiites du monde – minoritaires parmi les 1,8 milliard de musulmans. Son unique rival religieux est le Guide suprême iranien, le grand ayatollah Ali Khamenei.

De nationalité iranienne, le grand ayatollah Sistani se pose depuis des décennies en garant de l'indépendance de l'Irak et dirige une école théologique qui prône le retrait des religieux de la politique – ils doivent seulement conseiller – au contraire de l'école de Qom en Iran.

Pape François : «Hostilité, extrémisme et violence sont des trahisons de la religion»

  Pape François : «Hostilité, extrémisme et violence sont des trahisons de la religion» À Ur, en Irak, le pape a présidé une cérémonie interreligieuse en hommage à Abraham en rappelant le devoir des religions de construire la paix et le droit à la liberté de conscience. » LIRE AUSSI - Joseph Yacoub: «Le voyage du pape en Irak, un espoir pour des chrétiens d’Orient en voie d’extinction»

"L'école théologique de Najaf est plus laïque que celle de Qom, davantage religieuse", rappelle le cardinal espagnol Miguel Angel Ayuso, président du Conseil pontifical pour le Dialogue interreligieux. Najaf, ajoute-t-il encore, "accorde plus de poids à l'aspect social".

Des mots toujours savamment soupesés

Le grand ayatollah a d'ailleurs pesé de tout son poids pour faire tomber le gouvernement qu'ont conspué durant des mois, en 2019, de jeunes manifestants fatigués de voir leur pays s'enfoncer dans la corruption et la gabegie.

Le pape et le grand ayatollah sont deux personnalités religieuses qui font régulièrement des commentaires politiques. Mais tous deux soupèsent savamment leurs mots.

Une nouvelle fois, le pape a parsemé son discours aux autorités irakiennes d'allusions à la situation du pays, pris en étau entre ses deux grands alliés américain et iranien. "Que cessent les intérêts partisans, ces intérêts extérieurs qui se désintéressent de la population locale", a ainsi lancé François.

La visite du pape – sous très haute sécurité – se déroule aussi sur fond de confinement total avec plus de 5 000 contaminations par le Covid-19 chaque jour. Si le pape a été vacciné avant son voyage, le bureau du grand ayatollah n'a pas fait état de telles mesures.

Après Najaf, François doit continuer son parcours vers le sud, à Ur, ville antique où selon la tradition est né le patriarche Abraham. Là, il priera avec des dignitaires chiites, sunnites, yazidis et sabéens.

Avec AFP

Le pape confie que sa rencontre avec le grand ayatollah lui "a fait du bien à l'âme" .
Le pape François, très fatigué par son voyage historique de trois jours en Irak, a confié lundi dans l'avion du retour que sa rencontre avec le grand ayatollah chiite Ali Sistani lui avait fait "du bien à l'âme".Grand avocat du dialogue direct avec des représentants de l'islam, François a décrit un tête-à-tête avec "un homme humble et sage" auprès duquel il s'est senti "honoré"."Il ne se lève jamais pour saluer un visiteur, mais il s'est levé pour me saluer par deux fois", a-t-il raconté lors d'une conférence de presse à bord de l'avion qui le ramenait à Rome. "Cette rencontre m'a fait du bien à l'âme".

usr: 0
C'est intéressant!