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Monde «Sofagate» : l'UE embarrassée, Draghi accuse Erdogan d'avoir humilié Ursula von der Leyen

11:50  09 avril  2021
11:50  09 avril  2021 Source:   msn.com

Ursula von de Leyen et Charles Michel à Ankara pour renouer avec Erdogan

  Ursula von de Leyen et Charles Michel à Ankara pour renouer avec Erdogan Le président du conseil européen Charles Michel et la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen se rendent ce mardi à Ankara afin de soumettre au président Erdogan les conditions de l'UE pour une reprise graduelle des relations économiques et discuter du soutien pour les réfugiés installés en Turquie. C’est la visite symbole qu’attendait Ankara. Charles Michel le président du conseil européen et Ursula von der Leyen la présidente de la commission européenne se rendent ce mardi dans la capitale turque.

Le président du conseil italien a qualifié ce jeudi soir 8 avril le président turc de « dictateur » en répondant à une question sur le « Sofagate ». Le tollé continue après que la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen s'est retrouvée sans siège aux côtés du président du Conseil européen Charles Michel face à Recep Tayyip Erdogan. Pour certains observateurs, cette humiliation ne reflète pas seulement la misogynie d'Erdogan, mais révèle une « guerre » entre la Commission d'une part et le Conseil européen et les dirigeants des 27 pays de l'UE, d'autre part.

Rencontre avec Erdogan. Ursula von der Leyen reléguée sur un canapé pendant la photo officielle

  Rencontre avec Erdogan. Ursula von der Leyen reléguée sur un canapé pendant la photo officielle Le président du Conseil européen, Charles Michel, s’est installé aux côtés du chef de la Turquie lors de la photographie traditionnelle avant leur rencontre de ce mardi 6 avril. Problème, la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, s’est retrouvée reléguée loin des deux autres dirigeants, sur un canapé à plusieurs mètres d’eux. L’art de la diplomatie est aussi affaire de symboles.

« J'ai été très navré par l'humiliation que la présidente de la Commission a dû subir avec ces, appelons-les pour ce qu'ils sont, dictateurs », a déclaré Mario Draghi au cours d'une conférence de presse à Rome. Le président du Conseil italien répondait à une question sur le comportement de Recep Tayyip Erdogan vis-à-vis de la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, placée mardi en retrait sur un divan lors d'une réunion des dirigeants des institutions de l'UE à Istanbul. 

Le président du conseil italien Mario Draghi lors d'une conférence de presse à Rome, le 8 avril 2021. © AP - Riccardo Antimiani Le président du conseil italien Mario Draghi lors d'une conférence de presse à Rome, le 8 avril 2021.

« Je ne partage absolument pas le comportement du président turc envers la présidente de la commission [...]. Cela n'a pas été un comportement approprié », a précisé Mario Draghi.

Polémique à Bruxelles après un affront fait à Ursula von der Leyen à Ankara

  Polémique à Bruxelles après un affront fait à Ursula von der Leyen à Ankara Un affront a été infligé mardi à la présidente de la Commission européenne, l'Allemande Ursula von der Leyen, placée en retrait sur un divan lors de la réunion des présidents des institutions de l'UE avec le président turc Recep Tayyip Erdogan à Ankara.La scène, qui a été filmée, a déclenché une controverse à Bruxelles."La présidente von der Leyen a été surprise. Elle a décidé de passer outre et de donner la priorité à la substance. Mais cela n'implique pas qu'elle n'accorde pas d'importance à l'incident", a expliqué mercredi son porte-parole Eric Mamer.

Le ministre turc des Affaires étrangères a condamné dans la foulée les propos du chef du gouvernement italien. « Nous condamnons fermement les commentaires populistes, offensants et déraisonnables du Premier ministre italien Draghi », a indiqué dans un tweet Mevlut Cavusoglu, après que ses services ont convoqué l'ambassadeur d'Italie à Ankara.

Junker et Tusk assis ensemble face à Erdogan

La vidéo montrant la présidente de la Commission européenne assise sur un divan en retrait a choqué de nombreux eurodéputés et hauts responsables européens. « On disposait de photographies antérieures qui montraient très bien que quand Erdogan recevait [Jean)-Claude] Junker et [Donald] Tusk, c'est-à-dire les homologues d'Ursula von der Leyen et Charles Michel, il y avait bien trois fauteuils, rappelle scandalisée Véronique Trillet Lenoir, eurodéputée Renew, au micro de Béatrice Leveillé, du service International de RFI. Donc on n'est pas dans une question de pur protocole. On est dans une provocation d'un dirigeant qui par ailleurs fait valoir y compris en quittant la convention d'Istanbul son déni de l'égalité des sexes. »

#Sofagate : la provocation sexiste subie par Ursula von der Leyen massivement condamnée

  #Sofagate : la provocation sexiste subie par Ursula von der Leyen massivement condamnée Lors d’une rencontre à Ankara, la présidente de la Commission européenne a été reléguée à une place sur le canapé, tandis que le président du Conseil européen a eu droit à une chaise, aux côtés du président turc. Un affront protocolaire largement dénoncé comme sexiste. © Xinhua/ABACA Ursula von der Leyen, Charles Michel et Recep Tayyip Erdogan à Ankara, le 6 avril. « Humiliation », « provocation », « mépris » ...

Par ailleurs, l'eurodéputée déplore la réaction du président du Conseil européen : « On est malheureux que Charles Michel tombe dans le piège et n'ait pas le réflexe d'éducation, qui aurait dû demander qu'il y ait un troisième fauteuil. Tout cela est très choquant, met l'Union européenne en position de faiblesse vis-à-vis d'Erdogan, qui lui-même se comporte comme un goujat, un dictateur, un négationniste de l'égalité des sexes. »  

Charles Michel : « Je voudrais tellement pouvoir rembobiner »

De son côté, Charles Michel s'est exprimé ce jeudi soir sur une télévision belge : « J'ai rembobiné 150 fois dans ma tête depuis l'heure et je voudrais tellement pouvoir rembobiner, revenir en arrière, a-t-il confié. Et si je pouvais le faire, j'aurais veillé à ce qu'il n'y ait pas la moindre ambiguïté et que l'on ait effectivement une situation [...] tout à fait normale, c'est-à-dire une configuration en deux sièges qui montre le respect pour chacune et pour chacun. »

Cependant, pour l'ancien Premier ministre belge, impossible de faire autrement sur le moment : « Quel que soit l'acte que j'allais poser, j'allais donc créer un incident bien plus grave, bien plus majeur, qui allait détruire des mois et des mois de travail minutieux de préparation qui n'engagent pas seulement moi ou Ursula, mais qui engagent 27 gouvernements européens et 450 millions de citoyens pour ramener un peu plus de stabilité, un peu plus de sécurité dans les relations avec la Turquie. »

Pas de chaise pour la présidente Ursula von der Leyen : l'affront sexiste de la Turquie

  Pas de chaise pour la présidente Ursula von der Leyen : l'affront sexiste de la Turquie Le gouvernement turque de Recep Tayyip Erdoğan n'est pas vraiment réputé pour son féminisme révolutionnaire. En témoigne cet hallucinant incident diplomatique vécu par la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen lors de sa venue à Ankara.Erreur de protocole ? Ou signe parmi d'autres du sexisme trop familier du gouvernement Erdogan ? Bien des journalistiques et personnalités politiques ont leur petite idée à ce sujet. Car la séquence, filmée, fait scandale sur la Toile. "C'est une humiliation pour toutes les femmes et pour tous les Européens", a ainsi témoigné la professeure agrégée à Sciences Po Paris et ancienne ministre de la Culture Aurélie Filippetti.

« Guerre institutionnelle »

Au total, l'UE a bien du mal à se dépêtrer du « Sofagate ». En fin d'après-midi ce jeudi, une note du Conseil européen a précisé les conditions de la rencontre et notamment souligné le fait que les services du protocole de la Commission n’étaient pas présents en amont. Mais pour Patrick Martin Genier, spécialiste des affaires européennes et enseignant à Sciences Po et l’Inalco, « à supposer que les représentants de la Commission n'étaient pas là, c'était au Conseil européen, aux services à la fois diplomatiques mais également au cabinet de M. Charles Michel de prévenir la Commission en disant qu'il y avait un risque que face à Erdogan et pour afficher l'unité de l'Union européenne, il était indispensable que les deux personnalités qui représentent l'exécutif européen soient côte à côte, à côté de M. Erdogan parce qu'il y avait une implication politique. »

À travers cet incident, le spécialiste pointe une « guerre de plus en plus importante, une guerre institutionnelle entre le Conseil européen et les chefs de gouvernement, et la Commission européenne. Il est clair aujourdh'ui que certains gouvernements en Europe voudraient reléguer la Commission à un niveau d'organe purement technocratique et sans signification politique. » 

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SOFAGATE - La polémique n’a cessé de prendre de l’ampleur. La Turquie a fustigé jeudi 8 avril des “accusations injustes” après l’affront protocolaire ressenti par la présidente de la Commission européenne à Ankara, affirmant que la disposition des fauteuils au cœur de la polémique avait été suggérée par la partie européenne. La présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, avait été placée mardi 6 avril par le protocole en retrait sur un divan lors d’une réunion des présidents des institutions de l’UE avec le chef d’Etat turc Recep Tayyip Erdogan et le président du Conseil européen Charles Michel.

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