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Monde Quatre morts dans les pires émeutes depuis des années au Sénégal

09:55  06 mars  2021
09:55  06 mars  2021 Source:   lepoint.fr

La Chine étend son influence en vaccinant le monde à tour de bras

  La Chine étend son influence en vaccinant le monde à tour de bras Pour le moment, près de cinquante millions de doses de vaccins ont été administrées en Chine. Contrairement à la pratique des États-Unis ou des pays d'Europe, le plan chinois de vaccination concerne d'abord les habitants âgés de 18 à 59 ans. Les retraités ne sont pas prioritaires. Il y a une autre grande différence avec les pays occidentaux: la Chine se préoccupe d'envoyer quantité de vaccins dans des pays en développement. Le Sénégal, la Guinée équatoriale et l'Égypte ont été les premiers à recevoir chacun, et gratuitement, 200.000 doses de vaccins chinois. À la mi-février, un avion d'Air Sénégal est allé à Pékin pour ramener des boîtes de vaccins.

Les autorités sénégalaises ont promis de "ramener l'ordre" après des scènes de guérilla urbaine, ayant fait officiellement quatre morts, entre les forces de l'ordre et des jeunes réclamant la libération de l'opposant Ousmane Sonko, dont l'arrestation a libéré une exaspération accumulée devant la dureté des conditions de vie.

Vendredi soir, le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres s'est dit "très préoccupé" et a appelé "à éviter une escalade".

Les tensions, sensibles depuis deux jours dans un pays habituellement considéré comme un îlot de stabilité en Afrique de l'Ouest, se sont intensifiées sans perspective apparente d'apaisement, la justice ayant maintenu M. Sonko en garde à vue.

Au Sénégal, « certains préféreraient mourir que d’être vaccinés contre le Covid-19 »

  Au Sénégal, « certains préféreraient mourir que d’être vaccinés contre le Covid-19 » La campagne vaccinale a commencé le 23 février dans le pays, qui a reçu 200 000 doses du laboratoire chinois Sinopharm. Pour ne rien manquer de l’actualité africaine, inscrivez-vous à la newsletter du « Monde Afrique » depuis ce lien. Chaque samedi à 6 heures, retrouvez une semaine d’actualité et de débats traitée par la rédaction du « Monde Afrique ». © Fournis par Le Monde Ablaye Diouf Sarr, le ministre de la santé et de l’action sociale (à droite), juste avant d’être vacciné contre le Covid-19, le 23 février 2021. « C’est fait ! », titrait le journal télévisé de 20 heures, jeudi 25 février.

Plusieurs quartiers de Dakar et de villes de l'intérieur ont connu des affrontements d'une ampleur inconnue depuis plusieurs années, bien que la riposte policière semble se limiter essentiellement aux moyens antiémeutes.

"Le gouvernement regrette la perte de quatre vies humaines", a dit en direct à la télévision vendredi soir le ministre de l'Intérieur, Antoine Félix Abdoulaye Diome, alors que le bilan était jusque-là d'un jeune tué jeudi dans le sud du pays.

M. Diome a accusé Ousmane Sonko d'être responsable de ces violences en ayant "lancé des appels à la violence" et à "l'insurrection". Le ministre a condamné des "actes de nature terroriste" et lancé un appel "au calme, à la sérénité et à l'apaisement".

Grâce à la campagne de vaccination en cours, il a aussi évoqué la "perspective de l'allégement du couvre-feu", qui aggrave depuis janvier la situation souvent déjà précaire de nombreux Sénégalais.

Quatre morts dans les pires émeutes depuis des années au Sénégal

  Quatre morts dans les pires émeutes depuis des années au Sénégal Plusieurs quartiers de Dakar et de villes de l’intérieur ont connu des affrontements d’une ampleur inconnue depuis plusieurs années.Vendredi soir, le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres s’est dit « très préoccupé » et a appelé « à éviter une escalade ».

A Dakar, la bataille a laissé après coup le spectacle saisissant de rues vidées de gens et de véhicules, jusqu'aux proches abords des lieux de pouvoir, et jonchées de projectiles de toutes sortes, entre les magasins tous fermés.

Dans le quartier populaire de la Médina, des groupes de jeunes scandant "Libérez Sonko !" ont harcelé en jetant des pierres les très nombreux policiers, dans les nuages de lacrymogènes et les déflagrations de grenades assourdissantes.

Les mêmes incidents se sont reproduits un peu plus loin près de la place de la Nation. Des blindés avaient été positionnés auprès de la présidence et ses accès bouclés.

A Mbao, dans la grande banlieue, des pillards ont été aperçus sortant les bras chargés de marchandises d'un supermarché Auchan, dont au moins 14 magasins ont été attaqués et 10 "pillés", selon la direction du groupe français.

L'arrestation, mercredi, de M. Sonko, troisième de la présidentielle de 2019 et pressenti comme un des principaux concurrents de celle de 2024, a provoqué la colère de ses partisans, mais aussi, disent de nombreux Sénégalais, porté à son comble les frustrations suscitées par les conditions de vie depuis la pandémie de Covid-19.

Sénégal : des entreprises françaises attaquées, d’autres contraintes de fermer

  Sénégal : des entreprises françaises attaquées, d’autres contraintes de fermer Sénégal : des entreprises françaises attaquées, d’autres contraintes de fermer« Mercredi, des individus malintentionnés ont saccagé et pillé sept de nos magasins », relève dans un communiqué Papa Samba Diouf, le responsable de la communication d’Auchan Sénégal dans un communiqué relayé sur les réseaux sociaux. Un agent de sécurité a « perdu partiellement deux doigts », ajoute-t-il. Et le responsable, « en tant que Sénégalais », de dénoncer : « Ce n’est pas la France qui a été attaquée, ce sont des Sénégalais (NDLR : employés par Auchan partout dans le pays) qui ont été agressés.

Dans la foule, beaucoup exprimaient leur ressentiment contre le président Macky Sall.

"Les manifestations doivent rester pacifiques et les forces de sécurité et de police doivent (...) permettre à ces manifestants d'exprimer leur opinion et volonté", a réclamé le porte-parole de M. Guterres, Stéphane Dujarric.

"Liquidation politique"

Jeudi soir, des manifestants ont attaqué les locaux du quotidien le Soleil et de la radio RFM, jugés proches du pouvoir. Nombre d'enseignes françaises ont été attaquées, la France étant volontiers considérée comme soutenant le président Sall. Les écoles françaises dans le pays ont fermé, tout comme l'agence d'Air France.

La garde à vue d'Ousmane Sonko doit s'achever dimanche. Il sera présenté à nouveau au juge lundi, selon ses avocats.

M. Sonko a été arrêté officiellement pour trouble à l'ordre public, alors qu'il se rendait en cortège au tribunal où il était convoqué pour répondre à des accusations de viol portées contre lui par une employée d'un salon de beauté dans lequel il allait se faire masser pour, dit-il, soulager ses maux de dos.

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 `` Nous ne sommes pas des pillards '': des manifestants sénégalais ciblent le détaillant français Des pillards ont frappé samedi un détaillant français à Dakar, la capitale du Sénégal, après des jours d'affrontements entre partisans de l'opposition et la police, soulignant les frustrations liées à l'influence économique étrangère dans le pays pauvre.

M. Sonko, qui réfute ces accusations, fait l'objet d'une "tentative de liquidation aux fins d'élimination d'un adversaire politique", a dénoncé l'un de ses avocats, Abdoulaye Tall.

Personnalité au profil antisystème, le député crie au complot ourdi par le président Sall pour l'écarter de la prochaine présidentielle. M. Sall a démenti fin février, mais gardé le silence depuis sur l'affaire.

Des restrictions sur les réseaux sociaux et les applications de messagerie, affectant le partage de photos et de vidéos, ont été relevées.

Les autorités ont par ailleurs suspendu jeudi deux chaînes de TV coupables selon elles de diffuser "en boucle" des images de violence.

"Les autorités sénégalaises doivent immédiatement cesser les arrestations arbitraires d'opposants et d'activistes, respecter la liberté de réunion pacifique et la liberté d'expression", a demandé Amnesty International.

Reporters Sans Frontières a condamné une "vague de violations de liberté de la presse inédite ces dernières années dans ce pays d'Afrique de l'Ouest".

06/03/2021 05:09:50 -          Dakar (AFP) -          © 2021 AFP

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Emeutes au Sénégal : cinq minutes pour comprendre pourquoi la France est viséeDans ce pays considéré comme un exemple de stabilité en Afrique de l’Ouest, ancienne colonie française, les manifestants sont principalement les jeunes qui réclament plus de transparence. Ce lundi, ils ont prévu une journée de manifestation massive et pacifique, espèrent-ils. Dans le même temps, Ousmane Sonko, doit être présenté à un juge. La décision du magistrat de le relâcher ou de l’écrouer s’annonce lourde de conséquences.

usr: 0
C'est intéressant!